Jesus Gris
28 2 2008 - 18:15
Ah bin tu vois

En tout cas ton enthousiasme fait plaisir à voir
Par contre, si, je maintiens que c'est critiquable.
Mais c'est grand (plus les jours passent, plus je me dis que c'est vraiment très très bien).
2ème vision ce soir pour moi (enfin je doute quand même que le film se transforme tout d'un coup en 2001 par rapport à mon premier visionnage).
dmonteil
28 2 2008 - 18:18
CITATION(Jesus Gris @ 28 2 2008 - 18:15)

Ah bin tu vois

En tout cas ton enthousiasme fait plaisir à voir
Par contre, si, je maintiens que c'est critiquable.

Ouais, évidemment c'est critiquable. Mais c'est juste que, perso, je m'en sens pas capable. Je trouve le film trop clair et en même temps trop complexe pour essayer quoi que ce soit.
Mais j'aime lire des avis sur ce film.
CITATION(Jesus Gris @ 28 2 2008 - 18:15)

Mais c'est grand (plus les jours passent, plus je me dis que c'est vraiment très très bien).
2ème vision ce soir pour moi (enfin je doute quand même que le film se transforme tout d'un coup en 2001 par rapport à mon premier visionnage).
J'te dis, sans doute qu'avec le temps, je me rendrais compte que le qualificatif "ça m'a évoqué 2001" était tout bidon. Mais à la fin du film, j'ai eu la même sensation de vide et de plénitude.
CITATION(Jesus Gris @ 28 2 2008 - 18:15)

2ème vision ce soir pour moi
Moi aussi j'y vais ce soir mais je l'ai pas vu encore, n'y même aucun extrait ou autre b.a, je frétille telle une pucelle lors de son premier soir.
Ca va être sanglant...
contagion
28 2 2008 - 19:58
Comme Dmonteil, je l'ai vu ce matin, un gros morceau de cinéma, riche et rugueux, qui devra passer par un raffinage analytique pour être pleinement appréhendé. J'y reviendrai peut-être, là je vais lâcher ma critique de Taken hu hu hu.
dmonteil
28 2 2008 - 20:21
CITATION(contagion @ 28 2 2008 - 19:58)

Comme Dmonteil, je l'ai vu ce matin, un gros morceau de cinéma, riche et rugueux,
CITATION(contagion @ 28 2 2008 - 19:58)

qui devra passer par un raffinage analytique pour être pleinement appréhendé. J'y reviendrai peut-être
Si t'as le courage ce serait cool.
Moi j'avoue que la tâche me semble incommensurable, tellement il y a à dire...
Misterpursoup
28 2 2008 - 21:15
Vu dans l'après-midi (merci les grèves

)et en VO pour une fois.
Ben voilà quoi. Que dire.
Si je ne serais peut être pas aussi enthousiaste que Dmonteil qui va très loin en comparant la maitrise indéniable de ce There Will Be Blood à celle qu'a pu atteindre Kubrick, je ne peux que me ranger à ses côtés, ainsi qu'à ceux de Contagion, tant ce film est immense, d'un aboutissement et d'une complexité très rare,que ce soit dans la forme et le fond, qui dans une oeuvre de la sorte sont indissociables, ce qui m'a pas mal évoqué la perfection des Coen sur leur tout récent "No Country for Old Men", bien que ce dernier m'a plus profondément remué.
Il y a tellement de choses à dire sur une oeuvre telle que There Will Be Blood que se lancer dans une critique profonde et détaillée me parait trop hasardeux, surtout après une seule vision, mais enfin, on en sort avec l'impression d'avoir vu un très grand moment de cinéma.
Je rajouterais tout de même que j'ai été particulièrement pris par l'ambiance mystérieuse et très sombre, aux aspects presque fantastiques qui se dégage du film dans de très nombreux passages, à l'image de cette introduction de 15 minutes absolument fascinantes, où aucune parole n'est prononcée, ce qui leur confèrent un aspect presque onirique, hors-du-temps, et qui part même par moments dans une dimension mystique, dans certaines séquences concernant l'Evangeliste, brillemment interprété par Paul Dano.
dmonteil
28 2 2008 - 21:29
CITATION(Misterpursoup @ 28 2 2008 - 21:15)

Vu dans l'après-midi (merci les grèves

)et en VO pour une fois.
Ben voilà quoi. Que dire.
Si je ne serais peut être pas aussi enthousiaste que Dmonteil qui va très loin en comparant la maitrise indéniable de ce There Will Be Blood à celle qu'a pu atteindre Kubrick, je ne peux que me ranger à ses côtés, ainsi qu'à ceux de Contagion, tant ce film est immense, d'un aboutissement et d'une complexité très rare,que ce soit dans la forme et le fond, qui dans une oeuvre de la sorte sont indissociables, ce qui m'a pas mal évoqué la perfection des Coen sur leur tout récent "No Country for Old Men", bien que ce dernier m'a plus profondément remué.
Les 2 métrages partagent une vision de l'humanité assez proche d'ailleurs.
Perso, je dirais que les deux films m'ont remué. Peut-être pas sur le même plan (encore que), mais chacun m'a desarçonné.
Par contre, je pense quand même que No Country doit se revoir plus facilement, car il se dégage une certaine simplicité, une certaine pureté du Coen que l'Anderson n'a pas. TWBB, c'est rugueux (comme dit Conta), c'est dense et complexe, et c'est surtout vachement austère mine de.
CITATION(Misterpursoup @ 28 2 2008 - 21:15)

Je rajouterais tout de même que j'ai été particulièrement pris par l'ambiance mystérieuse et très sombre, aux aspects presque fantastiques qui se dégage du film dans de très nombreux passages, à l'image de cette introduction de 15 minutes absolument fascinantes, où aucune parole n'est prononcée, ce qui leur confèrent un aspect presque onirique, hors-du-temps, et qui part même par moments dans une dimension mystique, dans certaines séquences concernant l'Evangeliste, brillemment interprété par Paul Dano.
Ces 10-15 premières minutes sont ultimes.
Et le plan,
dans le train, de Plainview et du bébé fraichement adopté, c'est un des plus purs, des plus beaux et des plus touchants que j'ai jamais vu. On touche à la beauté absolue dans cette main innocente tendue par l'enfant vers son père. Un fragile et précieux moment de bonheur.
J'adore aussi comment il nous amène le titre: BAM : There Will Be Blood ! telle une sentence divine (j'adore le fait qu'elle conclue le film aussi).
Et puis cette phrase finale
(I'm finish), ce plan, ce cadrage...pff...
Batman Begins
28 2 2008 - 22:05
CITATION(dmonteil @ 28 2 2008 - 21:29)

