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Version complète : There Will Be Blood - Paul Thomas Anderson
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Moogly25
Formidable, 6/6

Sacrée introduction, bande son intrigante, magnifiques prestations des acteurs principaux, une tragédie prenante et saisissante.
Sven
CITATION(John Keats @ 05 3 2008 - 18:47) *
au max linder? je te hais tiens c'est dit (avec humour hein).


Je t'en prie c'est normal. icon_mrgreen.gif
Willow Argento
CITATION(Evil Seb @ 05 3 2008 - 16:48) *
Bon je résume pasque j'ai la flemme de "quoter" tout le monde mais en gros pour le coté "sensitif" je suis absolument d'accord avec dmonteil et le fan de soupe. TWBB est le genre de film apres lequel il faut rester assis un moment et reprendre son souffle tant il joue a fond sur les presque cinq sens, le montage sonore et la partition de Greenwood sont a ce titre vraiment démentiel dans ce film, c'est un argument qu'on à pas assez évoqué a mon gout tant elle emprègne le film d'une étrangeté qui joue une sacrée part dans le cpté "a part" du film. La partition de Greenwood ma rappelé les score de 2001 et de Massace à la Tronçoneuse (pour les sons perçants et grinçant), deux films ho combien sensitifs. Bon pas besoin d'expliquer plus lobnguement l'efet du film sur la vue, on l'a tous compris. Mais a certains moment, PTA nous immerge tellement dans le coeur du puis que j'avais presque l'impression de sentir l'odeur de la poussière et du petrole et d'avoir les mains visqueuses comme plongée dans le fameux pétrole. C'st pour ça que je trouve que le film est sensitif, d'une manière peut être différente de Sorcerer certes, mais il est aussi tres réflexif, on a la preuce depuis une dizaines de pages où aucune intervention n'est a jeter.


Tout à fait.
Et on peut rajouter la photo sublime (de qui déjà ?), avec une texture si particulière, qui accentue la sensation suffocante, sale peut-être. Je pense évidemment à l'incendie, mais tout le métrage est dans cette optique, et l'introduction est particulièrement saisissante à cet égard.
Rob Hawkins
Photographie de Robert Elswit qui a fait tous les PTA (entre autres).
Evil Seb
Voila, j'en suis a la page 200 du bouquin, grosso modo au 1/3 du livre quoi, et plus j'avance plus me rends compte des différences ENORMES entre le materiau d'origine et le film. PTA n'en a vraiment garder que la colonne vertébrale a savoir "rise and fall" d'un gros petrolier. Dans le livre, le héros est clairement Bunny, fils de Ross/Plainview, qui découvre tel un candide le monde des affaires, le mondr républicain et le capitalisme en suivant son père. Mais Bunny n'est pas tout à fait comme son père et son éthique morale commence à lui faire se poser des questions sur son père. De plus le personnage de Paul, totalement secondaire bien qu'important dans TWBB, influe largement sur le déroulement de l'histoire et sur la remise en question de Bunny alors qu'Eli est très discret pour le moment. Apres on retrouve sertaines scène et certains dialogues au mot près dans les deux oeuvres mais c'est assez rare. Pour le moment tout le coté "mystique" du film est a mettre au profit de PTA, Sinclair lui adopte une approche vraiment réaliste de l'époque et de l'industrie pétrolière de l'époque. Le livre st vraiment tres tres different mais tout aussi passionant que le film. Mais bon il reste plus de 400 pages et pas mal de choses peuvent encore changer.
ouaisbiensur
CITATION(Evil Seb @ 06 3 2008 - 18:30) *
Voila, j'en suis a la page 200 du bouquin, grosso modo au 1/3 du livre quoi, et plus j'avance plus me rends compte des différences ENORMES entre le materiau d'origine et le film. PTA n'en a vraiment garder que la colonne vertébrale a savoir "rise and fall" d'un gros petrolier. Dans le livre, le héros est clairement Bunny, fils de Ross/Plainview, qui découvre tel un candide le monde des affaires, le mondr républicain et le capitalisme en suivant son père. Mais Bunny n'est pas tout à fait comme son père et son éthique morale commence à lui faire se poser des questions sur son père. De plus le personnage de Paul, totalement secondaire bien qu'important dans TWBB, influe largement sur le déroulement de l'histoire et sur la remise en question de Bunny alors qu'Eli est très discret pour le moment. Apres on retrouve sertaines scène et certains dialogues au mot près dans les deux oeuvres mais c'est assez rare. Pour le moment tout le coté "mystique" du film est a mettre au profit de PTA, Sinclair lui adopte une approche vraiment réaliste de l'époque et de l'industrie pétrolière de l'époque. Le livre st vraiment tres tres different mais tout aussi passionant que le film. Mais bon il reste plus de 400 pages et pas mal de choses peuvent encore changer.


Tu donnes pas mal envie, je vais choper ça.

Mais le PTA a beau être très bien, il n'égale pas la première adaptation (française qui plus est) qui prend aussi pas mal de distance par rapport au bouquin.

Perséphone
Suite de cette tentative d’interprétation sous une approche historique (idéologie de la Destinée Manifeste et son évolution…etc.) mais centrée là sur l’axe de la famille, la représentation du sang familial dans TWBB.
Tout comme Daniel Plainview incarne le renversement des valeurs qui ont façonné l’histoire par la conquête de l'Ouest, "the Empire of Liberty" etc. considéré comme mission divine, il personnifie la démythification de « la famille » tout au long du film, car il caractérise l’individualisme naissant qui va façonner le siècle suivant de ce même pays…

PTA dresse habilement le portrait de cette Amérique puritaine bercée dans l’idéalisme de Winthrop et de sa fameuse « city upon a hill » via le village de Little Boston, dépeint comme très religieux et sens moral fort, à l'époque, les immigrants puritains se considèrent comme une famille unie qui a fui les persécutions de la Marâtre Britannique…Malgré les contradictions de leur idéologie, cette "Famille" ne saurait accepter la venue d’un magnat du pétrole qui déclarerait sans détours venir piller leurs richesses…(au passage, sans pour autant éprouver de scrupules à le faire avec les Indiens...ethnocentrisme, quand tu nous tiens...mais bon c'est un autre débat)

Aussi, c’est en adoptant une rhétorique en accord avec l’idéal de l’époque que Daniel Plainview obtient ce qu’il désire. En effet, son discours d’arrivée dans le village est loin d’être anodin, ce passage en est l’exemple :
I am a family man who runs a family business […]we offer you the bond of family few oilmen can understand […], of course, I encourage my men to bring their family, family means children” etc.
Daniel Plainview se pose ainsi en une sorte de Dieu empreint de “bonne volonté”, désireux de les aider à créer leur village version petite maison dans la prairie
En réalité, Daniel Plainview révèle au spectateur, par ce discours, ce que représente la famille pour lui : la famille a/est une valeur marchande, c'est pourquoi c'est le thème du discours qu'il exploite,conscient qu'il obtiendra ainsi ce qu'il désire.

En parlant de la représentation de la famille, même s’il semble avoir de l’affection pour bébé H.W., pourquoi l’aime t-il ? Amha pour deux raisons ; d’une part parce que, comme il l’a dit, il a besoin d’une image positive pour appâter ses clients, d’où le désir d’avoir un « angelot » qui servira ses intérêts, « this is my son & partner »…D’autre part, parce qu’il peut et veut le créer à sa propre image…Enfant, H.W. est une sorte de "mini moi" de Daniel comme l'ont dit certains, mais dès l’instant où il devient sourd (à ce propos, lors de l’incendie, Daniel choisit quand même de fixer l’incendie plutôt que de rester auprès de son fils), il perd l’ascendant qu’il avait sur ce dernier et s’il ne peut plus le façonner à son image, alors H.W. ne sera plus rien (tiens ça me rappelle la progression de la politique indienne dans le pays....), juste « a bastard in a basket » que Daniel ne considère plus comme son fils, preuve en est qu'il considère le choix adulte du fiston comme une déclaration de compétition (pense t-on cela dans une famille dont le fils suit la même voie?...) car comme il le dit à son faux frère "I have a competition in me, I don't want anyone to succeed"...En réalité, la seule famille réelle de Daniel se nomme pétrole et c'est ce sang noir qui coule dans ses veines dans la mesure où il vit pour et par le pétrole...C'est un homme seul au fond d'un trou dans le film, car la seule foi qui guide Plainview est sa foi en lui-même...et l’ego est bien partie intégrante de la base de l’idéologie qui va succéder à celle de la Manifest Destiny…(idéologie du libéralisme avec la compétition qu'il engendre etc.)

