Evil Seb
02 3 2008 - 21:02
Nan mais je pense que ce film apres 10 visions on découvrira encore pleins de choses...on à pas fini d'en parler.
Misterpursoup
02 3 2008 - 21:19
Ha ben les deux derniers posts transcrivent parfaitement ce que je pensais tout à l'heure.
Avec le film de Anderson et le No Country For Old Men, j'ai la réelle impression de voir en salle des films importants, qui marqueront l'histoire du cinéma.
Et il est certain que There Will Be Blood est un film d'une richesse fascinante, qui fera très certainement l'objet de multiples analyses.
(Et nous pourrons alors dire, dans 30ans quand nous serons cyberconnecté en permanence via des implants cérébraux: nous y étions, nous avons vu et commencé à a décortiquer ce monument sur ce qu'on appellait alors un forum de discussions)
(

)
ouaisbiensur
02 3 2008 - 21:30
CITATION(Misterpursoup @ 02 3 2008 - 21:19)

Ha ben les deux derniers posts transcrivent parfaitement ce que je pensais tout à l'heure.
Avec le film de Anderson et le No Country For Old Men, j'ai la réelle impression de voir en salle des films importants, qui marqueront l'histoire du cinéma.
Et il est certain que There Will Be Blood est un film d'une richesse fascinante, qui fera très certainement l'objet de multiples analyses.
(Et nous pourrons alors dire, dans 30ans quand nous serons cyberconnecté en permanence via des implants cérébraux: nous y étions, nous avons vu et commencé à a décortiquer ce monument sur ce qu'on appellait alors un forum de discussions)
(

)
En expliquant à nos petits-enfants ce qu'était le pétrole.
Jesus Gris
02 3 2008 - 21:35
CITATION(dmonteil @ 02 3 2008 - 20:58)

CITATION(Evil Seb @ 02 3 2008 - 20:50)

J'ai aimé aussi, du moins perso je l'ai perçu comme ça mais c'est ptetre juste mon délire a moi, le fait que le film soit une variation sur la sarifice d'Abraham. PTA remplace juste Dieu par le pétrole et va lui sacrifier son fils pour lui démontrer sa dévotion. Voila c'était mon interpétation général de la chose...Et plus encore je pense que le film est truffé de références bibliques de ce genre mais (Cain et Abel/Paul et Eli, les marchands du temple etc etc...) *
*(Merde je vais encore faire cogiter Dmonteil avec mes conneries^^)
Ah bah oui t'as gagné là !
Effectivement, le sacrifice sur l'autel du capitalisme (aka pétrole) c'est tellement là que je le voyais pas...
Mais oui, clair et net que le film est bardé de réf biblique. Et pas seulement par rapport au perso de Dano.
Mais il faudra juste des jours pour commencer à vraiment comprendre la complexité et la profondeur de cette oeuvre.
J'aime ce topic.

Eh oh là, pas touche aux réferences bibliques hein, si vous commencez à partir sur le territoire encore à peine défriché des Dieux Américains, des frères ennemis, des liens de sang mythologiques, j'aurais plus qu'à
pas poster ma critique (que je suis en train de travailler dessus) sur ce forum

Sinon, après 2ème vision, je suis d'accord pour dire que c'est un grand film, sans doute un film qui restera, mais c'est pas un putain de chef-d'oeuvre.
simidor
02 3 2008 - 22:05
CITATION(Willow Argento @ 02 3 2008 - 21:01)

CITATION(Evil Seb @ 02 3 2008 - 20:50)

.j'ai trouver ça vraiment incroyable mais en même temps j'ai l'impression d'être passé d'au moins la moitié de ce qui est dit et montré par PTA. La deuxième vision m'éclairera surement mais une chose est certaine c'est que ce film est dores et déja intemporel et ne fera que s'amélioré en vieillissant. J'ai penser a des oeuvres comme Il Etait Une Fois dans L'Ouest et Heaven's Gate, des classiques imparables et j'ai vraiment l'i
[...)
Un classique instantané quoi.
C'est exactement ça. Ce qui est grandiose avec ce film, c'est que l'on
sait qu'il restera dans les annales. C'est un sentiment extraordinaire de se retrouver devant un film et de se dire "Je le vois en salles, à sa sortie, et on parlera encore de ce film dans 50 ans..." Je crois que ça ne m'était pas arrivé depuis... disons La Communauté de l'anneau.
Hola peut-être pas tant que ça.

(mais pour No country for old men c'est vrai).
Je retourne le voir demain, on verra si la première vision se confirme.
dmonteil
02 3 2008 - 23:14
CITATION(Jesus Gris @ 02 3 2008 - 21:35)

Eh oh là, pas touche aux réferences bibliques hein, si vous commencez à partir sur le territoire encore à peine défriché des Dieux Américains,
Tu veux dire le pognon, le pétrole et les exorcismes à base de claques ?
CITATION(Jesus Gris @ 02 3 2008 - 21:35)

des frères ennemis, des liens de sang mythologiques,
Ah bah oui! Les frères, c'est partout.
Les liens du sang aussi.
M'enfin je ferme ma gueule, et je patiente.
Pressé de te lire moi...
CITATION(Jesus Gris @ 02 3 2008 - 21:35)

mais c'est pas un putain de chef-d'oeuvre.
C'est plus que ça ?
(viens pas me répondre "avec Olga (

), ouais, ç'aurait été plus que ça")
(Ou alors tu postes une photo d'elle vite fait, nue et barbouillée de pétrole).
(Faut que j'me couche moi...)
(Et que je me prenne une douche froide)
le truc des frères, c'est très Caïn & Abel.
entre autres.
Batman Begins
02 3 2008 - 23:59
CITATION(seward @ 02 3 2008 - 19:01)

bizarre, pour moi, il n'y a qu'un perso, pour Paul Dano, juste complètement schizo.
Anderson donne juste une piste concernant son personnage.
Y'a deux personnages distincts, mais j'ai l'impression que PTA a quand même donné quelques pistes concernant une possible schizophrénie, comme la scène où Eli attaque son père au diner (la réaction de ce dernier m'a paru un peu étrange) et surtout le fait qu'Eli, dans la dernière scène du film, serve trois verres d'alcool !
(sinon je voulais moi aussi féliciter dmonteil pour son texte, en particulier le passage sur le "frère" de Daniel Plainview)
je t'enverrais une photo dédicacé d'Olga machin pour te récompenser
Je suis pas un théologien, mais je viendrais pas coller plein de références "bibliques" la dedans même si évidemment la religion est bien présente. Plainview n'est pas un martyr ou un pénitent, il ne croit en rien (de religieux) et son dégout envers l'église est assez évident au long du film. Dans la scène du baptême, j'ai eu l'impression que ce qui le gênait, c'était de reconnaitre une autorité qui lui est supérieure ce qui est en contradiction avec la conviction qu'il s'est forgé: un self made man qui s'est fait tout seul (et finira tout seul) en travaillant très dur, sans aucun soutien (l'intro), en risquant sa vie.
C'est pas qu'il adore l'argent, mais le travail et le sacrifice en sueur qu'il représente. C'est assez parlant qu'il bute son "frère" juste après la séquence ou celui ci lui taxe des thunes, ou qu'a la fin il pousse Eli à "avouer" contre une promesse monétaire.
Quand à cette histoire de schizo, pour moi, ce que dit Plainview à la fin comme quoi Paul à monté sa propre société de forage semble écarter cette hypothése (ou alors ment il, comme il a peut être menti à son fils un peu plus tôt?). Je vois plus un parralélle entre Paul et le frère de Plainview qui est absent du film tout en étant là.
ouaisbiensur
03 3 2008 - 02:04
CITATION(LMD @ 03 3 2008 - 01:22)