Et puis cette phrase finale (I'm finish), ce plan, ce cadrage...pff...
Sous-tirée en VOST par
"J'ai fini.", drôle de traduction...
Sinon, pour les fans du film et du dernier Coen...
http://www.nbc.com/Saturday_Night_Live/vid...html#mea=221737
Misterpursoup
28 2 2008 - 22:17
Par contre, juste un conseil pour ceux qui ne l'auraient pas vu, ne surtout pas s'attendre à "une grande saga épique à la hauteur d'un Citizen Kane", parceque ca me semble être l'opposé total de ce qu'est le film.
Je n'étais personellement pas du tout parti dans l'optique de voir une épopée époustouflante sur l'ouest américain, ayant été principalement séduit par l'aspect sombre et inquiétant de la Bande-Annonce, qui se retrouve totalement dans le film.
CITATION
Les 2 métrages partagent une vision de l'humanité assez proche d'ailleurs.
Perso, je dirais que les deux films m'ont remué. Peut-être pas sur le même plan (encore que), mais chacun m'a desarçonné.
Par contre, je pense quand même que No Country doit se revoir plus facilement, car il se dégage une certaine simplicité, une certaine pureté du Coen que l'Anderson n'a pas. TWBB, c'est rugueux (comme dit Conta), c'est dense et complexe, et c'est surtout vachement austère mine de.
J'ai justement trouvé qu'il se développait des rapports vachement intéressants entre les deux films, et la date de sortie rapprochée me semble encore plus propice à une analyse comparative.
Mais quand je dis que j'ai été plus profondément remué par No Country For Old Men, c'est que c'est un film dont je suis ressorti éprouvé, bouleversé, la mine sombre, et le cerveau traversé de dizaines d'interrogations philosophiques. Avec du recul, j'irai presque jusqu'à dire que c'est un film qui peut être susceptible d'avoir un impact tellement important sur moi qu'il en viendrait à modifier ma vision des choses, comme l'a pu être l'immense choc de H.E.A.T.
Ceci dit, There Will Be Blood n'en reste pas moins un film qui porte une vision très sombre et pessimiste de la condition humaine, et qui comporte plusieurs séquences d'une violence estomaquante, et qui distille tout le long une sensation de malaise.
Dans No Country for Old Men, si la vision portée sur l'humanité est tout aussi sombre,désenchantée, déprimante, le film distille pourtant une humanité poignante dans le traitement d'un personnage comme Llewelynn ou le Sheriff, ce qui déculpe sa puissance.
Par contre, dans There Will Be Blood, je dois reconnaître que en y repensant, j'ai beaucoup, mais alors beaucoup de mal à y trouver une quelconque part d'humanité, une once d'optimisme, ou même une certaine nostalgie présente dans No Country for Old Men.
(enfin brèfle)
edit: j'avais pas lu lien de BB, mais c'est vachement marrant, et très bien vu je trouve.
Batman Begins
28 2 2008 - 22:24
Sinon comme dmonteil , je ne sais pas comment aborder le film pour en faire une critique. C'est une fresque sublime et terrifiante à la fois, porté par un Daniel Day-Lewis toujours aussi immense. Une histoire sombre de misanthropie, d'humanité et de la confrontation du capitalisme et de la religion.
contagion
28 2 2008 - 22:28
Juste pour plussoyer le morveux amateur de soupe, le film effleure souvent les lisières du fantastique ( la Bo ne dépareillerait d'ailleurs pas dans un film d'horreur ). Tout le métrage est d'ailleurs nimbé d'une atmosphère extrêmement pesante et d'une violence latente, quoiqu'elle n'explose que rarement à l'écran ( les dix premières minutes, dénuées à une réplique près de dialogues et rythmée par le bruit de la terre éventrée et des os qui se brisent est assez emblématique de cette tension permanente ).
Des images persistent de manière lancinante: le regard roué et glaçant de Lewis, l'embrasement du puit ( absolument dantesque ) , les prêches hallucinées d'Eli.
Du putain de cinéma avec un grand S.
Misterpursoup
28 2 2008 - 22:38
CITATION
d'une violence latente, quoiqu'elle n'explose que rarement à l'écran
Ha oui, justement, à ce propos je voulais le faire dans mon précédent post, mais je tenais à mentionner cette séquence, qui semble rassembler en une grande explosion toute la violence sous-jacente du film, et qui m'a semblé presque insoutenable, où Daniel hors-de-lui martyrise le pauvre Evangéliste, lui enfoncant la tête dans la boue et le forcant à en avaler.
CITATION
Juste pour plussoyer le morveux amateur de soupe,
Si tu n'étais pas en train d'appuyer mes propos, ta remarque aurait pu définitivement conduire à un schisme relationnel.
(

)
astroboy
28 2 2008 - 23:38
ça l'air bien, mais j'attends plus de :
"C'est un chef oeuvre
Allez y"
pour me bouger le cul
dmonteil
28 2 2008 - 23:39
CITATION(Misterpursoup @ 28 2 2008 - 22:17)

Par contre, juste un conseil pour ceux qui ne l'auraient pas vu, ne surtout pas s'attendre à "une grande saga épique à la hauteur d'un Citizen Kane", parceque ca me semble être l'opposé total de ce qu'est le film.
Je n'étais personellement pas du tout parti dans l'optique de voir une épopée époustouflante sur l'ouest américain, ayant été principalement séduit par l'aspect sombre et inquiétant de la Bande-Annonce, qui se retrouve totalement dans le film.
Oui et non. Je vois en quoi les gens le compare à Citizen Kane (narration étalée sur plusieurs dizaine d'année, personnage central complexe et enigmatique, et pas toujours très sympathiquement gentil). Mais c'est tout quoi. Ca va pas plus loin.
Par contre, on peut le voir comme une fresque sur l'amérique (la face sombre de celle ci par contre). Ce serait sacrément réducteur, mais pas faux je pense.
CITATION(Misterpursoup @ 28 2 2008 - 22:17)

Mais quand je dis que j'ai été plus profondément remué par No Country For Old Men, c'est que c'est un film dont je suis ressorti éprouvé, bouleversé, la mine sombre, et le cerveau traversé de dizaines d'interrogations philosophiques. Avec du recul, j'irai presque jusqu'à dire que c'est un film qui peut être susceptible d'avoir un impact tellement important sur moi qu'il en viendrait à modifier ma vision des choses, comme l'a pu être l'immense choc de H.E.A.T.
Si tu me prends par les sentiments aussi...
Nan par contre ce que tu décris, je l'ai ressenti pour No Country, mais aussi pour TWBB. Et je dirais même ENCORE PLUS pour TWBB. Le genre de films à te faire voir la vie autrement (pas un mal de remettre en question sa façon de voir les choses, mais vu les visions proposées, faut savoir faire la part des choses putain...).
Par contre le côté ""ludique"" du Coen fait que l'auto réflexion est moins extrême qu'avec TWBB (qui renferme des morceau de cinoche absolument tétanisant, mais carrément pas jouissif, à l'invers de la partie centrale de NCFOM).
CITATION(Misterpursoup @ 28 2 2008 - 22:17)

Par contre, dans There Will Be Blood, je dois reconnaître que en y repensant, j'ai beaucoup, mais alors beaucoup de mal à y trouver une quelconque part d'humanité, une once d'optimisme, ou même une certaine nostalgie présente dans No Country for Old Men.
(enfin brèfle)
La relation entre le père et le fils (très présent chez PTA) apporte, en de rares occasions, cette once d'humanité bienvenue.
CITATION(contagion @ 28 2 2008 - 22:28)

Juste pour plussoyer le morveux amateur de soupe, le film effleure souvent les lisières du fantastique ( la Bo ne dépareillerait d'ailleurs pas dans un film d'horreur ). Tout le métrage est d'ailleurs nimbé d'une atmosphère extrêmement pesante et d'une violence latente, quoiqu'elle n'explose que rarement à l'écran ( les dix premières minutes, dénuées à une réplique près de dialogues et rythmée par le bruit de la terre éventrée et des os qui se brisent est assez emblématique de cette tension permanente ).
Des images persistent de manière lancinante: le regard roué et glaçant de Lewis, l'embrasement du puit ( absolument dantesque ) , les prêches hallucinées d'Eli.
La BO m'a vraiment fait penser à celle de Shinning par moment. Dans le malaise qu'elle distillait.
Et puis le puit qui prend feu...Putain...Mais

quoi ! Le travail sonore fout une claque à lui tout seul !
Mais ce plan final bordel...Le plan parfait pour clôturer le métrage, c'est dingue.
Ce film, il est juste dingue...
PS: sinon, très drôle le sketch SNL

. Merci BB !
Edit pour astro:
Ce film est un
putain de chef-d'oeuvre.
Courrez-y.
contagion
28 2 2008 - 23:42
CITATION(astroboy @ 28 2 2008 - 23:38)

ça l'air bien, mais j'attends plus de :
"C'est un chef oeuvre
Allez y"
pour me bouger le cul

Ca a pourtant fonctionné pour le Coen.
( bon Dmonteil tu te sors les mains du fondement et tu nous livres une belle analyse de l'oeuvre, d'avance merci )
( moi je vais regarder Transformers )
Edit: en fait tu distilles ta semence critique depuis quelques posts... Allez conglomère tout ça en un post maintenant, c'est pour la bonne cause.
Au passage il est clair que parmi les nombreuses lectures du titre, les liens du sang prévalent dans ce métrage. Ce sera le seul type de relation humaine à laquelle Day-Lewis accordera de l'importance ; le fait qu'il soit à un moment donné floué à propos de l'une d'elle fera basculer irrémédiablement le personnage dans la solitude la plus féroce.
J'ai un peu pensé à du Zola, le côté fresque naturaliste et symbolique... Et ces accidents du travail, mazette...
dmonteil
28 2 2008 - 23:55
CITATION(contagion @ 28 2 2008 - 23:42)

