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LMD
Il était temps que la Soul ait enfin son sujet, voila qui est désormais chose faite, quelques mois après la mort du hardest working man in show-business.

Et pour ouvrir les hostilités, nous allons nous pencher sur un artiste majeur mais quelque peu oublié (surement car il est actif plus tard que les grandes voix): je fais confiance à d'autres personnes pour venir nous parler en détails des monstres sacrés. Comme le sous-titre du sujet vous l'a peut-être indiqué, il va être question en premier lieu de Gil
Scott Heron dont je suis loin d'être un spécialiste, mais on va faire de notre mieux...




Né en 1949, Gil Scott à une histoire pour le moins atypique: fils du footballeur jamaïcain Gil Heron qui est passé sous le maillot des Celtics de Glasgow -dont il fut le premier joueur noir-, il voit le jour à Chicago avant de vivre dans le Tennessee puis dans le Bronx. Doué pour le maniement de la langue anglaise il est transferé dans une école prestigieuse en Pennsylvanie avant de revenir à NY pôur ses 19 ans avec un roman (The Vulture) sous le bras qui est publié en 70, il embraye très vite vers la chanson même si il est aussi un prolifique auteur de poésie. Les titres s'enchainent et le succés vient peu à peu à la fin des seventies et Heron devient un critique pour le moins vocal de Reagan, ce qui n'est que la suite logique de son activisme en général, comme nous allons le voir par après avec ses chansons. Il devient soudainement moins prolifique et ce probablement à cause de la drogue, ce qui pousse son label (Arista) à le lacher en 1985... depuis un album en 84, GSH ne sortira qu'un seul autre CD en 1994, allant jusqu'a faire la voix off dans les pubs Tango pour payer les factures. Malgré tout il est resté très actif sur scéne, mais sa dépendance l'y a poursuivi et l'a même rattrapé il y a quelques années, GSH étant forcé de rentrer en désintox sur ordre de la court. Un destin d'autant plus pathétique qu'il en minimise réguliérement la gravité en public, alors même que ses chansons étaient de puissant hymnes moralistes destinés à la population noire...

Well, the first thing I want to say is…”Mandate my ass!”
Because it seems as though we’ve been convinced that 26% of the registered voters, not even 26% of the American people, but 26% of the registered voters form a mandate – or a landslide. 21% voted for Skippy and 3, 4% voted for somebody else who might have been running.

But, oh yeah, I remember. In this year that we have now declared the year from Shogun to Reagan, I remember what I said about Reagan…meant it. Acted like an actor…Hollyweird. Acted like a liberal. Acted like General Franco when he acted like governor of California, then he acted like a republican. Then he acted like somebody was going to vote for him for president. And now we act like 26% of the registered voters is actually a mandate. We’re all actors in this I suppose.

What has happened is that in the last 20 years, America has changed from a producer to a consumer. And all consumers know that when the producer names the tune…the consumer has got to dance. That’s the way it is. We used to be a producer – very inflexible at that, and now we are consumers and, finding it difficult to understand. Natural resources and minerals will change your world. The Arabs used to be in the 3rd World. They have bought the 2nd World and put a firm down payment on the 1st one. Controlling your resources will control your world. This country has been surprised by the way the world looks now. They don’t know if they want to be Matt Dillon or Bob Dylan. They don’t know if they want to be diplomats or continue the same policy - of nuclear nightmare diplomacy. John Foster Dulles ain’t nothing but the name of an airport now.

"B Movie"


Sa chanson la plus célébre est désormais The Revolution will not be Televised, dont le titre résume toute la signification:

You will not be able to stay home, brother.
You will not be able to plug in, turn on and cop out.
You will not be able to lose yourself on skag and skip,
Skip out for beer during commercials,
Because the revolution will not be televised.


Comme déjà expliqué, GSH est un auteur à conscience politique, et il aborde quasiment tous les sujets qu'on est en train d'attendre de lui, que ce soit l'alcoolisme dans les ghettos (The Bottle), la drogue (Angel Dust), les dangers de l'énergie nucléaire (We almost Lost Detroit), la vacuité du monde du spectacle (Show Bizness une chanson qui aurait pu servir dans le film de Jean Yanne), l'Apartheid (Johannesburg), du racisme (The Klan), les promesses politiques (A Train from Washington)... Autant de chansons puissantes, il faut bien le dire, ou GSH exploite au mieux ses talents de poéte, qui lui permette de parler de choses plus abstraites et de composer quelques ballades.


It stands out on a highway
like a Creature from another time.
It inspires the babies' questions,
"What's that?"
For their mothers as they ride.
But no one stopped to think about the babies
or how they would survive,
and we almost lost Detroit
this time.
How would we ever get over
loosing our minds?
Just thirty miles from Detroit
stands a giant power station.
It ticks each night as the city sleeps
seconds from annihilation.

"We Almost Lost Detroit"


Car GSH ce n'est pas qu'un poing levé, c'est aussi un formidable chanteur capable d'insuffler la joie ou la détresse dans des chansons qui traverse l'enceinte pour venir frapper au coeur. L'une de ses plus grandes chansons est probablement Lady Day and John Coltrane, hommage aux deux génies, probablement plus euphorisante que n'importe quel boisson sur-vitaminé. GSH nous conte ainsi son amour pour New York, son existence de bourlingueur (Hello Sunday, Hello Road), l'excitation dans un hyppodrome francais (suite à une invitation dans un festival à Marseille semble t'il "In a race track in France, everybody got to clap in their hands, it seems like a long way from Union Station" Race Track in France). Dans un versant plus mélancolique, on peut citer Winter in America, ou à l'instar du saxo-mystique Pharaoh Sanders et du Marvin Gaye politisé de What's Going On une exhortation à Save the Children...

Ever feel kinda of down and out and don't know just what to do?
Livin' all of days in darkness, let the sun shine through
Ever fell that somehow, somewhere you lost your way?
And if you don't get help you won't make it through the day
You could call on Lady Day!
You could call on John Coltrane!
They'll wash your troubles, your troubles away

Plastic people with plastic minds on their way to plastic homes
There's no beginning, there ain't no ending
just on and on and on and on and...
It's all because we're so afraid to say that we're alone
until our hero rides in, rides in on his saxophone
You could call on Lady Day!
You could call on John Coltrane!
They'll wash your troubles, your troubles away

"Lady Day and John Coltrane"


GSH est un trait d'union, il arrive après la vague des soulman (& woman!) de génie. Outre un style plus "direct" (ce n'est pas un chanteur lover à la Gaye, Hayes, ni un frimeur à la JB) et politisé, il n'hésite pas à aller chercher des éléments dans le funk ou le jazz et a utiliser énormément de la flute et du piano (Via son compére de toujours Brian Jackson), des instruments qui renforcent la délicatesse de ces textes, accentuent l'intimisme pour créer une proximité: Gil Scott Heron écrit comme un savant, pense comme un militant, mais s'adresse à tous. Et bien que chanteur accompli il s'hésite pas à placer des poémes sur certains de ses diques, ni même à adopter un flow de spoken word (Sur B Movie par exemple). Cette derniére piéce du puzzle mis en place, on en arrive à la conclusion: GSH c'est tout simplement du proto-hip-hop (au niveau MC), une filiation pas du tout nié par les uns ou les autres (feat. sur un album de Blackalicious). GSH, toujours à la limite du prêche, à même pensé bon de donner quelques conseils via son album de 94 tel que Four letter words or fours syllable words won't make you a poet, It will only magnify how shallow you are and let ev'rybody know it.

Et rappellez vous: la Révolution, ca sera en direct.

The flying Frenchman
Excellent article sur Gil Scott Heron LMD

Dans la soul on peut evidemment citer "The Temptations" dans leur début avec leur Soul progressive "Papa was a rolling Stone style". Bien d'autres titres ont fait de ce groupe des génies de la soul envoûtante et charnelle au début et funky et "fat" sur la fin des morceau.

Lonnie Linton Smith "Discographie en anglais" est un des artistes que l'on peut comparer à GSH

Sans oublier Quincy Jones, qui loin des slows sirupeux joués au piano, à apporter beaucoup pour la musique de film avec des titres comme "Call me Mr. Tibbs" par exemple (lien Wiki)

au niveau des compils:


Un des meilleurs de la série (dessous)


il y en a 12 en tout

sans oublier les:

5 volumes en tout (affection toute particulière pour le 2 et 4...)

sans oublier les compilations du label Brown Sugar (exemples ici)


Il y'a des tones de compils et album (j'en ai que 70 kilos en Funk-Soul icon_mrgreen.gif)

Explorer le genre prend plusieurs années.

Pour un tour assez exaustif des groupes et interprètes je conseille ces 2 compilations:


Voilà, enjoy.

