
(2007)
Quand il est question de ce film, les critiques nous parlent du Marie Antoinette de Coppola pour la similitude au niveau de l"anachronisme musical (la bande son est ici signée par Shiina Ringo, et oscille entre jazz, pop rock...) ou des couleurs chatoyantes et outrancières.
Mais on est pas là en face d'un clone japonais, plutôt d'un film d'époque avec une touche actuelle.
Sakuran, une histoire de femmes.
A l'origine, que des chromosomes double X : le manga qui a servi d'inspiration est servi par Moyocco Anno, le film est dirigé par la nouvelle venue Mina Ninagawa, et le casting, s'il n'est pas exclusivement féminin, se centre toutefois à écrasante majorité sur ces dames d'époque, et sur cette dame particulièrement, Kiyoha, interprétée par la pop star/model/actrice montante Anna Tsuchiya, qui s'ets déjà prouvée, même si encore jeune, faite pour ce métier pour d'autres raisons que sa belle gueule métissée. (L'excellent Taste of the tea ou le sympathique Kamikaze girl notamment)
Kiyoha donc, nom donné à cette gamine vendue à une maison close de l'époque Edo.
Rebelle à l'origine, elle sera bien forcée par ces effrayantes adultes de se confiner à l'apprentissage de la tâche imposée.
Et même contre son gré de devenir l'une d'entre elles : sa tutrice, en désespoir de cause face à cette tête brûlée, jouera la psychologie inversée pour la pousser à devenir une oiran, titre le plus prestigieux de la maison.
S'ensuit alors apprentissage, ascension, manipulations, désillusions et amours bien entendu.
Un objet encore incomplet et imparfait en tous points, mais intéressant pour un premier film, auquel son actrice principale sied très bien : le personnage sort de l'ordinaire et se détache de toutes les autres, et Tsuchiya, d'apparence peu commune était idéale dans cette optique.
Ne serait-ce que "visuellement", mais également pour son jeu certainement peu crédible en tant qu'attitude historique de sa position, mais comme dit auparavant c'est un film qui n'hésite pas à jouer l'anachronisme à plusieurs étages pour se détacher d'un jidai geki traditionnel.
Un peu comme un bol de riz dans lequel on aurait foutu quelques grains de poudre pétillante fluo (oh, ouah, super, encore des métaphores de merde merci)...paradoxalement, ces touches extravagantes citées précédemment sont portées par une mise en scène globalement assez sage, ce qui n'est pas plus mal dans les faits, les presque deux heures passant comme une lettre à la poste.
En tout cas, le côté humain du film, c'est l'essentiel finalement, reste clairement efficace.
4,5/6
Le film n'est pour l'instant disponible qu'en DVD jap avec des sous-titres anglais.
Toi aussi, viens dans mon bordel flashy