Dans la scène du baptême, j'ai eu l'impression que ce qui le gênait, c'était de reconnaitre une autorité qui lui est supérieure ce qui est en contradiction avec la conviction qu'il s'est forgé: un self made man qui s'est fait tout seul (et finira tout seul) en travaillant très dur, sans aucun soutien (l'intro), en risquant sa vie.
SPOILER
Perso, j'avais vu le déroulement du baptême comme un parallèle direct avec la scène précédente de confession à son "frère" : face à un Plainview froidement lucide vis-à-vis de sa situation et donnant l'impression de pouvoir tout gérer (son exposé calme sur la façon dont il considère ses semblables), il faudra un élément déclencheur, l'évocation de sa famille pour le faire basculer dans la colère et la violence (il suffit que le frangin l'interroge pour que Daniel passe du mépris à une attitude de conquérant : Daniel n'aime pas les autres mais fera tout pour obtenir d'eux ce qu'il veut).
La différence dans la scène du baptême est qu'il parvient à contenir cette violence pour parvenir à ses fins : il est baptisé, coucou le pipeline. Exactement le genre de victoire à l'arrache que Plainview avait obtenu lors du premier dîner avec les Sunday, où l'accord se conclut avec un DDL en sueur au bord de l'explosion. C'est d'ailleurs révélateur de voir Eli se mettre directement en retrait un fois le baptême prononcé : il sait que même si Daniel doit s'acquitter de sa dette, il a encore gagné.
Une autre chose qui m'avait frappé était la ressemblance physique troublante entre le fils adoptif de Daniel et Eli, ce qui prend d'autant plus d'importance dans le dénouement. Le coup de l'élément déclencheur se répète : quand le fils vient annoncer son départ (tout comme étaient partis Paul Sunday et Daniel avant lui) pour faire sa vie, Daniel considère cela comme un échec, comme s'il avait foiré son éducation et bascule dans une spirale de violence d'abord morale (la répudiation ignoble du fils, désormais considéré comme un vulgaire concurrent) puis physique vis-à-vis d'Eli. Eli qui revient pile au moment où le fils s'en va, comme si la filiation se prolongeait. Daniel va aussi le répudier de manière encore plus violente : il va mettre Eli face à son propre échec (qui rappelle celui du frère de Daniel mort dans la misère après avoir lui aussi refusé de partir) avant de le tuer purement et simplement. La dernière réplique d'Eli n'en prend que d'autant plus de force (
We're brothers!) : on en revient toujours au conflit entre deux frères (Daniel et son frère décédé, Paul/Eli). Daniel n'a pas réussi à contenir sa violence, il a perdu, il est fini (chapeau au traducteur qui foire la réplique la plus importante du film). EDIT : ou pas.
Les scènes précédentes de confrontation père/fils (Eli qui se venge sur son père après avoir été battu par Eli, le fils adoptif frappant Daniel à son retour) y trouvent un achèvement. C'est d'ailleurs troublant de voir qu'une des seules actions non intéressées de Plainview est son intervention en faveur de la fille battue par son père.
Sinon un peu comme tout le monde l'impression d'avoir vu un grand film même si la plupart des clés et des thèmes m'échappent. Après un début énorme, ça se traîne un chouïa pendant la première heure mais à partir de l'incendie, les scènes sublimes se succèdent jusqu'au final qui laisse sur les rotules. Même si j'avais kiffé le Coen, ce TWBB dégage une puissance émotionnelle encore plus forte.
Pour résumer, un film généreux et sincère à voir entre potes pour une soirée pizza
dmonteil
03 3 2008 - 08:42
CITATION(Batman Begins @ 02 3 2008 - 23:59)

(sinon je voulais moi aussi féliciter dmonteil pour son texte, en particulier le passage sur le "frère" de Daniel Plainview)
je t'enverrais une photo dédicacé d'Olga machin pour te récompenser
Yeah!
Merci en tout cas.
CITATION(LMD @ 03 3 2008 - 01:22)

Quand à cette histoire de schizo, pour moi, ce que dit Plainview à la fin comme quoi Paul à monté sa propre société de forage semble écarter cette hypothése (ou alors ment il, comme il a peut être menti à son fils un peu plus tôt?).
Bah c'est possible en fait. Peut-être qu'il a compris très vite que c'était la même personne, et qu'il était un peu taré (la 1ère scène d'exorcisme enfonce bien le clou sur la "folie" d'Eli).
Et c'est vrai que c'est la scène d'humiliation entre Eli et son père qui m'ont fait douter.
Mais je pense pas que ce soit le cas.
Et puis j'ai cru lire que Dano devait jouer un seul des 2 frères, mais que l'autre acteur n'avait au final pas été gardé et donc PTA a décidé de faire jouer à Dano des jumeaux...
CITATION(ouaisbiensur @ 03 3 2008 - 02:04)

Daniel n'a pas réussi à contenir sa violence, il a perdu, il est fini (chapeau au traducteur qui foire la réplique la plus importante du film).
Excellent tout ce que tu dis.
Ya juste sur ton interprétation de cette réplique finale que je suis pas entièrement d'accord. Son "I'm finished" peut vouloir dire ça, effectivement, mais il peut aussi vouloir dire "j'en ai terminé", dans le sens ou sa misanthropie est maintenant complète, il n'a plus AUCUNE attache avec le monde extérieure. Après avoir renvoyé son fils comme un mal propre, il en fini avec son passé en éliminant sa némésis.
Parce qu'on a beau dire, mais Eli reste le personnage le plus proche, dans son attitude et dans sa mentalité, de Daniel. Le mec est un homme d'église, ok, mais perso, j'ai la sensation que PTA le représente comme il représente Daniel: un homme prêt à tout pour parvenir à ses fins (il suffit de voir le négociateur féroce qu'il est lorsque Plainview veut acquérir la terre des Sunday, ou lorsqu'il revient à la charge régulièrement pour demander son dû...).
C'est en ça, en fait, que j'ai l'impression que Plainview pourri tous les personnages avec qui il entre en contact.
Bon, pour Eli s'était pas compliqué. Mais pour le fils... Il décide de s'éloigner de son père, ce qui est une très bonne chose. Mais pour quoi ? Avoir une entreprise de pétrole. Le mec a juste pas compris quoi. Il a pas observé son père.
Alors oui, il est marié, il semble heureux avec sa femme, mais il y a quand même une certaine amertume dans cette conclusion (outre le fait que Daniel traite son fils de bâtard), dans le fait qu'il va reproduire le même schéma que son père. Lorsque Daniel prétend qu'il n'y a rien de lui dans son fils, j'ai presque la sensation que c'est une façon de se persuader qu'il n'a pas réussi à gangrener le seul être auquel il tienne...
Ou alors c'est juste devenu un être de sang froid (serpent ? réf biblique ? hum...pitètre pas quand même) qui se bat les couilles de TOUT...
Pff...je sais pas, c'est trop compliqué, c'est trop grand, trop vaste.
Mais putain qu'est-ce que c'est bien...
CITATION(ouaisbiensur @ 03 3 2008 - 02:04)

Pour résumer, un film généreux et sincère à voir entre potes pour une soirée pizza

Yeah ! Soirée Grindhouse style avec TWBB et John Rambo !
CITATION
Daniel n'a pas réussi à contenir sa violence, il a perdu, il est fini (chapeau au traducteur qui foire la réplique la plus importante du film).
Comme ce n'est pas la première fois que je le lis
Et comment vous l'auriez traduit pour en garder le double sens originel? La traduction fait le choix de coller au sens "premier degré" (et au plus près de ce qui est dit), pour ne pas marteler un truc censé être subtil. Ce sont les turpitudes de la traduction, on y perd toujours quelque chose...
ouaisbiensur
03 3 2008 - 09:12
CITATION(dmonteil @ 03 3 2008 - 08:42)