Si vous voulez plus d'info vous pouvez me mp et me donner l'adresse mail ou messenger en tout genre...
Waco
Bravo pour cette initiative LMD avec une bien belle intro en la matière.

Bon, j'avoue que la Soul, c'est pas trop mon rayon mais ça fait quand même plaisir de voir ce courant majeur de la musique noire américaine abordé en ces lieux habituellement squattés par le metal lourd en fusion et ses dérivés wink.gif . C'est quand même un sujet qui devrait légitimement intéresser tous les amateurs d'une période de l'histoire US récente assez agitée avec ces 60's secouées par la révolte des ghettos et le bourbier vietnamien (j'y fait référence car même si j'y connais que dalle, je suis persuadé que la Soul, rien que par son contexte et l'époque qui l'a vu naitre, est un de ces courant musical à forte charge politique et sociale).

J'espère qu'à l'image de ton topic sur la techno, celui-ci finira par s'envoler de ses propres ailes et vivra sa petite vie peinard dans son coin (ne te laisse pas intimider par les topics à la gloire de Mike Patton et autres escrocs dans son genre...).
Dirty Flichty
Je connais surtout les grands ténors du genre, principalement par les BO de films pour tout dire (surtout pour Quincy Jones et Curtis Mayfield), alors les compils citées par le Français Volant me font bien plaisir (les trucs comme Mood Mosaic passent en boucle chez moi).
Mais dans l'ensemble, je suis plus funk que soul (et plus Mass Hysteria que Minor Threat).

A une heure où la soul mainstream ressemble à de la soupe mièvre, je ne peux que saluer le toujours aussi énergique Andre "la bestiasse" Williams, véritable survivant ayant traversé les modes et les époques. 71 ans cette année l'Andre.

Waco
CITATION(Dirty Flichty @ 27 5 2007 - 13:10) *
Mais dans l'ensemble, je suis plus funk que soul (et plus Mass Hysteria que Minor Threat).

Je veux pas troller, mais pour Mass Hysteria, rassure-toi, on avait remarqué.


(et voilà LMD, 3 messages en 15 mn !)
TariK
Pour prendre la relève et mettre ma pierre à l'édifice qu'est ce topic flamboyant, commencé par un sujet sur The Man (aka Gill Scoott Heron ),voici quelques Soul Flavas dont les méloppées bercent nombre de mes journées.


Parler de Soul sans parler du label Stax, c'est un peu chroniquer un film de Seagal sans parler de goitre.

Gros concurrent de la Motown, ce mythique label s'est principalement démarqué en mettant sur le devant de la scène des artistes n'ayant que très peu de passif discographique en mettant l'accent sur leur capacité à transcender un genre ou un style. Pour exemple, le label n'a jamais rechigné à employer des bassistes ou batteurs blancs quand ceux ci se rélèvaient etre meilleurs que les autres,à contrario d'autres labels encore sous l'egide fantomatiques du black power.

C'est ce qui fera la force des productions Stax, où un réel mélange des genres va les pousser tout en haut de l'affiche. La grande partie des instrumentalisations se feront alors sous l'égide des mêmes bassistes,batteurs et guitaristes, tous un peu noir, tous un peu blancs, toujours Soul. Les sonorités propres aux origines des uns et des autres donnant alors un mordant et une profondeur aux productions jusqu'alors inédite.

C'est ainsi qu'explosèrent :

-les MarKeys
-Booket T and the Mgs
-Le génial Eddie Floyd
-Mavis Stapples
-Sam And Dave
-Rufus Thomas
-The dramatics
-The Bar-Kays



Le label fermera plus rapidement ses portes, pas avant d'avoir donner un ultime concert , l'un des plus énormes qui soit, le fameux WATTSTAX ,à visionner au moins une fois dans sa vie pour capter l'essence même de ce qui animait les musiciens de cette époque bennie.

Les deux gros calibres du label restent l'énorme Otis Redding, l'homme des sixties, l'homme qui ne connaissait rien en musique mais qui arrivait ,de part la simplicité et la véracité de l'âme qui transpirait de ses chansons, à boulverser son auditoire.



Très peu de disques à son actif mais que de la surpuissance pour au final seulement 5/6 années d'activité discographiques (le bonhomme est mort à 26ans dans un accident d'avion).Il faut se jeter sur "Pain in my heart";"Otis blue" et le posthume" Dock of the bay".

L'autre grand Monsieur made in Stax ,c'est bien sûr Isaac Hayes, qui fut dès 1964; le principal arrangeur musical du label, donnant l'ampleur qui lui est caractéristique aux titres des Markeys ou de Sam and Dave.
C'est chez Stax qu'il a réellement explosé donc, pour ensuite poursuivre la carrière qui est sienne, celle du probable plus grand compositeur de Soul de tous les temps.



L'homme aura su insufler une dimension orchestrale aux productions qui lui passaient sous les doigts, ce qui lui vaudra d'être l'égérie du ciné blaxploitation en composant nombres de bandes originales de films, son univers étant plus que schyzophrène( il jouera lui même dans les films qu'il a composé)

Ne passez pas à coté de "Chocolate Ship","the issaac heyes movment",la B.O DE "3 TOUGH GUYS" à tomber et l'un des 5 meilleurs albums de soul de tous les temps "JOY".


Dans un autre ordre d'idées et de feeling, peu connaissent le label "GoldWax".Pourtant , les perles sorties de leur catalogue mérite plus qu'un compilation rétro à 2 euros chez Leclerc.

Bien plus classique dans sa conception et son envie, le label a surtout cherché à se démarquer par la variété énormissime de ses acteurs et des auteurs pourtant jeunes à la voix classiques , presque surannés , qui donnaient une réelle chaleur à la plupart des productions.



On peut retenir James Carr, fer de lance du label, The Yo yo's, The Ovations, The Veltones ou encore Spencer Wiggins.

Que du classique, d'aucun appelleraient "mielleux" mais représente la quintessence de la Soul dans ce qu'elle a de plus basique et de chaleureux. Une partie essentielle, en dehors du mouvement forcément politique de cette musique.

Bon je rajouterai au fur et à mesure mes pierres soniques à l'édifice lancé par LeMaitreDumonde.

Peace, kiffez vos races maudites.

bluesbro.gif

kea
Yeah man. Excellente initiative que ce topic.

Dans le genre "c'était mieux avant", je ne saurais trop vous conseiller ceci :


Compilation des jeunes années de la chanteuse Candi Staton. Du son, du bon. Ma préférence va aux premiers titre de la galette (I'm just a prisoner \ Evidence \ I'd rather be an old man sweetheart \ The best thing you ever had...classiques, mais terriblement efficaces..d'la balle intergalactique, quoi)
Bien que certains autres morceaux se tapent une réputation de tubes (in the ghetto \ stand by your man...) j'accroche un peu moins. Je suis un homme simple, avec des gouts simples...
Une très agréable redécouverte, du miel pour les oreilles...Candi Staton tient clairement la comparaison avec les plus grandes divas du genre.

Par contre, vous pouvez nettement vous dispenser du come back de fin de carrière, qui est...heuuuu...enfin bref, passons charitablement... sweat.gif (il ne fait pas bon vieillir,moi j'vous l'dit !)

Wé, forcément, comme post, après les tartines argumentées et documentées de nos chers maîtres. ça frait un peu lège, mais j'ai pas trop le temps là tout de suite...
Si vous voulez en savoir plus sur la miss, allez jeter un oeil là :
http://www.wegofunk.com/Candi-Staton-The-S...-Soul_a206.html

cool.gif
Cfury
Je savais pas qu'LMD aimait bien la soul!
Belle initiative et Tarik m'a carrément grillé sur la Stax que je considère comme LE porte drapeau de la musique Soul (si un pote à moi pouvait me lire là, je suis sûr qu'on s'embrouillerait direct laugh.gif ), aussi chargé d'histoire que la Motown mais dont la démarche artistique avait ce petit je ne sais quoi de bien plus subversif (oui Tarik : le FAMEUX Wattstax!!!!!!). Et dans ce maelstorm de génies de la musique, il en est un plutôt méconnu qui à pourtant fierement representé le Memphis Sound, j'ai nommé Monsieur William Bell :



Magnifique chanteur du début des années 60, que rien ne prédestinait à une carrière au sein de la Stax, puisqu'il souhaitait devenir médecin jusqu'à ce que Chips Moman (un des initiateur du label de Memphis) ne le débauche. Du moins pas de suite car Bell mit un peu plus d'un an à se décider, avant d'évoluer au sein de la firme en enregistrant son 1er morceau avec Booker T. Jones, avec lequel il entretiendra une durable amitié. Le résultat? 200 000 exemplaires vendus. Mais très vite, Bell doit rejoindre d'autres cieux : ceux des couleurs de son drapeau en vue d'effectuer son service National. A son retour, il doit faire face à la concurrence d'Otis Redding et d'autres chanteurs talentueux qui ont signé chez Stax. Mais Bell, opiniatre, continue à enregistrer quelques hits et se consacre à l'écriture de quelques morceaux avec Booker T. Jones (dont un morceau que reprendra le groupe de rock Cream). A la mort d'Otis Redding, Willam Bell engrange les succès, notamment en composant quelques fameux duos avec Judy Clay ou Carla Thomas, et surtout se classe dans le top 10 avec son magnifique morceau I Forgot To Be A Lover. En 70, c'est le grand tournant, la Stax est en pleine mutation et surtout Booker T. Jones quitte le label. Affecté, Bell reste en retrait mais compose toujours quelques titres pour la Stax. Il finit par se lancer dans la production d'artistes en même temps qu'il tente une petite carrière d'acteur (rappelez-vous, nous sommes dans les seventies!).
A la fin de cette période où il aura connu plus ou moins de succès, William Bell lancera un petit label Wibe Records qui accueillera quelques unes de ses vieilles connaissances.