CITATION(astroboy @ 28 2 2008 - 23:38)

ça l'air bien, mais j'attends plus de :
"C'est un chef oeuvre
Allez y"
pour me bouger le cul

Ca a pourtant fonctionné pour le Coen.
( bon Dmonteil tu te sors les mains du fondement et tu nous livres une belle analyse de l'oeuvre, d'avance merci )
( moi je vais regarder Transformers )
Edit: en fait tu distilles ta semence critique depuis quelques posts... Allez conglomère tout ça en un post maintenant, c'est pour la bonne cause.
Au passage il est clair que parmi les nombreuses lectures du titre, les liens de sang prévalent dans ce métrage. Ce sera le seul type de relation humaine à laquelle Day-Lewis accordera de l'importance ; le fait qu'il soit à un moment donné floué à propos de l'une d'elle fera basculer irrémédiablement le personnage dans la solitude la plus féroce.
J'ai un peu pensé à du Zola, le côté fresque naturaliste et symbolique... Et ces accidents du travail, mazette...
A bas le rôle du faux frère est CARREMENT fondamental à ce niveau. Y avait un léger espoir, non pas de rédemption (Plainview ne la souhaite jamais), mais d'optimisme tout du moins.
Sinon, demain, si je suis en forme, j'essaierais d'étaler ma prose peu originale (pour ce film, elle le sera, c'est indubitable). Mais ça prendra la journée...
Batman Begins
29 2 2008 - 00:04
Sinon la photo du premier post du topic, elle vient vraiment du film finalement ou pas ?
(une scène coupée où l'on verrait Daniel Plainview vieux?)
(et
en parlant de scène coupée...)
La vache quand je vois certaines critiques, j'ai pas eu l'impression de voir le même film. Bon vous aurais compris que j'ai autant kiffé que certains autres.
Bon passons sur les points indiscutable : les acteurs parce que DDL est parfait, c sur, mais Paul Dano lui tient la dragée haute. Après la réalisation, et le travail sur la lumière est impressionnant.
Mais bon, après j'ai pas trouvé le propos du travail très transcendant, enfin j'ai pas eu un moment où j'étais sur le cu par le message que voulais faire passer le film.
Après, je me suis quand même bien ennuyé. Parce qu'entre les quelques scènes marquantes du film, j'ai trouvé que ça manquait de lien, j'ai pas été pris par l'atmosphère du film qui fait que même les scènes plus basiques sont appréciables.
On étais trois pour aller voir le film et on a tous pensé la même chose. Et pourtant j'avais envie de l'aimer ce film mais non, j'ai pas pus plus que ça.
Voilà, c'est un bon film mais j'ai pas été transcendé.
4/6
Ok alors vu hier soir.
C'était sanglant.
(mais pas le sang auquel je m'attendais)
Alors oui effectivement c'est le genre de film où tu n'arrives pas à dire en sortant de la salle autre chose que " wow..."
Après la claque No country qui dans le genre "film hypnotique qui te hante longtemps après l'avoir vu" se posait là, le nouveau film de PTA m'a carrément défoncé la rétine et perforé les oreilles (merci Jonny Greenwood), on m'a retrouvé dans le même état que ce petit garçon apeuré.
Comme pour les Coen il réalise un grand écart avec son dernier film plus léger et jovial pour nous livrer un miracle filmique pélliculé, aussi noir que le pétrole qui semble couler dans les veines de Daniel vue sur la plaine.
J'y ai retrouvé un travail sur le son exceptionnel, tout comme dans Punch drunk love où l'environnement sonore très riche rendait compte du brouhaha intérieur de son personnage on retrouve un bruitage assourdissant venant transporter le spectateur au fond de ces puits de pétrole.
Mais ce qui fait qu'on reste ébahit devant There will be blood c'est qu'il ne se contente pas d'être une pure réussite formelle (je ne parlerais pas de la photo et de la perf de Day Lewis ce serait indécent) il est surtout d'une profondeur et d'une richesse thématique qui te donne à réfléchir pour le reste de l'année (de tes jours).
Comme toujours chez Anderson on retrouve la question de l'identité avec des personnages qui se cherchent (Daniel qui demande à celui se présentant comme son frère : Qui est tu ?) mais ici cette question se propage à l'environnement même entourant le personnage, Les Etats Unis du début du siècle.
Sur quoi repose les E.U, deux vendeurs de rêves en concurrence sur un marché (toutes les scènes d'affrontement entre eux deux sont incroyables d'intensité), la question étant l'un peut il s'accomoder de l'autre.
Daniel Plainview est un homme seul, une solitude oppressante très bien rendue au début du film puis un homme seul au milieu des autres, si bien qu' il tentera de se greffer des liens
de sang (un fils et un frère qui ne sont pas les siens).Tant de sujets de réflexions qui demande à être creusés et apronfondis pour faire jaillir la lumière de ce métrage sombre et rugueux.
Ca demande une seconde vision (tant pis pour taken ?)
Je suis encore sous le choc.
6/6 et non des moindres.

Amen.
Captain Cavern
29 2 2008 - 13:43
CITATION(Batman Begins @ 28 2 2008 - 22:05)

CITATION(dmonteil @ 28 2 2008 - 21:29)

