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Version complète : There Will Be Blood - Paul Thomas Anderson
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Jesus Gris
CITATION(Sven @ 04 3 2008 - 10:10) *
Autre bémol d'ailleurs, c'est le fait de passer du point de vue de HW, notamment lors de son accident. Pourquoi, alors qu'on est quand même fixé sur Daniel tout le long du film, on se retrouve à ne plus entendre de sons comme lui et à partager sa vision sur son père. C'est sûrement un détail d'ordre pratique mais j'ai trouvé ça étrange.


Légers SPOILERS

Alors déjà, tout à fait d'accord avec ce que dit dmonteil là dessus.
Et en plus, je pense que ça prépare bien au changement subtil de point de vue avant l'ellipse qui nous fait passer au 3ème acte. Avec H.W. qui voit sombrer son père dans l'alcoolisme et la solitude, qui le voit s'éloigner et se transformer, brisé par les trois évènements consécutifs qui viennent de lui arriver. Même si c'est vraiment subtil, je trouve que c'est une belle manière, élégante, de nous faire passer plus ou moins en douceur l'éllipse. On s'éloigne d'un personnage qui ne vas évoluer qu'en mal et avec qui le spectateur ne peux plus ressentir une quelquonque empathie. Les graines ont étés plantées, changons de point de vue (avec quelquechose de plus positif, pas la peine de s'acharner sur le délabrement de Plainview) avant de voir le résultat final. C'est un truc que j'aime beaucoup dans le film et je pense que ça serait moins bien passé si on avait pas déjà adopté le point de vue de HW plus tôt dans le métrage.
Sven
Ce qu'il y a c'est que j'ai pas l'impression qu'on revienne plus tard dans le film du point de vue de HW, même à la fin. Même si effectivement il y a un recul vis-à-vis de Daniel, je ne voit pas de basculement du côté de HW. D'ailleurs, on ne voit rien de son séjour loin de son père, son mariage est montré avec un certain retrait.
De toute façon la notion de point de vue dans le film est assez brouillé, en l'absence de voix-off et de dialogues explicatifs, alliés aux expressions limités des personnages, tous assez hermétiques. Et c'est d'ailleurs tout à l'honneur de PTA.
Starnek
CITATION(LMD @ 03 3 2008 - 11:11) *
Il y a une illustration de l'importance de l'or noir à tous les niveaux qui en regard de notre époque (ou on soupçonne les Etats Unis de faire des guerres pour le pétrole, ou le prix du baril augmente, ou le pétrole est effectivement devenu le sang de notre économie et de notre société) essaye d'aller plus loin que la simple "utilité" du liquide -déjà capitale et énorme en soi-.

D'ailleurs l'obstination et les ruses déployées par Plainview pour convaincre le vieux bigot de traverser son "territoire" avec son pipe-line renvoient aux dirigeants ricains voulant annexer d'autres pays (Afghanistan, Irak etc ...) afin de leur siroter leurs milkshakes, tout en pronant d'autres valeurs.

J'ai vu le film il y a une semaine et je n'arrète pas d'y repenser... Je suis sorti de la salle abasourdi, en ayant vraiment la sensation d'avoir vu quelque chose d'énorme et je prend un très grand plaisir à lire toutes vos analyses. Thanx guys !
dmonteil
CITATION(Jesus Gris @ 04 3 2008 - 10:35) *
Mais le problèmes c'est que dans les scènes qui suivent, on ne sort pas vraiment de ces quelques idées franchement bonnes posées par cette scène, et je trouve pour le coup que la scène de meurtre est faible à côté: pareil, y a 2-3 très bonnes idées, mais il se dégage pas de tension, et je trouve qu'elle fait pâle figure à côté des deux scènes précedentes (la plage et le bar (?)). Alors si je peux entendre que les scènes ou les deux frères sont en harmonie soient volontairement moins élaborées pour faire ressortir la suite, là j'ai un peu de mal, vu que justement, c'est un des passages forts et décisifs du récit, l'un des 3 trucs principaux (avec son humilliation à l'église et la gifle de son fils) qui vont pousser Plainview au bout de sa misanthropie, qui vont lui faire perdre toute intégrité, toute confiance envers le genre humain (même envers sa propre famille), et le faire sombrer dans l'alcoolisme (et je trouve que dans le genre "je laisse mes comédiens faire la scène" le passage de l'église qui vient juste après est beaucoup plus puissant).
Voilà, c'est tout icon_mrgreen.gif

Pour la scène de meurtre, c'est fort possible en effet, étant donné qu'elle ne m'a pas marqué plus que ça. Enfin, sa signification, son importance dans la narration sont marquante, mais la mise en image ne me laisse pas trop de souvenir. Donc à ce niveau tu dois sûrement avoir raison en effet (maintenant, c'est pas ça qui m'empêche de vénérer ce film, 'spèce de cul serré va icon_mrgreen.gif ).
Et pour le passage dans l'eglise, justement je trouve que PTA ne fait pas QUE laisser ses comédiens dans la place, les cadres et le découpage sont là beaucoup plus prégnants, moins..."statique" que lors de la scène de confession.

CITATION(Sven @ 04 3 2008 - 10:41) *
Sur le coup je l'ai plutôt senti comme un effet facile et déjà vu, style Soldat Ryan ou Copland . En même temps je pense que ça accentue le dilemme de Plainview entre son prendre soin de son fils et sa fascination pour le pétrole.

Tutafé.

CITATION(Sven @ 04 3 2008 - 10:41) *
Pour en revenir sur le bouquin, peut-être que HW sait lire et l'a lu (même si la caméra ne s'attarde jamais sur les mots). Mais en même temps, peut-être que j'ai mal compris, mais pour moi le bouquin appartenait au vrai frêre et ne donnait pas d'indice particulier sur l'arnaque de Henry. Du coup, je vois plutôt le geste de HW comme de la jalousie, d'autant que Daniel se sert d'Henry comme associé comme il s'est servi de son fils auparavant. Il a maintenant besoin de quelqu'un à son image et non un "petit-lui" comme au début. (D'ailleurs l'arrivé de Henry marche très bien et m'a désarçonné : il descend du train de dos et le prend pour Daniel, et le prend d'après on suit Daniel qui voit Henry de loin avec la même silhouette. Effet de dédoublement réussi !)

Mais c'est sûr, et comme le dit aussi Willow Argento, au final, savoir si le gamin sait pour le frère ou non, ou s'il a lu le carnet, c'est pas l'important. C'est justement cette "gratuité", cette jalousie et son côté surprenant et inatendu qui fait la scène.
D'ailleurs, j'y pense là, peut-être est-ce aussi une façon de montrer que, à partir du moment ou HW rentre dans le monde de son père (solitude, absence de communication toussa), il est "contaminé" par la misanthropie et la haine de l'humanité. Il ne s'en prend pas à son père, tout comme son père ne s'en prend pas à lui (même lorsqu'il le rattrape après l'incendie justement...je m'attendais à ce qu'il lui file une branlée, mais non...et justement, ça en dit beaucoup sur le perso aussi). Bref tout ça pour dire que, peut-être commence-t-il à apprendre la haine...
Jesus Gris
CITATION(dmonteil @ 04 3 2008 - 11:24) *
Pour la scène de meurtre, c'est fort possible en effet, étant donné qu'elle ne m'a pas marqué plus que ça. Enfin, sa signification, son importance dans la narration sont marquante, mais la mise en image ne me laisse pas trop de souvenir. Donc à ce niveau tu dois sûrement avoir raison en effet (maintenant, c'est pas ça qui m'empêche de vénérer ce film, 'spèce de cul serré va icon_mrgreen.gif ).

Nan mais surtout... SURTOUT... ça manque d'Olga à poil quand même nan? icon_mrgreen.gif

CITATION
Et pour le passage dans l'eglise, justement je trouve que PTA ne fait pas QUE laisser ses comédiens dans la place, les cadres et le découpage sont là beaucoup plus prégnants, moins..."statique" que lors de la scène de confession.

Oui, enfin ce que je voulais dire c'est que ce sont les comédiens qui dictent le découpage, contrairement à pas mal d'autres séquences (surtout dans la première heure).
dmonteil
CITATION(Jesus Gris @ 04 3 2008 - 11:36) *
CITATION(dmonteil @ 04 3 2008 - 11:24) *
Pour la scène de meurtre, c'est fort possible en effet, étant donné qu'elle ne m'a pas marqué plus que ça. Enfin, sa signification, son importance dans la narration sont marquante, mais la mise en image ne me laisse pas trop de souvenir. Donc à ce niveau tu dois sûrement avoir raison en effet (maintenant, c'est pas ça qui m'empêche de vénérer ce film, 'spèce de cul serré va icon_mrgreen.gif ).

Nan mais surtout... SURTOUT... ça manque d'Olga à poil quand même nan? icon_mrgreen.gif

icon_mrgreen.gif

CITATION(Jesus Gris @ 04 3 2008 - 11:36) *
CITATION
Et pour le passage dans l'eglise, justement je trouve que PTA ne fait pas QUE laisser ses comédiens dans la place, les cadres et le découpage sont là beaucoup plus prégnants, moins..."statique" que lors de la scène de confession.

Oui, enfin ce que je voulais dire c'est que ce sont les comédiens qui dictent le découpage, contrairement à pas mal d'autres séquences (surtout dans la première heure).

Ah...oui...J'avais mal...Enfin oui, en effet. *hum*
jason13thh
La scène finale est bizarre je trouve, on passe du rire...à l'effroi, en tout cas la salle (et moi et ma chérie) on a bien ri puis....paf...uppercut dans ta face.
ouaisbiensur
Pour la scène d'incendie provoqué par HW, en plus d'une possible jalousie, il y a peut-être aussi un avertissement adressé à Daniel au sujet du frangin.

Vu que HW devait normalement encore à ce moment penser que Daniel l'accompagnerait dans sa cure, il voyait d'un mauvais oeil (déjà par réflexe misanthrope) le fait de laisser derrière un type qui se balade avec un pub pour fusil dans son journal intime. Le feu est d'ailleurs dirigé vers le lit du frangin.