Et pour mieux se rendre compte du talent de cet artiste pionnier de la Stax : extrait de I Forgot To Be A Lover que reprendra une dizaine d'années plus tard Billy Idol.
Ced
à propos de la stax, les deux volumes de stax story sont jsute IN-DIS-PEN-SABLE !!! je sais pas si ça se trouve facilement ou non (j'en avais chié pour les trouver y'a de ça 1 ou 2 ans) mais une fois la main mise dessus c'est que du bonheur.
The flying Frenchman
CITATION(Ced @ 29 5 2007 - 01:45) *
à propos de la stax, les deux volumes de stax story sont jsute IN-DIS-PEN-SABLE !!! je sais pas si ça se trouve facilement ou non (j'en avais chié pour les trouver y'a de ça 1 ou 2 ans) mais une fois la main mise dessus c'est que du bonheur.


C'est drôle mais je l'ai en quatre volumes la Stax Story (4 triples vinyles). J'en ai pas chié pour les trouver vu qu'il m'ont été offert par le représentant de la maison de disque (Warner-BMG je crois) qui vendait ça pour mon annif... Ouais c'était cool de bosser dans un magasin de disques cool.gif

Sinon pour le fans:
ici

ou là
ou encore ici
et même par là
sans oublier par ici

Pour plein d'infod en français il y a ce site:
we go funk!
RogerMoore
Je ne peux pas faire autrement que vous conseiller LE chef d'oeuvre absolu de la Soul, à savoir Curtis, le premier album solo de Curtis Mayfield sorti en 1970.



Les arrangements sont sublimes, la voix incroyable, et les huit morceaux qui composent cet album sont tous des classiques. Impossible d'en conseiller un en particulier.
Le disque a été réédité il y a quelques temps avec pleins de bonus tracks, pour pas très cher, et franchement, s'il faut avoir écouté un seul disque de musique noire-américaine dans sa vie, c'est bien celui-là. C'est exactement le genre d'oeuvre qui peut ouvrir de nouveaux horizons, et qui pourrait même convertir un punk hardcore en motherfuckin' pimp.
Bonjour.


EDIT: j'en profite pour vous conseiller aussi un excellent blog musical consacré à la black music: Soul Sides.
Cfury
Tarik en parlait plus haut, mais il me semble inconcevable de ne pas faire mettre quelques extraits de ses meilleurs albums.
THIS - IS - ISAAAACCC!!!

Music, please :


Hot Buttered Soul : S'il n'y avait qu'un seul album du Duke à posséder, ce serait celui-là

Walk On By
Hyperbolicsyllabicsesquedalymistic (Ouf!)


The Isaac Hayes Movement : Après avoir écouté son précédent album, difficile de s'en remettre. Du coup, avec celui-ci, on pourrait croire que l'on retombe dans la normalité. Et pourtant avec cet album, Hayes impose définitivement sa griffe.

One Big Unhappy Family


Isaac Hayes…To Be Continued : l'album qui précédera la bombe Shaft, avec notamment un monologue de 4mn du père Issac, dont la voix langoureuse vous taffe littéralement au corps, bruit de grillons inside (si, si!). The Twilight Zone.

The Look of Love




Truck Turner : En pleine Blaxploitation, Isaac s'en allait jouer les redresseurs de tort (ou presque). Mieux vaut se concentrer sur sa soundtrack que sur ses "talents" d'acteur...
Pursuit of the Pimpmobile (ça ne s'invente pas!) laugh.gif

J'aurai adoré vous mettre un extrait de l'album de Chocolate Chip (celui où Hayes mange un cookie et laisse ses miettes à l'intérieur) mais impossible de remettre la main sur ce skeud... mad.gif
LMD
Ah tu m'as grillé pour Pursuit of the Pimpmobile, c'est un morceau instrumental sympa, de 9 minutes. A vrai dire toute la BO de Truck Turner est sympa, même si le théme principal évoque pas mal celui de Three Tough Guys.

J'vais essayer de vous causer de Trouble Man, la BO peu citée de Marvin Gaye. C'est quasiment que de l'instru et les deux premiers morceaux arrache gentiment le fion (T stand for Trouble, en particulier)
Prosopopus
Je viens rarement sur cette partie du forum mais un sujet sur la Soul, je peux pas le laisser passer.

Avec le rock des 60's c'est l'autre courant musical pour lequel j'ai quelques connaissances. Avant tout il me semble que tout amateur doit se procurer le Bouquin Sweet Soul Music écrit par Peter Guralnick (en français chez Editions Allia) qui retrace les débuts de ce courant, les fondateurs, l'histoire du label Stax, Atlantic. Le livre se centre plus sur les débuts et la soul sudiste, laissant de côté la soul des 70's, la Motown, le Philysound...

J'aime dans la soul la production incroyable de la majorité des albums, le lien entre musique noire et pop.

Dans les fondateurs il me semble indispensable de se pencher sur Sam Cooke, transfuge du gospel (comme beaucoup d'artistes souls) et première véritable star du genre à toucher un public noir et un public blanc. Auteur de l'incroyable A Change is gonna Come, Sam Cooke pose les bases de la musique soul, mélange de chansons romantiques ou revendicatrices, mélodies entre musique pop et gospel et chant suave et énergique. Il partage avec Marvin Gaye un destin tragique, abattu en pleine apogée dans un motel par la tenancière. L'importance de Sam Cooke se ressent par la suite sur les grandes voix de la soul 60's, cette influence étant plus diluée dans les albums souls des 70's. De Solomon Burke, à James Brown en passant par Aretha, tous ont payé leur tribut à Cooke, rien qu'en reprenant certains des titres du monsieur.

Pour conseiller un album je dirais Night Beat, contenant la superbe chanson Nobody Knows the Troubles I've seen


Sinon, elle n'a pas encore été cité mais il me semble qu'Aretha Franklin est tout aussi importante, et accessoirement la plus grande des chanteuses tout style confondu. La capacité d'Aretha à passer d'une voix suave et romantique à un chant énergique et revendicatif est assez archétypal de ce genre musical, qui dès James Brown ou Solomon Burke affirmait le besoin de libération de la population noire en Amérique (Say it loud, I'm black and I'm proud).

D'abord artiste Columbia où elle chante plutôt dans un style blues proche de Billy Holliday (voir sa superbe reprise de Over the Rainbow), elle est débauchée par Jerry Wexler pour Atlantic et va bénéficier du son Muscle Shoals pour une série de 6 albums insurpassables entre 1966 et 1970. Le premier est I've never loved a man the way I love you

En quatre ans Aretha, épaulée par des musiciens comme Spooner Oldham ou King Curtis, enregistre des classiques comme sa reprise de Respect (meilleure que Otis selon ses propres déclarations), You make me feel like a natural woman, Son of a preacher man (de Bucharach), Chain of Fools. Il faut savoir que les titres les moins connus des albums sont tout aussi excellents. Découvrir Ain't no way sur Lady Soul est une obligation pour tout fan de musique soul, probablement l'une des plus belles chansons romantiques jamais composées, qui vous lave de tous les affronts faits par ces reprises minables d'émissions télé.
Vendre Miss Conasse comme une nouvelle Aretha c'est juste un sacré blasphème.

Ce qui est intéressant chez Aretha c'est aussi la volonté d'attirer le public blanc qui coïncide tout à fait avec une démocratisation de la soul. Certains albums font ainsi la part belle aux reprises des classiques de la musique pop des années 60, Aretha reprit ainsi Let it Be (mais l'aspect religieux ou plutôt mystique de la chanson n'y est pas pour rien), Eleanor Rigby ou The Weight du Band. Cela n'est après tout qu'un juste retour des choses après les emprunts du rock à la musique noire et au blues en particulier. Chez Aretha cette tension entre le chant religieux et les chansons profanes donne tout l'intérêt de la chose.