Ya juste sur ton interprétation de cette réplique finale que je suis pas entièrement d'accord. Son "I'm finished" peut vouloir dire ça, effectivement, mais il peut aussi vouloir dire "j'en ai terminé", dans le sens ou sa misanthropie est maintenant complète, il n'a plus AUCUNE attache avec le monde extérieure. Après avoir renvoyé son fils comme un mal propre, il en fini avec son passé en éliminant sa némésis.
J'avais pas pensé au double sens, donc ouais finalement ça se défend aussi en fait.
jason13thh
03 3 2008 - 10:03
L'ai vu avec ma chérie dans une salle pleine, ça m'est arrivé qu'une fois je pense, voir un film dans une salle pleine comme un oeuf.
Pas mal du tout ce drame, très bien écrit et pensé, des personnages monolitiques et impressionants (les prèches de Eli, Daniel D. Lewis plein de charisme et au regard glacial et pleins de haine) L'histoire d'un homme (voir deux en fait, Eli) qui est près à tout pour réussir comme pétrolier et qui déteste tout le monde et qui veux gagner assez d'argent: "pour qu'on me laisse tranquille"
Les décors sont bien rendus, le désert filmé magnifiquement ainsi que tout le processus d'extraction du pétrole. Il y'a une vrai évolution dans l'histoire, c'est 2h40 mais pas de vide et de contemplation à la Mallick, c'est un métrage rempli de sens, de fureur et d'avidité.
Tout tout bon.
CITATION(ouaisbiensur @ 03 3 2008 - 09:12)

CITATION(dmonteil @ 03 3 2008 - 08:42)

Ya juste sur ton interprétation de cette réplique finale que je suis pas entièrement d'accord. Son "I'm finished" peut vouloir dire ça, effectivement, mais il peut aussi vouloir dire "j'en ai terminé", dans le sens ou sa misanthropie est maintenant complète, il n'a plus AUCUNE attache avec le monde extérieure. Après avoir renvoyé son fils comme un mal propre, il en fini avec son passé en éliminant sa némésis.
J'avais pas pensé au double sens, donc ouais finalement ça se défend aussi en fait.
Bah indéniablement, la réplique française est moins intéressante (mais je vois pas trop ce que le traducteur aurait pu mettre d'autres) un peu comme dans le cas de
"I failed you", mais ça reste assez compréhensible dans le sens "je baisse le rideau (du film)" avec la façon de le dire de l'acteur.
Comme BB, je me demande si la première photo sortie (avec un Plainview vieux façon Burns) faisait bien parti du film. Il y a des perspectives intéressantes dans cette idée (un début "à la Citizen Kane" avec un film en flashback? Une histoire qui s'étirait sur une période de temps encore plus longue, la fin actuelle n'étant donc pas forcément celle prévue avant de boucler le film?).
Sinon Evil Seb parle de Cimino et il y a en effet un peu de ça -si il faut absolument chercher un point de référence, c'est la meilleure proposition que j'ai lu- mais par contre malgré l'ampleur du film je ne parlerais pas de fresque. PTA ne cède pas aux grandes envolées ("l'abandon" du fils se termine presque "prématurement"), et tout est évidemment auto-centré sur Plainview, comme dans les scènes de réunions ou de discussions ou la caméra reste rivée sur lui et ou le contrechamp n'existe pas.
Willow Argento
03 3 2008 - 10:35
Je voudrais rappeler que "I'm finished" signifie bel et bien "j'ai fini". Seul le sontexte très particulier de cette scène fait se dégager un double sens forcément très porteur... et forcément intraduisible.
Ne tapez pas sur le pauvre traducteur
dmonteil
03 3 2008 - 10:37
CITATION(LMD @ 03 3 2008 - 10:28)

Bah indéniablement, la réplique française est moins intéressante (mais je vois pas trop ce que le traducteur aurait pu mettre d'autres) un peu comme dans le cas de "I failed you", mais ça reste assez compréhensible dans le sens "je baisse le rideau (du film)" avec la façon de le dire de l'acteur.
Tutafé.
Et pour la trad, c'est évident que c'était impossible de bien faire passer le sens de cette ultime réplique. A la limite, le seul moyen ç'aurait été de faire "J'ai / je suis fini". Mais v'la le procédé à 2 balles.
Et je me demande, en VF, ils ont traduit comment ? PArce que ceux qui l'ont vu en VOST et qui ont 2-3 notions d'anglais encore, ça va, mais sinon...
CITATION(LMD @ 03 3 2008 - 10:28)

Comme BB, je me demande si la première photo sortie (avec un Plainview vieux façon Burns) faisait bien parti du film. Il y a des perspectives intéressantes dans cette idée (un début "à la Citizen Kane" avec un film en flashback? Une histoire qui s'étirait sur une période de temps encore plus longue, la fin actuelle n'étant donc pas forcément celle prévue avant de boucler le film?).
J'ai beau la regarder dans tous les sens cette photo, j'arrive pas à reconnaitre Day Lewis DU TOUT. Même dans les traits de sa machoire par exemple...Perplexe je suis.
Sinon en l'état, je trouve le film parfait, donc voilà...
CITATION(LMD @ 03 3 2008 - 10:28)

Sinon Evil Seb parle de Cimino et il y a en effet un peu de ça -si il faut absolument chercher un point de référence, c'est la meilleure proposition que j'ai lu- mais par contre malgré l'ampleur du film je ne parlerais pas de fresque. PTA ne cède pas aux grandes envolées ("l'abandon" du fils se termine presque "prématurement"), et tout est évidemment auto-centré sur Plainview, comme dans les scènes de réunions ou de discussions ou la caméra reste rivée sur lui et ou le contrechamp n'existe pas.
En effet, je pense pas qu'on puisse attrivuer le qualificatif de fresque non plus. On n'est pas dans Heaven's Gate. On n'est pas dans Gangs of N-Y ni Once Upon a Time in America /the West. C'est trop l'histoire d'un homme et de ce qui gravite autour de lui pour ça.
Et comme tu dis la façon de filmer Plainview est suffisamment claire. Même quand il est pas seul dans le cadre (son fils, son frère, Eli...), il le domine, il le monopolise.
Evil Seb
03 3 2008 - 10:52
Pus qu'un fresque, le film adapte plus la position du bipopic fictif tant Plainview est au centre de tous ce qui se passe, il est l'initiateur de chaque scène même si tout commence sous l'impulsion de Paul c'est vraiment lui qui mets la machine en branle en venant trouver Plainview. Ce détail m'intrigue assez en fait...Paul c'est un peu le fils prodigue. Je me demande s'il va voir Plainview plus pour l'argent ou pour faire chiser Eli et/ou sa famille. Perso vu la réaction d'Eli quand il parle de ça a son père je penche pour l'hypothèse familiale, comme s'il avait un compte a régler avec son frangin qui semble le détester viscéralement.
Apres plus que des référecnes vraiment religieuses en rapport avec la foi tout ça, j'y vois plus des references bibliques en rapport avec toute cette mythologie etc etc...on peut aussi y voir un parallèle avec les American Gods tout ça mais bon je suis loin d'êre expert en la matière donc bon j'ai pas les competences pour creuser plus loin dans cette voie. Par contre j'ai grave envie de lire le bouquin pour voir si je peux pas y trouver d'autres indices que PTA aurait pas garder. C'est vraiment un film sur lequel j'arrete pas de cogiter et sur lequel j'ai envie de tout savoir.
CITATION(Jesus Gris @ 02 3 2008 - 21:35)

Sinon, après 2ème vision, je suis d'accord pour dire que c'est un grand film, sans doute un film qui restera, mais c'est pas un putain de chef-d'oeuvre.
Non c'est LE putain de chef d'oeuvre

Sinon tout petit HS : c'est qui Olga? (j'accepte les réponses en mp pour pas polluer cet excellent topic^^)
dmonteil
03 3 2008 - 10:57
CITATION(Evil Seb @ 03 3 2008 - 10:52)

Pus qu'un fresque, le film adapte plus la position du bipopic fictif tant Plainview est au centre de tous ce qui se passe, il est l'initiateur de chaque scène même si tout commence sous l'impulsion de Paul c'est vraiment lui qui mets la machine en branle en venant trouver Plainview. Ce détail m'intrigue assez en fait...Paul c'est un peu le fils prodigue. Je me demande s'il va voir Plainview plus pour l'argent ou pour faire chiser Eli et/ou sa famille. Perso vu la réaction d'Eli quand il parle de ça a son père je penche pour l'hypothèse familiale, comme s'il avait un compte a régler avec son frangin qui semble le détester viscéralement.
C'est vrai.
(constructif, je suis).
CITATION(Evil Seb @ 03 3 2008 - 10:52)