Et puis cette phrase finale (I'm finish), ce plan, ce cadrage...pff...
Sous-tirée en VOST par
"J'ai fini.", drôle de traduction...
Les sous-titres accumulent oublies, contre-sens et approximations avec une constance déseperante. Sinon j'ai vu le film hier soir dans une salle archi comble, pour une séance en v.o. ça fait plaisir ( c'est clair que l'effet oscar doit bien aider ).
Je vois pas trop quoi rajouter à ce qui a déja été dis, c'est sombre, très sombre, l'affrontement entre Plainview et Sunday est d'une noirceure implacable, notament lorsque les 2 persos doivent renier leur idéal face à l'autre pour obtenir la réussite et l'argent. Ceci dit seul Plainview fini par devenir un véritable monstre de cynisme asocial retrancher dans sa tour d'ivoire, et le pire c'est que ce faisant il atteint son "rève", être à l'écart d'une humanité qu'il déteste.
Par contre je serais moins enthousiaste sur la musique de Greenwood, perso elle m'a plus fait mal aux oreilles qu'autre chose.
goldfrapp
29 2 2008 - 13:45
au commencement il n y avait qu' un trou!
Un carton aurait pu ouvrir le film "a l aube de l humanité" tant nous sommes vraiment aux origines d' un nouveau monde.
Ainsi découvre t'on cet homme seul au milieu de nulle part travailler son trou, au peril de ca vie.
Et d' ailleur au niveau du cadre on aura vraiment l' impression que cette nouvelle vie qui se construit se fait a proximité de ce trou ,au depart le néant ensuite une église, deux trois maison ,un chemin de fer.....Une nouvel ére peut commencer sur des bases "saines"!
D' ailleur tel une autorité superieur Plainview le dit en voulant vendre ces sevices a la communauté ,du trou et de son travail par les hommes , naitrera la famille, de cette deniere naitrera l' education "it will not only grow.....it will florish"! J ai un peu peur de le dire mais je pense que le film est assez claire la dessus les origines du monde dans lequel on vit ne tien pas de valeurs spirituels ou humaines mais de ce trou .
Et du bien etre de se trou (son rendement et son optimisation) dependra du travail des hommes (l' image typique du reve americain de l homme qui s' est fait par la force de son travail manuel touve ici un echos assez iconoclaste)
La logique meme de rentabilité et de profit sont tourné ici de facon dramatique.Plus le puit s' agrandit , plus " l entreprise familiale" engrange les bénéfices et plus le facteur humain se révéle....inéxistant! Chaque intermediaire est une main en plus dans sa poche, chaque accident de travail est un frein pour le morale des hommes ,et de ce fait la rentabilté de leur travil en patit! Comment un homme qui a dut passer une bonne partit de ca vie a fuir ces semblables peut il se trouver une légitimité et une respectabilité aupres des autres ? En se créant une image, familiale d' abord puis ensuite spirituel lorsque la chimere de cette derniere vole en éclat (tien cela me rappel quelque chose qui se passe en Sarkozye....)
Au vu de son budget le real a priviligié l' austeité et le minimalisme, en signant un film finalement assez mentale, la bande son soulignant les déréglement interne se son pesonnage ,voir la travail sonore ahurissant lorsque le puit s' embrase, alors que sont fils est gravement touché ,plainview priviligie d abord son puit, il n' y peut rien il est biologiquement omnibulé par le bien etre de son trou (le capharnaum sonor de percussions s' arretant lorsque la chargge de TNT etouffe l incendit, là painview serein peut ainsi s occuper de son fils)
La derniere partie pourrait se passer de nos jour tant aucune indiaction temporel dans les decors et les costumes n' est flagrante (a part la pancarte of course).
Derniere partie qui nous montre le sacre de plusieurs decenies a acheter et vendre en depit de toute valeur humaine Plainview a reussi a tout corrompre.
Meme l' innocence, son fils va prendre le relai de papa, tout va bien, les figures spirituel ne sont que des laquais du pouvoirs, l' homme qui etait en lui est mort., seul subsiste quelques images mentales de ces "années bénies" (et quel image! le pere degage son fils d un revers de la main pour aller retrouver son puit).
Beaucoup de chose sont nés de ce trou, PT semble penser que les origines du monde dans lquel on vit se trouve au fond de se puit.Ou comment batire un monde sur des bases plus que precaire....(voir le bapteme du fils a l' or noir)
"Le pouvoir rend seul pourrait "etre une des phrases bateau pour epliquer le film mais c est tellement plus.....
Par contre je trouve le film certe assez érmethique mais trés limpide dans son propos et ces ambitions.....bah c est pas 2001 quoi, c est pas abscon non plus mais a plusieurs je pense que des choses interressante pourrais en sortir
PS: j aime beaucoup la dichtotomie entre les images de "success story" (le reve americain a la porté de tous) et la musique funebre et inquietnte qui semble nous dire "attention danger derriere les apparences"
P.S 2: Désolé pour les lourdeurs, l orthographe et la syntaxe d avance merci
dmonteil
29 2 2008 - 15:22
Trés intéressant ce que tu dis goldfrapp.
Sinon, pour le rapprochement à 2001 (autrement que dans la mise en scène et le traitement sonore), c'est plus l'impact que le film peut avoir sur le spectateur. Pour moi, TWBB c'est vraiment un des rares exemples de films qui te font VRAIMENT cogiter sur l'être humain.
Bon enfin j'ai essayé d'écrire quelque chose. Je préviens, c'est assez long, et je dois enfoncer pas mal de portes grandes ouvertes. Mais bon, j'aurais essayé...
"There Will Be Blood".
Je l’ai dit, la façon dont apparaît le titre évoque l’avertissement divin, ou d’un personnage omniscient (PTA ?) nous mettant bien en garde sur ce qui va suivre. Nous sommes loin, très loin de l’ambiance funky et libertaire de Boogie Nights, loin, TRES loin du sublime sourire concluant Magnolia, et a des kilomètres de la simplicité émanant du couple Sandler – Watson. Avant même la première image, Anderson pose les prémices de son ambiance.
La 1ère séquence est d’ailleurs dans la continuité parfaite de cette sentence : elle commence par un plan (magnifique) sur les montagnes rocailleuses du sud des Etats-Unis, avec comme fond sonore une musique stridente et lancinante évoquant une alarme (avertissement encore), pour ensuite nous présenter, en quelques plans superbement agencés et découpés, un homme seul, enfoncé dans les ténèbres, prêt à tout (même à ramper des kilomètres avec une jambe cassée), à la recherche de l’or noir, du sang de la terre et de l’Amérique : le pétrole. Cette séquence se conclue de la même manière qu’elle avait commencé: la musique/alarme nous avait prévenu. Le plan est alors perçu différemment : d’une image magnifique évoquant les grands espaces de l’Amérique, on comprend que la plaine montagneuse (et par extension la nature) n’aura qu’un rôle mineur et en aucun cas rédempteur. Nous ne sommes pas chez Malick, la nature n’est pas régénératrice, elle n’apporte rien de bon chez l’homme, elle ne lui apporte qu’une terre aride… et du pétrole.
Les 10 minutes qui suivent sont de la même trempe : pas de dialogue, un montage sec, des plans majoritairement fixe mais significatifs. C’est de la pure mise en scène. A l’image des scènes de chasse à l’homme au cœur de No Country for Old Men, There Will Be Blood est parcouru de séquence fonctionnant entièrement par le biais de la mise en image (et du son ! très grande importance de ce dernier).
Et les 10-15 premières minutes en sont le plus digne parangon, tellement les images présentées sont d’une puissance évocatrice incroyable.
Par exemple, ce plan sur la main victorieuse de Plainview, pleine d’une matière noire. Sang de la Terre ? Ou bien bille de la Terre ? Ce qui est sûr, c’est que ce plan cite clairement la découverte de l’arme par les singes de 2001. Si dans chacun des films ce passage sert à illustrer, de façon simple mais brillante, la nature autodestructrice, envieuse et vénale de l’être humain, il n’y aura hélas pas de fœtus astral pour nous remonter un tant soit peu le moral.
La matière barbouillant la main de Plainview va gangrener TOUS les personnages…à l’exception de l’intéressé, qui semble avoir une longueur d’avance sur tout le monde (j’y reviendrai...peut-être). Ce plan rappelle d’ailleurs aussi le symbiote de Spider-Man 3 (bah ouais, ça pète moins que 2001, mais mine de, c’est bien là je trouve…).
Mais le plan le plus fascinant et le plus perturbant de cette "introduction", c’est celui que j’appelle "le-plan-le-plus-pur-et-le-plus-beau-du-cinéma". Daniel Plainview, l’homme solitaire, l’homme de la caverne, le bourru, le misanthrope, le sanguinaire, le cupide, se retrouve avec un enfant sur les bras. Et cet enfant, symbole ultime de la pureté et de l’innocence, tend ces petits bras potelés vers son père adoptif en lui souriant.
Ce plan, d’une simplicité renversante, renferme une profondeur thématique et émotionnelle bluffante.
A ce moment là du film, nous, spectateur, sommes encore relativement vierge de tous a priori envers le personnage de Plainview. Nous ne savons pas encore les raisons qui l’ont poussé à adopter cet enfant. Et quand bien même nous les connaîtrions, une telle candeur, une telle pureté des sentiments ne peut-être manipulée (je me demande sérieusement comment Anderson a réussi à faire faire ce geste et cette bouille à ce bébé…).
Ce plan, pour moi, c’est l’image qui sauve Plainview de la damnation éternelle. Je ne peux pas, en voyant ça, trouver ce personnage complètement pourri (tout du moins, pas par nature). C’est pas Anton Chigurgh quoi.
La famille d’ailleurs…C’est clairement un thème auquel PTA tient à cœur. Il suffit de voir Boogie Nights, avec cette surprenante famille recomposée, Magnolia bien sûr, et même Punch Drunk Love (la société "familiale" de téléphone rose / arnaque).
Ici, la famille est là encore recomposée. Fils adopté, frère qui l’est tout autant, et dans un registre plus large, la famille Sunday ou encore la famille Bandy.
Mais PTA joue avec nous encore une fois. La gentille petite famille Sunday se compose d’un père qui bat sa plus jeune fille, d’un fils parti et d’un autre fanatique et dominateur (n’hésitant pas à frapper son père dans une séquence de défoulement qui met mal à l’aise. Séquence faisant suite à celle, tout aussi dérangeante, durant laquelle Plainview a mis une branlée et a humilié le jeune pasteur…En gros, l’homme d’église, meurtri dans son orgueil, se venge sur son propre père. Il est beau le pardon…). Bref, cette famille qui semble tout droit sortie de La petite Maison dans la Prairie est en fait pourrie de l’intérieure (par Eli ? C’est pas impossible, mais c’est plus compliqué que ça).
Alors que, dans le même temps, le duo formé par Plainview et son fils, pourtant basé sur un mensonge, semble beaucoup plus sain, et leur relation est vraiment basée sur de l’amour.
La encore, la scène du jaillissement de pétrole et de l’incendie qui s’ensuit (causant la surdité du jeune H.W.), scène au demeurant extrêmement impressionnante dans sa gestion du son et dans sa mise en scène (les plans séquence de fou furieux…), pourrait être visionnée 15 fois qu’on trouverait encore quelque chose à admirer, analyser, fouiller. Daniel est-il plus intéressé par son pétrole ou par son fils ? Sa réaction lorsque le personnage de Ciaran Hinds lui demande comment va H.W., devant cette fontaine de feu, souligne-t-elle le désintérêt ou le désarroi ?
De même, lorsqu’il l’abandonne dans le train, peut-on réellement penser que cet homme n’a pas de remords ? Ses larmes sont-elles fausses elles aussi ?
Et puis tout le passage avec le faux frère…Alors qu’on pourrait se dire qu’Anderson alourdit inutilement son récit en insérant un nouveau personnage redondant ou qui n’a pas vraiment sa place, le voilà qui nous sert une des scène centrale du métrage (en même temps, 99% du film est composé de scènes centrales, donc bon), dans laquelle Plainview explique sa haine, son dégoût et son profond mépris pour l’être humain. La misanthropie, sourde jusqu’à présente, pas vraiment palpable, jaillit ici tel la fuite de gaz jaillissait du derrick. Elle est violente, elle est exprimée de façon inattendue (il faut voir le calme olympien du personnage) et elle tétanise. Plainview se révèle alors pour la première fois complètement, autant sur le plan intradiégétique (il peut enfin exprimer ses sentiments à un être qui possède le même sang que lui, et donc certainement la même façon de penser) qu’extradiégétique (le spectateur prend enfin pleinement conscience de l’être qu’il voit évoluer depuis déjà 1h30).
Il semble d’ailleurs que cette profession de foi a permis au personnage de souffler un moment. Voire même de lui amener un peu d’espoir ! PTA change alors sa façon de filmer Plainview, un changement relativement imperceptible. Il n’apparaît plus seul à l’écran mais accompagné. Il n’est plus cadré au centre du plan, tel le point de balancement du monde dans lequel il évolue, mais mis à niveau plus ou moins égal avec son "frère"…
Il va sans dire que la révélation de l’identité du prétendu frère apportera son lot de changement, ne serait-ce que dans la mise en application visuelle de ce titre aux consonances bibliques.
On pourrait aussi aborder la relation entre la religion et le capitalisme, Eli Sunday et Daniel Plainview personnifiant chacun ces facettes de l’Amérique. Il faut bien sûr souligner le côté excessif des deux notions traitées. On ne parle pas ici de la religion prônant une quelconque forme de bonté, de générosité et de tolérance. La religion, dans le film, c’est le fanatisme, l’extrémisme fait d’exorcisme et de violence. De même, on pourrait parler de consumérisme primaire et de soif de pouvoir et d’argent dans le capitalisme dépeint par PTA.
Cet affrontement trouve son comble dans le climax du film : les 10 dernières minutes.
La cruauté et l’humiliation se font alors douloureuses. Je pense que je n’ai jamais ressenti ça au cinéma, ce malaise, cette boule au ventre devant tant de violence psychologique (qui éclatera bien sûr en violence physique).
Je ne pense pas nécessaire d’aborder cette dernière partie. Chacun se forgera sa propre analyse.
Juste dire que le plan final (et sa dernière réplique) est juste magistral. La conclusion du film est amère et en même temps tellement prévisible.
"There Will Be Blood".
On nous avait prévenu…
Misterpursoup
29 2 2008 - 16:38
Ben chapeau bas, pour un morceau de cinéma d'une telle ampleur, livrer un texte de cette qualité et de cette justesse, c'est quand même pas un exercice évident.
Et tu m'as sacrément donné envie de le revoir.
Mais c'est No Country for Old Men que je vais revoir pour la troisième fois la semaine prochaine. (et peut être même une quatrième fois, quand on aime on ne compte pas).
dmonteil
29 2 2008 - 16:43
CITATION(Misterpursoup @ 29 2 2008 - 16:38)