Puisqu'on est aux emprunts de la musique blanche, s'il y a un artiste plus connu pour les reprises de son oeuvre, c'est bien Bobby Womack, souvent cité par les Stones comme influence majeure. Bobby Womack, à la base, c'est l'essence du R'n'B (ce qu'il aurait dû rester), avec une chanson aussi énergique que What is this ?. Mais Womack a oeuvré dans tous les styles, du Rythm and Blues, aux chansons jazzy jusqu'à la soul 70's très produite et au funk. Normalement vous connaissez puisqu'il est le compositeur et chanteur du mortel Accross the 110th Street utilisé dans Jacky Brown, l'un de mes dix tubes essentiels de la soul. On trouve facilement des compiles du monsieur et ses albums ont été réédités en double volume chez Stateside. par contre j'aime moyen sa période 80's.


Bon mon artiste préféré du style reste Curtis Mayfield. Déjà cité par une personne de très bon goût l'album Curtis de 1970 est un achat indispensable. Curtis Mayfield après quelques succès avec le groupe Impressions, s'est lancé dans une carrière solo jalonnée d'albums à tomber, de productions démentes et de la meilleure bo de film blax avec Superfly, peut-être moins connu que le Shaft de Hayes mais cent coudées au-dessus (j'aime moyen Hayes en fait, trop caricatural à mon goût). Curtis Mayfield avait un incroyable don d'arrangeur et de producteur, capable de remonter la moindre mélodie par une utilisation parfaite de cordes ou de cuivres. Il aimait aussi utiliser des instruments un peu particuliers et pas forcément très groovy, ainsi dans Curtis il utilise une harpe dans plusieurs morceaux. Ces expérimentations se liaient à des rythmes très tribaux par l'utilisation de percussions. Après Curtis, le monsieur sortit un album live étrange avant son second album Roots, très prophétique et engagé (Curtis dans l'écriture de ses paroles rappelle d'ailleurs souvent Sly and the family Stone).



Avec Superfly, il frappe encore très fort, surtout avec le titre Freddy's Dead. Suivront de bons albums mais moins emblématiques comme Sweet Exorcist. Curtis a créé son propre label Curtom Records et produit des albums pour d'autres artistes dont, justement Aretha Franklin.
Il travaille avec elle en 1976 pour l'album Sparkle, bo d'un film de... Schumacher. La voix d'Aretha s'accompagne parfaitement des arrangements capiteux de Mayfield. En fait il s'agit un peu d'un chant du cygne pour les deux artistes, qui n'égaleront plus par la suite (d'après moi) la superbe de ce truc, sorte de graal pour amateur de soul 70's.


La pochette est ignoble, mais l'intérieur est de l'or.

En fait j'ai découvert la soul avec What's going on de Marvin Gaye, et je pensais cet album insurpassable, à la même époque sortait Curtis, et paf Mayfield braconne sur le même terrain de la soul engagée et surproduite (dans le bon sens du terme). Marvin est plus connu, sans que cela soit injustifié d'ailleurs mais si il y a un artiste pouvant représenter la soul 70's c'est Curtis.

Sinon en ce qui concerne la Motown, je suis moins fan, probablement à cause de sa volonté de gommer les aspérités du son Stax et d'offrir des artistes plus consensuels au public blanc. Barry White, même si j'aime bien je ne peux pas le mettre au même plan qu'un William Bell ou même un Eddie Floyd (autre très bon artiste Stax). Stevie Wonder pareil. Reste tout de même Marvin Gaye ou Leon Ware et les Temptations. Les premiers Michael Jackson quand il était gamin sont parfois à tomber. J'aime finalement plus les filles chez Motown et surtout Diana Ross avec ou sans les Supremes, j'aime même certains des trucs discos (Love Hanghover en tête).

Par contre dans la soul de Philadelphie il y a des trucs très bons flirtant avec le funk. Les O'Jays, dont on trouve des compilations bons marchés ont dans leur trois premiers albums de très bons morceaux. Harold melvin and the BlueNote est aussi pas mal. Par contre je pensais aux Delfonics mais je ne sais plus si c'est de Philadelphie (dans le son oui en tout cas même si l'influence Al Green est aussi présente)

Ca fait déjà pas mal de trucs mais ce n'est qu'une infime parcelle de ce que peut offrir la soul, chaque artiste cachant son tube, chaque groupe ayant sa particularité. La soul s'est matinée de funk avant de se transformer en disco (l'influence de la Motown ets d'ailleurs inexcusable sur ce point) et l'amateur de funk se doit d'aimer la soul au moins 70's, les liens entre Parliament et les Isleys Brothers sont assez évident, sans parler de James Brown. la soul est plus que la bande son des films blaxs puisque c'est même elle qui sauve certains films (Sparkle donc). Par ailleurs la soul sera aussi reprise par les blancs, la blue-eyed soul, et donnera malgré ce qu'on pourrait penser quelques très bons trucs, Dusty Springfield en tête, suivie par Kiki Dee, première blanche à enregistrer pour la Motown.

Par contre j'ai beaucoup de mal avec toute la soul moderne, la new jack ou la soul plus moderne, des trucs du genre d'Angie Stone, Erykah Badu, ou Joss Stone, pour cette dernière un de ceux aimant la soul en ces lieux la trouve-t-il crédible. J'avais bien aimé tendance moyen le premier album de John Legend malgré son attitude de poseur et sa propension au texte "bébé j'te trompe mais t'es ma number one". Dernièrement seule Amy Winehouse m'a vraiment plu, tendance énormément, genre concert le 28 Octobre et tout...

Bon un petit top ten, j'aime pas trop les listes pour les films mais pour les chansons...

Nobody knows the trouble I've seen de Sam Cooke, superbe lien entre un texte blues et une mélodie soul délicate
Papa's got a brand new bag de James Brown, la soul R'n'B au top
Ain't No Way ex-aequo avec Call Me, deux chansons romantiques d'Aretha aux textes quelconques transcendés par une voix et des arrangements superbes
Too Hurt to Cry de Candi Staton, l'exemple même du titre oublié mais incroyable. Parler de pépites en soul prend tout son sens
We're almost there de Michael Jackson, cinq secondes de cette chanson valent tout ce qu'il a pu faire par la suite, et chose rare dans ses premières chansons les paroles sont très bonnes.
Move On Up de Curtis Mayfield, 8min de tension.
Are you lonely de Patti&Labelle, groupe moyen auteur du casse couille Lady Marmelade, mais ce morceau tendu, c'est la grande classe.
What I'd Say de Ray Charles, tout de même.
Mercy mercy me de Marvin Gaye, juste pour une reprise du refrain où la voix de Marvin s'attarde sur le Mercy
The Dock of the bay D'Otis Redding, la classe et le plus chouette sifflement dans une chanson.
ouaisbiensur
en voilà un post 3 étoiles
Cfury
blink.gif
Putain, Bravo!

Juste 2-3 trucs :

CITATION(Prosopopus @ 16 7 2007 - 01:06) *
(...)
(j'aime moyen Hayes en fait, trop caricatural à mon goût). (...)


Là je dit non, même s'il s'agit de ton appréciation personnelle... icon_mrgreen.gif

CITATION(Prosopopus @ 16 7 2007 - 01:06) *
(...)
En fait il s'agit un peu d'un chant du cygne pour les deux artistes, qui n'égaleront plus par la suite (d'après moi) la superbe de ce truc, sorte de graal pour amateur de soul 70's.


Dans le même genre (sans doute un brin plus "conventionnel") on peut rajouter le très bon album Diana & Marvin, avec...Diana Ross & Marvin Gaye.

CITATION(Prosopopus @ 16 7 2007 - 01:06) *
Sinon en ce qui concerne la Motown, je suis moins fan, probablement à cause de sa volonté de gommer les aspérités du son Stax et d'offrir des artistes plus consensuels au public blanc.


Là, je suis on ne peut plus d'accord avec toi.

CITATION(Prosopopus @ 16 7 2007 - 01:06) *
Par contre dans la soul de Philadelphie il y a des trucs très bons flirtant avec le funk. Les O'Jays, dont on trouve des compilations bons marchés ont dans leur trois premiers albums de très bons morceaux. Harold melvin and the BlueNote est aussi pas mal. Par contre je pensais aux Delfonics mais je ne sais plus si c'est de Philadelphie (dans le son oui en tout cas même si l'influence Al Green est aussi présente)


Je suis moins un gros du fan Philadelphia Sound (puisque c'était l'appelation du truc), sans doute parce que la résonance Funk flirtait avec le Disco pour certains de ses artistes, mais paradoxalement j'aime bien ce que faisais MFSB (c'est que de l'instru), Teddy Pendergrass, Billy Paul bien sûr, et j'affectionne tout particlulièrement les Three Degrees qui pour la petite histoire (raconté par Friedkin, donc comme c'est pas un expert du truc j'émet un doute) aurait dû leur notoriété à leur apparition dans French Connection...Mouais.