Sinon tout petit HS : c'est qui Olga? (j'accepte les réponses en mp pour pas polluer cet excellent topic^^)
Va voir
là
Bah si il y a un dieu dans le film, c'est le pétrole. Plainview baptise son fils avec, le pétrole apporte l'eau, le pain, l'éducation. On le recherche comme un dément et même à la fin Plainview balance qu'Eli n'est pas "l'élu" (qui à révélé l'existence en premier). Le pétrole donne et reprend, il est plus fort que Dieu, etc...
C'est la que le titre français était assez bien choisi, "Le Sang de la Terre". Il y a une illustration de l'importance de l'or noir à tous les niveaux qui en regard de notre époque (ou on soupçonne les Etats Unis de faire des guerres pour le pétrole, ou le prix du baril augmente, ou le pétrole est effectivement devenu le sang de notre économie et de notre société) essaye d'aller plus loin que la simple "utilité" du liquide -déjà capitale et énorme en soi-.
ouaisbiensur
03 3 2008 - 11:25
CITATION(LMD @ 03 3 2008 - 11:11)

C'est la que le titre français était assez bien choisi, "Le Sang de la Terre". Il y a une illustration de l'importance de l'or noir à tous les niveaux qui en regard de notre époque (ou on soupçonne les Etats Unis de faire des guerres pour le pétrole, ou le prix du baril augmente, ou le pétrole est effectivement devenu le sang de notre économie et de notre société) essaye d'aller plus loin que la simple "utilité" du liquide -déjà capitale et énorme en soi-.
Une scène mortelle qui montre bien l'évolution en cours est le travelling qui suit la voiture de Plainview le long des rails, comme si les chemins de fer avec leurs trains à vapeur se voyaient supplantés par le pétrole.
Pas un hasard non plus si le départ du fils adoptif se fait en train et que son retour est seulement montré par son arrivée en voiture avec le pipeline au premier plan.
jason13thh
03 3 2008 - 11:31
Vous allez rire mais le première fois en voyant la BA me suis dis: "chouette Tom Selleck joue au cinéma :-) "
Il lui ressemble beaucoup je trouve.
Sinon d'un point de vue technique j'ai beaucoup aimé le travelling qui suit la voiture dans laquelle roule Plainview et H.W puis qui revient de face.
Y'a pas que ça évidemment mais bon je suis pas du genre à tout décortiquer non plus.
jason13thh
03 3 2008 - 11:32
Excellentttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttt
tt !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Je jure au grand dieu que j'ai posté ça avant de lire ouaisbiensur :-)))))))) c'est fou je trouve...dément même
Sinon, est ce que quelqu'un à parlé de la scène de l'incendie, la deuxième, où H.W. essaye de cramer son oncle?
Quel sens y donner? Cela semble indiquer une "rivalité" (ou le fameux "esprit de compétition" des Plainview?) mais comme pas mal de choses dans le film, ca arrive comme une note discordante (c'est l'acte le plus fort de l'enfant durant le film, autrement il est assez discret ce qui est normal vu son age) et ça ouvre des portes sans chercher à fermer l'histoire.
EDIT: goldfrapp et pirate parlait du trou, celui d'on sort Plainview, de son obsession pour les trous de pétrole, etc... TWBB c'est un peu "L'Origine du Monde (Moderne)", en effet...
ouaisbiensur
03 3 2008 - 13:03
CITATION(LMD @ 03 3 2008 - 12:48)

EDIT: goldfrapp et pirate parlait du trou, celui d'on sort Plainview, de son obsession pour les trous de pétrole, etc... TWBB c'est un peu "L'Origine du Monde (Moderne)", en effet...
La dernière confrontation se passe d'ailleurs
au sous-sol.
Pour l'incendie, je sais pas trop, peut-être pour souligner que la seule communication possible entre les deux passe par le conflit.
ouaisbiensur
03 3 2008 - 13:14
Un autre truc : est-ce que l'on voit au moins une fois la fameuse église dans son ensemble ? On la voit de l'intérieur (pour les prêches et le mariage) et en contre-plongée furtive très rapprochée mais je pense jamais dans sa totalité.
Ce qui ferait que le seul ouvrage humain qui pointe vers le ciel soit le derrick. Et là, hop tour de Babel avec les problèmes de communication qui en découlent (la surdité du fils).
dmonteil
03 3 2008 - 13:15
Oui, je sais pas trop quel sens donner à cette scène.
Jalousie ? (vu que le frère acapare le père au moment le plus difficile pour H.W.).
Ou bien, comme on le voit prendre le carnet de voyage, l'a-t-il lu et compris ce qui se tramait ? A-t-il compris que cet homme n'est pas le frère espéré ?
Et donc on pourra voir l'incendie comme une tentative de feu purificateur ?
Je sais vraiment pas.
dmonteil
03 3 2008 - 13:15
CITATION(ouaisbiensur @ 03 3 2008 - 13:14)

Un autre truc : est-ce que l'on voit au moins une fois la fameuse église dans son ensemble ? On la voit de l'intérieur (pour les prêches et le mariage) et en contre-plongée furtive très rapprochée mais je pense jamais dans sa totalité.
Ce qui ferait que le seul ouvrage humain qui pointe vers le ciel soit le derrick. Et là, hop tour de Babel avec les problèmes de communication qui en découlent (la surdité du fils).
Tu viens de me provoquer un rire nerveux...
Faudrait 2 vies pour faire le tour de ce putain de film...
John Keats
03 3 2008 - 13:23
en effet pas facile du tout de faire une critique de ce film, parceque quelque part il est presque trop facile d'adhérer sans nuances. et pourtant moi j'en vois quand même quelques unes de limites.
tout d'abord la musique, contrairement à beaucoup ici la partition de Greenwood m'a profondémment gonflé, ces notes stridentes qui reviennent et notamment inaugurent le film m'ont franchement horripilée, parceque un peu gratuite et sans justification dramatique. on est ni dans le suspense ni dans l'horreur alors à quoi jouer dans le psychose, shining, du pauvre?!
deuzio Day Lewis. je le trouve bien moins parfait que la plupart des participants à ce sujet. son jeu est tout de même extrèmement limite tout du long, le cabotinage outrancier n'est pas bien loin malgré certaines scènes très réussies (il exprime tellement bien sa haine de l'humanité que ça coupe le souffle parfois). je suis d'accord avec une critique lue par ailleurs, et désolé de faire dans la comparaison (je sais pas toujours constructive), mais Javier Bardem est bien touchant par sa sobriété dans le Coen, que DDL dans ce film. et c'est un comble tellement j'aime cet acteur, mais là on retrouve un peu trop des "tics" d'acteur rébarbatifs : les mêmes ficelles sur utilisées dans Gangs of NY, qu'on ne retrouvaient pas trop dans les grands films du monsieur (my beautiful laundrette, age of innocence etc).
j'avais été bluffé par la scène silencieuse qui commence le film, mais plus j'y pense et plus je me demande quel est son intérêt dans la cohérence narrative quand on la prend dans la globalité du long métrage. par la suite c'est infiniment plus verbeux et du coup on se demande si ça n'est pas juste un effet de style un peu trop appuyé.
donc moi si je devais mettre une note je mettrais un 5/6, pour toutes les raisons notées ça n'atteint pas le 6, et je trouve qu'on a un peu trop vite montée aux nues le film qui veut trop bien faire parfois.
dmonteil
03 3 2008 - 13:29
CITATION(John Keats @ 03 3 2008 - 13:23)

j'avais été bluffé par la scène silencieuse qui commence le film, mais plus j'y pense et plus je me demande quel est son intérêt dans la cohérence narrative quand on la prend dans la globalité du long métrage. par la suite c'est infiniment plus verbeux et du coup on se demande si ça n'est pas juste un effet de style un peu trop appuyé.
Peut-être dans le sens ou, dans ces 10 premières minutes, on sent que le perso de Day Lewis est chez lui. Il est bien. Personne pour l'emmerder, seul dans son trou (justement). Illustration parfaite de la solitude qu'il recherche et qu'il finira par avoir pour de bon (à quel prix ?).
Et puis bon, self-made man, représentation des foreurs de fin de siècle, violence latente...
Je dirais pas que tout le film se retrouve dans cette intro (ce serait faux et trop simpliste), mais en tout cas ça renferme la plupart des clés de compréhensions du perso.
Et puis visuellement, comment ça bute !
ouaisbiensur
03 3 2008 - 13:47
CITATION(LMD @ 03 3 2008 - 12:48)