Ben chapeau bas, pour un morceau de cinéma d'une telle ampleur, livrer un texte de cette qualité et de cette lucidité c'est quand même pas un exercice évident.
Merci.
J'avoue que je trouve ça faible en fait. J'ai tellement l'impression de déservir ce film...
Mais c'est gentil.
(Et bravo d'avoir eu le courage de tout lire !)
CITATION(Misterpursoup @ 29 2 2008 - 16:38)

Et tu m'as sacrément donné envie de le revoir.
Mais c'est No Country for Old Men que je vais revoir pour la troisième fois la semaine prochaine. (et peut être même une quatrième fois, quand on aime on ne compte pas).
Nan mais moi aussi faut que j'y retourne.
Aux 2.
A la suite tiens !
Comme ça après, je me flingue...
goldfrapp
29 2 2008 - 16:51
CITATION(dmonteil @ 29 2 2008 - 16:43)

Comme ça après, je me flingue...
RAH NON! D' abord les 5 saisons de
THE WIRE ensuite tu te flingue
Bah sinon bravo pour ton texte limpide et surtout toujours genereux et humble.
p.s:Viens donc ramener ta prose sur le topic d ce que tu sais you bitch!
dmonteil
29 2 2008 - 17:07
CITATION(goldfrapp @ 29 2 2008 - 16:51)

CITATION(dmonteil @ 29 2 2008 - 16:43)

Comme ça après, je me flingue...
RAH NON! D' abord les 5 saisons de
THE WIRE ensuite tu te flingue
Bah sinon bravo pour ton texte limpide et surtout toujours genereux et humble.
p.s:Viens donc ramener ta prose sur le topic d ce que tu sais you bitch!

Le problème c'est que j'attends d'avoir la totale des épisodes de la 5ème.
En attendant, j'évite comme la peste ce topic. Je veux SURTOUT PAS me faire spoiler la gueule comme un goret.
Je voudrais pas avoir envie de vous tuer après...
Et merci sinon, ça fait plaisir à lire (surtout que j'ai pas du tout l'impression que c'est limpide...).
Je ne comprends pas très bien comment on peut se poser la question de l'amour que pourrait avoir Daniel pour son fiston. Pour moi il ne fait absolument aucun doute qu'il l'aime. Il y a de nombreuses scènes tout au long du film ou le personnage de Daniel témoigne visiblement autre chose que de l'intérêt pour un investissement quand à H.W.
En ce qui concerne le prétendu abandon, il n'y en a pas. Il cherche juste à éloigner H.W du danger qui l'a déjà frappé en même temps que lui offrir des médecins et des cours pour apprendre à communiquer. Ceci dit c'est vrai que rester auprès du garçon lui aurait sans doute fait du bien aussi. Enfin bon, dès le sublime plan du bébé & Daniel dans le train ça ne fait aucun doute.
Quand à sa confrontation avec H.W
adulte, ce n'est que l'aboutissement " logique " de la... haine qu'il éprouve pour l'espèce humaine. En prenant de l'age, H.W, s'affirme en tant qu'homme et donc ne peut que se trouver face à ce Daniel qui hait et dont cette haine n'aura jamais fait que grandir au fil des années.
La scène du flashback après avoir renvoyé H.W montre tout les regrets et la tristesse de Daniel pour une époque révolue ou il pouvait encore aimer quelqu'un... non, plutôt ou il pouvait encore manifester de l'amour pour quelqu'un. Car Daniel l'aime toujours malgré tout, c'est pour ça qu'il a des regrets.
" Quelle haine formidable "
Lucifer à propos d'Uriel in Bastard!!.
Anakinfett
01 3 2008 - 09:50
CITATION(astroboy @ 28 2 2008 - 23:38)