Le gosse a peut-être l'impression que Plainview, content de retrouver quelqu'un de sa famille, se relâche (le seul moment où PTA nous le montre dormant tranquillement dans un vrai lit juste avant l'incendie).
johnny walker
J'adore P.T Anderson, Day-Lewis également et le sujet du film était super exitant ( le capitalisme, le pouvoir qui mène à la folie ...) pourtant je suis sorti mitigé de la salle. Présenté comme un chef-d'oeuvre, moi je trouve que c'est un film intéressant mais qui souffre de beaucoup, d' innombrables longueurs.Ouais, je me suis fait chier à certains moments du film. On sent que le réal aurait pu faire un grand film mais je trouve que ce n'est pas le cas. Malick ou Kubrick ont fait des métrages longs mais pas chiant une seconde ( LA LIGNE ROUGE ou BARRY LINDON). Bon, le film a des qualités comme l'intro qui renvoie au cinéma muet ou cette phrase à la fin: "j'avais besoin d'une tête d'ange pour arnaquer les gens" ( en gros) et qui résume bien le capitalisme...Mais mieux vaut revoir le SCARFACE de De Palma ou CITIZEN KANE de Orson Welles sur des sujets similaires ( capitalisme, pouvoir qui mène à la folie, solitude de l'homme arrivé au "sommet"...)
bilouff
CITATION(jason13thh @ 04 3 2008 - 11:54) *
La scène finale est bizarre je trouve, on passe du rire...à l'effroi, en tout cas la salle (et moi et ma chérie) on a bien ri puis....paf...uppercut dans ta face.


blink.gif Vous avez ri à quel moment??? Moi au contraire j'étais méga tendu, car tu sens que there will be blood!
Perséphone
Plusieurs analyses brillantes ont été postées…désolée d’avance donc pour les quelques répétitions inévitables, qui vont ponctuer cette interprétation du diamant brut qu’est There Will Be Blood…

Puissant et fascinant, There Will Be Blood est une fresque sublime mettant en images les fondements de la juvénile Amérique, dont la toile historique du film est sise à l’époque post-ruée vers l’or ; au cœur d’un décor dont la richesse (or & or noir) se cache sous les apparences d’un paysage rocailleux et aride…(dommage que Jésus Gris ait perdu sa critique car son point de vue concernant la mythologie fondatrice de l’époque semblait très intéressant sad.gif ).

Paysage magnifiquement mis en valeur par PTA, rappelons que ce territoire immense était considéré par les immigrants et par leurs descendances comme la nouvelle Terre Promise…D’ailleurs, parmi la multiplicité de sens du titre, (comme le sens du sang familial, la famille étant une autre grande thématique du film…),« There Will Be Blood » (cela a peut-être déjà été signalé, désolée) est une phrase tirée de la bible (exode) :

CITATION
Then the LORD said to Moses, "Say to Aaron, 'Take your staff and stretch out your hand over the waters of Egypt, over their rivers, over their streams, and over their pools, and over all their reservoirs of water, that they may become blood; and there will be blood throughout all the land of Egypt, both in vessels of wood and in vessels of stone.'"


Amha, l’oeuvre fertile d’interprétations de PTA dépeint parfaitement les fondements de cet esprit puritain et par là même de l'Amérique en fin de conquête, en Californie, via les villageois, et via Eli…Des gens pétris dans une idéologie contradictoire fondamentale baptisée « Manifest Destiny », ou comment allier religion et capitalisme…(je vais essayer d’éviter le HS mais amha, souligner un ou deux éléments peut être utile) puisque cette idéologie (en bref) part du postulat que les américains (immigrants) étaient le peuple élu pour s’étendre sur tout le territoire vers l’Ouest, apportant religion, civilisation etc..Cette idéologie me semble être la clef de voûte de ce film, car sa face cachée n’était autre que le désir de s’approprier des contrées et les richesses qui les composaient, sous couvert de mission divine.

Amha, l’incarnation de ce capitalisme « messianique » est Eli, tandis que Daniel Plainview semble incarner la lucidité face à cette idéologie :

Si Daniel-magnat du pétrole-Plainview n’en reste pas moins un self made man dont le cœur est aussi noir que l’or qu’il extrait, et dont la déshumanisation ne fait qu’accompagner la parcours de son « hubris » jusqu’à la fin, il est en un sens plus honnête et sans concession qu’Eli ; dont il arrachera la confession de l’hypocrisie de ses prêches à la fin du film …
Car finalement, Eli est peut-être pasteur, mais il n’en demeure pas moins opportuniste que Daniel dans la mesure (là, je sais que mon avis est très critiquable mais amha, malgré certains arguments sur le projet de casting initial pouvant contrebalancer ce point de vue) où il n’a y a pas de frère d’Eli, mais un Eli schizo dont le dédoublement de personnalité serait l’illustration de ce pays divisé entre la devise biblique « In God we trust » (personnifié par le Eli le pasteur intégriste en transe, qui pourrait d’ailleurs être l’alter ego opposé de Daniel en ce sens que chacun à une pensée « pure » inébranlable concernant son idéologie, et un mépris total pour l’idéologie conductrice de l’autre) et la devise monétaire identique des billets verts « In God we trust »…(incarné par le Eli qui va à la rencontre de Daniel pour conclure une affaire sur la richesse de la terre familiale, celui qui sert trois verres d’alcool quand ils ne sont que 2,comme l’a souligné un madnaute, et celui qui a spéculé en bourse, comme on peut le comprendre à la fin lors de son dialogue avec Daniel et vient supplier pour l’achat de ses terres, ses investissements et son argent étant probablement engloutis par le krach de 29)…Mais finalement, même s'il a un frère, on pourrait (simple interprétation) les considérer comme l'illustration de ce pays divisé tandis que Plainview n'incarne qu'une seule valeur jusqu'au bout...

Chacun sa religion donc et chacun son idole pointée vers le ciel : le derrick pour Daniel Plainview (illustré, comme cela a été souligné, par le baptême du bébé à l’or noir), l’église pour Eli mais Daniel dit lui-même « I am the Church of the Third Revelation », donc s’il est celui qui renie toute valeur humaine (physiquement en tout cas car sa misanthropie et sa soif de pétrole l’ont poussé à une seclusion et une désincarnation totale), il n’en demeure pas moins celui qui vit…Et que ce soit la mort d’Eli ou la vie de Daniel, les deux sont l’incarnation de l’enfer de leurs « religions » respectives…

Bref, un renversement du rêve américain du début du XXème siècle : les gisements qui souillent la terre souillent tout autant le cœur des hommes ; constat pessimiste et un peu manichéen, et celui qui incarne cette face cachée des fondements de l’Amérique, est bien Daniel Plainview…

Entre autres interprétations, on peut à ce propos remarquer que son nom « Plainview » est le même que l’expression pénale « Plain view » qui signifie avoir le droit de perquisitionner, fouiller et prendre des biens chez quelqu’un sans mandat…Dans le contexte d’un baron du pétrole qui arnaque les villageois pour prendre leurs richesses…C’est un sens qui me semble possible.

Bon, j’espère ne pas être trop confuse, ce film fourmille tellement de sens possibles et j’aimerais ajouter plein de choses mais là je m’étale trop déjà. unsure.gif
Quoi qu’il en soit, There Will Be Blood est magnifique, servi par une prestation impressionnante des acteurs et une profondeur de sens, transmis à la fois par la musique discordante, le début muet, sous terre dans les ténèbres du puits de pétrole, et les 2h40 qui suivent…Tout est sens dans ce film et préfigurent la fin…
« God bless PTA », j’arrête le verbiage, c’est un putain de beau film, au sens propre et figuré.
Evil Seb
Bon ben la j'ai commencé le bouquin hier soir. J'en suis arrivé a la page 75 et pour le moment le début n'a absolument rien avoir avec le film de PTA. L'histoire est raconté par "Bunny" le fils de Plainview (qui ne s'appelle pas Plainview dans le bouqin mais A.J. Ross) et son rôle me semble bien plus important que dans le film. Sinon le nom des villes et des personnages ne sont pas les même et pour le moment, l'histoire est vraiment différente aussi...j'attends de lire la suite pour voir comment ça évolue et quelle est la part de PTA dans la réussite de There Will Be Blood. A mon avis il a vraiment très librement adapté le bouquin pour vraiment en faire son film...La bouquin est plus ample et s'interesse à la communauté des ouvriers du pétrôle au personnes qui ont vu leur vie basculé par l'arrivée sur leur terres des derricks et du flots de dollars qui a suivi. La pour le coup on est vraiment dans la fresque. Mais bon j'en suis qu'au début et ça peut encore tourné.
kitano
CITATION(Perséphone @ 04 3 2008 - 16:10) *
« There Will Be Blood » (cela a peut-être déjà été signalé, désolée) est une phrase tirée de la bible (exode) :

Then the LORD said to Moses, "Say to Aaron, 'Take your staff and stretch out your hand over the waters of Egypt, over their rivers, over their streams, and over their pools, and over all their reservoirs of water, that they may become blood; and there will be blood throughout all the land of Egypt, both in vessels of wood and in vessels of stone.'"