Et c'est vrai que tu évoques Aretha Franklin, mais je crois qu'il est aussi important de mentionner ces 2 putains (oui, bon pardon!) de chanteuses que sont Millie Jackson et Gladys Knight.
Prosopopus
Merci de ton enthousiasme et autant pour toi wink.gif

CITATION(Cfury @ 16 7 2007 - 16:02) *
Là je dit non, même s'il s'agit de ton appréciation personnelle... icon_mrgreen.gif


Tout à fait, j'en ai bien conscience icon_mrgreen.gif . Juste en fait j'aime moyen sa voix et ses albums, par exemple la reprise de Walk on By ou de Look Of Love du duo Hal David/Burt Bacharach, je sais pas je trouve ça poussif, je préfère franchement les versions plus "evergreen" de Dionne Warwick ou Dusty Springfield. J'ai aussi un peu de mal avec sa voix. Par contre c'était un très bon compositeur pour Stax et son duo d'auteurs avec Porter a énormément contribué à l'identité, donc au son, de Stax. Hold on I'm comin' pour Sam & Dave, c'est de la grande oeuvre, pas de problème la-dessus.


CITATION

Dans le même genre (sans doute un brin plus "conventionnel") on peut rajouter le très bon album Diana & Marvin, avec...Diana Ross & Marvin Gaye.


Rhââ ça je suis vraiment pas fan, j'ai un peu de mal avec les duos de Marvin. L'album Sparkle est différent puisqu'il s'agit d'une production de Curtis Mayfield mais qu'il ne chante pas, laissant tout l'espace nécessaire à Aretha.
Oui Gladys Knight and the Pips, c'est un peu trop Motown pour moi justement mais faudrait que je m'y replonge. dans les artistes Motown j'adore les Isley Brothers mais... après leur passage chez Motown quand ils ont été récupérés par Buddah Records qui a pas mal fossoyé les artistes Motown dont justement Gladys Knight.
Pour Millie Jackson j'avoue ne pas connaître (ce qu'il y a de bien avec la soul c'est qu'elle est inépuisable).

CITATION
Je suis moins un gros du fan Philadelphia Sound (puisque c'était l'appelation du truc), sans doute parce que la résonance Funk flirtait avec le Disco pour certains de ses artistes, mais paradoxalement j'aime bien ce que faisais MFSB (c'est que de l'instru), Teddy Pendergrass, Billy Paul bien sûr, et j'affectionne tout particlulièrement les Three Degrees qui pour la petite histoire (raconté par Friedkin, donc comme c'est pas un expert du truc j'émet un doute) aurait dû leur notoriété à leur apparition dans French Connection...Mouais.


Pour Friedkin j'avoue comme toi être dubitatif. En fait dans le Philisound j'aime surtout les trucs avant les 70's ou tout début 70's, les productions de Thom Bell pour les Delfonics, ou Harold Melvin. Après effectivement le lien avec la disco (mais c'est le même problème chez Motown) a bien tué le truc. C'est d'ailleurs assez incroyable qu'un truc aussi extraordinaire que la soul ait pu engendrer cette horreur qu'est le disco (mais il y a quelques bons trucs tout de même lorsque ça flirte avec le funk). Teddy Pendergrass et Billy Paul j'ai du mal, c'est trop romantico-macho et aseptisé pour moi (et pourtant...) De mes souvenirs de vielles compiles vinyls "Philadelphia Sound" oui MFSB c'est très bon dans le genre instru (assez proche des Bar-Keys) pour faire Joe Pointu le son Philadelphia vient surtout de la prod Huff-Gamble.

Sinon pour en rajouter il me semble que Al Green est à découvrir pour le versant hyper-langoureux du truc, surtout l'abum Let's stay together


Son producteur l'obligeait à bouffer du miel avant chaque prise pour avoir vraiment la voix chaude et suave, ce qui avait le don d'irriter le Pasteur Green (comme beaucoup il a eu sa période mystique)
Dans le même genre chez Stax il y a Luther Ingram et son one-hit wonder (If loving you is wrong) I don't want to be right. (ce titre !)

Pour conclure, les quelques écumeurs de brocante amateurs de soul doivent se procurer les compiles Formidable Rythm and Blues, regroupant des artistes Atlantic et donc Stax, avec une face rapide et une face lente !

Ah si ! Quelqu'un avait conseillé le Candi Staton, et chez le même éditeur on trouve aussi Betty Swann

Tout aussi rare, tout aussi bon !
Cfury
Ouh! J'ai trouvé pire réfractaire que moi à la Motown... icon_mrgreen.gif
Ceci dit, c'est vrai Knight est typiquement une artiste du cru, façonné de presque A mais de complétement à Z par le père Gordy. Mais je trouve toutefois que d'impérissables morceaux sont sortis de son répertoire et sa période d'avant-Motown n'est pas inintéressante à écouter

A propos de certains trucs qu'aura engendré la Soul, en plus du Disco on peut évoquer la Soul Bossa Nova dont Mongo Santamaria est sans doute l'artiste le plus connu. Perso', je suis absolument pas fan. Par contre il me parait inévitable d'évoquer le great Bob James dont les albums dans les seventies oscillaient entre Jazz et Soul. Ses albums One, Two et Three sont tout juste indispensable quoi! Pour ceux qui ont vu Man On The Moon et qui se souviennent de la séquence où Carrey joue dans la série TV Taxi, ben le thème derrière c'est de Monsieur je compose des bombes : Bob James - Two

Et Prosopopus, puisque Mayfield ne te laisse pas insensible, tu devrais jeter une oreille sur Jerry Butler aka The Ice Man, qui n'était autre que celui avec lequel Mayfield fit ses premières armes. Méconnu, parce que sans doute resté dans l'ombre de Curtis, mais encore un bien bel artiste de plus à ajouter au palmarès de cette incontournable genre musical.

J'aurai aimé mettre un extrait de Millie Jackson, mais j'ai malheureusement quelques disques qui se baladent aux 4 coins de l'Ile De France... mad.gif
Prosopopus
CITATION(Cfury @ 16 7 2007 - 21:05) *
Ouh! J'ai trouvé pire réfractaire que moi à la Motown... icon_mrgreen.gif


Non réfractaire c'est peut-être un bien grand mot icon_mrgreen.gif j'aime bien la période 60's, des groupes phares comme les Temptations ou les Four Tops, c'est juste que ça me touche moins que la production Stax et Muscle Shoals.

CITATION

A propos de certains trucs qu'aura engendré la Soul, en plus du Disco on peut évoquer la Soul Bossa Nova dont Mongo Santamaria est sans doute l'artiste le plus connu.
Soul Bossa Nova de Quincy Jones est un autre achat indispenssable, très orienté jazz mais Quincy a une telle propension à paufiner l'aspect groovy de ses morceaux que les influences souls de sa musique sont évidentes (et surtout réciproquement en fait).

CITATION

Par contre il me parait inévitable d'évoquer le great Bob James dont les albums dans les seventies oscillaient entre Jazz et Soul. Ses albums One, Two et Three sont tout juste indispensable quoi! Pour ceux qui ont vu Man On The Moon et qui se souviennent de la séquence où Carrey joue dans la série TV Taxi, ben le thème derrière c'est de Monsieur je compose des bombes : Bob James - Two


Très honnêtement je ne connaissais pas Bob James et pourtant je pourchasse les "crossover" entre jazz, soul et funk. Dans le genre certains artistes Blue Note se sont laissés tenter par la soul et le funk, ce qui leur a valu d'ailleurs pas mal de remarques déplacées. Parmi eux on trouve Donald Byrd, trompettiste tenté dès le début des années soixante par les expérimentations. L'album A New Perspective, une des plus belles pochettes Blue Note mélange ainsi jazz et chorale pour un résultat fascinant. Au cours des années 70 il va faire quelques albums très orientés funk et soul, bo improbables de films blax' fantasmés. Donald Byrd dans sa volonté de démocratiser le jazz a tout de même réussi à se faire quelques admirateurs dont Guru qui l'a accueilli sur son projet Guru Jazzmataz, premier du nom (très bon album de rap). Sinon des artistes comme Lou Donaldson, Horace Silver ou Liston Smith ont flirté avec la soul, même si on s'approche tout de même plus du funk.

Pour les mélanges du jazz je conseille chaudement les compiles Blue Note avec de superbes filles en couverture, centrées chacune sur un aspect particulier, psychédélisme, revendication ou rythmes grooves bien lourds. Ca ressemble à ça


La compile jazz psyché pleine de flute traversière, de percus et de volutes de fumée.