Mais la famille représente tout de même quelque chose pour Daniel dans le sens où c'est seulement parce qu'il croit que son faux frère est du même sang qu'il se révèle, lorsqu'il dit "If it's me, it's in you", le sang familial semble impliquer pour lui l'idée qu'ils sonf forcément du même acabi...et à la fin, c'est peut-être en partie parce que Eli ne cesse de dire "we are brothers" et que Daniel le misanthrope hait tout ce que représente Eli (il se vengera de la scène de l'église où il le force à dire qu'il a abandonné sa seule famille...Mais là encore, Daniel ne fait que se conformer à la moralité de l'époque pour servir ses intérêts car la scène se conclut avec sa phrase "I have my pipeline"...) et ne peut supporter cette idée de famille avec lui(d'un point de vue purement linguistique, sans revenir son mon premier post concernant la dualité du pasteur etc. Eli implique "He-lie"...) qu'il finit par le tuer...Augurant, sur un plan allégorique, l'esprit du siècle qui suivra...Je ne sais pas...juste une interprétation.
ouaisbiensur
CITATION(Perséphone @ 06 3 2008 - 21:39) *
En parlant de la représentation de la famille, même s'il semble avoir de l'affection pour bébé H.W., pourquoi l'aime t-il ? (...)
D'autre part, parce qu'il peut et veut le créer à sa propre image…Enfant, H.W. est une sorte de "mini moi" de Daniel


Cet sentiment de main-mise sur son fils, Plainview tentera presque directement de le prolonger sur son frangin. Voir la scène où le frérot accompagne Daniel qui ne se prive pas d'en rajouter dans son face-à-face avec ceux de la Company et où il redevient encore une fois violent dès qu'on aborde le thème de la famille.
redboy
CITATION(Perséphone @ 06 3 2008 - 21:39) *
et que Daniel le misanthrope hait tout ce que représente Eli (d'un point de vue purement linguistique, sans revenir son mon premier post concernant la dualité du pasteur etc. Eli implique "He-lie"...) qu'il finit par le tuer...Augurant l'esprit du siècle qui suivra...Je ne sais pas...juste une interprétation.

Ce serait pas un spoiler?
Perséphone
Mea culpa, un oubli...désolée; c'est rectifié. ninja.gif
Willow Argento
CITATION(Perséphone @ 06 3 2008 - 21:39) *
En parlant de la représentation de la famille, même s'il semble avoir de l'affection pour bébé H.W., pourquoi l'aime t-il ? (...)
D'autre part, parce qu'il peut et veut le créer à sa propre image…Enfant, H.W. est une sorte de "mini moi" de Daniel


Une opinion tout à fait justifiée. D'ailleurs les deux premières scènes "d'intimité" entre le fils et le père (juste après la mort du vrai père, puis dans le train) posent tout à fait l'enfant comme un terrain vierge à aménager si je puis dire. Plainview le considère réellement comme une prolongation au visage angélique de sa propre personnalité, le visage qu'il va présenter au monde. Mais ce n'est qu'un membre détaché de lui, une prothèse quelque part. Je ne vois pas vraiment de tendresse d'un père pour son fils dans la fameuse scène dans le train, et que dire du biberon au whisky. Le regard de Daniel à ces moments-là est plutôt celui d'un tout nouvel acheteur considérant son acquisition.
dmonteil
CITATION(Willow Argento @ 07 3 2008 - 12:40) *
CITATION(Perséphone @ 06 3 2008 - 21:39) *
En parlant de la représentation de la famille, même s'il semble avoir de l'affection pour bébé H.W., pourquoi l'aime t-il ? (...)
D'autre part, parce qu'il peut et veut le créer à sa propre image…Enfant, H.W. est une sorte de "mini moi" de Daniel


Une opinion tout à fait justifiée. D'ailleurs les deux premières scènes "d'intimité" entre le fils et le père (juste après la mort du vrai père, puis dans le train) posent tout à fait l'enfant comme un terrain vierge à aménager si je puis dire. Plainview le considère réellement comme une prolongation au visage angélique de sa propre personnalité, le visage qu'il va présenter au monde. Mais ce n'est qu'un membre détaché de lui, une prothèse quelque part. Je ne vois pas vraiment de tendresse d'un père pour son fils dans la fameuse scène dans le train, et que dire du biberon au whisky. Le regard de Daniel à ces moments-là est plutôt celui d'un tout nouvel acheteur considérant son acquisition.

Je sais pas...
Si je suis d'accord que ce qui a amené Plainview à adopter l'enfant c'est de se faire bien voir auprès des futurs acquéreurs, je pense sincèrement qu'il s'attache à cet enfant, qu'il l'aime. Et je pense que ce (plus beau) plan (du monde) est le moment déclencheur de cet amour naissant.
D'ailleurs, je ne pense pas que Plainview dirait à son fils "je t'aime" s'il ne le pensait pas, sachant pertinement que H.W. ne peut pas l'entendre.

Bon sinon, revu pour la 3ème fois cet aprèm, et ça confirme donc que TWBB entre dans mes films favoris. Ma petite liste perso.
Là encore, j'ai découvert des significations supplémentaires, des plans qui ne m'avaient pas marqué; comme par exemple cette image en plongée (preque du point de vue du ciel...de Dieu?) avant qu'Eli ne rentre dans le "bureau" de Plainview pour proposer de bénir le Derrick, où l'on voit Eli avançant vers le bureau donc, avec l'ombre géante d'un nuage recouvrant le bâtiment et "engloutissant" le jeune pasteur. est-ce à dire que l'aura néfaste de Plainview commence à faire effet? Ou que la rencontre de ces 2 faces sombres de l'Amérique ne peut apporter que la violence?

Pff..putain qu'est-ce que j'aime ce film...
Willow Argento
CITATION(dmonteil @ 07 3 2008 - 19:28) *
Bon sinon, revu pour la 3ème fois cet aprèm, et ça confirme donc que TWBB entre dans mes films favoris. Ma petite liste perso.
Là encore, j'ai découvert des significations supplémentaires, des plans qui ne m'avaient pas marqué; comme par exemple cette image en plongée (preque du point de vue du ciel...de Dieu?) avant qu'Eli ne rentre dans le "bureau" de Plainview pour proposer de bénir le Derrick, où l'on voit Eli avançant vers le bureau donc, avec l'ombre géante d'un nuage recouvrant le bâtiment et "engloutissant" le jeune pasteur. est-ce à dire que l'aura néfaste de Plainview commence à faire effet? Ou que la rencontre de ces 2 faces sombres de l'Amérique ne peut apporter que la violence?


Je pencherais plutôt pour "l'engloutissement" du pasteur. Malgré toutes les connotations négatives que transporte ce fanatique, il reste totalement impuissant face à ce roc qu'est Plainview.

C'est très intéressant d'avoir noté ce plan, je ne m'en rappelais pas du tout ! Cela confirme ce que nous disons tous depuis 15 pages : il va falloir voir ce film (ce bijou, ce joyau, cette merveille...) plusieurs fois pour pouvoir en faire le tour... et recommencer sans fin !
Perséphone
CITATION(dmonteil @ 07 3 2008 - 19:28) *
Je sais pas...
Si je suis d'accord que ce qui a amené Plainview à adopter l'enfant c'est de se faire bien voir auprès des futurs acquéreurs, je pense sincèrement qu'il s'attache à cet enfant, qu'il l'aime. Et je pense que ce (plus beau) plan (du monde) est le moment déclencheur de cet amour naissant.
D'ailleurs, je ne pense pas que Plainview dirait à son fils "je t'aime" s'il ne le pensait pas, sachant pertinement que H.W. ne peut pas l'entendre.