Ah ben oui c'est sûr que ce verset illustre parfaitement le film.
Traduit en Français ça donne :

Yahvé dit à Moïse : " Dis à Aaron : Prends ton bâton et étends la main sur les eaux d'Égypte - sur ses fleuves et sur ses canaux, sur ses marais et sur tous ses réservoirs d'eau - et elles se changeront en sang, et tout le pays d'Égypte sera plein de sang, même les arbres et les pierres. "
Perséphone
CITATION(kitano @ 04 3 2008 - 17:16) *
Ah ben oui c'est sûr que ce verset illustre parfaitement le film.
Traduit en Français ça donne :
Yahvé dit à Moïse : " Dis à Aaron : Prends ton bâton et étends la main sur les eaux d'Égypte - sur ses fleuves et sur ses canaux, sur ses marais et sur tous ses réservoirs d'eau - et elles se changeront en sang, et tout le pays d'Égypte sera plein de sang, même les arbres et les pierres. "


Bah, je ne sais pas trop si ta phrase est ironique...la fatigue pit être ninja.gif unsure.gif .
Je n'ai pas du tout assez de connaissance bibliques c'est clair, mais je trouvais que sur le plan métaphorique, ça se tenait plutôt, désolée si c'est ironique, sinon bah "au temps pour moi" et merci pour la traduction smile.gif
ouaisbiensur
CITATION(Perséphone @ 04 3 2008 - 16:10) *
Entre autres interprétations, on peut à ce propos remarquer que son nom « Plainview » est le même que l'expression pénale « Plain view » qui signifie avoir le droit de perquisitionner, fouiller et prendre des biens chez quelqu'un sans mandat…Dans le contexte d'un baron du pétrole qui arnaque les villageois pour prendre leurs richesses…C'est un sens qui me semble possible.


Ce qui justifierait le changement de nom par rapport au perso du bouquin. Bien vu.
kitano
CITATION(Perséphone @ 04 3 2008 - 17:27) *
Bah, je ne sais pas trop si ta phrase est ironique...la fatigue pit être ninja.gif unsure.gif .


Rassures toi l'ironie n'a pas sa place sur ce topic, "étends ta main sur l'eau d'égypte" ici l'eau = pétrole. smile.gif
(Si ironie, cynisme ou aigritude entre dans ce temple sacré on les expulsera tel le péché du corps du fauteur).
dmonteil
C'est très intéressant ce que tu dis Perséphone.
Et le coup de la citation biblique et de la signification de "Plainview" sont plus que pertinentes.

Sinon, je viens de le revoir, et rebelote : à la fin, je suis sans voix. J’arrive pas à m’exprimer sur le film, il me fait cogiter comme rarement, mais j’ai du mal à sortir les mots.
Je suis exténué lorsque apparaît le titre pour la seconde fois, après le plan final. Exténué autant physiquement qu'émotionnellement.

Et effectivement, on peut vraiment parler de mythologie, surtout par rapport au personnage en fait. Plainview est plus grand que nature, presque inhumain (comme l’ont dit plusieurs avant moi, lorsqu’il prétend que c’est lui l’église de la 3ème Révélation…). Et l’impression constante qu’il a une longueur d’avance sur tous les persos, qu’il maîtrise tout (à l’exception de la venue du frère donc).

D’ailleurs, c’est Jesus je crois qui a parlé des fondus au noir. Et effectivement, j’en ai remarqué 4 qui semblent avoir leur importance bien significative mine de:
-Lorsqu’il tombe dans son trou, au tout début. Fondu. Il est tombé dans un trou de caillasse, il se réveille dans un (futur) puits de pétrole. Idée de renaissance peut-être ?
-Lorsqu’il arrête la jeune Sunday pour lui demander si son père la bat encore, avec ce dernier à 2 mètres, qui entend tout. Je pense que ce fondu n’est pas gratuit et qu’il implique que cette idée d’enfant battu est importante pour Daniel. Ca confirme plus ou moins l’impression qu’enfant il a du être battu.
-Après l’accident de H.W. Plan en plongé sur le père tenant son fils dans ses bras, complètement impuissant. Première fois qu’il ne peut rien contrôler ?
-Et enfin, sans doute le tournant décisif pour le personnage : après le meurtre du frère, Daniel regarde une photo de son frère enfant et pleure (parce qu’il a tué ? Parce qu’il n’aura jamais connu son vrai frère ?). A partir de là, Plainview ne sera plus jamais le même.

D’ailleurs, un truc que je n’avais pas remarqué la première fois : lorsqu’on le voit pour la première fois, il est au fond de son trou, tapant avec sa pioche pour extraire du pétrole sur fond de musique lancinante évoquant une alarme. Après avoir tué son "frère", il est au fond d’une forêt, tapant avec sa pioche pour creuser une tombe pour sa victime, la même musique en fond sonore.
La différence se fait principalement par le biais de la caméra : si la première fois nous étions dans le trou avec lui, cette fois ci PTA impose une distance, Plainview s’éloigne de nous.
On peut penser que PTA nous fait l’honneur de nous considérer, nous spectateur, comme faisant encore parti de l’humanité, à l’inverse de Plainview qui est maintenant perdu dans sa haine.
Ou alors au contraire, par ce subtil éloignement, il nous impose de voir plus clair sur la situation, sur le personnage et son parcours pour nous faire comprendre que nous ne valons pas mieux que lui.
Je sais pas...

Et j’ai aussi remarqué que les retrouvailles entre Daniel et son fils pâtissent de cet événement.
En effet, nous voyons Daniel accourir vers la voiture lui ramenant son enfant, mais au loin. Nous ne voyons pas distinctement ce qui se passe, et nous entendons à peine. Cette distance que nous impose PTA peut signifier la distance qui a été creusée entre Daniel et son fils (l’abandon, le meurtre de frère sont des cicatrices profondes pour l’un et l’autre), mais aussi le gouffre qu’il existe maintenant entre Daniel et le reste du monde.
Par rapport à sa relation avec son fils, les deux seules fois où nous les voyons réunis dans la même scène sont assez explicites : que ce soit dans le restaurant ou dans le bureau de Daniel en 1927, les 2 sont physiquement séparé par une table. Le contact est alors inexistant (pourtant, on remarque que Daniel tente à plusieurs reprises le rapprochement : lors de leurs retrouvailles, il lui dit qu’il aime (alors que l’enfant n’entend pas, scène simple et pourtant parfaite illustration du manque de communication) et l’embrasse, ainsi que dans le restaurant).

Bref ce coup-ci, j’ai trouvé la relation entre le père et le fils encore plus profonde et fascinante que la première fois. Et plus forte émotionnellement aussi. L'abandon est vraiment dur.

Je ne peux pas non plus m’empêcher de rapprocher le plan de la flaque de pétrole qui s’élargit au tout début avec la communauté de "la 3ère Révélation" qui ne cesse d’accueillir de nouveaux membres. Pétrole et fanatisme serait-il mis sur un pied d’égalité ? Je pense que c’est évident, l’un et l’autre apparaissant comme deux maladies contagieuse qui gangrènent leur environnement.
D’ailleurs, ce plan de la flaque de pétrole trouve un écho cynique dans la flaque de sang noire finale. La boucle est bouclée.


Et en toute subjectivité, je ne trouve absolument rien à redire, rien à jeter, en fait, pour moi, c’est un film parfait.
bilouff
Les deux " scènes de pioche" m'ont marqué moi aussi, car elles se font évidemment écho, et marquent deux moments importants du film. Il ya une trosième scène qui y fait écho je crois, c'est le meurtre d'Eli : le mouvement du coup de quille est le même que celui du coup de pioche.
Tout ça renvoit à l’importance de la Terre et du sol, d'autant plus quand on sait l'importance qu'à la propriété foncière aux USA à cette époque (si tu ne possèdes pas une terre, tu n'es rien).
Les métaphores bien sûr: Terre promise, sang de la Terre...
Et puis sa présence dans les différentes étapes de la vie de Plainview: creuser la terre pour découvrir du pétrole et se trouver un avenir, réussir et s’extraire du trou, creuser la terre pour enfouir un cadavre et ses péchés, et pour finir le coup de quille.
Et par rapport au concept symétrie / disymétrie qu’évoquait Jésus Gris, il me semble qu'à plusieurs reprises, Plainview apparaît comme un personnage diabolique, par opposition à Eli. Or, si je ne m'abuse, ds la bible, les enfers se trouvent dans le sous sol, et le paradis dans les cieux. On a opposition entre Eli le religieux qui cherche l'illumination, qui regarde vers le ciel, et Plainview le "temporel" qui fouille la terre.

Bon c'est un peu bordélique ske je raconte, mais comme dit Monteil, ya tellement de références et de niveaux de lecture dans ce film qu'il est vraiment déboussolant.

Et au passage, l’éclairage de la scène d’ouverture au fond de la mine est juste magnifique
ouaisbiensur
CITATION(dmonteil @ 04 3 2008 - 18:44) *
Par rapport à sa relation avec son fils, les deux seules fois où nous les voyons réunis dans la même scène sont assez explicites : que ce soit dans le restaurant ou dans le bureau de Daniel en 1927, les 2 sont physiquement séparé par une table. Le contact est alors inexistant (pourtant, on remarque que Daniel tente à plusieurs reprises le rapprochement : lors de leurs retrouvailles, il lui dit qu'il aime (alors que l'enfant n'entend pas, scène simple et pourtant parfaite illustration du manque de communication) et l'embrasse, ainsi que dans le restaurant).


Il y a une scène importante où on les voit réunis et heureux : la scène de découverte du pétrole sur le terrain des Sunday, où Plainview montre à HW comment le pétrole peut trèèèèèès facilement prendre feu (ça pourrait servir contre les frangins envahissants) et où il donne la torche en signe de passage de témoin à son fiston (quoi, Prométhée ? Nan, pas aujourd'hui).
dmonteil
CITATION(ouaisbiensur @ 04 3 2008 - 19:16) *
Il y a une scène importante où on les voit réunis et heureux : la scène de découverte du pétrole sur le terrain des Sunday, où Plainview montre à HW comment le pétrole peut trèèèèèès facilement prendre feu (ça pourrait servir contre les frangins envahissants) et où il donne la torche en signe de passage de témoin à son fiston (quoi, Prométhée ? Nan, pas aujourd'hui).


Bien vu.

En parlant de scène où on les voit réunis et heureux, je crois que la scène de fin qui m'a vraiment achevé, c'est le flashback après que Plainview traite son fils de "Bastard in a basket" (d'ailleurs: réf à Moise?). Ce flashback...mais PUTAIN quoi.

