Je crois que vous êtes trop embourbés dans la culture de l'image, dans cette surcharge, cette surenchère continuelle d'informations permise par notre société, pour vraiment distinguer la force et les répercussions d'un film. Dois-je réellement citer "Le Cuirassé Potemkine" ou bien "Le dictateur" ? Le cinéma ne se réduit pas à être un miroir de son époque, un témoin d'une situation historique, il agit sur l'époque en question. Sans le film d'Eisenstein, on peut parier que jamais la mutinerie du Potemkine n'aurait été mondialement connu, et les conséquences sur la propagande communiste sont tout bonnement incalculables. Sans le film de Chaplin... hé bien, qui sait ? Vous savez ce qu'Hitler en pensait ?
Pour ce qui est de l'influence du cinéma sur l'évolution d'une personnalité, je peux citer certains films, mais aussi des livres et même une série de japanimation ("Neon Genesis Evangelion") qui ont été des révélateurs pour moi à certaines époques de mon existence, qui m'ont aidé à franchir des tournants, à sortir de dépressions ou même permis de conquérir certaines personnes. Sans les atomes crochus qu'étaient certains univers, jamais je n'aurais connu beaucoup de mes amis, avec lesquels je me suis découvert des "affinités de mentalités" grâce à ces oeuvres précises. Et parmi mes connaissances, je ne sais même pas combien je peux en citer qui sont dans mon cas. En tout cas, ça dépasse la dizaine.
CITATION
Tu as raison ! Quelle irresponsabilité ! C'est avec des attitudes comme ça que la "bête immonde" risque de ressurgir ! Non, mais, excuse moi d'être un mixte improbable entre nihiliste, cynique et/mais optimiste mais ce film va être digéré sans problème, sans même y accorder une pensée quelconque, par la majorité du publique qui "consomme" les "produits" filmique, comme un casse-croûte situé entre le repas et le dodo du soir et la reprise du boulot le lendemain.
Ouais, exactement. Sauf que
nous sommes ce que nous mangeons.
Ce qu'on digère sans même le considérer peut être encore plus déterminant que ce à quoi on accorde de l'importance. À un niveau purement alimentaire, les produits consommés affectent notre humeur de différentes manières. À un niveu visuel et inconscient, les images subliminales ont des effets relatifs mais conséquents sur la psyché humaine. Etc, etc.
Tu cites Carpenter. Hé bien, "Invasion Los Angeles", c'est le genre de films dont on manque actuellement. Trop de trucs "primaires et de simple plaisir" qui véhiculent en douce, volontairement ou non, des valeurs gerbantes.
Une absence de recul et de réflexion sur une oeuvre d'art peut être dangereuse. L'analyse d'un long métrage peut s'avérer masturbatoire, intellectualiste et tout ce que vous voulez... il n'en reste pas moins qu'elle a plus de chances d'être bénéfique que nuisible.
CITATION
Que dans une histoire chaque étape de l'écriture représente une prise de position dramaturgique, un choix et que l'apparente morale finale n'est que la résultante de ces choix et en aucun cas une "intention" préméditée comme dans une dissert' de 6ème.
Mais absolument pas ! Il y a bel et bien des artistes qui préparent leur note d'intention avant de commencer leur projet, ils sont même légion !
Cela dit, il y a aussi l'inverse.
Tu fais bien de ne pas séparer "message" et "divertissement" ! Je pense que les thématiques et idéologies charriées par les oeuvres d'art ne sont pas plus importantes que les histoires elles-mêmes. Elles peuvent l'être moins ou plus, selon le choix du créateur.
Une oeuvre, c'est de la forme et du fond. Une oeuvre peut offrir une certaine qualité sans chercher à asséner le propos philosophique du millénaire. Mais elle peut aussi choisir de le faire... et elle peut aussi éviter de s'enfoncer dans le... nauséabond.