CITATION(Diane @ 14 6 2008 - 20:29)

Le texte n'a pas à être vendu dans la lettre d'accompagnement, il doit se vendre de lui-même au fil de sa lecture.
Diane tu es naïve, non seulement il faut se vendre (le mieux étant de connaitre quelqu'un dans l'édition) mais il est dans la plus part des cas possible que tu rédige toi-même le quatrième de couverture comme si tu parlais du livre d'un autre et le survendre si possible (c'est le cas de bon nombre d'auteur et même des connus). Les grandes maisons d'éditions sont des barnums avec peu de lecteur (ça coûte cher) qui sont victimes d'un mal bien français à savoir que tout le monde écrit (déjà Céline en 1959 en parlait et s'en moquait) et c'est pas que les éditeurs ne sont pas "prêt" à lire la grande révolution littéraire de l'horreur avenir, c'est que ce sont des industriels et que les industriels n'investissent que quand ils sentent un potentiel, l'assurance d'une lecture qui ne soit pas marginal, pas le moins du monde la peur de choquer ou je ne sais quoi (croyez moi, sans vouloir me moquer question littérature vous êtes des petits joueurs par rapport à ce qui s'est déjà fait en matière de scandale, lisez l'Histoire de l'Oeil par exemple de George Bataille avec ses histoires de scatologie et de lait ou Justine de Sade et d'autre encore moins connu, du reste le scandale fait vendre). D'ailleurs désolé mais c'est beaucoup plus le style qui préoccupe les maisons d'édition que le contenu, excepté pour certain contenu, les histoires de cul qui se vendent facilement ou les polards, mais encore une fois ce qui importe c'est que ça soit écrit pas torché (je ne dis pas "bien" parce que c'est rare, je dit juste écrit). Après effectivement viser telle ou telle maison prestigieuse c'est un peu un leurre, parce qu'elles n'ont pas besoin de vous (ni de moi) alors que les petits éditeurs qui démarre si. Aujourd'hui il faut prendre en compte que le monde entier vient se vendre en librairie et la traduction d'un écrivain japonais trash qui parle d'otaku sous amphétamine et de salary man amateur d'écolière pré pubère coûtera toujours moins cher que de lancer un inconnu et ses violeurs from Mars. Regardez la rentrée littéraire de novembre c'est l'orgie et dans cette orgie seul six auteurs en tout et pour tout vivent de leur travail, 6 sur des milliers d'auteurs et ses 6 là ne sont pas forcément de bons écrivains mais ils passent à la télé, on les adapte au cinéma, ils font l'objet de traduction, des gens comme Houellebecq, Beigbéder, Nothomb ou... Guy Decar (il est mort mais bon il a eut une belle carrière en pissant la copie). Le succès n'est aucunement corrolaire du talent et surtout pas de nos jours, par exemple si Céline n'avait pas été repéré par un critique et un journal littéreraire de son époque (le Cyrano, ça s'invente pas) il n'aurait jamais vendu son Voyageà 80.000 exemplaire tous les ans (ce qui ne l'a pas empêché de terminer dans une semie misère comme Sagan par exemple)
Pour le côté "le livre doit se vendre lui-même au fil de la lecture" encore une fois c'est terriblement naïf, un lecteur d'une grande maison reçoit environ 40 à 50 manuscrits à lire par semaine, il écrême donc au maximum, oubliez les manuscrit à la main, non broché, mise en page avec un pied, les titres mal pensé qui par exemple n'intriguent personne. Ces gens lisent énormément en principe, ils ont donc un oeil, c'est cet oeil qui va repérer le potentiel, or c'est ta première page et ta seconde qui vont l'accrocher (donc faut la soigner) avec un tout petit peu de chance (ou plutôt une très grosse dose de bol) il continuera de lire, et si c'est vraiement accrocheur (le style, l'histoire, la construction) il le présentera éventuellement au comité de lecture. D'autre le liront, d'autre donneront leur avis et seulement s'il est unanime on le présentera au directeur de collection qui est le seul à avoir la décision finale. Pour les petites maisons d'éditions c'est facile, le barnum est moins grand, les envois moins nombreux, c'est souvent l'éditeur lui-même qui se tape la lecture, mais comme la fabrication d'un livre coûte d'autant plus cher que la distribution est difficile et qu'au fond c'est un coup de poker, l'éditeur prendra un risque calculé. N'ayant pas les moyens de faire la pub du machin, il faut que le livre marche, donc que les sujets accrochent (d'où le fait donc qu'on va surtout parier sur certain domaine plutôt que d'autre, l'horreur se vendant peu, sauf si tu t'appel déjà Stephen King ou Ann Rice... tu en tires les conclusion toi-même) mais aussi la façon dont c'est écrit (encore une fois ils n'attendent pas le prochain Montherlan par exemple parce qu'ils savent que le gros du lectorat ne lit pas donc est infoutu de faire la différence entre une phrase soignée et une blague Carambar). Par exemple un livre a récemment été interdit parce que 1) il faisait l'apologie de la pédophilie (écrit à la première personne d'un pédophile en série) 2) parce que c'était bien écrit (ça porte toujours plus) les éditeurs étaient prêt, le public moins et les politiques encore moins, s'il avait été publié le scandale aurait rapporté des brouzoufs, ce qui est sommes toutes la finalité de l'éditeur : gagner de l'argent ! (et aussi de l'auteur mais ça on a un peu de mal à le comprendre, les éditeurs par exemple et aussi certain jeunes auteurs). En fait il n'y a qu'une seule vérité à mon sens sur ce sujet, une seule question à se poser, est-ce qu'on veut écrire pour être publié, à savoir se dire "écrivain" le devenir mais sans passer par le boulot que ça comporte ou est-ce qu'on veut surtout écrire parce qu'on aime ça. Le reste comme disait l'autre c'est du yoyo.
A part ça bravo screamy, tu dis rien mais j'en pense pas moins