CITATION
Et Prosopopus, puisque Mayfield ne te laisse pas insensible, tu devrais jeter une oreille sur Jerry Butler aka The Ice Man, qui n'était autre que celui avec lequel Mayfield fit ses premières armes. Méconnu, parce que sans doute resté dans l'ombre de Curtis, mais encore un bien bel artiste de plus à ajouter au palmarès de cette incontournable genre musical.


Pas mal, j'aime bien mais sans plus. Curtis Mayfield a une particularité inimitable, sa voix de falsetto et son jeu de guitare tout à l'instinct.



Pour relancer



Le premier album de Donny Hathaway et mon préféré. Hathaway est un des artistes souls à s'être fait le plus samplé par les artistes hip hop (d'un autre côté le DES est sacrément nombreux), et particulièrement par Dr DRE sur son The Chronic où il reprend une partie de flute d'un morceau. Assez proche de Mayfield dans sa volonté d'utiliser une large palette d'indstruments, Hathaway ghardait tout de même une forte coloration jazz.
kea
Calmez un peu le jeu, les gars...J'ai commencé une chouette séance de shopping grâce à vous, mais à ce rythme là, mon compte en banque ne va jamais suivre... sweat.gif
J'ai donc commencé à écouter l'album "curtis", qui avait l'air de mettre tout le monde d'accord, et c'est juste de la grosse bombe intergalactique qui tue sa maman (et en fait, je connaissais quelques morceaux) Merci les gars...T'aiiiin, ça va me prendre tout l'été d'écouter tout ça...

(Que ça n'empêche surtout pas prosopopus de nous faire la même sur le rock 60's, hein...je peux toujours faire un emprunt... smile.gif )
Prosopopus
CITATION(kea @ 17 7 2007 - 01:00) *
(Que ça n'empêche surtout pas prosopopus de nous faire la même sur le rock 60's, hein...je peux toujours faire un emprunt... smile.gif )


Tu en révais, je l'ai fait tadam
LMD
Ah bah c'est chouette qu'on a de vrais spécialistes pour causer du truc, je serais bien incapable d'en causer aussi longuement ou bien...
sweat.gif

Je ne peux que rajouter un peu sur les BO de Blaxploitation...
Au délà des gros classiques désormais célébre, on parle assez peu de celle de Trouble Man de Marvin Gaye (Je crois que ca peut s'écouter ici) surement parce que le film n'a pas laissé grande trace dans l'inconscient collectif. Et pourtant c'est une superbe BO, quasiment 100% instrumental -ca aussi ca n'a pas du aider- si l'on excepte quelques phrases ici ou la de Gaye... mais aucune aucune ballade langoureuse. Je recommande particuliérement l'hypnotique T Plays It Cool (piste 2) qui fut repris dans 4 Fréres de Singleton. Comme on peut s'y attendre dans une BO, il y a énormément de variations sur le théme principal. Ca date de 72, soit directement dans la foulée de What's Going On



A noter qu'outre le classique Superfly, Mayfield à aussi signé une autre BO pour le film Short Eyes, un film de prison écrit par un ancien taulard. On aurait bien du mal à imaginer que ca se passe en taule à l'écoute des chansons... Sans être un grand classique ca mérite une petite oreille.



Je crois que le cas Isaac Hayes à déjà été bien abordé: outre le célébrissime Shaft, on peut noter Three Tough Guys et Truck Turner: effectivement y a une certaine formule quand on écoute les thémes d'intros de ces deux BO (qui ressemble un peu à Shaft...) mais ca reste bien entrainant. Le morceau le plus sympa étant sans conteste l'instru (je kiffe bien les instru) de 9mn intitulé Pursuit of the Pimpmobile tiré de Truck Turner

Sur la BO de Foxy Brown signé Willie Hutch, outre le théme principal (Oh oh ooooh Foxy! Miss Foxy Brown!), on relevera l'excellent Hospital Prelude to the Love Theme dans le genre orge langoureux... Samplé par Jori Hulkonnen (mais c'est une autre histoire).

Je n'évoquerai pas la BO de JB pour Black Caesar, qui est déjà assez célébre ainsi.
Enfin, il y a aussi la non moins connue BO de Car Wash mais la on verse déjà plus dans le funk...
Prosopopus
Oui Bright Eyes du Mayfield c'est vraiment pas mal, d'ailleurs le film lui-même était produit par la boite de Mayfield Curtom Records, par contre pour mettre la main dessus... La bo est plus facilement dénichable et elle est d'ailleurs parfois en double programme avec Superfly.

L'avantage de la Blaxploitation, c'est que le moindre petit film peut se retrouver avec une BO démentielle, sauvant le truc. Pour prendre l'exemple le plus évident, je trouve Superfly tout de même plutôt faible, même si la figure du pimp dealer est intéressante "culturellement", par contre la BO rend le truc wub.gif .

Dans la liste des Enormes BO, il y a bien évidemment le Across the 110th Street de Bobby Womack (accessoirement un très bon film) que je n'ai découvert qu'à travers le film, où, seule déception, la version du titre n'est pas la même que celle utilisée par Tarantino et légèrement moins fédératrice.

Sinon LMD pour un fan d'instrus il me semble que la BO de Coffy est un bon achat, pour doubler celle de Foxy Brown. Soundtrack de Roy Ayers mélangeant des titres 100% souls comme Coffy is the colour, les titres jazzy au vibraphone typique d'Ayers et les rythmes bien funks. En plus on trouve en lead femme Denise Bridgewater avant qu'elle se transforme en Dee Dee, monstre de festival jazz un peu pénible, mais c'est parce que j'ai du mal avec une certaine tendance du jazz vocal 70's 80's en quête de respectabilité (jusqu'aux horreurs d'un Cullum ou d'un Buble). Ici elle chante le très bon Coffy baby . Une BO au top.


Mazette cette pochette ! Puis c'est tout de même un album ou un des titres s'appelle Brawling Broads !!!

Sinon pour Willie Hutch, jette toi fissa sur The Mack !

Dans les trucs un peu plus rares Leon Ware a participé à la BO du très "stand up nigger" The Education of Sonny Carson



Très sympathique panel de la musique black avec son titre soul romantique, ses gospels et ses titres doo wop chantés en pleine rue. Ca me permet par ailleurs de parler un peu de Leon Ware, artiste Motown ayant travaillé avec Marvin Gaye qui lui a extirpé un I Want You plein de chaleur, laissant le pauvre Ware vidé de toute énergie créatrice. Les disques turgescents et moites, c'est son truc au Leon. Il sort ainsi un Musical Massage à la pochette très explicite


et encore là il vous manque la moitié, un disque à posséder en vinyl !

Sinon LMD a évoqué l'hénaurme Black Caesar de James Brown mais on peut aussi se pencher sur la suite, toujours de Larry Cohen (un poil plus bordélique en passant mais toujours sympathique), Hell up in harlem, c'est aussi franchement écoutable puisqu'écrit en parti par Fonce Mizell qui avec son bro est l'artisan de l'introduction du funk un peu partout, et surtout chez Donald Byrd. Par ailleurs le vocaliste est Edwin Starr, surtout connu pour son hit War. En dessous de James Brown (forcément) mais tout de même.

Cfury
CITATION(Prosopopus @ 17 7 2007 - 00:10) *
Très honnêtement je ne connaissais pas Bob James et pourtant je pourchasse les "crossover" entre jazz, soul et funk.


Dans le même genre et à moins que tu connaisses, Return To Forever est pas mal non plus avec sa forte consonance Jazz et ses gros empreints à la Funk. Le groupe n'aura tenu que 5 ans vu que chacun des zicos avait en plus du groupe, une carrière solo propre (un peu comme le Wu-Tang! laugh.gif ). Nan parce que je vous explique, dans Retrun To Forever on retrouve : Chick Corea, Stanley Clarke, Al Di Meola et Stanley White. Oui je sais, ça fait mal. Ceci dit, faut toutefois faire le tri dans les albums et ç'est quand même reservé à un public averti (un peu comme Saw 3). Après pareil, tu as Weather Report, les noms sont moins ronflants (Zawinul/Shorter/Gravatt/Vitous/Romao : le 1er qui me dit qu'il connaît, je l'attends à la sortie) mais c'est toujours de la fusion Jazz/Soul/Funk qu'elle est bonne comme musique.
Mais pour revenir à Bob James, j'insiste mais c'est indispensable. Le gars aura à l'instar de JB inventé des rythmiques qui tourneront en boucle sur des breakbeats de Rap. Et c'est (pratiquement) que de l'instru', ça peut donc éventuellement plaire à LMD.

