CITATION(edern @ 19 2 2008 - 18:46)

Tiens j'en discutaisl'autre soir avec Dr_Zaius en sirotant un bon scotch, et en fumant le cigare, que j'aurais bien vu Cloverfield en version "événement retransmis à la télé", avec reportage divers, zapping entre chaînes, qui recueillent différentes infos, images, avec extrait de trucs amateurs, mais aussi interviews sur le terrain, analyses d'experts, et tout ça (ce qui aurait pu enrichir certains aspect comme l'infection qui vous fait perdre du poids un grand coup). Un peu comme quand on rest scotché devant sa télé quand un événement du style 11 sept arrive.
Ou quand une châine belge fait un canular
Mais bon le savant médecin simiesque m'a répondu que le gros problème,
c'est que ça ne provoque pas le même côté immersif que le parti-pris de Cloverfield. Ce qui est pas faux.
Yep, ca aurait pu être une idée sympa, mais ce que t'as répondu Zaiu est exactement ce à quoi j'ai pensé en lisant le début de ton post. Ca aurait été émotionnellement carrément beaucoup moins puissant. Mais d'un autre côté sans doute plus pertinent et réaliste.
Mais je me demande ce que ça aurait pu donner effectivement si on avait eu un montage alterné présentant les images de trois ou quatre groupes de persos se connaissant pas et évoluant en différents endroits du quartier attaqué (en fait, après avoir vu le trailer je pensais qu'on aurait droit à ça). Y aurait fallu bosser à mort la caractérisation des persos histoire qu'on s'attache à eux et qu'on se fasse pas chier, mais le résultat aurait pu être plus intéressant et varié.
Pour en revenir brièvement au débat concernant l'aspect très "mise en scène" de ces images sensées être amateur, je pense que ça se justifie facilement ; par le fait qu'un rendu réellement amateur (avec zooms rapides incessants, plans tremblotants, flous, cadrages chaotiques), bien que plus crédible aurait surtout eu pour effet de donner une bouillie visuelle absolument irregardable. D'ailleurs, dans
Cloverfield, il y a également ces éléments amateurs, comme les flous ou les zooms violents, mais surtout placés en début de film, histoire qu'on adhère directement au parti-pris et qu'on ressente l'impression de réalité. Et si par la suite ces éléments restent minoritaires, c'est surtout afin de ne pas gâcher le confort minimum du spectateur nécessaire à son implication émotionnelle.
(sinon ça donne un truc à la
Blair Witch, esthétiquement tellement vide, et visuellement si pénible qu'il est incapable de supporter une seconde vision)
Donc oui,
Cloverfield ne respecte pas à 100% son parti-pris, mais c'est une entorse à la réalité que j'imagine nécessaire.
(et puis, n'oublions pas qu'à l'heure d'aujourd'hui, avec la démocratisation croissante des camescopes numériques, les apprentis-cinéastes sont de plus en plus nombreux et parviennent peu à peu à éviter les écueils mentionnés auparavant - ceux qui rendent si difficile la vision du film du mariage de mon cousin filmé par mon oncle au début des années 90 - en comprenant la nécessité de s'appliquer un minimum quand tu tiens une caméra, de faire des cadrages propres, de varier les sujets filmés, etc)
Je n'ai pas été, du coup, particulièrement gêné par le rendu "soigné" du filmage dans le film.