Sinon, j'ai trouvé des infos super intéressantes (techniquement) sur le site d'American Cinematographer. Bon c'est en anglais, mais c'est génial. Morceaux choisis:

"Some might view Plainview as a monster, and, in fact, writer/director Paul Thomas Anderson says he modeled the character partially on an icon of the horror genre: Count Dracula. “I just had it in my head, underneath it all, that we were making a horror film,” he says. “Maybe we go to horror movies because we want to see something horrible happen, in the same way we might get excited to look at a car crash. In some ways, Plainview’s story is a bit like a car crash, one that just keeps getting worse.” "

" “That way of working is particularly difficult if you’re the focus puller or the dolly grip,” continues Elswit. “Those guys are used to more precise timings and methods. When you work with Paul, you’re shooting with anamorphic lenses and there are no marks on the ground. There is no hair-and-makeup or wardrobe on set. There are no final touches, there’s no ringing of the bell, there’s no announcement that we’re shooting. There’s also no standard rehearsal, really; once we figure out what the shot will be, there’s a little bit of rehearsal, but then it starts to change and the rehearsal turns into the shooting. It’s a very organic approach, and you have to be ready for immediate changes. That’s why we have the same crew over and over again — Paul has to work with people who are incredibly alert and aware on set. Everyone is truly a filmmaker.” "

"A key cinematic influence was John Huston’s The Treasure of the Sierra Madre (1948). “I have such love for that film it’s kind of hard to talk about it without gushing,” says Anderson, who chuckles after realizing his pun. “On this film, we were trying to keep things simple — the simplest kinds of frames, the simplest number of shots — and we tried to follow the influence of filmmakers like Huston. The movies of the ’40s are incredibly straightforward. They’re the ones I love the most, really.” " (Demain je l'achète ce Trésor de la Sierra Madre...)

" The hazards of oil drilling are spectacularly illustrated when an explosion on Plainview’s derrick creates a flaming geyser that engulfs the wood structure and burns with a malevolent glow. (See sidebar) According to Elswit, the staging of this sequence was “a nightmare,” and Anderson characterizes that day’s shoot as “insane.” Multiple cameras were deployed to capture the action around the 80'-tall pine derrick built by Fisk’s crew. Four of these were controlled by operators; one was placed in a firebox at the base of the derrick; another was set in a crash box to capture the derrick’s collapse; and others were positioned in spots near the derrick that were too hot for the operators. Elswit explains, “The fire was real, and it involved the effects team igniting a mixture of diesel fuel and gasoline that was controlled with a huge pump. The only digital effect, which was handled by ILM, involved the initial explosion at the top of the derrick. Otherwise, it was all pyro.” " blink.gif

" Shaking his head at the memory, Elswit adds, “The next night, we had to shoot the reverses of the actors reacting to the big fire, and Paul didn’t want to use any artificial light.” In fact, these reverses were lit with real fire generated by either the powerful flame jet operated by Cremin and his crew or, for certain shots, flamethrower-like devices. Crewmembers were protected from the heat by flame-resistant suits, but the grimaces on the actors’ faces are genuine. “The flames got very, very hot, but that’s how we did it,” says Elswit. “I could have lit those reverses completely artificially, but Paul often doesn’t trust that kind of approach. He said, ‘Oh, no, it will be a lot better if we just set something on fire.’ So when you look at that scene, the color on the actors’ faces is the color of burning gasoline!” " blink.gif

Voir ici pour la version complète
D'ailleurs, je vous conseille d'aller voir sur ce site, si vous comprenez l'anglais, parce qu'il y a des putains d'articles de fond ultra intéressant (en ligne).
ouaisbiensur
CITATION(dmonteil @ 04 3 2008 - 19:38) *
He said, 'Oh, no, it will be a lot better if we just set something on fire.'


On dirait du Michael Bay.
dmonteil
CITATION(ouaisbiensur @ 04 3 2008 - 19:47) *
CITATION(dmonteil @ 04 3 2008 - 19:38) *
He said, 'Oh, no, it will be a lot better if we just set something on fire.'


On dirait du Michael Bay.

icon_mrgreen.gif
Perséphone
CITATION(kitano @ 04 3 2008 - 17:53) *
Rassures toi l'ironie n'a pas sa place sur ce topic, "étends ta main sur l'eau d'égypte" ici l'eau = pétrole. smile.gif
(Si ironie, cynisme ou aigritude entre dans ce temple sacré on les expulsera tel le péché du corps du fauteur).

tongue.gif ok. En tout cas, tout à fait d'accord pour le parallèle eau/pétrole, c'est ce à quoi cela me faisait penser aussi.

CITATION(dmonteil @ 04 3 2008 - 18:44) *
C'est très intéressant ce que tu dis Perséphone.
Et le coup de la citation biblique et de la signification de "Plainview" sont plus que pertinentes.

Merci.
Tes posts aussi le sont; et le site en anglais fourmille d'éléments très intéressants. rolleyes.gif
John Keats
CITATION(johnny walker @ 04 3 2008 - 15:10) *
J'adore P.T Anderson, Day-Lewis également et le sujet du film était super exitant ( le capitalisme, le pouvoir qui mène à la folie ...) pourtant je suis sorti mitigé de la salle. Présenté comme un chef-d'oeuvre, moi je trouve que c'est un film intéressant mais qui souffre de beaucoup, d' innombrables longueurs.Ouais, je me suis fait chier à certains moments du film. On sent que le réal aurait pu faire un grand film mais je trouve que ce n'est pas le cas. Malick ou Kubrick ont fait des métrages longs mais pas chiant une seconde ( LA LIGNE ROUGE ou BARRY LINDON). Bon, le film a des qualités comme l'intro qui renvoie au cinéma muet ou cette phrase à la fin: "j'avais besoin d'une tête d'ange pour arnaquer les gens" ( en gros) et qui résume bien le capitalisme...Mais mieux vaut revoir le SCARFACE de De Palma ou CITIZEN KANE de Orson Welles sur des sujets similaires ( capitalisme, pouvoir qui mène à la folie, solitude de l'homme arrivé au "sommet"...)



film parfait là c'est un peu abusé, et personne n'a rebondi, ce qui est dommage parceque les panégyriques ça me gonfle à la longue, sur ce message là. en effet le soucis c'est que Anderson tape trop dans ces références là, il y a un peu le sentiment qu'il veut jouer dans cette cour là, et le problème quand on a de si grosses ambitions c'est d'arriver à en être à la hauteur : ça crée des attentes ma foi fort légitimes.
quand on parle de citizen kane il y a une progression dramatique, une inventivité et une géniale avancée dramatique, et surtout un "rosebud", un climax! je ne vois pas du tout où on peut retrouver ça dans TWBB.
ensuite Malick, grande unité de ton et de narration chez lui, dans n'importe quel de ces films. ici on a un faux rythme assez décousu, encore une fois on peut justifier comme on veut a posteriori le début, certes très beau, mais il est en rupture selon moi avec la structure du métrage, et du coup fait un peu poseur, ça se regarde le nombril.
à vouloir jouer à Griffith on s'expose énormément, tout autant que pour les autres grandes références c'est extrèmement casse gueule, et ici parfois un peu limite, encore une fois je ne comprends pas le personnage de DDL, et j'en avais envie, cette misanthropie extrème étant hautement fascinante.
Evil Seb
Au risque d'enfoncer des portes ouvertes, je pense que tout ça est vraiment subjectif. Perso Malick je trouve ca d'un ennui et d'une banalité désarmante...apres ouais y' a de belles images tout ce que vous voulez mais moi ca m'emmerde juste (pareil pour Scarface que j'ai revu hier et c'est juste plus possible pour moi).La ou je suis moins d'accord c'est sur la volonté affichée de PTA de singer qui que ce soit, je trouve justement et je lai déja dis que TWBB ne ressemble à aucun autre film, que j'ai vu en tout cas. Alors on site souvent Kubrick, Cimino ou Kane mais honnêtement je pense pas que TWBB entretienne beaucoup de similitude avec les films de ces gens la (sauf peut etre pour Cimino mais bon comme on est 4 pékin a l'adorer ca passe inapercu**). Et j'ajouterais qu'une absence de climax n'est en aucun cas pénalisant pour le statut d'un film.

Là ou on peut éventuellement les mettre sur un même pied c'est au niveau des ambitions. PTA avait l'ambition avec ce film de marquer l'histoire du cinéma, ce qu'il a fait indéniablement, car TWBB est un film qui restera et dont on reparlera dans 20,30 ou 40ans, je mz fait aucun soucis la dessus. Le film est as si long que ca au final (2h38 de nos jours c'est a peine plus que n'importe quel blockbuster estival) même si d'une richesse thématique inouie qui le rends peut être difficile d'accès mais comme tous les grands film TWBB se bonifie a chaque vision et avec le temps. En fait pour terminer par une métaphore un peu facile-ou pas- TWBB c'est comme un puits de pétrole: la première vision permet de construire le derrick et les visions suivantes font jaillir l'or noir. Puis plus on creuse profond, plus le jaillissement s'intensifie.

J'ajouterais que ce topic fait partie des "best topics ever"






* j'en profite pour narrer une anecdote/gueuler un coup. Hier soir dans le metro y'abvait dans je ne sais quel journal une pub d'une page entière pour TWBB avec ecrit en gros sur l'affiche "Scorsese a Taxi Driver, Coppola a Le Parrain, Spielberg a la Liste de Schindler, De Palma a Scarface. Maintenant Paul Thomas Anderson a There Will Be Blood" et une fois de plus pas un mot sur Cimino, ce grand et immensément talentueux oublié...a croire que personne n'a vu Les Portes du Paradis dans ce pays.
dmonteil
CITATION(Evil Seb @ 05 3 2008 - 09:27) *
Au risque d'enfoncer des portes ouvertes, je pense que tout ça est vraiment subjectif. Perso Malick je trouve ca d'un ennui et d'une banalité désarmante...apres ouais y' a de belles images tout ce que vous voulez mais moi ca m'emmerde juste (pareil pour Scarface que j'ai revu hier et c'est juste plus possible pour moi).La ou je suis moins d'accord c'est sur la volonté affichée de PTA de singer qui que ce soit, je trouve justement et je lai déja dis que TWBB ne ressemble à aucun autre film, que j'ai vu en tout cas. Alors on site souvent Kubrick, Cimino ou Kane mais honnêtement je pense pas que TWBB entretienne beaucoup de similitude avec les films de ces gens la (sauf peut etre pour Cimino mais bon comme on est 4 pékin a l'adorer ca passe inapercu). Et j'ajouteais qu'une absence de climax n'est en aucun cas pénalisant pour le statut d'un film.

