Eduardo Sanchez réalise en 2006 Altered, un film d’horreur mâtiné de science-fiction pour un budget de 8 millions de dollars.

15 ans après avoir été enlevés par des aliens pour servir de cobayes puis relâchés, 3 des 5 hommes enlevés continuent de les combattre et décident d'en capturer un. Ils l'amènent chez le 4ème et dernier rescapé, craint par les aliens pour ses capacités à résister à leurs pouvoirs, qui a décidé de tourner la page avec tout ça. Mais ses amis ne le lui laissent pas vraiment le choix et séquestrent l'alien chez lui. Ce dernier ne va pas tarder à s'échapper et commencer à massacrer tout le monde...
Croisement entre X-Files, Signes et Stephen King, Altered (co-écrit par Sanchez) est un huis clos horrifique avec un alien sournois croisement entre Roswell et un ennemi de Sentaï (plastoc powa !). Une bestiole dont la morsure cause une mort lente et atroce (la peau se détache au fur et à mesure). Une saloperie qui s’amuse littéralement à tirer les intestins de ses victimes (dans une scène aussi gol que flippante) ou à utiliser un pistolet à clou (véridique !). Mais est-ce que c’est bien au moins ? A vrai dire, pas vraiment. Le pitch a du mal à tenir une heure et demi (le format masters of horror aurait été idéal surtout avec un visuel aussi quelconque) et la tension s’avère au final très peu présente.
Actuellement, Sanchez finalise Seventh Moon, un autre film d’horreur avec Amy Smart.
Quant à Daniel Myrick, il est un peu plus prolifique avec 3 films (bientôt 4) et il officie aussi en tant que producteur (sur Rest Stop de John Shiban et Sublime de Tony Krantz dont j’évoquerais lors d’un prochain post). Après un The Strand pas du tout fantastique en 2006, il réalise l’année suivante pour moins de 2 millions de dollars, Believers avec Johnny Messner et Daniel Benzali.

Après avoir reçu un appel d’urgence, deux ambulanciers se rendent sur place. Pendant qu’ils essaient de réanimer une femme devant les yeux de sa fille, les ambulanciers se font enlever par les membres du culte auquel la femme appartient. Le chef de la secte, persuadé que la fin du monde approche, décide de garder et de convertir les deux hommes pour les emmener avec eux, dans leurs quêtes pour sauver l’humanité.
C’est cheap, mais alors très cheap ! On dirait qu’ils ont tourné sans autorisation dans un vieil entrepôt désaffecté. Encore un huis clos donc puisque nous allons suivre le calvaire des deux ambulanciers prisonniers d’une secte apocalyptique. Le film surprend par son parti pris, celui de montrer une secte d’un point de vue réaliste (il manque Tom Cruise). Believers est un drôle de film. On ne sait pas trop dans quel genre le classer. Le film pèche par son manque de moyens et par sa trop longue durée (comme Altered, une heure aurait suffit). Evidemment, on s’ennuie pas mal, d’autant que les péripéties ne sont pas très excitantes (une évasion foirée, une enquête molle pour retrouver les deux héros à l’extérieur). On passe une bonne partie du film à suivre nos héros enfermés dans des WC (rassurez-vous, personne ne chie à l’écran), ça limite rapidement l’intérêt. Et quand arrive le final, certes pessimiste, on se demande si on ne fout pas de notre gueule (finalement l’apocalypse arrive vraiment !).
Myrick enchaîne ensuite directement avec Solstice avec Shawn "Iceman" Ashmore, Tyler Hoechlin (le petit garçon des Sentier de la perdition de Sam Mendes) et l’indispensable R. Lee Ermey dans le rôle d’un cul terreux énigmatique. Le film est sorti le mois dernier en DVD aux USA.

Megan est accablée par la mort subite de sa soeur jumelle Sophie. Malgré cela, elle décide de passer la fête du solstice d'été de la St Jean dans la maison de famille du bayou en Louisiane avec ses amis et amies. A leur arrivée, les choses tournent mal et Megan s'imagine revoir sa sœur...
Après le petit film qui budget riquiqui, la commande des Weinstein avec ce remake de Midsommer, un film suédo-danois de 2003. Bon déjà, ça a plus la gueule d’un vrai film de cinéma. Myrick a le budget, un vrai chef-op et il a sorti le scope, magnifiant ainsi les paysages de Louisiane. Solstice est une ghost story qui ne brille pas par son originalité (on pense à Hypnose de David Koepp) doublé d’un agaçant film pour ados (machin veut sortir avec bidule...). Faut avouer aussi qu’il ne se passe pas grand-chose durant les 1h30. Le scénario est clairement le point faible. On essaye de faire croire tout le long du film au spectateur que le bouseux joué par Ermey est un psychopathe (attention il a une sale gueule ! un couteau ! un melon pourri ! un chien ! des pièges ! il a joué dans Massacre à la tronçonneuse !). C’est tellement grossier que je ne vois pas comment on peut tomber dans le panneau, même en n’ayant vu aucun film du genre. Reste un final glauque et touchant, certes déjà vu, mais qui fonctionne encore ici.
Actuellement, Daniel Myrick finit The Objective, une histoire d’un commando en mission en Afghanistan tombant sur une entité maléfique.
Si je devais noter les trois films, ça n’irait pas au-dessus de 2/6 avec une petite préférence pour Solstice tout de même (qui mériterait une sortie salle). Mais il faut se rendre à l’évidence, Le Projet Blair Witch était un coup de pot !




