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Version complète : La Vengeance aux Deux Visages - Marlon Brando
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L’histoire : Pris en chasse par la police Mexicaine, Rio (Marlon Brando) et Dad Longworth (Karl Malden) 2 pilleurs de banque, se retrouvent acculés dans le désert, un de leurs chevaux ayant été abattu. Dad, désigné pour aller chercher une autre monture, ne reviendra jamais s’enfuyant avec le butin, tandis que Rio est finalement arrêté et emprisonné. 5 ans plus tard, Rio s’évade du bagne à la recherche de Dad qui a trouvé refuge dans la ville de Monterey en Californie. Mais les choses ont changé, Dad est devenu shérif, marié à une Mexicaine déjà maman d’une jeune fille, Louisa (Pina Pellicer)…

A l’origine de La Vengeance aux 2 Visages (One Eyed Jacks), il y’a un roman de Charles Neider The authentic death of Henry Jones dont l’adaptation, après qu’un certain Frank P. Rosenberg acquiert les droits auprès de son auteur, fut confié à un scénariste quasi-inconnu : Sam Peckinpah. Rosenberg soumet alors l’histoire à Marlon Brando, particulièrement enthousiaste à la lecture du scénario. Ce dernier, par l’intermédiaire de sa compagnie Pennebaker, achète le script et propulse Rosenberg producteur du film. Fidèle à ses habitudes, Brando tient toutefois à apporter quelques modifications au scénario, mais souhaite, surtout, s’attacher les services d’un réalisateur dont les 2 premiers films l’ont fortement impressionné : Stanley Kubrick.
Brando/Peckinpah/Kubrick, l’équation n’a rien de simple, mais elle a de quoi faire jubiler n’importe quel cinéphile normalement constitué…

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Brando/Rio : Cowboy poseur


Mais l’histoire, qui aurait pu être mythique, ne débutera jamais. Si Kubrick accepte de diriger Brando, il est beaucoup moins à l’aise avec le scénario de Peckinpah auquel il décide d’effectuer une profonde refonte avec l’aide de l’écrivain Calder Willingham (Les Vikings, mais aussi Les Sentiers De La Gloire). Des retouches qui ne seront pas du goût de Rosenberg qui, à son tour, s’adjoindra d’un nouveau scénariste, le chevronné Guy Trosper (La Porte Du Diable). Pendant ce temps, Brando impose ses choix quant au casting et, en plus d’une actrice Mexicaine inconnue pour le 1er rôle féminin, il engage son compère Karl Malden là où Kubrick attendait Spencer Tracy. Entre le diktat de son acteur principal et les hésitations de son producteur à propos du scénario, Kubrick quitte One Eyed Jacks pour une autre proposition : Spartacus. Du moins dans son officielle version car officieusement, il s’entend dire que le réalisateur de L’Ultime Razzia aurait été purement et simplement renvoyé par Brando. A quelques jours du tournage et soumis à la pression de plus en plus forte de la Paramount, Rosenberg accepte finalement l’idée de voir Marlon Brando réaliser le film.

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Ben Johnson ou le western dans la peau


Mais devant comme derrière la caméra, le caractère de Brando ne change guère et ce dernier semble peu se soucier des délais imposé par la Paramount (à ce sujet il dira : "Je tourne un film, pas un horaire") modifiant souvent, réplique comme scénario et inspectant méticuleusement chaque détail des costumes. Si sur le tournage pèse l’ombre d’une omnipotente mégalomanie, personne ne s’en plaint, acteurs comme techniciens louant au contraire les mérites de leur novice réalisateur. Cette bonne humeur ambiante conjuguée au perfectionnisme de Brando suffit il pour autant à faire de One Eyed Jacks un bon film ? S’il ne fait aucun doute qu’il porte la marque de son réalisateur (western marginal au magnétisme certain, sublimé par la beauté de ses décors naturels), il est indéniable que One Eyed Jacks est également empreint des réminiscences de son premier script. Cette histoire sur la trahison d’une amitié associée au thème de la vengeance n’est-elle pas dans la plus pure tradition de la thématique de Sam Peckinpah ? Ajoutez-y une 1ère partie se déroulant au Mexique et des personnages constamment sur le fil du rasoir et vous obtiendrez tous les ingrédients nécessaires à un film du grand Sam.

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Fragile mais si belle Louisa


A l’instar de La Horde Sauvage, le passage dans la petite ville de Monterey aura d’importantes répercussions sur les protagonistes du film. Si la rencontre de Louisa par Rio n’aura d’incidence sur ce dernier qu’à la fin du métrage, l’arrivée de Dad Longworth à Monterey aura d’ores et déjà modifié le bandit en représentant de la loi. Un Shérif, qui sous son allure paisible, s’adonne parfois à de violent excès de colère et il ne serait d’ailleurs pas étonnant qu’Eastwood se soit inspiré de ce personnage pour celui interprété par Gene Hackman dans Impitoyable, notamment lors d’une séquence particulièrement révélatrice de la filiation entre Dad Longworth et Little Bill. Par ailleurs, One Eyed Jacks se traduit littéralement par "les valets borgnes", allusion aux valets d’un jeu de carte dont seul un profil apparaît. Toute l’importance du titre étant illustrée durant une partie de poker menteur entre Dad Longworth et Rio, fantastique affrontement psychologique démontrant, en plus de l’énorme talent de ces 2 acteurs, l’inéluctable issue attendant les 2 personnages.