Là ou on peut éventuellement les mettre sur un même pied c'est au niveau des ambitions. PTA avait l'ambition avec ce film de marquer l'histoire du cinéma, ce qu'il a fait indéniablement, car TWBB est un film qui restera et dont on reparlera dans 20,30 ou 40ans, je mz fait aucun soucis la dessus. Le film est as si long que ca au final (2h38 de nos jours c'est a peine plus que n'importe quel blockbuster estival) même si d'une richesse thématique inouie qui le rends peut être difficile d'accès mais comme tous les grands film TWBB se bonifie a chaque vision et avec le temps. En fait pour terminer par une métaphore un peu facile-ou pas- TWBB c'est comme un puits de pétrole: la première vision permet de construire le derrick et les visions suivantes font jaillir l'or noir. Puis plus on creuse profond, plus le jaillissement s'intensifie.

J'ajouterais que ce topic fait partie des "best topics ever"

Voilà !
+1 à tout ça.

Je rajouterais juste que, pour les références, je maintiens que Malick n'en fait pas parti.
Pour Kubrick, ça me saute aux yeux pour 2-3 rapprochements thématiques au début, et surtout pour la dernière partie (la composition des cadres surtout).
Kane, hormis la narration étalée sur 30ans et le pero qui s'isole à la fin de sa vie, je vois pas trop de rapport.
Cimino c'est évident aussi.

En fait, PTA réalise avec TWBB son Heaven's Gate, son Sorcerer, son Apocalypse Now.
Alors on verra s'il marque autant que ces 3 chef-d'oeuvres (pour moi, c'est déjà banco), mais dans l'ampleur, dans l'ambition et dans la maîtrise technique et thématique, TWBB a les épaules pour tenir la comparaison.

Et oui, en effet, c'est purement subjectif le qualificatif de "film parfait" que je lui donne. On sait tous très bien qu'un film parfait ça n'existe pas (et là, la peluche volante musicienne de débouler...), mais selon ma sensibilité perso, je ne trouve rien à redire.
Alors je l'ai vu que 2 fois, en très peu de temps, on verra donc comment ça évolue (mais je suis ultra confiant), mais pour moi, c'est déjà un film qui aura marqué une étape dans mon parcours personnel.
John Keats
alors on va être d'accord sur les ambitions, je le disais dans mon précédent message le gars veut clairement faire un truc énorme, et je ne parle en aucun cas de "singer" les gars référencé, pas du tout ça, mais de s'inscrire dans leur lignée et tu ne peux pas y penser quand tu vois le film, Griffith, Malick ou Welles viennent tout de suite à l'esprit dès les premières images.
après là où je ne suis pas d'accord c'est sur le caractère déjà "éternel" du film, je ne suis pas aussi sur que toi qu'il survivra au temps, justement parcequ'il ne possède pas les qualités de ces prédécesseurs évoqués. il ne marque en rien son époque, il manque pour moi clairement quelque chose pour être de cette trempe là, trop border line pour être honnête, trop limite dans sa cohérence et sa narration pour totalement me convaincre, il y a des failles bien trop béantes dans le film.
mais oui ce sujet est très intéressant et la qualité des interventions à noter.
John Keats
CITATION(dmonteil @ 05 3 2008 - 09:37) *
CITATION(Evil Seb @ 05 3 2008 - 09:27) *
Au risque d'enfoncer des portes ouvertes, je pense que tout ça est vraiment subjectif. Perso Malick je trouve ca d'un ennui et d'une banalité désarmante...apres ouais y' a de belles images tout ce que vous voulez mais moi ca m'emmerde juste (pareil pour Scarface que j'ai revu hier et c'est juste plus possible pour moi).La ou je suis moins d'accord c'est sur la volonté affichée de PTA de singer qui que ce soit, je trouve justement et je lai déja dis que TWBB ne ressemble à aucun autre film, que j'ai vu en tout cas. Alors on site souvent Kubrick, Cimino ou Kane mais honnêtement je pense pas que TWBB entretienne beaucoup de similitude avec les films de ces gens la (sauf peut etre pour Cimino mais bon comme on est 4 pékin a l'adorer ca passe inapercu). Et j'ajouteais qu'une absence de climax n'est en aucun cas pénalisant pour le statut d'un film.

Là ou on peut éventuellement les mettre sur un même pied c'est au niveau des ambitions. PTA avait l'ambition avec ce film de marquer l'histoire du cinéma, ce qu'il a fait indéniablement, car TWBB est un film qui restera et dont on reparlera dans 20,30 ou 40ans, je mz fait aucun soucis la dessus. Le film est as si long que ca au final (2h38 de nos jours c'est a peine plus que n'importe quel blockbuster estival) même si d'une richesse thématique inouie qui le rends peut être difficile d'accès mais comme tous les grands film TWBB se bonifie a chaque vision et avec le temps. En fait pour terminer par une métaphore un peu facile-ou pas- TWBB c'est comme un puits de pétrole: la première vision permet de construire le derrick et les visions suivantes font jaillir l'or noir. Puis plus on creuse profond, plus le jaillissement s'intensifie.

J'ajouterais que ce topic fait partie des "best topics ever"

Voilà !
+1 à tout ça.

Je rajouterais juste que, pour les références, je maintiens que Malick n'en fait pas parti.
Pour Kubrick, ça me saute aux yeux pour 2-3 rapprochements thématiques au début, et surtout pour la dernière partie (la composition des cadres surtout).
Kane, hormis la narration étalée sur 30ans et le pero qui s'isole à la fin de sa vie, je vois pas trop de rapport.
Cimino c'est évident aussi.

En fait, PTA réalise avec TWBB son Heaven's Gate, son Sorcerer, son Apocalypse Now.
Alors on verra s'il marque autant que ces 3 chef-d'oeuvres (pour moi, c'est déjà banco), mais dans l'ampleur, dans l'ambition et dans la maîtrise technique et thématique, TWBB a les épaules pour tenir la comparaison.

Et oui, en effet, c'est purement subjectif le qualificatif de "film parfait" que je lui donne. On sait tous très bien qu'un film parfait ça n'existe pas (et là, la peluche volante musicienne de débouler...), mais selon ma sensibilité perso, je ne trouve rien à redire.
Alors je l'ai vu que 2 fois, en très peu de temps, on verra donc comment ça évolue (mais je suis ultra confiant), mais pour moi, c'est déjà un film qui aura marqué une étape dans mon parcours personnel.



tu as tout à fait raison, c'est très subjectif l'appellation film parfait et je vois ce que tu veux dire, et je comprends ton enthousiasme.
pour Kane il y a quand même des convergences fortes : le portrait d'un homme, d'un destin sur une grande période, comment une personnalité évolue, fait son chemin initiatique pour arriver tel bel ami sur le parvis de la madeleine. mais là où le bas blesse, pour moi evidemment et ce point est important je trouve, c'est que le personnage de DDL n'a pas la même finesse de traitement, Kane a un traumatisme originel, tout comme Plainview, mais on le creuse et l'explicite, et la figure de rosebud est le fameux moment clé dont je parlais plus haut, c'est je trouve, ce qui manque dans TWBB.
mais vous avez tous compris que je chipote pour continuer le débat, il est assez plaisant je dois dire!
dmonteil
Hormis le fait qu'on ne tombera jamais d'accord sur les "références" (Malick n'est jamais évoqué les gars !), je comprends ce que tu veux dire. Et évidemment qu'on ne le saura pas avant 30-40ans.
Mais Citizen Kane, à sa sortie, je suis pas sûr qu'il fut qualifié unanimement de chef-d'oeuvre éternel.
Kubrick pareil à la sortie des ses films.
Cimino et Coppola idem.

Griffith et Welles ont apporté quelque chose de nouveau au cinéma (dans la structure, dans la mise en scène), alors que PTA n'a pas pour but de révolutionner la façon de faire un film (au contraire, dans l'article de l'American Cinematographer, PTA évoque bien qu'il est plutot vieux jeu dans la conception d'un film, qu'il ne voit pas l'intérêt du digital par exemple).

Ce que je veux dire c'est que tu donnes l'impression que, dès leurs sorties, les films que tu cites étaient déjà des chef-d'oeuvre éternels. Ce qui est faux. Ils étaient acclamés, c'est sûr, mais qui pouvait savoir à l'avance leur impact ?
Pour TWBB c'est pareil. Il est acclamé mais on ne peut qu'imaginer son impact futur.

On verra bien.
dmonteil
CITATION(John Keats @ 05 3 2008 - 09:45) *
[mais là où le bas blesse, pour moi evidemment et ce point est important je trouve, c'est que le personnage de DDL n'a pas la même finesse de traitement, Kane a un traumatisme originel, tout comme Plainview, mais on le creuse et l'explicite, et la figure de rosebud est le fameux moment clé dont je parlais plus haut, c'est je trouve, ce qui manque dans TWBB.
mais vous avez tous compris que je chipote pour continuer le débat, il est assez plaisant je dois dire!


J'ai bien vu que c'est ce que tu reproches au film. Mais justement, moi c'est ce que je trouve génial: ne pas surexpliquer, ne pas tout souligner, laisser le spectateur imaginer le pourquoi.
La haine de l'autre, la misanthropie sauvage est présente dans chacun de nous, à des degrés divers. Chaque homme peut vivre des expériences qui l'amèneront à hair les gens. Chaque spectateur peut alors imaginer ce qui a amené Plainview à cet extrême.