CITATION(Prosopopus @ 17 7 2007 - 00:10) *
Hell up in harlem, c'est aussi franchement écoutable puisqu'écrit en parti par Fonce Mizell qui avec son bro est l'artisan de l'introduction du funk un peu partout, et surtout chez Donald Byrd.


Arf! Non seulement j'adore le film (complétement freestyle et j'en parlerai un de ces 4 dans le topic Polar Urbain) mais en plus j'adhère grave au score d'Edwin Starr. Et toujours dans les BO Blax', ben va falloir causer de Gene Page et de son Blacula, qui signe sans doute l'une des meilleurs soundtracks du genre (bon, c'est dur, y'en a tellement aussi!). Sans oublier Johnny Pate, un habitué du genre, qui concoctait notamment avec Bucktown une de ces BO qui envoyaient sévère dans la tronche.

Et puis, rien à voir avec de la BO, mais évoquons aussi le cas du Jimmy Castor Bunch, groupe de soul/funk (c'est dur parce que la frontière était mince au début des 70's) qui avait à sa tête l'omnipotent et présent Jimmy Castor véritable homme à tout faire, égocentrique génial . Ses skeuds sont plutôt durs à trouver (et surtout très chers) et je suis pas peu fier de posséder son 1er album : It's Just Begun
Prosopopus
Rhôô oui oui, Jimmy Castor Bunch ! Très très bon ça, à noter qu'il doit son surnom à ses dents de devant proéminantes. Non il me semble que ces disques ont été regroupés sur plusieurs CD, ça se vend pas au supermarché local mais bon...

Puis tiens toi prêt puisque Weather Report c'est le groupe (en partie) de Wayne Shorter, saxophoniste ayant bossé avec Miles Davis et il me semble qu'il joue sur Speak like a child, mon Herbie Hancock préféré (mais ça reste à vérifier. Par contre le supergroupe en lui-même j'aime moyen.

Bob James c'est sur la liste là, c'est bon.

Sinon pour les BO je reviens sur un oubli de ma part lorsque j'évoque Accross the 110th Street, qui a bénéficié du travail en tant que directeur de l'orchestre de JJ Johnson. Joueur de trombonne qu'on retrouve fréquemment sur le label Blue Note, JJ Johnson a collaboré au Birth of Cool de Miles Davis et a joué pour Horace Silver, notamment sur le superbe album jazz-bossa nova Cape Verdean Blues. C'est Quincy Jones qui le pousse à venir travailler en Californie pour la télé et le cinéma. Il va ainsi bosser sur la bo de Cleopatra Jones, mais aussi pour des séries comme Starky and Hutch, pourvoyeur de quelques rythmes bien trempés si je me souviens bien.
Cfury
CITATION(Prosopopus @ 17 7 2007 - 18:51) *
Rhôô oui oui, Jimmy Castor Bunch ! Très très bon ça, à noter qu'il doit son surnom à ses dents de devant proéminantes. Non il me semble que ces disques ont été regroupés sur plusieurs CD, ça se vend pas au supermarché local mais bon...


Arf! En fait je parlais du vynil. J'avoue ne pas trop avoir de cd en Soul, en Jazz et en Funk : y'a un peu plus de 10 ans de ça, je passais ma vie à chiner dans les magasins de ventes-échanges pour en choper. Boulinier, c'était vraiment le pied pour ça. Combien de BO et d'autres genres j'ai pu choper là-bas ! [mode péteux on](j'ai tous les Modern Jazz Quartet en vynil)[mode péteux off]

CITATION(Prosopopus @ 17 7 2007 - 18:51) *
Puis tiens toi prêt puisque Weather Report c'est le groupe (en partie) de Wayne Shorter, trompettiste ayant bossé avec Miles Davis (...)


mellow.gif mad.gif
RogerMoore
CITATION(Cfury @ 17 7 2007 - 18:10) *
Weather Report, les noms sont moins ronflants (Zawinul/Shorter/Gravatt/Vitous/Romao : le 1er qui me dit qu'il connaît, je l'attends à la sortie)


C'est une blague ? A la base, Weather Report c'est le groupe de Jaco Pastorius, soit l'un des plus grand bassiste de l'histoire de la musique, Wayne Shorter, l'un des plus grand saxophoniste vivant, et Joe Zawinul, le clavier de Miles Davis (periode electrique), alors dans le genre inconnu, on fait mieux blink.gif
J'en ai pas mal en vinyl, dont le chef d'oeuvre Heavy Weather (1977)



Mais bon, on s'éloigne gentillement du sujet là.
Bonjour.
Cfury
OK. Je t'attends donc toi et Prosopopus à la sortie
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Dirty Flichty
Weather Report j'en ai eu plein les oreilles en boucle quand un de mes meilleurs potes s'est donné pour but de devenir le nouveau Jaco Pastorius y a 6/7 ans.
(et non, je n'aime pas du tout)

C'est rigolo de contredire Cfury.
Cfury
Tu évites de peu la raclée, je n'ai pas cité Pastorius.
Rhaaaa, il s'en sort bien l'animal!
Bret Gimson
Bein oui c'est archi connu Weather Report et même que ce crossover entre jazz soul et funk, ça a une nom, ça s'appelle de la fusion - y' a un rayon dédié à la fnuck. J'ai ai beaucoup écouté dans mes jeunes années (passé ma période classique), notamment du Herbie Hancock, et aujourdhui j'ai un peu de mal avec ces ratatouilles musicales, mélange de tout et de rien. J'écoute plus grand chose non plus en musique black, sorti des trucs maousses comme J.B., d'extraits de BO (les morceaux d'action) ou de petites sucreries rigolotes comme les Meters, le côté cheesy du ghetto c'est moins mon kif que le blues du blanc a.k.a : le rock.
Gil Scott Heron c'est jamais passé chez moi, à part The Revolution Will not Be Televised - entre parenthèses j'ai toujours trouvé ses lyrics très neuneu blush.gif
Cfury
J’ai surtout pas prétendu le contraire, mais écrit que les noms qui composaient le Weather Report était moins connu qu’un Al Di Meola ou Stanley Clarke du RTF, au vue de leur discographie en solo.
Sinon merci de me prévenir que le genre s'appelle de la fusion, j’étais pas au courant smile.gif
LMD
CITATION(Cfury @ 20 7 2007 - 12:50) *
J’ai surtout pas prétendu le contraire, mais écrit que les noms qui composaient le Weather Report était moins connu qu’un Al Di Meola ou Stanley Clarke du RTF, au vue de leur discographie en solo.
Sinon merci de me prévenir que le genre s'appelle de la fusion, j’étais pas au courant smile.gif


Ah CFury heureusement qu'on fait ton éducation en rap et en soul icon_mrgreen.gif

Big: Pour les textes neuneus de GSH, je peux comprendre, c'est d'ailleurs pour ca en général que j'écoute assez peu de "chanson à texte" (la chanson "à message" c'est encore pire que le cinéma du même nom) mais dans son cas j'aime vraiment bien ce qu'il écrit. Question de préférences, comme d'habitude.
Orson Z
je crois bien que personne n'a posté la pochette de l'album BO SUPERFLY de Curtis dans ce supertopic ...

un grand classic le top du top!
juste histoire de voir la couv...
Prosopopus
Bah Superfly on n'en parle tout de même pas mal dans les autres pages, ça reste l'album le plus connu de Mayfield mais les autres sont tout aussi mortels (surtout Curtis et Roots). D'ailleurs pour en rajouter sur le monsieur, ce qui me surprend à chaque fois c'est sa capacité à orchestrer les cordes sur ses morceaux. Par exemple sur Freddy's dead les cordes ne sont pas qu'un simple accompagnement ce qui est souvent le cas en soul où l'attention est plus portée sur les cuivres.

Par contre il y a un grand oublié, vu qu'on a parlé de soul sudiste


Wilson "wicked" Pickett

Wilson doit son surnom de The Wicked Pickett au double-sens du mot, à la fois génial et méchant. La personnalité instable du bonhomme l'amènera à quelques débordements, notamment un échange de coups de feux avec les Isley Brothers (gangsta avant l'heure). Pickett c'est une voix rauque de hurleur et des titres généralement très r'n'b, sa voix évoque un mélange de Little richard et d'Otis Redding, le monsieur sachant se faire plus doux pour le titres romantiques et pour charmer les ladies.