Il y a plusieurs interprétations possibles sur leur relation c'est vrai, chacun la perçoit selon sa sensibilité et ça donne un topic vraiment passionnant rolleyes.gif
dmonteil a raison de souligner que la raison qui pousse Plainview à adopter H.W. ne signifie pas forcément qu'il ne l'aime pas...après, tout dépend de la raison de son "amour"...même si Daniel Plainview reste un humain, il n'en est pas moins dépeint tout au long du film comme un homme misanthrope à l'extrême et condescendant...Aussi, amha, faut-il que le fiston soit comme lui pour qu'il éprouve de l'amour...Et en ce sens, il y a définitivement une affection sincère mais envers un enfant qu'il ne voit que comme un reflet juvénile de lui-même...très égoïste...Pourquoi s'en débarasse t-il après l'accident sinon? L'amour filial est sans condition et la différence soudaine (surdité) entre Plainview et le fiston n'aurait logiquement pas dû être une raison d'abandon quand un père aime son fils...Mais bon, tout cela n'est que chipotage et subjectivité à laquelle on peut opposer le sentiment possible de culpabilité de Daniel etc. (seulement il n'est pas vraiment du genre scrupuleux dans ce film, que ce soit au niveau de l'arnaque des villageois, de la mort d'un "foreur" qui ne semble pas l'émouvoir plus que cela etc...) ninja.gif

Sinon, bien vu pour le plan décrit.
dmonteil
CITATION(Perséphone @ 07 3 2008 - 20:02) *
Il y a plusieurs interprétations possibles sur leur relation c'est vrai, chacun la perçoit selon sa sensibilité et ça donne un topic vraiment passionnant rolleyes.gif
dmonteil a raison de souligner que la raison qui pousse Plainview à adopter H.W. ne signifie pas forcément qu'il ne l'aime pas...après, tout dépend de la raison de son "amour"...même si Daniel Plainview reste un humain, il n'en est pas moins dépeint tout au long du film comme un homme misanthrope à l'extrême et condescendant...Aussi, amha, faut-il que le fiston soit comme lui pour qu'il éprouve de l'amour...Et en ce sens, il y a définitivement une affection sincère mais envers un enfant qu'il ne voit que comme un reflet juvénile de lui-même...très égoïste...Pourquoi s'en débarasse t-il après l'accident sinon? L'amour filial est sans condition et la différence soudaine (surdité) entre Plainview et le fiston n'aurait logiquement pas dû être une raison d'abandon quand un père aime son fils...Mais bon, tout cela n'est que chipotage et subjectivité à laquelle on peut opposer le sentiment possible de culpabilité de Daniel etc. (seulement il n'est pas vraiment du genre scrupuleux dans ce film, que ce soit au niveau de l'arnaque des villageois, de la mort d'un "foreur" qui ne semble pas l'émouvoir plus que cela etc...) ninja.gif


Faut dire aussi que Plainview est un homme qui veut tout contrôler, tout gérer, tout manipuler.
La surdité de son fils le laisse impuissant, et le fait que HW provoque un incendie le perturbe (c'est après ça qu'il l'abandonne).
Maintenant, cet abandon reste relativement inatendu en effet. On ne sait pas complétement qu'elle en est la raison. Ca peut-être dû à la trop grande différence qui survient, comme tu le dis, ou bien le fait que le père ne souhaite pas voir souffrir son fils.
De toute façon c'est évident que Plainview forge son fils à son image. On peut voir autant de signe d'affection qu'on veut, comme tu dis, la misanthropie extrême et la condescendance sont bien là.
De toute façon je crois que la relation entre HW et son père est l'une des relations père/fils les plus intéressantes que j'ai vu.
Perséphone
A un moment j'ai pensé que Daniel était peut-être assez conscient de ce qu'il est, de l'influence néfaste qu'il avait sur H.W. et aimait assez son fils pour décider de s'en éloigner...mais ça ne cadre pas du tout avec la ligne de conduite,l'idéologie du personnage et la fin je trouve...Mais j'arrête de chipoter, je vais rester sur cette idée :
CITATION(dmonteil @ 07 3 2008 - 20:15) *
De toute façon je crois que la relation entre HW et son père est l'une des relations père/fils les plus intéressantes que j'ai vu.

tout à fait d'accord happy.gif
ouaisbiensur
CITATION(dmonteil @ 07 3 2008 - 20:15) *
Maintenant, cet abandon reste relativement inatendu en effet. On ne sait pas complétement qu'elle en est la raison. Ca peut-être dû à la trop grande différence qui survient, comme tu le dis, ou bien le fait que le père ne souhaite pas voir souffrir son fils.


Ca me semble pas inattendu du tout. Vu comment il a écarté le fils lors de l'incendie pour s'occuper du derrick, Plainview l'écarte pour s'occuper du forage. C'est pas le fait qu'il s'en "débarrasse" qui pose à réflexion mais le fait qu'il semble le faire à contre-coeur.
dmonteil
CITATION(ouaisbiensur @ 07 3 2008 - 22:51) *
CITATION(dmonteil @ 07 3 2008 - 20:15) *
Maintenant, cet abandon reste relativement inatendu en effet. On ne sait pas complétement qu'elle en est la raison. Ca peut-être dû à la trop grande différence qui survient, comme tu le dis, ou bien le fait que le père ne souhaite pas voir souffrir son fils.


Ca me semble pas inattendu du tout. Vu comment il a écarté le fils lors de l'incendie pour s'occupper du derrick, Plainview l'écarte pour s'occuper du forage. C'est pas le fait qu'il s'en "débarrasse" qui pose à réflexion mais le fait qu'il semble le faire à contre-coeur.

En effet.
Bon, j'ai dit "relativement", parce que c'est pas ce qu'il y a de plus surprenant non plus, mais c'est vrai que ce sont les larmes de Plainview qui sont les plus surprenantes.
On remarque d'ailleurs qu'on ne le verra pleurer deux fois: par rapport à son fils donc, et par rapport à son frère...
ouaisbiensur
CITATION(dmonteil @ 07 3 2008 - 23:17) *
On remarque d'ailleurs qu'on ne le verra pleurer deux fois: par rapport à son fils donc, et par rapport à son frère...


Et quand il se coince une couille en refermant la porte de sa bagnole (vivement le director's cut).

PS pour moi-même: posté bourré, c'est mal.
Evil Seb
CITATION(dmonteil @ 07 3 2008 - 20:15) *
Faut dire aussi que Plainview est un homme qui veut tout contrôler, tout gérer, tout manipuler.
La surdité de son fils le laisse impuissant, et le fait que HW provoque un incendie le perturbe (c'est après ça qu'il l'abandonne).
Maintenant, cet abandon reste relativement inatendu en effet. On ne sait pas complétement qu'elle en est la raison. Ca peut-être dû à la trop grande différence qui survient, comme tu le dis, ou bien le fait que le père ne souhaite pas voir souffrir son fils.
De toute façon c'est évident que Plainview forge son fils à son image. On peut voir autant de signe d'affection qu'on veut, comme tu dis, la misanthropie extrême et la condescendance sont bien là.
De toute façon je crois que la relation entre HW et son père est l'une des relations père/fils les plus intéressantes que j'ai vu.