Et puis, la haine est quelque chose de tellement gratuit et primaire qu'il n'y a pas vraiment à apporter d'explication je pense.
Evil Seb
En tout cas que le film "entre dans la grande histoire du cinéma" ou pas une chose est certaine pour moi, c'est quand je serais vieux, je serais fier de dire que "oui gamin moi a l'époque j'ai vu There Will Be Blood dans ce qu'on appelait encore un cinéma" comme mon père est fier de me repeter qu'il a vu le Bon, La Brute et le Truand en salle dés sa sortie.

dmonteil
CITATION(Evil Seb @ 05 3 2008 - 09:56) *
En tout cas que le film "entre dans la grande histoire du cinéma" ou pas une chose est certaine pour moi, c'est quand je serais vieux, je serais fier de dire que "oui gamin moi a l'époque j'ai vu There Will Be Blood dans ce qu'on appelait encore un cinéma" comme mon père est fier de me repeter qu'il a vu le Bon, La Brute et le Truand en salle dés sa sortie.


Un gros FUCK YEAH à ça !
John Keats
non ça c'est clair ce ne sont pas des classiques instantanés, Kane a eu du mal à s'imposer, à trouver son public, en effet ça doit être mis à l'épreuve du temps, en ça je te rejoins totalement. après on a quand même soixante dix ans de ciné en tête depuis CK, ce qui n'est pas rien.
après le reste est éminemment subjectif, l'implicite c'est cool, le non dit j'adore, mais dans certains cas ça peut être pris pour de la facilité voire une faiblesse, dur à dire, oui on verra tout ça plus tard.
Jesus Gris
SPOILERS

CITATION(John Keats @ 05 3 2008 - 08:32) *
quand on parle de citizen kane il y a une progression dramatique, une inventivité et une géniale avancée dramatique, et surtout un "rosebud", un climax! je ne vois pas du tout où on peut retrouver ça dans TWBB.
ensuite Malick, grande unité de ton et de narration chez lui, dans n'importe quel de ces films. ici on a un faux rythme assez décousu, encore une fois on peut justifier comme on veut a posteriori le début, certes très beau, mais il est en rupture selon moi avec la structure du métrage, et du coup fait un peu poseur, ça se regarde le nombril.
à vouloir jouer à Griffith on s'expose énormément, tout autant que pour les autres grandes références c'est extrèmement casse gueule, et ici parfois un peu limite, encore une fois je ne comprends pas le personnage de DDL, et j'en avais envie, cette misanthropie extrème étant hautement fascinante.


CITATION(John Keats @ 05 3 2008 - 10:13) *
l'implicite c'est cool, le non dit j'adore, mais dans certains cas ça peut être pris pour de la facilité voire une faiblesse, dur à dire, oui on verra tout ça plus tard.



Bon alors, tout d'abbord, j'ai bien exprimé mon point de vue quelques pages auparavant (c'était avant que le débat débute vraiment): j'ai été déçu par le film, et c'est pas un chef-d'oeuvre selon moi. Donc pas de dythirambe ou de poèmes à la gloire de PTA venant de ma part.
Par contre, je pense que c'est important de le redire: une deuxième vision s'impose, parceque non, ce film n'est pas poseur, ni faible scénaristiquement. Il est extrêment riche thématiquement et à la qualité (trop rare) de l'exposer de manière subtile, sans expliciter les éléments déclencheurs des changements chez les personnages mais en montrant tout ce qui peux avoir été à l'origine de telle ou telle chose. Les moments ou un truc n'est qu'évoqué sont rares (en gros l'enfance de Plainview, et c'est pas le plus important), mais il y a tellement d'indices dans le film qu'on peux très bien se faire une idée, notamment dans la relation qu'il entretient avec son "fils" et sa quête osessionnelle d'une famille (c'est tout con mais il aimait pas son père, il s'est cassé, à grandit seul, s'est construit seul, et tout en voulant arriver au sommet par lui-même, et en n'aspirant pas à devenir l'être le plus sociable du monde, il veut créer les liens de sang qu'il a perdu - quitte à reproduire le même schéma - ensuite on peux extrapoler, mais ça c'est plus ou moins clairement dit). Le plus important c'est ce qu'il se passe à l'écran. On est pas dans la logique d'un Citizen Kane ou il faut retrouver "le début", logique qui dans le film de Welles était appuyée par une narration en flash-back. Là on est dans une narration linéaire, on est dans le présent. Donc je me répète, mais vu la richesse et la subtilité du film, pour comprendre le personnage de Daniel Day-Lewis (au passage je ne suis pas d'accord, au delà de l'aspect patriarche à grosse moustache et homme de pouvoir misanthrope dans le final, sa prestation reste très éloignée de celle Gangs of N-Y, et tout aussi subtile que le reste du film - sauf le final ou, c'est vrai, on est à la limite du cabotinage), il faut voir le film une seconde fois, avoir en tête tous les événements qui rythment sa transformation, pour pouvoir délimiter plus facilement les rapports de cause à effet et ainsi de nouvelles thématiques.
Concernant le rythme, au delà des trucs subjectifs du genre: "c'est looooong", la proggression dramatique (présente et puissante) se fait à un rythme rapide. Les idées, les enjeux et les nouveaux thèmes apparaissent à chaque nouvelles scènes. Et il n'y a pas une séquence qui ne fait pas avancer le truc. La mise en scène de PTA prend son temps, certes, mais est adaptée amha.
Les 10 premières minutes ne sont en rien de la pose, en plus de ne pas nécessiter de dialogues, on est là dans l'idée d'une origine (le pétrole, le self-made man) tout comme d'un paradis (Daniel est seul, n'a pas besoin de parler, n'a pas besoin d'entretenir de vrais liens sociaux). Et on entre dans la "compréhension" du personnage, dans la parole, qu'à partir du moment ou il renonce à cette solitude, par le lien qu'il entretient avec son fils ("nous sommes une entreprise familliale") mais aussi par son discours devant une assemblée pour se vendre (terme employé volontairement puisque c'est là qu'il commence à renoncer à son intégrité et à ses vraies aspirations pour devenir un "commercial" et donc s'obliger à créer des liens sociaux artificiels). Cette séquence du début fonctionne aussi en mirroir avec la surdité du fils et les quelques instants passés dans son monde sans paroles avant l'éllipse. On pourrait même dire, quelquepart, que c'est la parole la principale responsable de sa métamorphose en sociopathe : il ne s'en sert pratiquement que dans une optique de manipution, de mensonge ou d'humilliation - la seule personne avec qui il entretient un lien pur, son fils, est celui avec qui il ne pourra plus communiquer par la parole (démontrant qu'il n'est plus apte à se faire comprendre autrement, alors que la relation passait avant, avant tout par des gestes simples, mais avec très peu de paroles)... et pour casser ce lien il l'oblige...à parler. La seule personne avec qui sa parole est sincère et entendue à partir de là, c'est quelqu'un qui lui ment et le manipule pour arriver à sa propre réussite.


CITATION(dmonteil @ 05 3 2008 - 09:37) *
En fait, PTA réalise avec TWBB son Heaven's Gate, son Sorcerer, son Apocalypse Now.
Alors on verra s'il marque autant que ces 3 chef-d'oeuvres (pour moi, c'est déjà banco), mais dans l'ampleur, dans l'ambition et dans la maîtrise technique et thématique, TWBB a les épaules pour tenir la comparaison.


Euh... Sorcerer? Nan, Zere Wouill Bi Bloud est tout sauf un film sensitif. Là pas d'accord.
Pour le reste, thématiquement je suis d'accord, moins esthétiquement pour les raisons que j'ai évoquées plus haut.

CITATION(dmonteil @ 05 3 2008 - 09:47) *
(au contraire, dans l'article de l'American Cinematographer, PTA évoque bien qu'il est plutot vieux jeu dans la conception d'un film, qu'il ne voit pas l'intérêt du digital par exemple).


Oh le con icon_mrgreen.gif

EDIT: Chapeau à Perséphone pour sa critique, je suis sur le cul (et dmonteil, c'est moi qui viens de me prendre une bonne honte là icon_mrgreen.gif).
John Keats
ok pas de soucis on a des points de désaccord sur le fond, mais tu argumentes bien ton propos pour défendre l'introduction et le rythme du film. par contre du coup, et par rapport au fait que tu dis avoir toi aussi des réserves sur le film, j'aimerais bien savoir qu'elles sont elles, parceque je trouve que c'est une belle adhésion, ce qui n'est pas du tout un problème le film est bon je le dis moi même, et je ne vois pas trop de critiques.
Willow Argento
*** Impression très agréable de n'avoir que très rarement consulté un topic aussi passionnant ***


L'article sur la technique et les effets spéciaux est très révélateur. J'aurais très mal imaginé de toutes façons une saleté et un aspect poisseux tel que le nécessitaient le film barbouillés à coups de pixels. Cette scène de l'incendie, mon Dieu mais quelle claque.
Ça me fait penser (je ne sais plus qui disait ça, désolée), à ce que l'on disait plus haut sur l'enfer situé sous la terre, et le paradis au ciel. Et là, coucou, qu'est-ce qui jaillit du sol ? Du feu. Et pas franchement purificateur pour le coup.

Bon, je reviendrai quand j'aurai des trucs plus intéressants à dire...
Jesus Gris
CITATION(John Keats @ 05 3 2008 - 11:16) *
ok pas de soucis on a des points de désaccord sur le fond, mais tu argumentes bien ton propos pour défendre l'introduction et le rythme du film. par contre du coup, et par rapport au fait que tu dis avoir toi aussi des réserves sur le film, j'aimerais bien savoir qu'elles sont elles, parceque je trouve que c'est une belle adhésion, ce qui n'est pas du tout un problème le film est bon je le dis moi même, et je ne vois pas trop de critiques.


Merci smile.gif
Je remet le passage dans ma critique ou j'abordais mes quelques gènes par rapport au film. C'était après seconde vision. Sinon tu peux trouver mes réactions déçues par rapport à la première vision dans les pages 2 et 3 (mes interventions sur la 4 sont encore plus dispensables).

