CITATION
Dans une ville assiégée par les Turcs, une pièce de théâtre conte les aventures du fameux baron de Münchhausen, qui arrive « pour de vrai », interrompt la pièce et entreprend de sauver la ville des Turcs dont il a volé le trésor. Accompagné de la jeune Sally, fille du directeur de la troupe de théâtre, il s'enfuit donc dans un ballon confectionné avec des culottes de femmes (culottes longues tout de même) et part directement dans la Lune pour retrouver le premier de ses anciens compagnons ...

Malgré son tournage épique (voir apocalyptique) et son semi echec au box office, les aventures du Baron de Munchausen reste toujours ce magnifique film de fantasy débridé (même si je ne suis pas sur que le film puisse être catalogué comme tel) qui place le rêve et l'imaginaire en étendard face à la norme.
Ainsi, la mince frontière qui régit le réel et le merveilleux n'existe pas pour le Baron (John Neville impecable), personnage fantasque, épris de liberté mais qui malheureuresement est vieillissant et est traqué par la mort dans une de ces plus belle representation vu sur un ecran. Cette abscence de frontière pour le personnage central va ainsi contaminer le metrage pour que dans son troisième acte le merveilleux et le réel se rencontre pour une bataille ainsi jouissive que folle.
Mais avant d'en arriver là, le film nous offre un voyage aussi beau qu' emouvant et completement fou. De la lune, où les protagonistes rencontrent un roi et une reine dont la tête se sépare de leur corps au centre de la terre pour y croiser entre autre Vulcain et Venus (interprété par la encore peu connu Uma Thurman), en passant par le ventre d'un monstre marin ou le harem d'un roi turc, le film est une véritable explosion de bonheur pour les yeux (on a souvent l'impression de tomber dans une toile de maitre).
A travers le personnage identifiant, la petite Sally, Terry Gilliam nous invite également à retrouver notre fameuse âme enfants (mais si, vous savez bien, ce que de nombreux madnautes sont tristes d'avoir perdu
A l'instar de Bandits, Bandits ou de Brazil, Gilliam continue à epancher sa soif de rêve et de liberté de penser et se pose comme opposant direct à un système broyeur de ses deux notions capitales. Système qui est detruit dans la fameuse bataille finale où le baron et ses "supermen" (mention spécial au vieux sniper, mon chouchou )) repousse l'envahisseur turc et font tomber de la même façon le système semi autoritaire qui régit la ville assiégé. Même si là encore, on ne sait pas si la bataille a vraiment eu lieu ou si elle est le fruit d'un récit mythologique, il appartient au spectacteur de choisir si il veut rêver ou non en croyant à cette histoire aussi épique que somptueuse.
Je rajoute le lien pour cet excellent decriptage paru sur le site il y a quelques années
http://www.mad-movies.com/fiche.php?id=277