Ce qui déstabilise Plainview face à la surdité de H.W c'est qu'il ne peut plus lui parler et c'était précisement de cette façon que Plainview opérait, son arme c'était la parole. C'est par la parole qu'il arnaquait les gens, en parlant, en leur faisant croire des illusions pour mieux les retourner par la suite. Je pense qu'apres il est inutile de faire le parallèle (évident) avec la façon dont Eli, de son coté arrangue les foules lui aussi. Eli et Plainview un un but et des méthodes communes: ce que veut Plainview c'est le petrole et l'argent des gens, ce que veux Eli c'est l'esprit et l'âme de ses même gens. Mêmes effetsn même moyens, même cause pour le peuple. Ce que dit PTA c'est que le peuples se fait dépouiuller deux fois dans cette histoire: une fois physiquement et une fois spirituellement. Et il insiste sur le fait que les deux personnages soit très proches l'un de l'autre. Finalement pour s'en débarasser Plainview n'utilisera pas la parole qui n'a aucun effet sur Eli mais une quille en bois. Tout comme il se servira d'une arme pour se débarasser du menteur et de l'usurpateur qui à tenter de l'embobiné en se faisant passé pour son frère. Il ne peut rien faire contre cette personne qui mens plus que lui donc il est obligé d'employer une arme à feu...

Mais bon revenons en a H.W, devenu sourd il peut se mettre a penser par lui même, il n'est plus pollué par l'influence de la prèche (le mot "prèeche' est pas choisi au hasard je vous rassure) de son père. Il deviens une personne a part entière et plus un instrument à la disposition de son père. Privé de la faculté de lui parlé, Palinview est totalement démuni face a H.W et il décide de l'envoyer vivre sa prope vie et H.W débarassé de l'influence de Plainview deviendra un homme meilleur, débarassé de l'emprise de son père. C'est pour cela que Plainview le sermonne a la fin du film, il a raté son fils, il n'est qu'aun bâtard auquel il n'a pu transmettre pleinement son don pour la parole. Dans TWBB, la parole est performative, elle agit comme une action: Eli parle, il "soigne" et gagne des âmes, Plainview parle, des derick se construisent.


Merde je viens d'ouvrir une nouvelle porte derrière laquelle se cache une dizaine d'autre portes...
LMD
Merci pour ce petit aparté sur la parole, qui m'était un peu passé sous le nez (au niveau conscient si tu préfères). C'est justement ce qu'illustre la séquence "Manpower", le discours qui se traduit par la mise en place du chantier et des promesses.
Cependant, dans le final, Plainview détruit Eli d'abord par les mots, d'abord en lui faisant dire ce qu'on sait (ce qui pour Plainview revient à une victoire, un aveu; une fois que c'est dit, c'est vrai) puis en le rabaissant plus bas que terre.

La métaphore du milkshake est tiré de minutes de discussion parlementaires (ou il était d'ailleurs question de cette histoire de drainage), ai je lu quelque part (wiki ou mémédébé).
Evil Seb
CITATION(LMD @ 08 3 2008 - 10:51) *
Merci pour ce petit aparté sur la parole, qui m'était un peu passé sous le nez (au niveau conscient si tu préfères). C'est justement ce qu'illustre la séquence "Manpower", le discours qui se traduit par la mise en place du chantier et des promesses.
Cependant, dans le final, Plainview détruit Eli d'abord par les mots, d'abord en lui faisant dire ce qu'on sait (ce qui pour Plainview revient à une victoire, un aveu) puis en le rabaissant plus bas que terre.

C'est vrai...on peut y voir -ou pas- une façon de signifier qu'au final l'argent sera toujours le plus fort même face à la fois la plus dévote et sincère. Pasque je pense que la foi d'Eli l'est vraiment, seulement il à appris a jouer de cette sincérité pour engranger des bénéfices non négligeables.
LMD
CITATION(Evil Seb @ 08 3 2008 - 10:57) *
CITATION(LMD @ 08 3 2008 - 10:51) *
Merci pour ce petit aparté sur la parole, qui m'était un peu passé sous le nez (au niveau conscient si tu préfères). C'est justement ce qu'illustre la séquence "Manpower", le discours qui se traduit par la mise en place du chantier et des promesses.
Cependant, dans le final, Plainview détruit Eli d'abord par les mots, d'abord en lui faisant dire ce qu'on sait (ce qui pour Plainview revient à une victoire, un aveu) puis en le rabaissant plus bas que terre.

C'est vrai...on peut y voir -ou pas- une façon de signifier qu'au final l'argent sera toujours le plus fort même face à la fois la plus dévote et sincère. Pasque je pense que la foi d'Eli l'est vraiment, seulement il à appris a jouer de cette sincérité pour engranger des bénéfices non négligeables.


Oui c'est ce que je disais dans mon premier (EDIT: deuxiéme, en fait) avis, la victoire de Plainview c'est que son blé, son travail, est capable d'acheter cette autorité divine dont l'existence même remet en cause sa réussite et son existence.
kitano
CITATION(Evil Seb @ 08 3 2008 - 10:43) *
Privé de la faculté de lui parlé, Palinview est totalement démuni face a H.W...


Ne pouvant plus lui faire boire ses paroles il l'oblige à boire son verre de lait, peut être pour lui apprendre malgré tout à boire tout le milkshake.
Jesus Gris
CITATION(Jesus Gris @ 05 3 2008 - 11:05) *
SPOILERS
Les 10 premières minutes ne sont en rien de la pose, en plus de ne pas nécessiter de dialogues, on est là dans l'idée d'une origine (le pétrole, le self-made man) tout comme d'un paradis (Daniel est seul, n'a pas besoin de parler, n'a pas besoin d'entretenir de vrais liens sociaux). Et on entre dans la "compréhension" du personnage, dans la parole, qu'à partir du moment ou il renonce à cette solitude, par le lien qu'il entretient avec son fils ("nous sommes une entreprise familliale") mais aussi par son discours devant une assemblée pour se vendre (terme employé volontairement puisque c'est là qu'il commence à renoncer à son intégrité et à ses vraies aspirations pour devenir un "commercial" et donc s'obliger à créer des liens sociaux artificiels). Cette séquence du début fonctionne aussi en mirroir avec la surdité du fils et les quelques instants passés dans son monde sans paroles avant l'éllipse. On pourrait même dire, quelquepart, que c'est la parole la principale responsable de la métamorphose de Daniel en sociopathe : il ne s'en sert pratiquement que dans une optique de manipution, de mensonge ou d'humilliation - la seule personne avec qui il entretient un lien pur, son fils, est celui avec qui il ne pourra plus communiquer par la parole (démontrant qu'il n'est plus apte à se faire comprendre autrement, alors que la relation passait avant, avant tout par des gestes simples, mais avec très peu de paroles)... et pour casser ce lien il l'oblige...à parler. La seule personne avec qui sa parole est sincère et entendue à partir de là, c'est quelqu'un qui lui ment et le manipule pour arriver à sa propre réussite.


A préciser que je ne reposte pas ça pour contester à Evil Seb la découverte et l'ouverture d'une nouvelle porte cachée sur la thématique de la parole ou pour faire remarquer que tout le monde n'a réagis que sur l'aspect le plus artificiel (Sorcerer/THWB/ sensitif) du post dont le quote est tiré (icon_mrgreen.gif) mais puisque maintenant on en parle de la parole, autant que ça ne se perde pas dans les limbes d'un topic qui avance plutôt rapidement (et ça, ça fait plaisir... comme de voir que je ne suis pas le seul à poster des posts complètement con bourré icon_mrgreen.gif). Donc c'est pas des plus pertinents parceque vous avez brillamment creusé le sujet, mais comme c'est un des trucs qui me parraissent les plus interressant dans le film, bin voilà. Sinon, encore une fois, chapeau à Persephone, Evil Seb, dmonteil, LMD, Willow Argento et (ouais) bien sûr ouaisbiensur (ah ça, c'est malin! venir torché sur le forum, nan mais quelle idée! icon_mrgreen.gif). Vos posts me font bien cogiter, et faudra que je note tout ce que ça m'inspire quand j'aurais plus de temps (et quand j'aurais vu le film une troisième fois).
Evil Seb
Nan nan tu fait bien...ya tellement de shoses qui sont dites sur ce topic qu'on sait plus trop ce quia déja été abordé en détail ou ce qui à été survolé etc etc...et bon moi j'ai toujours vu le film qu'une fois mais la revision ne saurais tarder happy.gif
Perséphone
CITATION(Evil Seb @ 08 3 2008 - 10:43) *
Ce qui déstabilise Plainview face à la surdité de H.W c'est qu'il ne peut plus lui parler et c'était précisement de cette façon que Plainview opérait, son arme c'était la parole. C'est par la parole qu'il arnaquait les gens, en parlant, en leur faisant croire des illusions pour mieux les retourner par la suite. Je pense qu'apres il est inutile de faire le parallèle (évident) avec la façon dont Eli, de son coté arrangue les foules lui aussi. Eli et Plainview un un but et des méthodes communes: ce que veut Plainview c'est le petrole et l'argent des gens, ce que veux Eli c'est l'esprit et l'âme de ses même gens. Mêmes effetsn même moyens, même cause pour le peuple.

