Ben nom de dieu…
Voilà, c’est lui, c’est le "film le plus flippant de tout l’étang de toute l’histoire de l’humanité".
Mais grave quoi.
A force d’en entendre du bien (et du "ça fait peeeuuurrrr"), bah moi aussi j’ai eu peur…d’être déçu.
Bah que nenni que dalle oui !
Déjà, ça fait un bien fou un film à la mise en scène cohérente, qui a été PENSEE pour l’histoire (à se demander s’ils ont d’abord chercher à savoir comment raconter cette histoire, ou s’ils ont chercher à savoir quelle histoire utiliser pour ce style de mise en scène…Les 2 je crois). Je crois que c’est vraiment la 1ère fois, depuis
Children of Men, que je trouve une alchimie PARFAITE entre le récit et son écrin.
D’ailleurs, la très très grande intelligence du duo, c’est vraiment d’avoir mis la caméra (subjective donc) dans les mains d’un pro, d’un caméraman aguéri (et pas d’un branque quelconque qui veut se la péter et/ou "se trouve là par hasard"), qui sait où filmer, qui sait quoi filmer, comment l’éclairer, le cadrer…c’est d’une logique constante qui laisse pantois.
D’ailleurs, j’aime le fait que, dans leur logique de journalistes reporter, Pablo et Angela décrivent tout ce qu’ils voient. Dans cette optique, la
"révélation" finale est là encore complètement justifiée. Angela décrit les articles, explicite la possible source du mal qui a envahit le bâtiment car, en tant que journaliste, elle se doit de le révéler au monde.Pour moi, à ce niveau, ya vraiment pas un seul faux pas. C’est géré de bout en bout.
Au niveau du rythme, c’est ULTRA TENDU à partir du moment ou ils arrivent dans l’immeuble. Avant, c’est le passage obligé, ça pose les bases du style visuel, ça permet au spectateur de rentrer dans le mood du récit, dans la construction. Et puis elle est quand même sacrément agréable à regarder cette Angela Vidal

…
Mais donc, à partir du moment où ils sont dans l’appart, c’est chaud.
Les rares moments où le rythme pourrait commencer à accuser un léger ventre mou, BOUM, c’est re-tipar.
Au niveau de l’interprétation, c’est impressionnant aussi. On y croit. On croit à tout. On regarde des vrais gens, tout sonne juste, tout est correct dans le ton. C’est dingue.
Et puis la peur…Alors là…
Ah Balaguero et Plaza savent jouer avec nos nerfs putain. Cette construction en crescendo pendant 3/4h (la première rencontre, déjà bien tendue,
la chute du pompier, le réveil soudain du flic et du pompiers mordu, et tout ce qui suit…PU.TAIN.)
Puis arrive cette fin. Les 20 minutes les plus tétanisantes que j’ai pu vivre devant un film. Je n’ai JAMAIS autant flipper je crois (crispé, limite la main devant les yeux style "naaaan, j’veux pas voiaaaaaaaaahr".). Et les "coups de flippe" provoqués par les entrées brutales dans le champ de la caméra ne sont pas gratuites, c’est ça qui fait la beauté du tout, c’est logique, c’est cohérent, c’est pas qu’un effet de trouille facile (enfin...un peu, mais ça fonctionne vraiment).
Au final, ya un nombre d’images qui vont longtemps me hanter (rien que la toute fin,
le caméraman qui utilise sa caméra pour voir ce qui a provoqué la chute de la trappe du plafond, et le visage
de la gamine portugaise… Ou encore, juste après,
quand il utilise la vision nocturne, cette ombre squelettique (brrrr)…Ou encore la
réaction de la petite fille, super brutale et inatendue, et son visage de possédée, juste avant qu'elle ne monte les escaliers…Ou encore
sa mère, attachée aux barreaux des escalier qui, au début d'un plan est inerte, morte, et 30 secondes après elle est debout, fixant le trio... Ou encore quand Angela et Pablo
sortent de l'appart pour trouver les clés et que le pompier n'est plus là, la caméra se penche, et TOUS LES LIVING DEAD QUI REGARDENT EN L'AIR...Vive les cauchemards !), et le film rentre, sans aucun doute, dans la catégorie des classiques immédiats.
Ohlala…c’te film de fou furieux quand même !
J'ai eu du mal à dormir cette nuit /6