CITATION(Jesus Gris @ 03 3 2008 - 23:34) *
Par contre je trouve qu'il foire légèrement sur ce qu'il avait parfaitement réussi dans Punch Drunk Love. Là où, grâce à sa seule réalisation, il parvenait à dégager une réélle tension du couple Sandler/Watson, dans cette constante dissymétrie entre les amants, ce déséquilibre qui finissait par devenir harmonie et équilibre une fois les deux réunis (la scène du baiser dans le hall d'hôtel est de ce point de vue exemplaire), le cinéaste se répète souvent ici dans la représentation de la quête de double du personnage de Plainview. En gros, les scènes de dialogues entre DD-L et son "frère" tournent autour de 2-3 très bonnes idées répetées sans cesse (symétrie des plans, non respect de la règles des 180') mais rarement sur un découpage vraiment élaboré qui permettrait de mettre en place une réélle ampleur dramaturgique. En soit ce sont des très belles scènes (surtout celle ou Plainview laisse apparaitre sa misanthropie en discutant avec son "frère") parceque très bien écrites, très bien jouées, très bien éclairées et cadrées, mais je trouve ça paresseux. Le point positif c'est que ça permet de décupler la puissance de la séquence de la plage, ou la situation se retourne totallement. On recommence sur les mêmes principes, puis d'un coup PTA nous met mal à l'aise en perturbant la symétrie et l'harmonie entre les deux "frères". Et le plan final de la scène, Daniel se levant et s'éloignant de son "double" qui lui est désormais inconnu, est ultra-significatif en plus d'être foudroyant de beauté. En un mot: génial. Après, je suis pas fan de la dernière confrontation entre les deux, je trouve lçà encore que PTA est paresseux (bonne idée de refaire la scène de confession de DD-L sur un plan vertical - donc avec domination - et en placant l'usurpateur sur un fond différent, mais ça en reste là, y a pas plus d'idées que ça). On pourra me dire que ça donne une sécheresse à la scène, et on aura pas forcément tort, mais n'empêche que ça aurait pû être plus puissant. C'est les seuls trucs que j'ai à reprocher au film (à peu près, y aussi quelques plans qui me gênent, mais je vais pas les citer un par un) et qui m'empêchent de le classer comme "LE putain de chef-d'oeuvre de la décennie digne de Cimino, Welles, Kubrik and co".

John Keats
ok merci de la précision.
dmonteil
CITATION(Jesus Gris @ 05 3 2008 - 11:05) *
Euh... Sorcerer? Nan, Zere Wouill Bi Bloud est tout sauf un film sensitif. Là pas d'accord.
Pour le reste, thématiquement je suis d'accord, moins esthétiquement pour les raisons que j'ai évoquées plus haut.

ATTENTION ! J'ai jamais dit que TWBB se rapprochait des Cimino/Friedkin/Coppola à tous les niveaux.
C'est juste que j'ai la sensation qu'avec son film, PTA réalise une oeuvre démesurée dans son ambition, qu'il devait avoir à peu près le même état d'esprit que les 3 cinéastes majeurs des 70s dans la conception de son film.
Après, c'est pas une fresque comme Heaven's Gate, c'est pas ultra-sensitif comme Sorcerer et c'est pas initiatique (pas à ce point là en tout cas) comme dans Apocalypse Now.
De même, je voulais dire qu'esthétiquement, le film est ultra maitrisé, comme les 3 cités plus haut. PTA à sa vision, contrôle son film et semble savoir ou il va de A à Z (ou quasiment).

CITATION(Jesus Gris @ 05 3 2008 - 11:05) *
EDIT: Chapeau à Perséphone pour sa critique, je suis sur le cul (et dmonteil, c'est moi qui viens de me prendre une bonne honte là icon_mrgreen.gif).

Ouais c'est clair qu'elle est très bien sa critique. Dommage qu'elle se soit arrêtée là...
Mais en fait j'ai l'impression que personne n'a a avoir honte sur ce topic.
Tout ce qui est dit est pertinent et permet d'avoir des points de vue différents.
C'est beau.
Misterpursoup
CITATION
Nan, Zere Wouill Bi Bloud est tout sauf un film sensitif. Là pas d'accord.

J'ai un peu du mal à comprendre cette remarque (oui je chipote sur une phrase alors que tu viens de nous écrire une excellente analyse).
Je n'ai pas vu Sorcerer donc je ne pourrais pas dire si la comparaison est justifiée ou pas, mais à mes yeux, There Will Be Blood ,en plus d'être d'une richesse thématique monumentale et de présenter de multiples pistes de compréhension, est quand même à mon avis une véritable expérience qui fait appel à plusieurs de nos sens, et qui se ressent intensément.
Que ce soit par exemple sur le travail sonore très développé qui est effectué et la puissance et la beauté des images.
Mais aussi d'un point de vue émotionnel, le film nous prend aux trippes et nous parle à nos sens plus qu'à notre cerveau, tout du moins au premier abord, comme dans la séquence d'une violence estomaquante ou Daniel martyrise Eli, ou dans sa tonalité horrifique, lorsqu'il propose des ambiances oppressantes, et des aspects terrifiants.
(bon j'arrive pas du tout à communiquer ce que j'ai pu ressentir en fait, si c'est pas une preuve ca ninja.gif )
D'ailleurs, en pensant à l'importance de l'aspect fantastique et même horrifique du film, si il y a bien un genre sensitif c'est le cinéma d'horreur.

There Will Be Blood me parait aussi sensitif que peut l'être le cinéma de Kubrick, et je pense particulièrement à 2001 là.
Ou alors j'ai rien compris à la définition d'un cinéma sensitif.

M'enfin je dois reconnaître que j'ai du mal à comprendre les personnes qu'on puisse envisager ce film uniquement d'un point de vue thématique.
(Après, n'ayant pas vu Sorcerer, ce dernier est peut-être tellement immense que la dimension sensitive de There Will Be Blood peut paraître minime à côté, je ne sais pas)
dmonteil
Perso, je suis comme toi. A la fin de TWBB, je suis complètement crevé. Et Sorcerer me fait le même effet, mais c'est plus fort, plus puissant, plus "émotionnel" en quelque sorte (pas facile d'expliquer une sensation comme celle là).
Donc le côté sensitif de TWBB n'est pas aussi prégnant que dans Sorcerer (qui est l'IMAGE MÊME du cinéma sensitif).
Mais bon, faut que tu le vois de toute façon, tu vas kiffer.

CITATION(Misterpursoup @ 05 3 2008 - 13:49) *
M'enfin je dois reconnaître que j'ai du mal à comprendre les personnes qu'on puisse envisager ce film uniquement d'un point de vue thématique.


Je rebondis la dessus parce que, effectivement, c'est pas parce qu'on se tire la nouille sur le film depuis une semaine que ce n'est QUE de la thématique.
There Will Be Blood, c'est un morceau de cinéma titanesque !
Voilà.
Perséphone
CITATION(Jesus Gris @ 05 3 2008 - 11:05) *
EDIT: Chapeau à Perséphone pour sa critique, je suis sur le cul (et dmonteil, c'est moi qui viens de me prendre une bonne honte là icon_mrgreen.gif).

CITATION(dmonteil @ 05 3 2008 - 12:55) *
Ouais c'est clair qu'elle est très bien sa critique. Dommage qu'elle se soit arrêtée là...
Mais en fait j'ai l'impression que personne n'a a avoir honte sur ce topic.
Tout ce qui est dit est pertinent et permet d'avoir des points de vue différents.
C'est beau.

blink.gif...blush.gif Euhh, merci beaucoup pour les commentaires, qui sont plutôt ce que je me dis quand je lis vos critiques à vrai dire. smile.gif
En tout cas, tout a fait d'accord avec vous sur la richesse des différents points de vue exposés sur ce film.Topic passionnant.
Pour répondre à dmonteil, mon post était un bout de critique, j'avais ensuite pris l'axe famille en me basant sur la même idéologie de la "Destinée Manifeste" pour l'analyser, mais vu les moults analyses très intéressantes que j'ai lu sur ce topic concernant le thème de la famille, j'ai enlevé la suite, beaucoup ont déjà brillamment posté sur ce thème.
Jesus Gris
CITATION(dmonteil @ 05 3 2008 - 12:55) *
ATTENTION ! J'ai jamais dit que TWBB se rapprochait des Cimino/Friedkin/Coppola à tous les niveaux.
C'est juste que j'ai la sensation qu'avec son film, PTA réalise une oeuvre démesurée dans son ambition, qu'il devait avoir à peu près le même état d'esprit que les 3 cinéastes majeurs des 70s dans la conception de son film.


Nan mais c'était juste pour dire que je voyais aucun rapport entre Sorcerer et There Will Be Blood en fait icon_mrgreen.gif

Et sinon, je persiste, je ne trouve pas que Paul Thomas Anderson soit arrivé à la perfection formelle des films que tu cites (bien que ça soit l'un des gros morceaux de mise en scène de ses dernières années). Mais ce n'est que mon avis icon_mrgreen.gif

CITATION(Misterpursoup @ 05 3 2008 - 13:49) *
CITATION
Nan, Zere Wouill Bi Bloud est tout sauf un film sensitif. Là pas d'accord.

J'ai un peu du mal à comprendre cette remarque (oui je chipote sur une phrase alors que tu viens de nous écrire une excellente analyse).
Je n'ai pas vu Sorcerer donc je ne pourrais pas dire si la comparaison est justifiée ou pas, mais à mes yeux, There Will Be Blood ,en plus d'être d'une richesse thématique monumentale et de présenter de multiples pistes de compréhension, est quand même à mon avis une véritable expérience qui fait appel à plusieurs de nos sens, et qui se ressent intensément.
Que ce soit par exemple sur le travail sonore très développé qui est effectué et la puissance et la beauté des images.
Mais aussi d'un point de vue émotionnel, le film nous prend aux trippes et nous parle à nos sens plus qu'à notre cerveau, tout du moins au premier abord, comme dans la séquence d'une violence estomaquante ou Daniel martyrise Eli, ou dans sa tonalité horrifique, lorsqu'il propose des ambiances oppressantes, et des aspects terrifiants.
(bon j'arrive pas du tout à communiquer ce que j'ai pu ressentir en fait, si c'est pas une preuve ca ninja.gif )
D'ailleurs, en pensant à l'importance de l'aspect fantastique et même horrifique du film, si il y a bien un genre sensitif c'est le cinéma d'horreur.