Très intéressant amha, Eli et Daniel sont tous deux très doués, le message d'Evil Seb me fait réaliser qu'Eli à mieux saisi qu'on ne pourrait le penser la méthode de Daniel dans la mesure où il retourne celle ci contre lui ,en centrant son sermon sur la famille et en poussant Daniel à avouer l'abandon de son fils. On sait que Daniel ne s'agenouille à ce moment que par intérêt...il conclut par "I have my pipeline". (En réalité, il a déjà perdu l'ascendant qu'il avait sur H.W. d'ailleurs) Eli est intelligent dans le sens où il pousse Plainview dans ses retranchements car cette scène fait écho au discours d'arrivée de Plainview également centré sur le thème de la famille. Bref, après cette scène (la parole est bien performative dans ce film c'est vrai), si Plainview veut rester une illusion aux yeux des villageois, il n'a pas d'autre choix que d'aller rechercher son fils...Chacun peut y voir un sens différent (amour filial) c'est vrai mais amha et pour les raisons déjà évoquées aux pages précédentes, la raison qui pousse Plainview à reprendre son fils est le besoin de garder l'image bienveillante qu'il a créé, par la parole, aux villageois...Et il fera payer cher à Eli cet "affront"...
Perséphone
CITATION(Jesus Gris @ 08 3 2008 - 12:16) *
Sinon, encore une fois, chapeau à Persephone, Evil Seb, dmonteil, LMD, Willow Argento et (ouais) bien sûr ouaisbiensur (ah ça, c'est malin! venir torché sur le forum, nan mais quelle idée! icon_mrgreen.gif). Vos posts me font bien cogiter, et faudra que je note tout ce que ça m'inspire quand j'aurais plus de temps (et quand j'aurais vu le film une troisième fois).

Bah idem,merci unsure.gif
Tes posts et ceux des autres alimentant ce topic sont vraiment intéressants, et toujours source de réflexions supplémentaires sur cette perle noire, TWBB... rolleyes.gif

Sinon, c'est con et inutile mais marrant de voir les titres choisis par certains pays : ninja.gif icon_arrow.gif
- There Will Be Blood (USA) (titre original)
- Il Petroliere (ITA)
- There Will Be Blood (ALL)
- Pozos de ambición (ESP)
- Sangue Negro (BRE)
- Kan dökülecek (TUR) Effusion de Sang
- Vérzö olaj (HON) Pétrole Sanglant je crois
- Az na krev (RTC) ? Je na sais pas, quelqu'un sait traduire?
- Il y aura du sang (QBC)
- Oil! (premier titre aux USA)
L'Empaleur
Ces traductions (ou non) du titre m'ont fait repenser à celui qui était envisager pour la distribution française (Le sang de la terre), termes que l'on peut entendre dans le film, énoncés par DDL dans la dernière scène : "I drink the blood of the land from Bandy's 'track'! (chuis pas sûr du tout de ce dernier mot).

Sinon, pour tenter de mieux décrypter la scène où HW provoque l'incendie, ainsi que pour faire écho à vos analogies passionantes sur les relations filiales dans le film ainsi qu'à la fameuse place du 'frère' (Henry, Eli), il me semble très interrassant que Eli tente de réveiller Plainview en lui hurlant que "The House is on fire", et qu'à l'identique de la scène du vrai incendie, ça ne le sort pas de son sommeil!

Just my two cents. Désolé de ne pas fournir d'analyse avec ces remarques, je vous laisse vous débrouiller avec.
kitano
CITATION(Perséphone @ 08 3 2008 - 19:13) *
Sinon, c'est con et inutile mais marrant de voir les titres choisis par certains pays : ninja.gif icon_arrow.gif
- There Will Be Blood (USA) (titre original)
- Il Petroliere (ITA)
- There Will Be Blood (ALL)
- Pozos de ambición (ESP)
- Sangue Negro (BRE)
- Kan dökülecek (TUR) Effusion de Sang
- Vérzö olaj (HON) Pétrole Sanglant je crois
- Az na krev (RTC) ? Je na sais pas, quelqu'un sait traduire?
- Il y aura du sang (QBC)
- Oil! (premier titre aux USA)


Le titre Brésilien est excellent je trouve "Sangue Negro" par contre les Québecois et leur traduction littérale laugh.gif
ouaisbiensur
CITATION
- Kan ökülacek Effusion de Sang


blink.gif (c'est aussi hardcore dans le bouquin ?)




































A force de se jeter des fleurs à longueur de topic, ça devait arriver, un dérapage malheureux happy.gif
kitano
icon_mrgreen.gif
Perséphone
C'est vrai que la traduction littérale québécoise prête plutôt à sourire tongue.gif
Bon, je clos la série post con et inutile par ceci :
There Will Be Bud
Fin du HS icon_arrow.gif
stan corben
Vu le film il y'a deux jours...
Vu tout ce qui a été dits sur ce topic, je ne rajouterais rien sur les qualités Immenses de ce film...
Sauf que des personnages comme Palinview on en croise un peu trop dans notre existance... sad.gif

ps: L'absence de femme dans la vie de Palinview vous l'expliquez comment ? (j'espère que cette question n'a ps deja été posé)...
Jesus Gris
CITATION(Perséphone @ 09 3 2008 - 10:31) *


biggrin.gif

Mon fou-rire de la journée, merci laugh.gif
ouaisbiensur
CITATION(stan corben @ 09 3 2008 - 11:05) *
ps: L'absence de femme dans la vie de Palinview vous l'expliquez comment ? (j'espère que cette question n'a ps deja été posé)...


A part le fait qu'il se consacre exclusivement au forage et qu'il ne veuille "no one to succeed", le parallèle avec la vie d'ecclésiaste d'Eli (dont je ne connais pas l'Eglise en question, qui permet peut-être le mariage de leurs prêtres, si tant est qu'Eli a un titre "officiel" autre que prêcheur-charlatan) peut justifier le célibat de Plainview.

La seule présence féminine marquante de l'histoire, la fille Sunday, donnera à Daniel l'occasion d'effectuer un geste charitable et en même temps accompagnera HW dans son éloignement de Plainview.

