Baste, autant créer un sujet.....(qui, n'en doutons pas, explosera les 100 pages ^^)
Commençons par une question d'ordre philosophique : qu'est ce qui différencie le navet (le tout venant) du nanar (le miracle, le vrai.)
La question est difficile et a souvent été abordée. Néanmoins, si l'on omet l'oeil du spectateur et qu'on considère que le nanar existe en soi, comme un concept inaliénable, on peut risquer une définition.
La navet est un film raté, créé par quelqu'un qui a tenté de se conformer aux codes "traditionnels" du cinéma. Malheureusement, créé par des gens manquant de talent (ou s'en foutant totalement), le résultat est juste une bouse chiante.
Le nanar, LUI, est souvent créé par un passionné, un qui y croit. les meilleurs (AMHA) sont crées par des gens qui ne TENTENT même pas de respecter les codes. Soit bétise crasse, soit égo surdimensionné, soit folie furieuse et irresponsable, le réalisateur de nanar réinvente le concept même de film en appliquant un code qui n'existe que dans son esprit fiévreux...Le nanardeur n'écoutera aucun conseil, ne suivra aucune règle, n'aura même pas conscience de ce qu'on appelle "le bon goût"...Ca donne souvent du jamais vu. On a des spécialistes (Çetin Inanç shall rule this world !!!!)
Le navet est un ratage. Le nanar est un pur acte de foi.
Certes, mais d'où vient le nanar. Comment nait-il ? Est il possible de prévoir le potentiel nanar d'un projet donné ?
Difficilement. On le constate souvent, des nanars annoncés donnent souvent de simples navets (l'inverse est vrai aussi, mais plus rare...) Le nanar, c'est souvent une immaculée conception.
Cependant, parfois, on a des pistes. Des indices... (genre, des ninja turcs + des motos = instant kill)
Le destin de Gwendoline était gravé dans le ciel, en lettres de feu....Mais les hommes ont détourné le regard....
Bref.
Dans la série "mais que sont-ils devenus", vous-êtes vous déjà demandé ce qu'était devenu Just Jaeckin ? Le mec a tout de même signé deux films considérés comme des "classques" (ahem...) que tout le monde connait encore aujourd'hui : Emmanuelle et Histoire d'O. Alors ? S'est-il retiré du monde pour vivre de ses rentes ? Quid ?
Non, amis madnautes. Just Jaekin nous a quitté en commettant le grand saut, l'irréparable. Just Jaekin a commis un scuicide (artistique) RIP.
En 83.
Vous voulez en savoir plus ? OK.
Introducing :

Fuck yeah !
Non, il ne s'agit pas d'un simple navet, mais bien d'un vrai, d'un pur, d'un de compétition.
Tous les astres était réunis. Visiblement complètement arraché à la coke et fort de son succès, Jaekin décroche la timbale, se fait alouer un budget correct, et s'entoure d'une vraie team pour son Dune à lui. Jugez plutôt :
Jaekin + Schuiten (le dessinateur : si !) + Tawny Kitaen + Zabou Breitman + Bernadette Lafont + Pierre Bachelet + de la thune = outrageous combo !
Le film commence de façon surprenante. Ca se veut "film d'aventure sérieux"...Gwendoline déboule en asie à la recherche de son père, lui même disparu en chassant un papillon rare...(c'te pitch
Et y'a des moyens, presque, on y croirait. L'image est belle, les décors ça va, le chef op assure. Y'a même du gore.

Aaaaah...saigon...ses bars, ses putes, ses marins, ses putes, ses...
5 minutes plus tard, on a compris. Entre les vannes de merde, les dialogues en carton, l'indiana jones du pauvre qui déboule avec un sourire émail diamant, et les danseuses à moitié à poil, on se dit qu'on aura peut-être le droit à un truc du niveau de congo.
Et bien NON. C'est BEAUCOUP plus fort que ça !
Le point de non retour est atteint vers la moitié du film....après 45 minutes d'action poussive et d'indigènes hostiles. Histoire de marquer clairement l'entrée dans la quatrième dimension, Jaeckin nous gratifie d'une des scènes de sexe les plus INTEGRALEMENT WTF de l'histoire du cinéma. Moins métaphorique et encore plus fort que celle du retour de la créature du lagon...C'est dire...

Attention : pure scène de culte !
C'est le signal. A partir de là,on entre au pays du Yik Yak et du nawak incontrolable.
Car nos amis arrivent dans la cité perdue, dont plusieurs salles ont été reconstituées intégralement en vrai plâtre d'après les dessins de Schuiten.
La cité perdue n'est en fait pas perdue, puisqu'habitée par un tribu d'amazones, aux costumes designés par le même schuiten.
Comment vous dire ?
Déjà, à partir de là, Dutch à de quoi nous sortir une heure de gifs animés, quasiment sans coupures.

Take me to your leader !
Ensuite, ça se veut "artistique" et "joli"...

-Heuuuu....Just, t'es sûr, là ? C'est pas un peu....
-Chuuuut...Je compose, je crée...Je suis REMBRANDT !!!!
On ose même quelques morceaux de bravoure...(et franchement, le remake de la course de ben hur avec des chars tirés par de amazones en latex, faut le voir pour le croire....)

-Qu'est-ce que je fais du fouet ?
-Ch'ais pas, mets ça là.^^
-arrête ton char..
Le pire, c'est que systématiquement au PIRE moment (alors qu'on écarquille les yeux en ramassant sa machoire par terre), il tente de nous placer un dialogue inepte et décalé, avec des grandes tirades sur l'amur, les questionnements existentiels du héros, tout ça. (en oubliant pas de nous coller un maximum deplans de nanas à poil dans des poses lascives, quand même...)
TOUS les acteurs jouent comme des manches, à l'exception notable de 3 d'entre eux...2 seconds rôles, et Lafont, qui a l'air d'être la seule à avoir compris dans quoi elle se trouvait, et qui en rajoute des caisses bienvenues....
Enfin non...à la réflexion, c'est pas le pire.
Le pire, c'est la BO.
Le tout finira bien sur dans une grande explosion de plâtre et d'humour gras....
Bref, c'est indispensable.