ça l'air bien, mais j'attends plus de :
"C'est un chef oeuvre
Allez y"
pour me bouger le cul

c'est un chef d'oeuvre
allez y
6/6
Bon j'ai rien lu, mais Paul thomas anderson, tout ça, et bidule à... le chausseur à Venise DDL, j'ai prit mon avion pour 18h00. On verra tout à l'heure.
quel film.
un pur trip.
6/6
putain, Daniel DL, wow.
simidor
01 3 2008 - 20:35
Excellent texte dmonteil!
Voilà ma petite réaction à ce grand film.
Le nouveau film de Paul Thomas Anderson est un gros morceau. Pour l'instant le plus gros morceau du réalisateur de Boogie Nights. Il conte l'histoire, à la fin du dix neuvième siècle, d'un homme devenu magnat du pétrole après avoir démarré de rien. L'homme traîne avec lui un gamin qui lui est tombé entre les bras aux débuts de la gloire et qu'il utilise au gré de ces succès, son fils et son associé. La fortune le fait rencontrer un jeune homme qui lui propose de s'installer dans son petit village car il y'a découvert du pétrole. Le businessman s'empare des terrains. Le gisement s'avère fructueux, et le village prospère. Mais un drame survient bientôt qui remet en question la relation du fils et du père.
Dès la première scène, PTA nous arrose de plans évocateurs au milieu d'un film quasiment muet. La marche vers le succès, il nous la raconte sans artifice, au milieu de la crasse et de l'essoufflement, de manière quasi Kubrickienne. Il filme la nature, puis l'Homme qui finit par maîtriser à force d'acharnement un nouvel élément: l'or noir. Le début d'une histoire qui conduira au sang. Puis vient cette relation ambivalente entre le nouveau père et son fils. Paraissant indissociables aux yeux des gens, ils entretiennent une relation bizarrement adulte. Une étrange complémentarité que le personnage principal exploite savamment. Cette relation à elle-seule illumine le film.
Mais il y'a à coté l'aventure du magnat, cet homme misanthrope et profondément différent des autres, au point qu'il n'arrive à se confier à une personne que lorsqu'il est du même sang que lui. Sa relation avec le frêre prodigue et son propre fils dénotent pourtant une certaine humanité.
Il y'a aussi l'histoire de la construction d'une ville autour de l'argent. Le prêtre de l'Eglise du village entretient une communauté hystérique et la famille pieuse dissimule de lourds secrets. On nous ammène à un bras de fer entre l'autorité matérielle du magnat et l'autorité spirituelle représentée par le prêtre. Les deux personnages jusqu'auboutistes dans leur manière de voir le monde (ils prétendent détenir une vérité) s'opposent violemment à différentes reprises, compensant leurs défaites par une violence exercée envers les leurs, guettant l'action de l'autre pour lui renvoyer ses défauts.
Mais le film est aussi riche dans sa forme que dans son fond. Daniel Day Lewis est impressionant et celui qui joue son gamin est littéralement stupéfiant. Jonny Greenwood (d'ordinaire guitariste de Radiohead, mais grand expérimentateur devant l'éternel) compose une BO en totale adéquation avec le film, dont les cordes et les fulgurances accompagnent une fureur qui alterne avec la simplicité. Au point que dans certaines scènes, li est impossible de décrocher de l'écran. On se retrouve bouche bée devant cette scène d'incendie qui semble ne jamais finir et ou les enjeux se bousculent, on est charmé par la simplicité et le naturel de certains plans qui expriment pourtant des choses complexes, étonné par ces personnages si bien dessinés et un scénario aux petits oignons (la scène finale est un peu le coup fatal au niveau écriture). Pas besoin de beaucoup de mots pour comprendre. On est pas passés loin du chef d'oeuvre.
Willow Argento
01 3 2008 - 21:11
C'est difficile d'écrire quelque chose après toi dmonteil !
Alors je m'ajoute bêtement au concert de louanges. On a clairement là l'un des films de l'année (qui vient de commencer mais comment peut-on espérer voir plusieurs films de cet acabit dans les 10 prochains mois ?). La mise en scène est tout simplement magistrale, et comme vous l'avez déjà tous dit, la scène de l'incendie va rester imprimée dans les mémoires, et pour longtemps. C'est au-delà des mots, en tous cas au-delà des miens. Et cette musique démentielle... vous allez peut-être trouver ça étrange, mais elle m'a rappelé (en moins psyché) les vieilles bandes des Goblin, pour le côté malade mental, qui te vrille les neurones et te rend fou à lier.
Franchement, je m'attendais à beaucoup, mais certainement pas à autant. Pour moi, le film de PTA surclasse celui des Coen (que j'ai adoré cela va sans dire), et lui est même en tous points supérieur. Il n'y a qu'à comparer les deux scènes finales : il n'y a pas photo (et comparons les photos d'ailleurs, ha ha !).
En deux mots : grand film.
Et oui "C'est un chef œuvre
Allez y"
CITATION(Willow Argento @ 01 3 2008 - 21:11)

Franchement, je m'attendais à beaucoup, mais certainement pas à autant. Pour moi, le film de PTA surclasse celui des Coen (que j'ai adoré cela va sans dire), et lui est même en tous points supérieur. Il n'y a qu'à comparer les deux scènes finales : il n'y a pas photo
po po po on se calme là pas besoin de chercher qui est supérieur à l'autre, on tient là deux classiques sublimes et intemporels.
Quant aux deux scènes finales elles jouent sur des registres émotionnels différents mais sont tout aussi efficaces.
Bon. C'est magnifiquement photographié, et le noir pétrole éclabousse comme du sang, on massère dans la haine, on massère dans la religiosité de fond de pantalon, on massère dans le fric qui est nulle part mais dans toute les têtes, on massère dans ce roc qu'est Daniel Day Lewis. Cette façon qu'il a de projeter sa voix sur les autres, qui n'écoute jamais mais dont l'oeil t'écorche, son espèce de folie contenue qui explose comme une rage infini sortie du puit de ses débuts à quelques occasion. Cet obssession malsaine du sang et mal qui est partout chez cet hypocrite, le silence d'H.W. On entend l'accent presque brittanique de ce pétrolier sortit au propre comme au figuré d'un trou marteler sa vérité, on entend ce chagrin qui ne connait pas d'issue, qui ne s'explique même pas. On voit par ses yeux puis on se perd dans son labyrinthe....
Mais....
Qu'est-ce que je me suis fait chier !
Désolé.
Et puis en plus moi cette histoire de frère jumeau qu'on se demande si c'est pas un rêve, une arnaque, une folie, ouh là là ça m'a donné mal à la tête. Bon du coup j'aurais du allez voir l'irlandais casser des bras...
Misterpursoup
01 3 2008 - 22:33
CITATION
Jonny Greenwood (d'ordinaire guitariste de Radiohead, mais grand expérimentateur devant l'éternel) compose une BO en totale adéquation avec le film
Ha ben j'avais pas fait le rapprochement, mais je me disais bien que ce nom me disait quelque chose quand je l'ai vu au générique.
Quelle musique aussi, aussi brillante que l'utilisation qui en est faite, évoquant beaucoup l'oeuvre de Kubrick, comme il a été dit plusieurs fois.
D'ailleurs, il n'y a pas que du côté de la BO que l'oeuvre de ce génie vient à l'esprit, et comme ont pu le dire Dmonteil ou Jesse, qui nous a lui aussi gratifié d'un bien beau texte il y a quelque chose de très Kubrickien dans ce film .
J'ai une sacrée envie de le revoir.
dmonteil
01 3 2008 - 22:57
CITATION(simidor @ 01 3 2008 - 20:35)

Excellent texte dmonteil!
CITATION(Willow Argento @ 01 3 2008 - 21:11)