Sur la question du célibat, ça peut aussi expliquer en partie le fait que le père Sunday, père d'une famille nombreuse, semble avoir une préférence pour Paul, le seul pouvant faire perdurer la lignée.
Evil Seb
Je me base pour le bouquin de Sinclair pour répondre. Dans le livre Plainview est divorcé et a une fille, les deux seules femmes de son entourage. Plainview explique a Bunny (son fils dans le livre) qu'il doit se méfier des femmes comme de la peste car elle ne sont que oisiveté et ne servent qu'a dilapidé l'argent du pétrole gagner par les hommes, donc le sien. Son ex femme a demander le divorce alors que Plainview n'était qu'un petit ouvrier, elle l'a quité pour un riche commerçant qui a depuis fait failite. C'est en partie a cause de cela, pour prendre sa revanche que Plainview est devenu millionaire, depuis sa femme ne souhaite qu'une seule chose, qu'il augmente sa pension alimentaire. Plainview refuse et préfererais faire faillite plutot que de lui donner de l'argent. Donc voila, il considère les femmes comme juste bonne à depenser l'argent et pas à en rapporter. En gros elle ne sont pas une force de travail mais une force de dépense, c'est un élément de réponse parmi d'autres.
Flying Totoro
Enfin vu cette semaine et j'ai beaucoup aimé. Je me suis pas fait chié un instant, les acteurs sont brillants, le côté over the top m'a pas pas géné, c'est la classe. Je m'attendais à un truc un poil plus définitif mais j'ai vraiment aimé. Gros kiff sur la mise en scène, peut être que ça se la pète un peu mais PTA a clairement les moyens de se le permettre : on peut pas dire qu'il se laisse aller à la facilité le garçon. Et puis il a pas peur de faire des trucs vraiment too much en termes de sound design non plus d'ailleurs : l'exemple le plus flagrant ça doit être le travelling où l'on suit la construction du pipeline jusqu'à arriver à la réunion de Daniel et de HW qu'on voit de très loin alors qu'on entend soudainement la respiration et la voix de Daniel de super près (Y a plein de jeux rigolos avec la respiration de Daniel d'ailleurs). Nan y a pas, il jongle vachement bien avec des registres d'émotions très différents, brasse beaucoup d'idées fortes et ressert tout ça avec beaucoup de personnalité. Chapeau.

Y a juste un truc qui m'a bien gavé mais alors bieeeeeeeeen gavé, c'est cette zique de merde. On est heureusement très loin de l'horripilant score de Punch Drunk Love mais putain y a pas moyen. C'est pas étonnant que ça vous fasse penser au score de Shining puisque on y trouve du Bartok, du Penderecki et du Ligeti, compositeurs qui sont plagiés avec des moufles durant la totalité du métrage de PTA. Et je comprends pas là. Ca fait des décennies que le travail de ces mecs est utilsé soit directement soit recyclé par d'autres d'où deux questions 1/Z'avez pas l'impression que les sections de cordes dissonantes des années 50 on a un peu fait le tour et 2/ quitte à se placer dans le sillage "musique contemporaine", pourquoi engager un blaireau incapable de bâtir sur les fondations de ses illustres aînés ? Je veux dire vous avez pas eu l'impression d'une grosse différence qualitative soudaine lors de la scène où le medecin vient examiner HW et la suivante, lorsque Daniel dérouille Eli dans la boue ? Si oui c'est normal, là Anderson a foutu le travail d'un musicien autrement plus doué que son charlot (C'est Arvo Pärt, en l'occurence Fratres). Et puis ces percus moisies lors de la superbe scène du puits en feu, au secours quoi... Quel putain de dommmage qu'on ait pas eu le droit à un vrai compositeur doté d'une sensibilité pour l'image et capable de créer un univers sonore singulier et inventif (Goldenthal me vient évidemment à l'esprit, j'avais des flashes de son ballet Othello ou de son score pour Cobb à intervalles réguliers pendant la projection). Fuck.

Vachement bien pour un film dont le perso principal est moustachu/6
stan corben
CITATION(Evil Seb @ 09 3 2008 - 11:44) *
Je me base pour le bouquin de Sinclair pour répondre. Dans le livre Plainview est divorcé et a une fille, les deux seules femmes de son entourage. Plainview explique a Bunny (son fils dans le livre) qu'il doit se méfier des femmes comme de la peste car elle ne sont que oisiveté et ne servent qu'a dilapidé l'argent du pétrole gagner par les hommes, donc le sien. Son ex femme a demander le divorce alors que Plainview n'était qu'un petit ouvrier, elle l'a quité pour un riche commerçant qui a depuis fait failite. C'est en partie a cause de cela, pour prendre sa revanche que Plainview est devenu millionaire, depuis sa femme ne souhaite qu'une seule chose, qu'il augmente sa pension alimentaire. Plainview refuse et préfererais faire faillite plutot que de lui donner de l'argent. Donc voila, il considère les femmes comme juste bonne à depenser l'argent et pas à en rapporter. En gros elle ne sont pas une force de travail mais une force de dépense, c'est un élément de réponse parmi d'autres.

Merci de ces précisions.
Sympa.
dam
J'espère qu'il n'y a pas autant de références bibliques que vous le penser, moi ça me saoule, si on 'y connait rien on reste à cote de pas mal de choses a vous lire, ce n'est que des détails dans le récit, mais quand même, je trouve ça con.

Je l'ai vu hier matin et malgré mes 4h de sommeil, je ne me suis pas ennuyé un instant sur les 2h40 du film, il faut dire que Paul Thomas Anderson est un petit malin :
Il commence son film de façon immersive avec ses 20 minutes de silence, qui raconte la naissance de cet home d'affaire et d'une nouvelle ère accompagné d'une excellente bande sonore et d'un gros travail sonore, c'est beau, on ait avec Plainview, on souffre avec lui et j'ai l'impression que le film aurait put durer 20min de plus comme ça, ça ne m'aurait pas dérangé, alors que j'avais assez peut de cette introduction.
Ensuite on suit l'ascension classique d'un self made man et l'apport de sa technologie dans cette petite ville et du virus du capitalisme, on en suit les bienfaits, les malheurs et les réactions de Plainview à ceci.
Puis, le 3eme acte arrive, on s'intéresse enfin au personnage principal, mais comme il ne se confie à personne et qu'il ne peut montrer de doutes, de blessures pour garder la tête haute, il à besoin d'un miroir pour parler, ce sera ce frère venu d'ailleurs, il se confiera à lui sans avoir vraiment de retour, on apprendra ce qu'on semblait deviner avant, notamment grâce à cette musique disonnante qui raisonne comme pour nous alerter, cet homme est mauvais, malade, il ne vit que pour un seul but, mais ne sera jamais heureux de ce qu'il a.
Et la tout s'écroule, la conséquence de ces choix commence à lui revenir dessus et à le ronger, le peut d'humanité qui lui restait finit par se ronger.
Le 4eme acte arrive, Plainview a réalisé son rêve, mais à oublié de vivre il n'est plus qu'un fantôme, on n'a pas assisté à une suces story mais à une tragédie.
Et Plainview rencontre fort logiquement sa Nemesis, Eli qui lui ne s'est pas attaqué au pouvoir en utilisant le matériel mais l'humain, la seule chose que ne maitrise pas Plainview, il ne peut accepter la concurrence encore plus quand elle est si intime, 3eme confrontation et réponse ironique au titre du film.
There will be blood est un très bon film, qui n'est pas très explicite mais qui est assez riche, je m'attendais a y voir l'histoire d'une Amérique et d'un capitalisme naissant (ça a l'air d'être plus le cas du bouquin), j'y ai trouvé l'histoire d'un homme atypique et fascinant, à ce titre l'oscar de Daniel Day Lewis n'est pas volé, mais si sa performance est plus halluciné qu'hallucinante.
5/6.

Aniya_san
Bien aimé aussi même beaucoup, j'ai visionné vite fait les oscars après pour voir DDL, putain comment il est classe, souriant touchant et timide, l'opposé de Plainview ce grand sociopathe mercantile puis sa voix, le travaille qu'il fait dessus qui le change complètement, ce mec est extraordinaire.
Sinon l'aspect technique et narratif sont magnifique aussi même si le film est assez froid (Plainview en fait), j'adore PTA qui va devenir énorme, j'ai trouvé qui y'avait une petite touche de Malick par ci par là...