Sinon, est ce que quelqu'un à parlé de la scène de l'incendie, la deuxième, où H.W. essaye de cramer son oncle?
Quel sens y donner? Cela semble indiquer une "rivalité" (ou le fameux "esprit de compétition" des Plainview?) mais comme pas mal de choses dans le film, ca arrive comme une note discordante (c'est l'acte le plus fort de l'enfant durant le film, autrement il est assez discret ce qui est normal vu son age) et ça ouvre des portes sans chercher à fermer l'histoire.
Pour l'incendie toujours, ce qui m'avait frappé c'était ce qui suivait immédiatement quand Daniel poursuit le fils et le rattrape derrière un buisson, comme pour détourner la légende du buisson ardent (où Dieu se serait révélé à Moïse). Ici, le buisson est éteint, la révélation divine n'aura jamais lieu, Dieu n'a pas sa place dans le monde de Daniel qui ramène son fils au "foyer".
John Keats
03 3 2008 - 14:17
CITATION(dmonteil @ 03 3 2008 - 13:29)

CITATION(John Keats @ 03 3 2008 - 13:23)

j'avais été bluffé par la scène silencieuse qui commence le film, mais plus j'y pense et plus je me demande quel est son intérêt dans la cohérence narrative quand on la prend dans la globalité du long métrage. par la suite c'est infiniment plus verbeux et du coup on se demande si ça n'est pas juste un effet de style un peu trop appuyé.
Peut-être dans le sens ou, dans ces 10 premières minutes, on sent que le perso de Day Lewis est chez lui. Il est bien. Personne pour l'emmerder, seul dans son trou (justement). Illustration parfaite de la solitude qu'il recherche et qu'il finira par avoir pour de bon (à quel prix ?).
Et puis bon, self-made man, représentation des foreurs de fin de siècle, violence latente...
Je dirais pas que tout le film se retrouve dans cette intro (ce serait faux et trop simpliste), mais en tout cas ça renferme la plupart des clés de compréhensions du perso.
Et puis visuellement, comment ça bute !
oui très joli visuellement et ce type de scène si on rentre dedans ça pète tout en effet, et je le répète ce fut ma première réaction. scotché, littéralement. mais on en vient presque à se demander si ça n'est pas au final un peu poseur, une composante du ciné auteur, le sans paroles, qu'il fallait à tout prix recaser. pas sur que ça corresponde bien à la dynamique du film. d'autant plus que tu dis qu'il est bien, dans son monde, mais c'est surtout un moment de souffrance indicible, cf la chute, l'effort que ça lui demande pour survivre à cette épreuve.
j'aurais aimé qu'on m''explique, me montre un peu plus la génèse de cette misanthropie, son origine, même à mot couvert, et là je ne trouve pas trop d'indices patents. le personnage est un peu trop aride dans sa présentation, même pour un "ours" comme lui il y a forcemment un traumatisme inaugural, et j'aurais aimé qu'on me le présente.
ceci ne sont que d'humbles bémols bien sur!
Le début du film est essentiel, c'est vraiment la raison d'être du perso: le travail, la réussite, le gout de la solitude, l'absence de communication. Mais il faut dire que je trouve pas le film spécialement verbeux (par contre si on accroche pas au score dissonant, ça doit être en effet assez pénalisant).
EDIT: Après ca ne donne pas la clé de la misanthropie ou du perso, mais si tu ne vois pas ça, tu ne peux pas prendre la pleine mesure de ce qui suit (c'est parce que il en a chié des boulons qu'il tient tant à son intéret et le fruit de son labeur). De plus le début ca représente un peu, malgré la souffrance et la mort, un peu ce à quoi Plainview regrette pendant tout le film (une fois qu'il est gavé de blé, il vit comme un clodo dans sa baraque de milliardaire) et c'est finalement assez logique que son idéal soit un monde sans paroles.
D'ailleurs, après la mort d'un de ses ouvriers, on vient le chercher et il dort par terre (comme à la fin), ce qu'on pourrait attribuer à sa descente d'alcool mais qui laisse à penser (dans mon cas) qu'il dort par terre par choix (comme au début ou il attends les papiers de sa concession couché avec sa jambe pété), bref qu'au fond il ne reste que ce gus qui travaille comme un dément dans des conditions précaires.
Pour DDL je le trouve plus sobre que dans GoNY justement (et ça tient aussi à ce qu'on lui fait jouer). Moi j'ai beaucoup aimé sa prestation malgré un ou deux passages "jeu de sourcils", mais la frontière entre intensité, jeu expressif et cabotinage est très mince.
Cela dit comme toi (John Keats), le fait que le film soit assez difficile à appréhender n'est pas forcément synonyme de chef d'œuvre: c'est en général bon signe et c'est plutôt agréable de sortir du cinéma sans savoir que penser du film, mais peut être il vieillira mal. Ca demandera surement une seconde vision (à la sortie du DVD) pour une bonne appréciation. Il est possible que certains choix passent moins bien à une deuxiéme vision. Notamment le fait que le film soit aussi collé à son personnage pour refléter sa misanthropie/egoisme, qui donnent un film vraiment étrange: le perso du fréer ne vit pas à l'écran en dehors de ses interactions avec Plainview, on ne voit que furtivement l'assistance à laquelle il s'adresse et comme le note assez justement ouaisbiensur on ne voit que très peu de batiments et autres infrastructures (l'irrigation, l'école et le pain promis, on ne les verra jamais, ce qui ne veut pas dire qu'il n'existe pas ...), bref le monde n'existe qu'a proximité du perso de DDL dont la vision est plus qu'aride. Tout à fait possible que ça paraissent chiant à la deuxiéme vision.
Pour le moment je le considère juste comme un film que j'ai pris plaisir à voir, qui proposait quelque chose de neuf (de mon point de vue), difficile à appréhender mais assez gratifiant du coup car il laisse beaucoup de latitude au spectateur et ne lui dicte pas une conclusion toute simple.
John Keats
03 3 2008 - 14:28
assez d'accord avec tout ça, peut pas surrenchérir du coup! bravo LMD!
Batman Begins
03 3 2008 - 15:26
Concernant la première photo du topic, j'ai fait quelques recherches et la réponse est sur
IMDBDJDprout :
CITATION
In the summer of '06, during filming, a photographer snapped an onset photo of a person they believed to be Daniel Day-Lewis, albeit with a great deal of physical alterations. The photo appeared used on various film websites and in magazines as an example of how drastically Day-Lewis had changed himself for the role. Upon viewing the film and applying common sense, it turns out, this person was NOT, in fact, Daniel Day-Lewis; it was instead actor Vince Froio, who portrayed Plainview's "closest associate" at the end of the film.
Sinon concernant les dates ou se déroule le film...
Il s'ouvre en 1898, année ou sur Wikipédia on trouve la mention suivante:
La Standard Oil contrôle le réseau national de pipe-lines et raffine 83,7% de la production de pétrole dont elle assure un bon tiers. (La Standard Oil avant été fondé par Rockefeller et d'autres associés). La Standard Oil est resté célèbre pour ses méthodes douteuses et ses confrontations avec les lois anti-trusts (1890). La Standard Oil avait semble t'il passé des accords avec les transporteurs pour baisser ses tarifs (en nuisant à la compétition), chose dont il est fait mention dans le film.
C'est aussi l'année ou les Etats Unis annexent Hawaii, se lancent en guerre contre l'Espagne suite à des tensions diplomatiques autour d'incidents à Cuba (prise de Porto Rico et des Phillipines à la clé, si je ne m'abuse)... Ce ne sont pas les premières guerres menés par les Etats-Unis, mais elle imposent le pays comme une puissance mondiale, ce sont aussi peut être les premiers conflits "industriels" du pays.
Accessoirement, des syndicats se forment cette année là, des manifestations ouvrières sont interdites à New York...
Le film s'achève vraisemblablement en 1929 (Eli fait référence à une grave crise financière, il n'y en a pas eu en 1927, date annoncé pour le mariage).
C'était juste pour l'angle "film sur le capitalisme/les USA"...
simidor
03 3 2008 - 21:07
CITATION(dmonteil @ 03 3 2008 - 13:15)