C'est difficile d'écrire quelque chose après toi dmonteil !
Merci à vous deux
Et ton texte est très bon aussi Simidor !
CITATION(Willow Argento @ 01 3 2008 - 21:11)

vous allez peut-être trouver ça étrange, mais elle m'a rappelé (en moins psyché) les vieilles bandes des Goblin, pour le côté malade mental, qui te vrille les neurones et te rend fou à lier.
C'est carrément pas étrange du tout ! C'est même très vrai ! Je mentionnais la musique de Shining, mais effectivement, celle des Goblin sur Suspiria (c'est le seul que j'ai vu avec une musique d'eux) produit un effet similaire.
De toute façon, comme l'ont dit Djizeus et za-lamort, le film évoque énormement le film d'horreur (photo, son, atmosphère).
CITATION(kitano @ 01 3 2008 - 21:24)

po po po on se calme là pas besoin de chercher qui est supérieur à l'autre, on tient là deux classiques sublimes et intemporels.
Quant aux deux scènes finales elles jouent sur des registres émotionnels différents mais sont tout aussi efficaces.
Oui là on est d'accord.
Ils forment un dyptique absolument fascinant, c'est fou.
CITATION(Misterpursoup @ 01 3 2008 - 22:33)

J'ai une sacrée envie de le revoir.
Et ben tu te sors les doigts du fion et t'y retournes fissa là !
En tout cas moi c'est ce que j'vais faire !
Content de voir autant de réactions en tout cas.
Même pour dire que c'est chiant (

)
le son du film est juste: waw.
surtt ce truc saturé au début, ça met bien dans le bain tout de suite.
c'est clair que c'est une ref à Shining. fait exprès?
en plus,
Johnny Greenwood? trop classe!
après la somptueuse OST de
Nick Cave pour
The Assassination of Jesse James, les musicos se mettent à faire des ost incroyables!
en tous cas, super plaisir de revoir Benny de
la Momie!!!!

un très bon acteur.
Pirate:
juan brujo
02 3 2008 - 03:19
j'avoue avant d'y aller j'avais tres peur de voir un film boursouflé, surestimé...
un peu comme
magnolia en son temps !
mais non j'ai eu tout faux.
desormais PTA joue dans la cour des grands (bon ok
punch drunk love etait déjà magnifique !)
daniel day lewis surjoue presque mais rend son personnage absolument fascinant, terrifiant.
impossible de s'identifier completement à un personnage du film et pourtant tout fonctionne, comme par miracle (ça doit etre ça, un grand cineaste)
le plus impressionnant pour moi demeure quand meme, comme nombre d'entre vous l'ont souligné, l'incroyable bande son. le stress incroyable de la 1ere demi heure !
c'est pour ça qu'on va au ciné. vivre ces sensations inedites...
la secheresse des scenes de violence dans le film est aussi assez incroyable.
niveau bémols, quelques petites longueurs et ensuite je ne le trouve pas aussi abouti visuellement que vous tous (notamment les scenes ou le petrole jaillit)
bon sinon le rapprochement avec le dernier Coen est tentant (les thematiques, l'esthetique) mais je vais m'abstenir.
No country... m'a trop bouleversé pour que je puisse le comparer avec un autre film, aussi proche soit-il.
pas envie de mettre une note pour conclure mais possible qu'elle soit pas loin de 6 quand meme
Willow Argento
02 3 2008 - 09:41
CITATION(dmonteil @ 01 3 2008 - 22:57)

CITATION(Willow Argento @ 01 3 2008 - 21:11)

vous allez peut-être trouver ça étrange, mais elle m'a rappelé (en moins psyché) les vieilles bandes des Goblin, pour le côté malade mental, qui te vrille les neurones et te rend fou à lier.
C'est carrément pas étrange du tout ! C'est même très vrai ! Je mentionnais la musique de Shining, mais effectivement, celle des Goblin sur Suspiria (c'est le seul que j'ai vu avec une musique d'eux) produit un effet similaire.
De toute façon, comme l'ont dit Djizeus et za-lamort, le film évoque énormément le film d'horreur (photo, son, atmosphère).
Oui voilà, c'est exactement à Suspiria que je pensais ! Et ce n'est pas seulement une obsession de fan. Les cordes qui sonnent comme une alarme régulièrement au cours du film font vraiment ce même effet à mi-chemin entre le "ah mon dieu arrêtez c'est horrible" et le "c'est génial c'est grandiose c'est incroyable". Et l'effet est le même : on a le cœur serré, la gorge nouée... Putain moi aussi j'ai envie de le revoir...
Evil Seb
02 3 2008 - 11:02
Voila le seul film qui mérite vraiment le qualificatif de "putain de chef d'oeuvre" de ce début 2008. Tout simplement 4/5 coudées au dessus de tout ce que j'ai vu cette année. PTA resuscite Michael Cimino le temps d'un film et ça bordel c'est juste la grande grande classe. Et v'la le casting...Daniel Day Lewis et Paul Dano sont remarquables, des performances de légendes.
Mon premier 6/6 de l'année.
Ricardo Anton
02 3 2008 - 12:54
A un moment j'ai pensé qu'il y avait un twist, comme une histoire avec l'apparition du deuxième frère incarné par Paul Dano. Mais non, ce sont bien deux personnes distinctes. Il me semble que paul Dano a joué dans Little Miss Sunshine. Est=ce que je me trompe ?
dmonteil
02 3 2008 - 16:59
CITATION(Evil Seb @ 02 3 2008 - 11:02)

Voila le seul film qui mérite vraiment le qualificatif de "putain de chef d'oeuvre" de ce début 2008. Tout simplement 4/5 coudées au dessus de tout ce que j'ai vu cette année. PTA resuscite Michael Cimino le temps d'un film et ça bordel c'est juste la grande grande classe. Et v'la le casting...Daniel Day Lewis et Paul Dano sont remarquables, des performances de légendes.
Mon premier 6/6 de l'année.
C'est vrai qu'on a vachement parlé de Kubrick, mais ya aussi énormément de Cimino en effet. J'ai surtout beaucoup pensé à Heaven's Gate, dans la façon de filmer et d'éclairer, mais aussi dans la représentation de la deliquescence. Le Cimino est bien sûr beaucoup plus axé sur une période bien précise, mais quand même...
CITATION(Ricardo Anton @ 02 3 2008 - 12:54)

A un moment j'ai pensé qu'il y avait un twist, comme une histoire avec l'apparition du deuxième frère incarné par Paul Dano. Mais non, ce sont bien deux personnes distinctes. Il me semble que paul Dano a joué dans Little Miss Sunshine. Est=ce que je me trompe ?
Oui c'est bien lui.
astroboy
02 3 2008 - 17:37
Epuisant, complexe, épuré, intense, intelligent, magnifique et foutrement bien mis en scène et interprété!
Comme ça, à chaud, c'est à peu près ce qui me vient en tête sans prendre le temps de digérer ce bloc cinématographique et de l'analyser dans ses moindres retranchements (ce que dmonteil a déjà fait de fort belle façon, très bon texte monsieur

)
Capitalisme, religion, liens familiaux... le nombre de questionnements abordé dans le film est trop nombreux pour être évoqué dans sa totalité, tant l'ensemble est d'une richesse et d'une perfection qui explosent la rétine et l'âme du spectateur venu se rendre dans les salles obscures en ne sachant pas trop à quelle sauce ils vont être mangés avant d'en ressortir les oreilles engourdies par le score déstabilisant de Greenwood, les yeux asséchés par le travail magnifique sur les clairs/obscurs qui donne un coté à la fois extrêmement travaillé et épuré au film de PTA et surtout le cœur et l'esprit aussi aride que peuvent l'être les sous sols de Little Boston après sa mise à sac par Daniel Plainview (D. Lewis, putain mais c'est juste pas possible une interprétation aussi fiévreuse et magistrale