There Will Be Blood me parait aussi sensitif que peut l'être le cinéma de Kubrick, et je pense particulièrement à 2001 là.
Ou alors j'ai rien compris à la définition d'un cinéma sensitif.

M'enfin je dois reconnaître que j'ai du mal à comprendre les personnes qu'on puisse envisager ce film uniquement d'un point de vue thématique.
(Après, n'ayant pas vu Sorcerer, ce dernier est peut-être tellement immense que la dimension sensitive de There Will Be Blood peut paraître minime à côté, je ne sais pas)


Bon là je m'excuse, j'était préssé, j'ai pas réflechi à ce que je voulais dire et du coup c'était pas très clair. C'est pas que There Will Be Blood ne soit pas sensitif (je suis d'ailleurs d'accord avec tout ce que tu dis), et bien sûr qu'il ne s'agit pas que de thématiques (d'ailleurs j'ai pas mal parlé de la forme dans ma critique), mais c'est clairement pas un film comme Sorcerer, dont le projet artistique même est de faire du cinéma purement sensitif, autant d'un point de vue scénaristique (bien sûr avec Wallon Green à la barre, on se retrouve avec un film ultra riche en thématiques diverses, mais tout passe dans un pur trip action/suspense concis, dense et fulgurant) que formel (bon bin Friedkin à la réal explose le Spielberg du Soldat Ryan sur certains partis-pris, et égale le McT de Die Hard 3 en terme de tension et de caméra portée avec 20 ans d'avance). Donc voilà, quand on me cites Sorcerer, je pense immédiatement au sensitif comme type de cinéma, voir comme un genre, et j'ai du mal à inclure le film de Paul Thomas Anderson dedans (même si on est d'accord y a des passages, notamment dans la première heure, qui demandent un investissement au niveau des sens littéralement épuisant).

Bon, en tout cas, le truc le plus important dans tout ça, c'est: procure toi absolument (et rapidement icon_mrgreen.gif) Sorcerer, c'est LE film sensitif/viscéral/tellement tendu qu'il te fait arracher tes accoudoirs... et c'est un putain de chef-d'oeuvre!

Voilà icon_mrgreen.gif

CITATION(Perséphone @ 05 3 2008 - 14:36) *
Pour répondre à dmonteil, mon post était un bout de critique, j'avais ensuite pris l'axe famille en me basant sur la même idéologie de la "Destinée Manifeste" pour l'analyser, mais vu les moults analyses très intéressantes que j'ai lu sur ce topic concernant le thème de la famille, j'ai enlevé la suite, beaucoup ont déjà brillamment posté sur ce thème.


Je suis quand même carrément curieux de lire la suite là.
Enfin curieux c'est pas le terme... maintenant que t'en a parler, je veux lire la suite smile.gif
dmonteil
CITATION(Jesus Gris @ 05 3 2008 - 16:20) *
Et sinon, je persiste, je ne trouve pas que Paul Thomas Anderson soit arrivé à la perfection formelle des films que tu cites (bien que ça soit l'un des gros morceaux de mise en scène de ses dernières années). Mais ce n'est que mon avis icon_mrgreen.gif

Faut que ça mûrisse, mais si ça continue sur cette lancée, pour moi le PTA égalera ces trois chef-d'oeuvre (bon, le fait de l'avoir découvert au ciné joue beaucoup aussi...).

CITATION(Jesus Gris @ 05 3 2008 - 16:20) *
Bon, en tout cas, le truc le plus important dans tout ça, c'est: procure toi absolument (et rapidement icon_mrgreen.gif) Sorcerer, c'est LE film sensitif/viscéral/tellement tendu qu'il te fait arracher tes accoudoirs... et c'est un putain de chef-d'oeuvre!

Voilà icon_mrgreen.gif

Oui, voilà.

MAis en fait, quand j'y repense, TWBB et Sorcerer m'ont laissé dans le même état après vision, m'ont fiat vachement cogiter et m'ont hanté pendant un moment (le PTA continue encore évidemment, c'est tout chaud).
Sorcerer étant sans doute un de mes "10 films préférés" (expression bidon pour définir les films qui m'ont remué, qui ont changé ma vision du cinéma, qui ont jalonné mon parcours perso).
Le PTA va probablement vite en faire partie...

CITATION(Jesus Gris @ 05 3 2008 - 16:20) *
CITATION(Perséphone @ 05 3 2008 - 14:36) *
Pour répondre à dmonteil, mon post était un bout de critique, j'avais ensuite pris l'axe famille en me basant sur la même idéologie de la "Destinée Manifeste" pour l'analyser, mais vu les moults analyses très intéressantes que j'ai lu sur ce topic concernant le thème de la famille, j'ai enlevé la suite, beaucoup ont déjà brillamment posté sur ce thème.


Je suis quand même carrément curieux de lire la suite là.
Enfin curieux c'est pas le terme... maintenant que t'en a parler, je veux lire la suite smile.gif

Clair.
Je vois de quoi Perséphone veut parler par rapport au Manifest Destiny (l'idée de "We shall built a city upon a hill", qui est illustré texto dans le film, je suppose? entre autre bien sûr...), et j'aurais bien aimé lire ça.

Tu sais ce qui te reste à faire wink.gif
Jesus Gris
CITATION(dmonteil @ 05 3 2008 - 16:32) *
Faut que ça mûrisse, mais si ça continue sur cette lancée, pour moi le PTA égalera ces trois chef-d'oeuvre (bon, le fait de l'avoir découvert au ciné joue beaucoup aussi...).


icon_mrgreen.gif , eh bin moi Heaven's Gate et Apocalypse Now j'les ai (re)découvert sur grand écran gnihihi icon_twisted.gif (pas Sorcerer, mais c'est pitêtre mieux je serais mort d'une crise cardiaque).
Evil Seb
Bon je résume pasque j'ai la flemme de "quoter" tout le monde mais en gros pour le coté "sensitif" je suis absolument d'accord avec dmonteil et le fan de soupe. TWBB est le genre de film apres lequel il faut rester assis un moment et reprendre son souffle tant il joue a fond sur les presque cinq sens, le montage sonore et la partition de Greenwood sont a ce titre vraiment démentiel dans ce film, c'est un argument qu'on à pas assez évoqué a mon gout tant elle emprègne le film d'une étrangeté qui joue une sacrée part dans le cpté "a part" du film. La partition de Greenwood ma rappelé les score de 2001 et de Massace à la Tronçoneuse (pour les sons perçants et grinçant), deux films ho combien sensitifs. Bon pas besoin d'expliquer plus lobnguement l'efet du film sur la vue, on l'a tous compris. Mais a certains moment, PTA nous immerge tellement dans le coeur du puis que j'avais presque l'impression de sentir l'odeur de la poussière et du petrole et d'avoir les mains visqueuses comme plongée dans le fameux pétrole. C'st pour ça que je trouve que le film est sensitif, d'une manière peut être différente de Sorcerer certes, mais il est aussi tres réflexif, on a la preuce depuis une dizaines de pages où aucune intervention n'est a jeter.

Apres Heaven's Gate (EDIT: que moi aussi j'ai redecouvert sur l'Ecran Maousse du Max Linder huhu) reste pour moi le summum de la fresque "western" de par sa démesure et le mythe qui entoure le film mais je dois avouer que pour le moment TWBB se situe dans la même veine mais d'une manière plus intimiste, car TWBB est avant tout un drame familial plus qu'une fresque retraçant un changement d'époque, c'est qu'était lui le livre d'origine.

-Transition a rendre jaloux Nelson Monfort- j'en suis a la page 110 du bouqiuin (qui en fait plus de 600) et de plus en plus je perçois la grosse différence de traitement entre les deux oeuvre. PTA c'est clairement centré sur Plainview (A.J Ross dans l'histoire originale) en délaissant tout le coté communautaire/documentaire de la chose. Certains personnages sont bien plus developpé chez Sinclair, Paul notament qui est bien différent de celui qu'on connait via le film et qui est bien le frère d'Eli, pas de doute la dessus dans le livre. Au final le livre est vraiment un bon complément pour ceux qui veulent approfondir les thèmes dévellopés par PTA et se documenter sur l'époque.
dmonteil
CITATION(Evil Seb @ 05 3 2008 - 16:48) *
-Transition a rendre jaloux Nelson Monfort- j'en suis a la page 110 du bouqiuin (qui en fait plus de 600) et de plus en plus je perçois la grosse différence de traitement entre les deux oeuvre. PTA c'est clairement centré sur Plainview (A.J Ross dans l'histoire originale) en délaissant tout le coté communautaire/documentaire de la chose. Certains personnages sont bien plus developpé chez Sinclair, Paul notament qui est bien différent de celui qu'on connait via le film et qui est bien le frère d'Eli, pas de doute la dessus dans le livre. Au final le livre est vraiment un bon complément pour ceux qui veulent approfondir les thèmes dévellopés par PTA et se documenter sur l'époque.

Oui, je sens que je vais en faire l'acquisition vite fait de celui là.
Faut que je lise No Country avant, mais tu vends bien l'bouzin, et j'aime l'idée de la complémentarité.

Continue les topos réguliers, c'est sympa !
Sven
CITATION(Evil Seb @ 05 3 2008 - 16:48) *
Apres Heaven's Gate (EDIT: que moi aussi j'ai redecouvert sur l'Ecran Maousse du Max Linder huhu)


(Hén, moi aussi je l'ai vu au Max Linder, avec l'entracte au milieu et tout ! Magnifique séance)
John Keats
au max linder? je te hais tiens c'est dit (avec humour hein).
Rev3ngZ
Découvert hier...
Déjà envie de le revoir...

Sacré film.

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