Oui, je sais pas trop quel sens donner à cette scène.
Jalousie ? (vu que le frère acapare le père au moment le plus difficile pour H.W.).
Ou bien, comme on le voit prendre le carnet de voyage, l'a-t-il lu et compris ce qui se tramait ? A-t-il compris que cet homme n'est pas le frère espéré ?
Et donc on pourra voir l'incendie comme une tentative de feu purificateur ?
Je sais vraiment pas.
J'opte pour la deuxième interprétation (surtout qu'on voit ensuite qu'il note des choses plutôt intimes dans ce carnet).
Sinon pour répondre à LMD (que je remercie pour ces petites infos) je viens de le revoir et le repli sur le personnage et son monde ne sont vraiment pas gênants, au contraire, on cerne mieux Plainview et c'est donc plus facile de le suivre à travers le film. Et puis c'est ce rapport qu'il a à ces personnages qui renforce les idées de Plainview, les voir dans d'autres situations et sous un angle moins subjectif pourrait paralyser cette compréhension du personnage. Après bien sûr, c'est une question de point de vue, le perso peut rebuter totalement et on aurait besoin d'avoir un élément pour s'identifier, mais c'est pas mon cas.
(Et puis c'était encore meilleure la deuxième fois, je vais finir par rejoindre le camp des super enthousiastes).
dmonteil
03 3 2008 - 23:20
CITATION(simidor @ 03 3 2008 - 21:07)

c'était encore meilleure la deuxième fois,
Bon ça va, j'y retourne demain.
Jesus Gris
03 3 2008 - 23:34
Putain de bordel de merde!!! Mon disque dur vient de se cracher et je viens de perdre un texte de 5 pages qui exposait (assez laborieusement) ma vision du film. Je lâche l'affaire là, trop la flemme de le réécrire.
SPOILER
Mais tout ça pour dire que je vois le film à la fois comme un bouleversant portrait d'un personnage hors-normes et (mais c'est lié) comme un récit quasi-mythologique des origines de l'Amérique. On assiste véritablement à un affrontement des valeurs qui ont fondés la nation, comme pour montrer le côté contradictoire, dissymétrique, voir auto-destructeur du système qu'ont imposé les Plainview et les Sunday. Famille, réussite, religion. Dans leur dimension la plus individualiste possible. Le tout prenant ses racines dans le sang de cette terre: le Pétrole érigé en véritable Dieu. Tandis que la religion elle même ne sert plus qu'à la création de self-made men se donnant en spectacle et usant de mensonges constants pour parvenir à la réussite. Des doubles de Daniel Plainview en somme (ou est-ce l'inverse? les rapports entre les personnages plus ou moins métaphoriques que sont Daniel et Elie sont bien plus complexes que ça, les deux se "contaminant" tour à tour au fur et mesure que le récit avance). La dimension métaphorique, quasi - fantastique du scénario (au passage l'un des plus monstrueux que j'ai pu voir de ces 10 dernières années), usant, à l'intérieur d'une construction subtile et puissante, de nombreux jeux de miroirs et de doubles négatifs, signifie parfaitement les contradictions de ces valeurs. Et par la même de cette quête de perfection, d'harmonie. Quête impossible à atteindre pour Plainview dès lors que le lien fusionnel entre la réussite personnelle et la famille est rompu. Des frères ennemis, un homme élevé au rang de Dieu ("Je suis la Troisième Révélation!") en quête de double (qu'il achèvera de créer en répudiant son fils) qui crée et défait des liens de sangs aussi "faux" que sincères. Un conflict famillial qui finira dans le sang. Après Punch Drunk Love, Paul Thomas Anderson traite à nouveau de symétrie et de dissymétrie.
Et la manière dont il appuie par sa mise en scène la dimension "mythologique" (je ne suis pas très à l'aise avec ce terme dans le cas présent, mais je vois que ça pour exprimer ce que je veux dire) est juste bluffante. Là où son précedent coup de maître était parvenu à créer un univers filmique atypique, à mi-chemin entre la comédie romantique douce-amère chère à Wilder, l’impressionnisme cinématographique et le pur cinéma de genre, PTA donne encore une fois vie à un espace-temps filmique autre, à mi-chemin entre le réalsime et le symbolisme fantastique, à la croisée des genres : imageries tantôt westernienne (construction mythologique de l'Amérique), horrifique (obscurantisme et croyances moyen-âgeuses, toute puissance et cruauté des "Dieux", fulgurance de la violence), industrielle (fascination quasiment nihiliste envers les machines qui puisent le sang de la terre), etc.
Par contre je trouve qu'il foire légèrement sur ce qu'il avait parfaitement réussi dans Punch Drunk Love. Là où, grâce à sa seule réalisation, il parvenait à dégager une réélle tension du couple Sandler/Watson, dans cette constante dissymétrie entre les amants, ce déséquilibre qui finissait par devenir harmonie et équilibre une fois les deux réunis (la scène du baiser dans le hall d'hôtel est de ce point de vue exemplaire), le cinéaste se répète souvent ici dans la représentation de la quête de double du personnage de Plainview. En gros, les scènes de dialogues entre DD-L et son "frère" tournent autour de 2-3 très bonnes idées répetées sans cesse (symétrie des plans, non respect de la règles des 180') mais rarement sur un découpage vraiment élaboré qui permettrait de mettre en place une réélle ampleur dramaturgique. En soit ce sont des très belles scènes (surtout celle ou Plainview laisse apparaitre sa misanthropie en discutant avec son "frère") parceque très bien écrites, très bien jouées, très bien éclairées et cadrées, mais je trouve ça paresseux. Le point positif c'est que ça permet de décupler la puissance de la séquence de la plage, ou la situation se retourne totallement. On recommence sur les mêmes principes, puis d'un coup PTA nous met mal à l'aise en perturbant la symétrie et l'harmonie entre les deux "frères". Et le plan final de la scène, Daniel se levant et s'éloignant de son "double" qui lui est désormais inconnu, est ultra-significatif en plus d'être foudroyant de beauté. En un mot: génial. Après, je suis pas fan de la dernière confrontation entre les deux, je trouve lçà encore que PTA est paresseux (bonne idée de refaire la scène de confession de DD-L sur un plan vertical - donc avec domination - et en placant l'usurpateur sur un fond différent, mais ça en reste là, y a pas plus d'idées que ça). On pourra me dire que ça donne une sécheresse à la scène, et on aura pas forcément tort, mais n'empêche que ça aurait pû être plus puissant. C'est les seuls trucs que j'ai à reprocher au film (à peu près, y aussi quelques plans qui me gênent, mais je vais pas les citer un par un) et qui m'empêchent de le classer comme "LE putain de chef-d'oeuvre de la décennie digne de Cimino, Welles, Kubrik and co". Mais ça reste un très grand film et un des regard les plus passionnants de ses dernières années (avec No Country for old men) posés sur l'Amérique amha. Bref, 5,89047895447895/6.
Voilà.
Scusez pour les fautes, les erreurs, les conneries écrites. Scusez aussi si c'est pas clair, embrouillé ou tout ce que vous voulez. Mais j'avoue j'ai la flemme de faire un truc plus élaboré ou même de chercher à me faire comprendre mieux après avoir perdu mon texte là. De toutes façons tout ça, ça a déjà été dit à peu près dans les pages précedentes (et en mieux).
EDIT: Et oui c'est encore mieux à la deuxième vision.
ouaisbiensur
03 3 2008 - 23:41
C'est con pour ton pavé, ça s'annonçait pas mal