, un corps, un phrasé, une gestuelle en évolution constante pendant tout le film, il l'a pas volé son oscar le bougre!)
Tel les puits de pétrole qui extraient des sols rocailleux le précieux sang noir,
There will be blood est une foreuse émotionnelle qui ne laisse plus au spectateur qu'un sentiment de vide profond une fois sorti de la salle.
bizarre, pour moi, il n'y a qu'un perso, pour Paul Dano, juste complètement schizo.
Anderson donne juste une piste concernant son personnage.
Misterpursoup
02 3 2008 - 20:30
CITATION
bizarre, pour moi, il n'y a qu'un perso, pour Paul Dano, juste complètement schizo.
Anderson donne juste une piste concernant son personnage.
Ca me paraitrait quand même bien improbable personellement.
Y'a un bon paquet d'indices dans le film qui me poussent à penser que ce sont deux personnages distincts, et je ne vois pas comment il pourrait en être autrement.
Rien que pour le discours hargneux et survolté de Plainview à la fin, qui insulte brutalement Eli en évoquant son frère Paul.
Sinon, j'en ressors tout juste, et si la première vision je n'avais qu'entrevu l'immensité de l'oeuvre, c'est sur cette deuxième vision que je me suis pris une gigantesque claque dans la face.
Voilà. C'est un chef d'oeuvre, et je me demande bien comment je pourrais en parler autrement qu'avec ces termes.
Un monument.
Je ne réécrirai pas un court texte dessus, il serait presque semblable à celui que j'ai écrit après ma première vision, mais la principale différence est que la puissance du film a été littéralement déculpée lors de cette deuxième vision.
Je retire dorénavant ce que j'ai pu dire quant à mes différences de ressenti entre No Country for Old Men et There Will Be Blood. Deux expériences cinématographiques bouleversantes, dont la puissance et la maitrise sont telles qu'elles sont susceptibles de faire changer notre regard sur les choses, ou tout du moins, sur le cinéma.
Bon, pas la peine de se lancer dans une grande tirade. C'était bien. Difficile de parler et jauger un film de ce type à chaud.
Outre la tension omniprésente, la violence qui n'usurpe pas son nom, la perf de Daniel Day Lewis, la réalisation de PTA (il y a quelques mouvements de caméras "discrets" mais assez bluffant, durant l'incendie du derrick par exemple), je retiendrais un certain nombre de passages du film qui sont vraiment exceptionnels: l'intro (et son baptême au pétrole, voila une image forte), toute la partie achat et construction du derrick -une belle illustration du capitalisme dans ce qu'il peut sembler avoir de plus noble, c'est limite une pub Manpower, les gars qui descendent du train, etc...-, la façon de Plainview (comment traduirait on cela en français? Œil percant, vue terre à terre?) de la faire à l'envers à Eli et de lancer de sourdes menaces au père de celui-ci, l'incendie du derrick, et évidemment la séquence finale que je n'imaginais pas aller au bout.
Mine de rien, le film carbure à un certain humour noir ce qui n'est pas très étonnant de la part de PT Anderson (c'est assez jouissif de voir DDL bouffer du curé) sans prendre le pas sur la tension. Et je trouve que même si Plainview est un infâme misanthrope dans les derniers instants, et qu'avant il se défend pas mal aussi, il a réellement de l'amour et de l'intérêt pour son films avant d'être incapable de communiquer avec lui. Le geste qu'il fait pour Mary ne peut aussi s'expliquer autrement que par une once de compassion de sa part (c'est intéressant car c'est le seul personnage "féminin" à avoir un début d'importance dans le film). Bref le portrait n'est pas à charge même si There Will Be Blood jette en effet un regard cru sur la légende du self-made man (on retrouve les "images d'épinal" comme quand Plainview triomphe en plantant son piquet pour le pipeline sur la table de ses associés).
Et comme ce sont des gens qui ont rarement droit à un mot, un grand bravo au styliste/costumier pour les habits de DDL dans ce film qui aide énormément à asseoir son énorme présence dans les plans larges ou il se trouve.
dmonteil
02 3 2008 - 20:49
CITATION(Misterpursoup @ 02 3 2008 - 20:30)

...Un monument...
AAHH! My man!
Mais c'est ça en fait, There Will Be Blood, c'est un monument.
Pour la schizo, c'est pas complétement impossible. PTA ne fait rien non plus pour empêcher les gens de penser ça. J'avoue qu'à un moment, ça m'a traversé l'esprit.
Mais j'avoue aussi que ce serait (relativement) inutile à la caractérisation du perso. Ya pas besoin de ça quoi...
CITATION(LMD @ 02 3 2008 - 20:40)

Le geste qu'il fait pour Mary ne peut aussi s'expliquer autrement que par une once de compassion de sa part (c'est intéressant car c'est le seul personnage "féminin" à avoir un début d'importance dans le film).
D'ailleurs, c'est intéressant parce que, on ne sait RIEN sur Plainview, sur ce qui l'amène à être comme ça, mais le fait qu'il "protège" la plus jeune des Sunday pourrait indiquer que lui même a été battu dans son enfance.
Je sais pas, c'est qu'une piste. Ca veut peut-être rien dire aussi.
Pff, j'y retourne dans le début de semaine là, j'en peux plus...
Evil Seb
02 3 2008 - 20:50
Voila comme LMD en fait, j'ai beaucoup de mal a parler du film comme ça...j'ai trouver ça vraiment incroyable mais en même temps j'ai l'impression d'être passé d'au moins la moitié de ce qui est dit et montré par PTA. La deuxième vision m'éclairera surement mais une chose est certaine c'est que ce film est dores et déja intemporel et ne fera que s'amélioré en vieillissant. J'ai penser a des oeuvres comme Il Etait Une Fois dans L'Ouest et Heaven's Gate, des classiques imparables et j'ai vraiment l'impression que ce There Will Be Blood est taillé dans le même bois. Même si on peut le comparer a Kubrick, Cimino et d'autres encore le film a vraiment sa propre identité, sa propre atmosphère et ne ressemble vraiment à aucun autre même si on ressens diverses influences. En tout cas avec ce chef d'oeuvre immédiat PTA aura vraiment marqué les esprits. Du tres tres grand cinéma, profond, tortueux, viscéral et bien plus encore.
J'ai aimé aussi, du moins perso je l'ai perçu comme ça mais c'est ptetre juste mon délire a moi, le fait que le film soit une variation sur la sarifice d'Abraham. PTA remplace juste Dieu par le pétrole et va lui sacrifier son fils pour lui démontrer sa dévotion. Voila c'était mon interpétation général de la chose...Et plus encore je pense que le film est truffé de références bibliques de ce genre mais (Cain et Abel/Paul et Eli, les marchands du temple etc etc...) *
Un classique instantané quoi.
*(Merde je vais encore faire cogiter Dmonteil avec mes conneries^^)
dmonteil
02 3 2008 - 20:58
CITATION(Evil Seb @ 02 3 2008 - 20:50)

J'ai aimé aussi, du moins perso je l'ai perçu comme ça mais c'est ptetre juste mon délire a moi, le fait que le film soit une variation sur la sarifice d'Abraham. PTA remplace juste Dieu par le pétrole et va lui sacrifier son fils pour lui démontrer sa dévotion. Voila c'était mon interpétation général de la chose...Et plus encore je pense que le film est truffé de références bibliques de ce genre mais (Cain et Abel/Paul et Eli, les marchands du temple etc etc...) *
*(Merde je vais encore faire cogiter Dmonteil avec mes conneries^^)
Ah bah oui t'as gagné là !
Effectivement, le sacrifice sur l'autel du capitalisme (aka pétrole) c'est tellement là que je le voyais pas...
Mais oui, clair et net que le film est bardé de réf biblique. Et pas seulement par rapport au perso de Dano.
Mais il faudra juste des jours pour commencer à vraiment comprendre la complexité et la profondeur de cette oeuvre.
J'aime ce topic.
Willow Argento
02 3 2008 - 21:01
CITATION(Evil Seb @ 02 3 2008 - 20:50)

.j'ai trouver ça vraiment incroyable mais en même temps j'ai l'impression d'être passé d'au moins la moitié de ce qui est dit et montré par PTA. La deuxième vision m'éclairera surement mais une chose est certaine c'est que ce film est dores et déja intemporel et ne fera que s'amélioré en vieillissant. J'ai penser a des oeuvres comme Il Etait Une Fois dans L'Ouest et Heaven's Gate, des classiques imparables et j'ai vraiment l'i
[...)
Un classique instantané quoi.
C'est exactement ça. Ce qui est grandiose avec ce film, c'est que l'on
sait qu'il restera dans les annales. C'est un sentiment extraordinaire de se retrouver devant un film et de se dire "Je le vois en salles, à sa sortie, et on parlera encore de ce film dans 50 ans..." Je crois que ça ne m'était pas arrivé depuis... disons La Communauté de l'anneau.