CITATION(Sans Nom @ 27 3 2007 - 17:16)

Mouais, faut arrêter aussi de déconner.
Avec ton système, un film ne peut exister que si il véhicule un message, que s'il est engagé.
C'est pas l'art qui est snob et bouffi de suffisance mais les maniaques qui cherchent à tout prix une caution intellectuelle.
Je suis tout à fait de cet avis. Si si.
Je n'ai jamais dit qu'un film ne pouvait exister que s'il était engagé.
Je crois aux oeuvres de simple divertissement, aux histoires qui sont juste des histoires.
J'aime les films "sans prise de tête" où des extraterrestres envahissent la Terre et se font refroidir.
Mais comme tu dis,
faut arrêter aussi de déconner. Mais dans l'autre sens.
"Predator" était un défouloir du feu de Dieu, un film sauvage, primal, "viril", ça ne l'empêchait pas d'être magistralement filmé et d'avoir un certain recul, au final, sur la barbarie humaine (témoin la scène des guérilleros massacrés sans pitié).
CITATION(Sans Nom @ 27 3 2007 - 17:16)

Ah oui, moa, t'voa, je mate que les trucs qui font "réflechir"
Ben quoi ? T'y arrives pas tout seul ? T'as besoin de te démarrer le cerveau, de te situer dans la societé en tant qu'intellectuel ? D'avoir l'impression de dominer les masses en détectant les messages cachés que le troupeau de bovins ne voit pas ?
Du tout. J'aime également le simple divertissement, comme déjà dit.
L'immonde sous-texte de "300" m'a frappé avec une telle force que je me suis senti obligé d'en parler longuement. Ça a limite été un traumatisme, et je comprends parfaitement la critique qui lançait "Comment une sous-culture subversive a-t-elle pu être récupérée avec une telle aisance par une idéologie puante ?".
CITATION(Sans Nom @ 27 3 2007 - 17:16)

Des oeuvres engagées, y'en a, elles sont clairement exprimées et j'ai pas de problème avec ça. J'en aime certaines au delà du raisonnable. Cependant, l'art n'a pas pour unique vocation de faire réflechir. L'art c'est avant tout apporter son lot d'émotions et toutes les émotions ne passent pas les multiples filtres du double voire triple langage codé pour esthètes avertis.
Ou alors faut m'expliquer pour Spiderman, Bad Boys 2, Star Wars, Mortal Kombat, Kickboxer et tous les autres.
Totalement d'accord. Je dirai même que l'art n'est pas "avant tout apporter son lot d'émotions", puisque "300" ne m'a apporté aucune émotion (à part de la répugnance) et qu'apparemment, je ne suis pas le seul. Pourtant, comme dit plus haut, je le considère néanmoins comme de l'art.
L'art au sens classique du terme, c'est une création avec une certaine recherche. Et sur le plan esthétique au moins, "300", c'est quelque chose.
CITATION(Sans Nom @ 27 3 2007 - 17:16)

Que reproche-t-on à 300 qu'on ne puisse reprocher aux autres films sans prétention intellectuelle ?
Allez cramer la Joconde, elle est pas subversive cette conne elle exprime rien !
Sinon pour Invasion Los Angeles, ok, c'est un film engagé doublé d'un côté nanar avec un catcheur comme comédien principal. J'aime bien mais bon, le film est un peu lourd dans le genre engagé mais au moins on sait que c'en est un (de film engagé). 300, c'est une démarche esthétique et premier degré, le reste n'a que peu d'importance.
Sauf si on veut mettre un sens à toute forme d'art, au bout d'un moment ça ne veut plus rien dire.
en plus imposer un sens à toute chose, c'est du fascisme !

C'est là que nous divergeons. "300" est idéologiquement puant. J'aime les films de pur divertissement et j'aime les films "premier degré". Mais là, l'oeuvre aurait mieux fait d'aborder le second degré, tant, en épousant de trop près la cause spartiate, en abandonnant tout soin dans la mise en scène (on a déjà parlé de l'utilisation abusive des ralentis, de l'absence totale de gestion de l'espace, de l'inexistence des personnages) et en retirant des répliques qui critiquaient le régime de Sparte pour en rajouter d'autres qui le rapprochent de la situation américaine, le film se condamne à la plus
nauséabonde des démarches. Si le mot n'a cessé d'être martelé dans le sujet, ce n'est pas un hasard, et ce n'est pas seulement du comique de répétition.
Je dirai aussi que dans ce contexte, le fait que le film se veuille "simple", "sans fond", "pop-corn", aggrave son cas.
D'une part, même comme un film pop-corn, c'est pas la panacée (déjà dit et répété et pas par moi).
D'autre part, le refus de toute réflexion, additionné à l'assaisonnement idéologique, pare "300" de relents nihilistes.
C'est nauséabond.