.
Nono MATTEI
03 3 2008 - 23:54
CITATION(Jesus Gris @ 03 3 2008 - 23:34)

En soit ce sont des très belles scènes (surtout celle ou Plainview laisse apparaitre sa misanthropie en discutant avec son "frère") parceque très bien écrites, très bien jouées, très bien éclairées et cadrées, mais je trouve ça paresseux.
Oui enfin vu ce que tu viens de dire, ya paresseux et paresseux. Je qualifie la réal de Sweeney Todd de paresseuse, parce que ce gros branleur qu'est devenu Burton ne s'est pas posé le quart de questions en réalisant son film par rapport aux plans que tu cites. Je dis pas que je suis pas d'accord, hein... Elle est bien ta critique!
Donc je viens de voir la bête, et franchement, ce fut magnifique. Pas la peine que je m'éternise, z'en avez 'achement bien parler avant. Mention spéciale
aux 10 premières minutes, muettes.5,5/6
Jesus Gris
04 3 2008 - 00:02
CITATION(Nono MATTEI @ 03 3 2008 - 23:54)

Oui enfin vu ce que tu viens de dire, ya paresseux et paresseux. Je qualifie la réal de Sweeney Todd de paresseuse, parce que ce gros branleur qu'est devenu Burton ne s'est pas posé le quart de questions en réalisant son film par rapport aux plans que tu cites.
Oui je dis pas le contraire (je me demande encore comment j'ai pû trouver des qualités à la mise en scène de Burton sur Sweeney Todd en fait), c'est relatif. Mais justement, ça intervient au bout d'une heure juste parfaite formellement parlant, et donc ça me choque un peu. Je trouve ça dommage. Après j'ai juste dit que c'était paresseux, pas que c'était mal mis en scène.
CITATION(ouaisbiensur)
C'est con pour ton pavé, ça s'annonçait pas mal .
Ca m'apprendras à garder une seule version de ce sur quoi je bosse sur un disque dur externe

(je trouve ça limite drôle en y repensant)
Nono MATTEI
04 3 2008 - 00:27
D'ailleurs, j'vais pitêtre dire une big connerie, mais je trouve certaine similitude entre Sweeney Todd et There Will Be Blood: film en costume (ça c'était facile); héros sombre qui sacrifie tout à sa cause et en particulier ses proches; crescendo de la folie; perso principal symbolisant une société pourrissante; dimension mythologique et ambiance horrifique.
Seulement, là où PTA nous le fait ressentir, Burton nous le dit ("je fais des tourtes trop pas bonnes")...
OK, j'arrête avec Sweeney Todd promis.
Pour les question sur les frères jumeaux/schizophrénie d'Eli, d'après IMDB :
"In an interview on the National Public Radio program "Fresh Air with Terry Gross," Paul Dano told Gross that he had originally been cast in the much smaller role of Paul Sunday, Eli's brother, and another actor had been cast as Eli. However, after Dano had already started filming his one scene as Paul Sunday, Paul Thomas Anderson decided to replace the actor playing Eli. Anderson then asked Dano to play Eli Sunday (a much bigger role) as well as Paul Sunday, and they decided to change the film to make the brothers identical twins. Anderson asked Dano to play Eli on a Thursday, and filming for the role began four days later, on the next Monday. Daniel Day-Lewis, by contrast, had a whole year to prepare to play Daniel Plainview."
Sinon j'ai vu le film, qui oscille pour moi entre de bons et beaux moments et d'autres fades, où l'envie de savoir combien de temps de métrage il restait me démangeait. Je n'ai pas ressenti grand-chose en le voyant (à part la beauté de certaines images) et suis donc resté relativement hermétique au charme et aux messages (?) du film.
Je vais relire quelques pages en arrière pour picorer des idées intéressantes (déjà je n'avais effectivement pas fait gaffe qu'Eli remplit 3 verres et je me demande bien ce que ça signifie...) de madnautes qui sont rentrés dedans et ont vraiment beaucoup aimé le film.
dmonteil
04 3 2008 - 09:40
CITATION(Jesus Gris @ 03 3 2008 - 23:34)

Scusez pour les fautes, les erreurs, les conneries écrites. Scusez aussi si c'est pas clair, embrouillé ou tout ce que vous voulez. Mais j'avoue j'ai la flemme de faire un truc plus élaboré ou même de chercher à me faire comprendre mieux après avoir perdu mon texte là. De toutes façons tout ça, ça a déjà été dit à peu près dans les pages précedentes (et en mieux).
Tu déconnes, en l'état il est excellent ton texte !
Fait chier pour ton pavé...
Sinon, par rapport aux passages "paresseux" selon toi, je pourrais pas trop tous les évoquer car je les ai pas bien en tête.
Par contre, en ce qui concerne la scène de "confession" ou Day Lewis explicite ouvertement sa haine de l'humanité, je pense pas qu'il faille le voir comme de la paresse. Je comprends que tu le ressentes comme ça (vu les morceau de mise en scène qui ont précédé), mais je pense que PTA a dû préférer axer le tout d'abord sur le jeu de Day Lewis (et sur l'éclairage qui souligne le tout, avec ce mélange de rouge des enfers et de ténèbres...c'pas mal clair toussa). C'est sans doute le moment le plus glaçant du métrage, le plus froid et le plus tétanisant (en tout cas, c'est le moment qui chamboule tout), et poser ça, à froid justement, sans mise en scène très élaborée, ça renforce cette impression.
Enfin je pense.
Pour les autres, je pense qu'il utilise surtout le perso du frère comme contrebalancement. Lewis n'est plus seul dans le cadre (même s'il le domine toujours).
Et c'est aussi possible qu'il ait choisi cette "paresse", afin de renforcer toute la partie qui suit cet "entracte"; qu'il ait choisi de faire des scènes avec le frère des moments calmes, presque superficiels (visuellement j'entends, et pas pour toutes les scènes non plus). Mais qu'on ressente plus ou moins que "ah tiens, cette partie c'est pas un tour de force mise-en-scénique".
Je sais pas si je suis clair...
'Fin bref, il déchire ton texte.
CITATION(Jesus Gris @ 03 3 2008 - 23:34)

EDIT: Et oui c'est encore mieux à la deuxième vision.
Oui bah ça va, j'ai dit que j'y retourne, c'est bon !
Je l'ai vu hier soir, dans une salle comble (effet oscar je suppose), et le film a eu le temps de ruminer dans ma tête toute la nuit.
J'ai été fasciné tout le long du métrage, malgré l'austérité la mise en scène est toujours passionnante. Pourtant j'ai deux ou trois bémols qui tempèrent mon enthousiasme (je crois que j'en attendais trop).
La première partie nickel, gros travail sonore, pas étonnant de la part du mec qui a fait Punch-Drunk Love, des images magnifiques, une ambiances fantastique voire métaphysique. On sent vraiment que Plainview s'attaque directement à la terre elle-même. Et quand le flot de pétrole sort, on ressent (avec le son notamment) que c'est un truc énorme et incontrôlable (ou presque).
Par contre, à partir de l'arrivée du frêre, j'ai été perdu, la narration part dans une direction assez imprevisible et oublie pendant une bonne 1/2 heure les autres personnages. Ca m'a assez perturbé, puisque je m'attendait à un affrontement plus important entre Plainview et Eli. D'autant que dans cette partie j'ai eu du mal à comprendre pourquoi HW met le feu à la baraque et ce qu'il a vu dans le bouquin alors que pour moi il ne sait pas lire.
Autre bémol d'ailleurs, c'est le fait de passer du point de vue de HW, notamment lors de son accident. Pourquoi, alors qu'on est quand même fixé sur Daniel tout le long du film, on se retrouve à ne plus entendre de sons comme lui et à partager sa vision sur son père. C'est sûrement un détail d'ordre pratique mais j'ai trouvé ça étrange.
Cela dit malgré ces bémols, le film murît plutôt bien dans ma tête et grâce à ce topic, j'ai quelques points obscurs qui s'éclaircissent. La remarque de Contagion qui parle de Zola m'a parut assez juste, j'ai aussi pensé aux Moissons du Ciel de Malick. Grand moment qui mérite une seconde vision.
dmonteil
04 3 2008 - 10:17
CITATION(Sven @ 04 3 2008 - 10:10)