6/6

DDL + Bale dans un polar de Mann :rêve:
Denver
Et bé putain, c'est bizarre.
J'ai l'impression d'avoir vu quelque chose de très très grand défiler sous mes yeux, mais j'ai pas pris un pied fou en le voyant. Mais c'est tellement dense et travaillé que ça mérite d'être vu et revu 50 fois (mais aurais-je le courage ?).
J'avais le nom de Kubrick en tête dès le début du film et le son qui t'arrache les oreilles avec cet écran noir qui met du temps à se terminer. Et puis j'oublie, et au bout d'un moment, le son revient, cette musique complètement destructurée et bizarre apparait et devient omniprésente; et là je pense à 2001, à Shining et même à Orange mécanique, parce que l'utilisation qu'en fait PTA est la même. Au service d'une narration basée sur le point de vue d'un homme fou, misanthrope et complètement tordu, la musique est à l'image de cet homme, illogique, effrayante et déconcertante. Mais cette musique est totalement décalée avec les images, absurde, elle choque l'oreille, on dirait une musique de film d'horreur alors qu'on est pas du tout dans l'horreur visuelle, on est juste dans l'esprit dérangé et dérangeant d'un homme dénué de tout sens commun et de raison.
Et puis ces cadres, cette mise en scène (les mouvements de caméra lors des scènes choc), cet utilisation de la symétrie des décors, tout m'a fait penser à Kubrick, mais surtout dans son travail sur le son comme je l'ai dit précédemment.
En plus d'être un simple film sur Plainview et sa guerre pour le pétrole, le film est super dense et possède plusieurs niveau de lecture. De la nature vierge et du trou du commencement, avec un seul homme présent, puis le développement au fil des années de ce territoire, jusqu'à l'apocalypse finale, le film questionne le monde (et notamment le capitalisme) et ses fondements par ces hommes pleins de vices. Parce que le film est aussi historique, racontant (ou "métaphorisant") le développement de la culture du pétrole, le film montre comment des villages ont été transformés, comment les grosses compagnies se sont battu pour obtenir les terres, mais aussi, et surtout comment les travailleurs venaient de partout, espérant trouver le bonheur, grâce à ce que cette belle Amérique promettait.
Dans cette guerre, le facteur humain n'existe pas. Plainview n'aime pas l'Homme, il travaille pour lui et pour prospérer, il ment aux autres, sa réussite est primordiale, et ce, peu importe le prix que ça coutera. La dernière partie, super tendue, en pleine période de crise économique montre la crise traversée par le personnage de Plainview, il est effondré, perdu, à l'image de cette économie et du rêve que le pétrole avait fait naître. Le film est vraiment super dense, et à mon avis ça doit être encore plus fort au fil des visionnages.
Avec des images simples, souvent pures, avec ce scope occupé la plupart du temps par un élément central entouré de paysages qui n'en finissent plus, PTA livre des plans incroyablement riches symboliquement (j'aimerais bien revoir juste la séquence sans parole des 10 premières minutes, tant chaque image cache un truc), et livre surtout son film le plus abouti, même s'il a toujours montré une certaine complexité dans l'image et dans le traitement de ses thématiques (on retrouve comme toujours cette idée de la famille détruite et recomposée), et selon les genres qu'il traitait, PTA signe ici une œuvre somme, mure, d'une intelligence incroyable, aussi bien dans le fond que dans sa forme.
J'en oubliais presque les acteurs, entre un D.D Lewis qui ne joue pas tant il vit ses personnages à chaque fois, et surtout Paul Dano aussi terrifiant que son compère, qui vit tout autant son (ses ?) personnages, livrant une performance rare et troublante, qui vous file les frissons à chaque parole prononcée.

Une très grande œuvre de ciné que nous livre là PTA, aussi bien visuelle que thématique, on en ressort totalement déconcerté (la génialissime fin), et on se demande si on vient pas d'assister à quelque chose d'unique.

5/6

Et comme pour 2001 ou Orange Mécanique, je trouve ça génial, mais je suis pas comme un ouf quand je le vois. Est-ce voulu ? Je me suis toujours demandé si c'était pas volontaire chez Kubrick de déconcerter le spectateur, au point de réellement savoir s'il aimait ou pas; et bien là j'ai eu cette même sensation en sortant.
kitano
CITATION(denver @ 09 3 2008 - 23:51) *
tout m'a fait penser à Kubrick, mais surtout dans son travail sur le con comme je l'ai dit précédemment.


J'ai dû raté cette partie... sweat.gif

Sinon je plussoie ta critique, c'est un chef d'oeuvre.
Denver
Huhuhu la vilaine faute de frappe. icon_mrgreen.gif

C'est parceque je parle trop à Ced sur Msn, et vu qu'il est con, je passe trop de temps à lui dire.
King Kunu
CITATION(Flying Totoro @ 09 3 2008 - 15:44) *
Enfin vu cette semaine et j'ai beaucoup aimé. Je me suis pas fait chié un instant, les acteurs sont brillants, le côté over the top m'a pas pas géné, c'est la classe. Je m'attendais à un truc un poil plus définitif mais j'ai vraiment aimé. Gros kiff sur la mise en scène, peut être que ça se la pète un peu mais PTA a clairement les moyens de se le permettre : on peut pas dire qu'il se laisse aller à la facilité le garçon. Et puis il a pas peur de faire des trucs vraiment too much en termes de sound design non plus d'ailleurs : l'exemple le plus flagrant ça doit être le travelling où l'on suit la construction du pipeline jusqu'à arriver à la réunion de Daniel et de HW qu'on voit de très loin alors qu'on entend soudainement la respiration et la voix de Daniel de super près (Y a plein de jeux rigolos avec la respiration de Daniel d'ailleurs). Nan y a pas, il jongle vachement bien avec des registres d'émotions très différents, brasse beaucoup d'idées fortes et ressert tout ça avec beaucoup de personnalité. Chapeau.

(...)

Vachement bien pour un film dont le perso principal est moustachu/6


Exactement tout pareil que cette partie de la divinité obèse.

Du coup la prestation de Day Lewis est, en effet, monstrueuse. Et comme le laisser présager la BA, et ben il est à l'écran 98% du métrage.
Il tourne rarement, du coup les réal. en profitent.
stan corben
Synopsis:
Daniel Plainview, Prospecteur du début du XX siecle, construit son empire pétrolier, seul, quitte à faire couler le sang de temps en temps.

Film Uppercut, qui nous envoie dans les cordes toutes les 5 secondes, les reveils sont brutaux, la musique est la pour nous herisser le poil...les crochets transpercent nos défenses, nous sommes au bord du K.O...Day Lewis nous regarde dans les yeux avec l'arrogance des gagnants (?)...
et puis la fin vient...et nous envoie au sol.
Arret de l'arbitre; le générique est la, le film est fini.
Chef d'Oeuvre instantané.
6/6.
Adinaieros
Bon bah je suis un peu sur le cul.
Deja parce que j'ai vraiment adoré (alors que j'avais trouvé PDL grave chiant).
Et ce malgré la musique de merde (superfétatoire ils connaissent comme mot ?)


Mais surtout parce que malgré 17 pages de topic passionnant vous avez pas du tout abordé de front ce qui me semblait pour moi être le coeur du métrage...Ou alors en disant le contraire.

Je rebondis sur ca pour m'explicationner :
SPOILERS
CITATION(Sven @ 04 3 2008 - 10:10) *
Par contre, à partir de l'arrivée du frêre, j'ai été perdu, la narration part dans une direction assez imprevisible et oublie pendant une bonne 1/2 heure les autres personnages. Ca m'a assez perturbé, puisque je m'attendait à un affrontement plus important entre Plainview et Eli. D'autant que dans cette partie j'ai eu du mal à comprendre pourquoi HW met le feu à la baraque et ce qu'il a vu dans le bouquin alors que pour moi il ne sait pas lire.
Autre bémol d'ailleurs, c'est le fait de passer du point de vue de HW, notamment lors de son accident. Pourquoi, alors qu'on est quand même fixé sur Daniel tout le long du film, on se retrouve à ne plus entendre de sons comme lui et à partager sa vision sur son père. C'est sûrement un détail d'ordre pratique mais j'ai trouvé ça étrange.