Pickett commence dans le gospel, puis signe chez Atlantic. Jerry Wexler, conscient du potentiel du bonhomme n'arrive cependant pas à lui faire décrocher un hit. Il décide donc d'envoyer Pickett salir son son à Memphis. L'artiste permet donc un rapprochement entre Atlantic et la Stax. Wexler avait conscience de l'aspect bricolé de Stax qui ramait alors derrière la Motown, l'ennemi héréditaire, mais qui se présentait comme une famille soudée derrière ses artistes et qui avait une certaine atmosphère difficilement reproduisible par des studios plus professionels. Steve Cropper et d'autres musiciens stax construisent donc In the midnight hour pour Pickett ce qui reste aujourd'hui son titre le plus connu. Matez moi ça !!! Ca c'est du concert de folie, regardez bien à un moment on voit un des flic blacks chargés de la sécurité tout sourire en train de danser.

Par la suite Pickett refera quelques séances, et bosse avec Eddie Floyd et Isaac Hayes. Puis Wexler décide de s'intéresser au petit studio Muscle Shoals, qui venait de décrocher un sacré hit avec le When a man loves a woman de Percy Sledge (d'ailleurs les deux mecs se sont rencontrés et Pickett lui a pratiquement foutu sur la geule lorsque Sledge lui dit que son chant rappelle celui d'Otis Redding).
Wilson Pickett repart du studio avec un single qu'il vendra comme des petits pains, Land of 1000 dances, pas ma préférée du monsieur.

Puis Jerry Wexler a voulu imposer sa vision des choses au studio Muscle Shoals en amenant son propre ingé son. La seconde session se passe mal avec bande détruite par la platine alors que le groupe en place avait passé de longues heures à enregistrer Mustang Sally. Finalement l'ingé son recolle patiemment les morceaux de bande et la session est sauvée. Jerry Wexler balance d'ailleurs un "Vous savez, les gars, vous mettez mes nerfs de Juif à rude épreuve !" icon_mrgreen.gif .

Pickett va ensuite travailler en duo avec Bobby Womack, ce qui permet à ce dernier de se redorer le blason vu qu'il avait créé un petit scandale dans le monde de la soul en épousant la veuve de Sam Cooke trois mois après la mort de celui-ci. Sa collaboration amènera un autre titre phare de Pickett I'm a Midnight Mover Enjoy

Pickett retourne ensuite enregistrer à Muscle Shoals où il travaille avec Duane Allman (des Allman Brothers !) quelques titres dont deux reprises de Hey Jude et Hey Joe. Pour Hey Jude c'est ici ! En soit j'aime bien ces titres mais je trouve dommage que les artistes souls se soient sentis obligés de reprendre certains titres tout de même très blanc comme ce Hey Jude ici ou Eleanor Rigby par Aretha. Dans leur volonté de toucher un public blanc les artistes blacks enregistrent des titres de péteux blancs ayant par ailleurs piller la musique black, le cas des Rolling Stones est assez parlant.


Wicked Pickett et Duane le chevelu.

Après se retour à Fame Wilson Pickett fera tout de même une embardée par Philadelphie pour bosser avec Huff et Gamble, les sensations du moments sous contrat avec Atlantic.



Il est assez amusant de voir que Pickett va servir d'ambassadeur pour Wexler et Atlantic débarquant dans les studios naissants pour allier la reconnaissance d'un artiste Atlantic à des sons sudistes assez particuliers. Finalement seul le crossover avec la Motown n'aura pas été tenté même si certains des titres de pickett sont repris par des artistes Motown.

Puis Pickett quitte finalement Atlantic en 1972 et poursuivra une carrière live en enregistrant des morceaux bien moins puissants que ceux des 60's, par ailleurs sa fascination des armes et les excès en tous genres le conduisent à des séjours en prison. Il meurt en 2006 d'une crise cardiaque.
Je laisse le mot de la fin à Jerry Wexler "Wilson pouvait crier des notes, alors que les autres chanteurs ne pouvaient crier que des sons."
Cfury
Ben ouais ce topic le mérite grave, et puis ça fera peut être revenir Prosopopus et ses excellentissimes posts!

Sam & Dave in effect
the real mojo


Mon plus grand héros dans le domaine de la soul et du funk est Norman Whitfield.
Norman Whitfield est l' un des architectes du son Motown des années 60/70.
Né à New York en 1943, Norman (et ses parents) s' installèrent à Detroit à la fin des années 50. A 18 ans, il écrivait et produisait des titres pour le groupe The distants de Richard Street. Ce groupe deviendra plus tard The Temptations.
Admirant Berry Gordy, il se mit à squatter les studios Motown afin de comprendre comment cette musique était produite. Lassé de devoir de le mettre à la porte, Gordy pris finalement le jeune homme sous son aile et et le mit en charge du "contrôle de qualité" : Norman donnait son avis sur les premiers pressage des nouveaux titres de l' usine à tube.
En 1962, Whitfield rejoint l' équipe des compositeurs (Brian et Dave Holland, Lamont Dozier- , Harvey Fuqua) et commence à signer ses premiers titres pour les temptations. Enthousiasmé par le résultat, Gordy autorisa Norman à s' occuper de la production de certains artistes dont The Velvettes et bien sur The temptations. Le son Motown à l' époque est encore assez influencé par la pop et Phil Spector, mais petit à petit le producteur commence à mettre sa patte.
The Velvelettes - Needle In A Haystack
The Marvelettes - Too Many Fish In The Sea
The Temptations - Aint Too Proud To Beg

En 1967, le team Holland/Dozier claque la porte et Whitfield se retrouve producteur n°1 de Motown. A l'époque, la lutte autour des droits civiques pour la population noire prend de l' ampleur. La musique noire évolue également sous l' influence de Sly & the family Stone.
En associant à l' auteur Barrett Strong au prodige des consoles, la Motown va tenir le ticket gagant qui permettra au label de rester crédible au près de la population noire (grace à des texte reflétant la complexité de ces années là).

Norman & Barrett

Edwin Starr – War
Edwin Starr - Stop The War Now


De son coté, Whitfield expérimente à tout va et enchaîne différentes versions de ses titres pour les artistes maison et signe même un groupe de blanc bec : Rare Earth. Il créé même un groupe The Undisputed Truth qui lui permettra de pousser plus en avant ses recherches sonores. Quelques exemples:

Gladys Knight & the pips - I heard it through the grapevine
Marvin Gaye - I heard it through the grapevine
Pour l’ anecdote, c’est Marvin Gaye qui avait enregistré la 1ère version mais elle ne l’ avit pas convaincu. C’est suite au succès de la version de Gladys qui la ré-enregistra une nouvelle fois.

The Temptations - (I Know) I'm Losing You
The Undisputed Truth – Smiling faces sometimes
The temptations– Smiling faces sometimes


The Temptations - Papa was a rolling stone
The Jackson 5-Papa Was A Rolling Stone

Gladys Knight and The Pips - Friendship Train
The Undisputed Truth - Friendship Train
etc…

Après que Motown se soit installé à Los Angeles, Whitfield décide de fonder son propre label Whitfield records où il continua de produire des disques pour The undisputed Truth, Rose Royce ( avec à la clef un prix pour la BOF de Car Wash à Cannes). La mode est alors au disco mais Norman n’ est pas aussi percutant que les inovateurs que sont les labels Salsoul ou Prelude mais il a encore de beaux restes.
Rose royce – Carwash
Rose Royce - Is It Love You're After
The Undisputed Truth - You + Me = Love

Depuis le milieu des années 80 ( et sa contribution à la bof de The last dragon, un film Motown), il a disparu de la circulation, ne deffrayant la chronique que pour une histoire de fraude fiscale.

Norman Whitfield aura marqué la musique grace à ses innovations sonores et à son actif un gros paquet de pépites intemporelles.
Hélàs, nombres de ces productions hors Motown, sont difficilement trouvables en cd sauf sous la forme de best of forcément réducteurs.

TariK
FUCKIN FUCK

JOUR LE PLUS TRISTE DE MA VIE MUSICALE

So long Master...


TariK
Le Mozart renoi est mort et tout le monde s'en tape ( on met de côté sa vie"privée" hein)

Bordel, vous faites l'amour avec Isabelle Boulay en fond ou quoi...

sad.gif
profondo rosso


Non tout le monde est parti en parler sur le topic RIP en fait. Triste surtout que la cause est pas trop clair on dirait, après James Brown l'an dernier un autre géant de la musique noire qui s'en va... sad.gif
profondo rosso
CITATION
Levi Stubbs, le chanteur du groupe Four Tops, est mort vendredi à l'âge de 72 ans, chez lui, à Detroit, a-t-on appris auprès de sa famille et de source médicale.

Avec Stubbs au chant, les Four Tops avaient vendu des millions de disques, avec des succès tels que "Reach Out (I'll Be There)", "Baby I Need Your Loving" ou encore "I Can't Help Myself (Sugar Pie, Honey Bunch)".

Levi Stubbs avait l'une des voix les plus expressives de la célèbre maison de disques Motown.

Avec son décès, il ne reste qu'un membre de la composition originale des Four Tops encore en vie: Abdul "Duke" Fakir. AP
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