Ca y est enfin maté "Tora! Tora! Tora!"
Bon ben c'était vachement bien.
Le mot qui vient à la bouche quand on assiste à la toute première scène, le générique accompagné de la musique de Goldsmith (inutile d'en dire plus pour savoir qu'elle déboite sec) et présentant une cérémonie de soldats japonais sur des cuirassés, est magistral. Par la suite, on aura envie de rééutiliser ce mot pour qualifier les 20 dernières minutes, dont Cfury a trouvé les mots parfaits pour la décrire: du cinéma de destruction massive.
Aux rennes d'une production d'une ampleur époustouflante, ayant à superviser lui et son épique des dizaines d'avions en vol ou à détruire, des immenses décors fidèlement reproduits, des navires gigantesques se faisant puvlériser par paquet 2, Fleischer garde la tête froide et maitrise sa mise en scène avec une aisance hallucinante, nous livrant entre autres un final dantesque, un moment de furie visuelle inoubliable, qui raison de plus pour me plaire m'a sacrément évoqué un fantasme de gosse mis sur bobine.
Entre cette introduction imposante et ce final de folie, le film propose un récit minutieux et complet des événements ayant précédés l'attaque. Une fois accoutumé au style didactique très poussé, le métrage se révèle passionnant, une véritable mine d'informations, et qui par son procédé très audacieux de suivre le point de vue à la fois Américain et Japonais nous livre une vision d'ensemble qui appuie très fortement sur l'incompétence et les incohérences du gouvernement américain et de la direction des forces armées en opposition à la détermination implacable des Japonais.
C'est peut-être un peu trop appuyé diront certains, mais on est obligé de reconnaître que les preuves historiques ne manquent pas pour confirmer cette vision de l'événement.
Donc ouais, un excellent film, entre film historique ultra-documenté, et pur film de guerre à gros budget qui en met plein la geule, avec talent et intelligence bien entendu.
Ce qui m'empêcherait juste de le qualifier de "over-tuerie" ou de "supra-butage" c'est justement ce côté didactique, qui si il est bigrement intéressant, m'a paru assez froid par moments, tout du moins limitant l'implication d'un point de vue humain.
Ceci dit je l'ai pas forcément vu dans les meilleurs conditions. J'étais dans un état assez propice au sommeil, fatigué dans des coussins chauds, et il m'est arrivé quelques fois de fermer les yeux le temps de quelques secondes.(m'enfin rien de grave, j'ai parfaitement suivi hein)
Sinon c'est marrant, et la comparaison doit pas être très judicieuse, étant donné que je me base sur les souvenirs lointains d'une de mes expériences fondatrices de ciné étant gosse, mais ca m'a un peu évoqué Le Jour le plus Long.