Bah pour moi le film est clairement le film de Plainview et de la relation avec son fils.
Mais juste ca.
Rien de plus. Tout le reste c'est du bonus.
Le film commence par "l'accouchement" (le 15 d'heure sans parole -j'ai jeté un eil a ma montre quand ca c'est fini pour voir que c'etait bien plus long que ce qu'il m'avait semblé) qui se termine quand Plainview echois du bambino.
Ca n'a pas de paroles avant parce que ca serait en trop ('comme la musique tiens) vu que le gamin ne parle pas.

On reprend plus tard quand leur relation existe, quand elle s'est construite. C'est une affaire de famille.
Et il a l'air d'avoir la patatre le DDL.
Pim pam poum l'histoire continue.

Et la vient l'accident.
Oh drame.
Drame pourquoi ? parce que leur relation est detruite.
Il cherche a retrouver ses gestes de bontés de quand il commencait juste a etre pere (l'alcool dans la boisson pour calmer les douleurs -certifié remede de grand mere et encore utilisé reeelmeent de nos jours) mais ca ne marche pas.
Boum. Le misanthrope est dans le caca. Vbah oui le seul truc qui le faisait tenir c'etait HW qui lui apportaitson equilibre affectif et mental. Et la c'ets plus possible. Et le gamin le sait.
Donc quand arrive le frere bah jalousie-rivalité et surtout solution pour Plainview !

Sauf que la solution est pire que le mal, il eloigne son fils (dechirement), et la relation avec son frere ne marche pas. Il le degoute autant que tous les autres hommes.
Donc question ? est ce que c'est vraiment son frere ?

Du coup pif paf pouf retour de HW.
(la je rebondis sur dmonteil -comment ne pas rebonir sur l'n de ses nombreux posts plein de richess ? wink.gif)
CITATION(dmonteil @ 04 3 2008 - 18:44) *
Et j’ai aussi remarqué que les retrouvailles entre Daniel et son fils pâtissent de cet événement.
En effet, nous voyons Daniel accourir vers la voiture lui ramenant son enfant, mais au loin. Nous ne voyons pas distinctement ce qui se passe, et nous entendons à peine. Cette distance que nous impose PTA peut signifier la distance qui a été creusée entre Daniel et son fils (l’abandon, le meurtre de frère sont des cicatrices profondes pour l’un et l’autre), mais aussi le gouffre qu’il existe maintenant entre Daniel et le reste du monde.
Par rapport à sa relation avec son fils, les deux seules fois où nous les voyons réunis dans la même scène sont assez explicites : que ce soit dans le restaurant ou dans le bureau de Daniel en 1927, les 2 sont physiquement séparé par une table. Le contact est alors inexistant (pourtant, on remarque que Daniel tente à plusieurs reprises le rapprochement : lors de leurs retrouvailles, il lui dit qu’il aime (alors que l’enfant n’entend pas, scène simple et pourtant parfaite illustration du manque de communication) et l’embrasse, ainsi que dans le restaurant).

Bref ce coup-ci, j’ai trouvé la relation entre le père et le fils encore plus profonde et fascinante que la première fois. Et plus forte émotionnellement aussi. L'abandon est vraiment dur.


Alors les retrouvailles sont bcp plus tordues que ca : nous on est loin, eux sont proches -calin- et distantes apres -fight...mais sourire des 2 pourtant...tres beau moment- mais sont encore plus proches en fait : au moment ou ils se serrent dans les bras le son est amplifié comme si ils etaient au premier plan -super travil sur le son...contrairement a la musique-..;ce qui est vraiemnt tordu vu que le gamin est sourd

Et sinon au niveau de leur eloignement permanent, le menu tenu par un des convives et qui coupe l'ecran dans la diagonale difficile (celle qui monte) et qui separe le pere de son fils meme quand ils sont a la meme table est mortellement beau et baleze.

Bon bref revenons a notre progression.
Leur relation s'est deterioree : la relation privilegiee n'existe plus et en partageant son soutien apres s'estre debarrassé de celuici une premiere fois puis une seconde, Plainviwe perd pied.

Du coup le temps s'accelere et on voit la separation des 2 etres qui s'aiment pourtant. Je pensais que le film allait s'arreter la mais non...il faut que Plainview finisse sa vengeance : il ne pourra jamais la faire directement contre son fils, donc il la fait contre l'anthithese de sonfils : le bavard, celui qui est baptisé dans la boue et pas dans le petrole, etc.

Donc voila pourquoi je pense que c'ets pour moi un film sur la relation d'un pere et son fils (d'ailleurs les ellipses du debut ne permettent jamais de determiner clairement si c'est son fils ou non avec certitude en tout cas)




Ah et sinon Paul Dano il ressemble vachement a Ed Norton jeune.
La qualité de jeux comprise.
Il va dechirer lui.




the_Daydreamer
Un superbe film même si, comme denver et d'autres, je n'en suis pas sorti transcendé, malgré des qualités plus qu'évidentes. Une deuxième vision s'impose ( mais putain, entre ça, Be kind rewind, Mad Detective, Paris, l'Orphelinat, l'Heure d'été, Julia et 10 000 BC, je sais pas si je vais réussir à tout voir ).

Chapeau bas à Daniel Day-Lewis, notamment pour son travail vocal ( j'avais oublié à quel point sa vraie voix est plus douce ), même si j'ai trouvé qu'il en faisait trop à la fin dans sa tirade sur le milk-shake ; et Paul Dano, avec son sourire en coin et son air de ne pas y toucher, compose un formidable adversaire.

Beaucoup aimé la musique - d'ailleurs, si j'ai tout de suite pensé à Shining, je n'arrivais pas à situer à quel moment Kubrick avait utilisé ces cordes dissonantes ; finalement je me suis souvenu, c'est lorsque Jack Nicholson se rend dans la chambre maudite.

Un gros 5/6

Sinon pour la réplique finale : le " I'm finished " signifie bien sûr " Je suis fini " mais, au domestique qui vient s'assurer que tout va bien, le sens premier de cette expression reste à mon avis " J'ai fini mon repas ". La traduction française était donc la seule possible, histoire de ne pas surligner ce qui reste implicite à l'écran.

Par contre, si mes souvenirs sont bons, le traducteur s'est un peu foiré lorsque Plainview rejette son fils à la fin. Celui-ci dit en anglais quelque chose comme " Thank God I have nothing of you in me " et le sous-titre c'était " Dieu merci je ne vous dois rien ", ce qui atténue un peu la dureté de la réplique.


CITATION
On est heureusement très loin de l'horripilant score de Punch Drunk Love


De quoi...? icon_twisted.gif
Rien que pour le " He needs me " chanté par Shelley Duvall ( une autre référence à Kubrick ? ninja.gif ), j'adore Punch-Drunk Love.
kitano
Très intéressante ton analyse de cette relation Adinaieros, bon par contre je confirme ça n'est pas son fils de sang car son vrai père meurt au début.
Sven
CITATION(Adinaieros @ 11 3 2008 - 22:17) *
Mais surtout parce que malgré 17 pages de topic passionnant vous avez pas du tout abordé de front ce qui me semblait pour moi être le coeur du métrage...Ou alors en disant le contraire.

Bah pour moi le film est clairement le film de Plainview et de la relation avec son fils.
Mais juste ca.
Rien de plus. Tout le reste c'est du bonus.


ATTENTION SPOILERS
Je suis pas vraiment d'accord avec toi. Certes la famille et les relations familiales sont une partie importante du film. Mais le fait de terminer le film avec l'affrontement verbal entre Plainview et Eli, avec pour sujet la victoire de l'un sur l'autre est significatif. Pour moi, le film est clairement une parabole sur le pouvoir aliénant et destructeur de toute entreprise capitaliste et la perversion que cela engendre sur les relations humaines. Donc sur la famille, bien sûr, mais aussi sur la "société" en général, comme on peut le voir dans cette façon qu'on les deux leader (matériel et spirituel) s'affrontent pour savoir qui a le plus d'influence sur la communauté.
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