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One Eyed Jacks…


Western à la réputation sulfureuse (6 mois de tournage, 6 millions de dollars et une durée initiale de 4H40) One Eyed Jacks est un film formidablement attachant, intense, un peu trop manichéen ajouteront certains, cynique mais toujours conforme à l’image de son acteur réalisateur. Un film portrait en somme, efficace, rehaussé par la sublime photo de Charles Lang Jr et à l’interprétation sans faute (en plus de Malden et Brando, Ben Johnson un habitué du genre et la jolie, mais alors très jolie Pina Pellicer aux antipodes physiques des actrices de l’époque). Malheureusement, il s’agira là de l’unique expérience en tant que réalisateur de Brando, échaudé par les coupes effectués au montage par la Paramount (peu enclin à distribuer un western aussi long qu’Autant En Emporte Le Vent) mais aussi parce que celle-ci contraint Brando de tourner une nouvelle fin (dans la 1ère version le rôle interprété par Pina Pellicer est tué dans la fusillade finale). Peu importe, le film n’a absolument pas vieilli (l’on est souvent fasciné par les personnages de salaud, Rio en est un, et la vengeance est un thème intemporel) et si pour le non-initié il y’a moult classique du western à découvrir, One Eyed Jacks demeure une œuvre fondamentalement à part. Coup d’essai, coup de maître.


PS: Une fois n'est pas coutume, le DVD est particulièrement pauvre. Oubliez les bonus (pas même la moindre trace d'une bande annonce) son mono et image non-restaurée (ou si peu)...Je devrais ouvrir une boîte d'édition tiens, pour réhabiliter tous les classiques et chefs-d'oeuvres laissés honteusement à l'abandon.. Ceci dit, Vous pouvez le choper à 2€ sur CDiscount.

PS2: Ca va être sympa ce topic, entre celui d'Apocalypto (que j'aime bucu), Rocky Balboa (que j'ai pô encore vu) et les Oscars 2007 (que c'est toujours sympa à mater malgré tout) laugh.gif . Mais bon ça m'détend alors... smile.gif
profondo rosso
Seul film réalisé par Brando mais une bonne grosse claque. Un cadre original en bord de mer qui donne une atmosphere différente de la norme du western, une violence brut de décoffrage pour les western américain de l'époque et anticipe celle du western spaghetti(la scène où Brando se fait fouetter puis broyer les mains "Django style"calme toujours autant) et une belle ambiguité. Karl Marlden en belle pourriture et Brando une sacré ordure aussi dans sa vengeance qui séduit la belle fille de son ex meilleur ami. Excellent et c'est vrai que le dvd 1 euros cdiscount est moisi de chez moisi à quand une belle édition ? super topic Cfury en double en plus icon_mrgreen.gif
Cfury
CITATION(profondo rosso @ 24 1 2007 - 22:57) *

(...)
super topic Cfury en double en plus icon_mrgreen.gif


blush.gif sad.gif

Ca y est, Peav' s'est chargé du doublon
Cfury
CITATION(Babycart dans Z'avez maté quoi aujourd'hui?)
La Vengeance aux deux visages de Marlon Brando

Bon Brando n'était pas un grand metteur en scène mais force est de constater que son western est assez original pour l'époque. Souvent contemplatif, avec un minimum d'action (Dix coups de feu en 2h20, on n'est pas dans La Horde Sauvage)et des personnages bien caractérisés, le métrage est courageux. De plus, le thème de la vengeance est ici traité sur un mode relativement inhabituel, le héros, ivre de rage, abandonnera pourtant ses envies de "payback", se rendant compte qu'il a plus à perdre qu'à y gagner. Le cast est très bon et l'étoile filante Katy Jurado inoubliable. Vraiment un western atypique qui souffre de quelques longueurs excessives sans gâcher véritablement le plaisir de la vision.


Voilà, il est mieux ici smile.gif .
Oh ça va, y'a pas de mal à se faire du bien
johnny walker
Très bon western que la seule réalisation de Brando, avec un Karl Malden exellent dans un rôle ambigu et un Brando impérial en bandit prêt à tout pour se venger.Les multiples plans avec la mer en arrière plan retranscrivent toujours l'état psychologique des protagonistes et le film se permet certaines scènes vraiment inspirées comme la torture au fouet. J'ai bien aimé le paradoxe du film, Brando dit que Malden lui a gaché sa vie mais, finalement, il lui offre plus tard indirectement la vraie chance de sa vie avec sa fille adoptive. Vraiment un très bon film avec un Brando exellent.
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