D'autant que dans cette partie j'ai eu du mal à comprendre pourquoi HW met le feu à la baraque et ce qu'il a vu dans le bouquin alors que pour moi il ne sait pas lire.
On en parle un peu plus haut je crois.
Par contre je pense qu'il sait lire. Plainview, là ou il passe, fait construire des écoles car l'éducation est capitale pour lui. Le besoin de transmettre aux générations futures est (prétendumment) une des ses priorités. Je ne pense pas que le gamin soit illetré. Sincèrement.
CITATION(Sven @ 04 3 2008 - 10:10)

Autre bémol d'ailleurs, c'est le fait de passer du point de vue de HW, notamment lors de son accident. Pourquoi, alors qu'on est quand même fixé sur Daniel tout le long du film, on se retrouve à ne plus entendre de sons comme lui et à partager sa vision sur son père. C'est sûrement un détail d'ordre pratique mais j'ai trouvé ça étrange.
Ah oui j'en avais pas parlé mais j'ai trouvé ça très fort de la part de PTA: en gros, j'ai la sensation que le fait d'adopter le point de vue de H.W. au moment de l'accident, permet d'adopter le point de vue de la solitude. Donc en gros, la solitude du père se retranscrit sur le fils (qui entre dans son monde, mais pas volontairement par contre), qui se reflète du coup sur nous.
J'avais trouvé ça fort...
Willow Argento
04 3 2008 - 10:34
C'est vrai, c'est une scène étrange. Mais est-ce qu'on ne pourrait pas y voir la jalousie d'un môme qui a peur que son père s'éloigne de lui parce qu'il ne peuvent plus communiquer, et qui voit cet étranger débarquer jusque dans leur chambre avec des velléités familiales (que HW ait compris ou non cette histoire de famille d'ailleurs, ça n'est pas la question).
Ça n'explique pas le choix de PTA de changer de point de vue soudainement, mais ça reste dans la logique du montage de la scène précédente qui faisait alterner le déploiement de la misanthropie de Plainview avec le visage de l'enfant. En gros, si il n'aime personne qui est HW ? Car ce-dernier finalement n'existe que parce que Plainview lui a donné un statut social ET affectif en l'adoptant. L'acte de HW, qui commence à ressentir un certain détachement de la part de son père, est un acte d'affirmation violent (mais il n'a jamais rien connu d'autre) de son existence. "Je suis ton fils, c'est moi qui dois rester ton partenaire privilégié."
Il faut remarquer aussi qu'il déclenche l'incendie en enflammant du pétrole, ce qui est loin d'être anodin vu ce qui lui est arrivé...
Jesus Gris
04 3 2008 - 10:35
Thanks

(ton texte aussi était très bien, je le redis)
SPOILER
En fait j'ai pas bien fait de parler de la séquence de "confession", parceque même si je suis partagé, je la trouve plutôt géniale en fait (mais faudra que je confirme à la 3ème vision). Et puis elle est plus complexe qu'il y parait. J'aime beaucoup la manière dont PTA se sert dans le montage du fond noir et des mouvements et positions des comédiens (face, profil, 3/4) et de leurs regards, pour bien montrer les idées qu'ils partagent et celles sur lesquelles ils sont en désaccord, les liens qui sous-tendent la relation, en rendant plus ou moins symétriques les plans. Et puis y a ce passage, qui conclue la scène il me semble, ou le "frère" (de profil) lève sa main et se met à boire, et est accompagné, dans le même plan, dans la seconde, par un mouvement identique de la main de Daniel, hors mise au point et quasiment hors-cadre. Subtil mais efficace (l'une des raisons pour lesquelles j'adore le film c'est justement qu'il stimule la réflexion du spectateur en étant toujours subtil, sans appuyer tout lourdement, on nous prend pas pour des cons quoi). On est vraiment dans l'idée de doubles, donc de perfection et d'harmonie, alors que ce qui se dit dans la scène est glaçant. Elle me fait même penser au monologue de Marlon Brando dans Apocalypse Now en fait, toutes proportions gardées.
Mais le problèmes c'est que dans les scènes qui suivent, on ne sort pas vraiment de ces quelques idées franchement bonnes posées par cette scène, et je trouve pour le coup que la scène de meurtre est faible à côté: pareil, y a 2-3 très bonnes idées, mais il se dégage pas de tension, et je trouve qu'elle fait pâle figure à côté des deux scènes précedentes (la plage et le bar (?)). Alors si je peux entendre que les scènes ou les deux frères sont en harmonie soient volontairement moins élaborées pour faire ressortir la suite, là j'ai un peu de mal, vu que justement, c'est un des passages forts et décisifs du récit, l'un des 3 trucs principaux (avec son humilliation à l'église et la gifle de son fils) qui vont pousser Plainview au bout de sa misanthropie, qui vont lui faire perdre toute intégrité, toute confiance envers le genre humain (même envers sa propre famille), et le faire sombrer dans l'alcoolisme (et je trouve que dans le genre "je laisse mes comédiens faire la scène" le passage de l'église qui vient juste après est beaucoup plus puissant).
Voilà, c'est tout
CITATION(dmonteil @ 04 3 2008 - 10:17)

CITATION(Sven @ 04 3 2008 - 10:10)

Autre bémol d'ailleurs, c'est le fait de passer du point de vue de HW, notamment lors de son accident. Pourquoi, alors qu'on est quand même fixé sur Daniel tout le long du film, on se retrouve à ne plus entendre de sons comme lui et à partager sa vision sur son père. C'est sûrement un détail d'ordre pratique mais j'ai trouvé ça étrange.
Ah oui j'en avais pas parlé mais j'ai trouvé ça très fort de la part de PTA: en gros, j'ai la sensation que le fait d'adopter le point de vue de H.W. au moment de l'accident, permet d'adopter le point de vue de la solitude. Donc en gros, la solitude du père se retranscrit sur le fils (qui entre dans son monde, mais pas volontairement par contre), qui se reflète du coup sur nous.
J'avais trouvé ça fort...
Sur le coup je l'ai plutôt senti comme un effet facile et déjà vu, style
Soldat Ryan ou
Copland . En même temps je pense que ça accentue le dilemme de Plainview entre son prendre soin de son fils et sa fascination pour le pétrole.
Pour en revenir sur le bouquin, peut-être que HW sait lire et l'a lu (même si la caméra ne s'attarde jamais sur les mots). Mais en même temps, peut-être que j'ai mal compris, mais pour moi le bouquin appartenait
au vrai frêre et ne donnait pas d'indice particulier sur
l'arnaque de Henry. Du coup, je vois plutôt le geste de HW comme de la jalousie, d'autant que Daniel se sert d'Henry comme associé comme il s'est servi de son fils auparavant. Il a maintenant besoin de quelqu'un à son image et non un "petit-lui" comme au début. (D'ailleurs l'arrivé de Henry marche très bien et m'a désarçonné : il descend du train de dos et le prend pour Daniel, et le prend d'après on suit Daniel qui voit Henry de loin avec la même silhouette. Effet de dédoublement réussi !)
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