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Version complète : American Me - James Edward Olmos
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Cfury


L’histoire : Au sein de la prison de Folsom, Santana (James Edward Olmos) et son gang, La Primera, règne en maître, exerçant un contrôle absolu sur le trafic de drogue et la prostitution à l’extérieur, comme à l’intérieur de la prison. Mais après presque 20 ans de sa vie passé derrière les barreaux, Santana est enfin libre…

James Edward Olmos à 45 ans lorsqu’il passe pour la première fois derrière la caméra, précédant une carrière d’acteur ayant débuté dans les années 80 et dont le rôle le plus populaire, demeure celui du Lieutenant Castillo qu’il tiendra dans la série Miami Vice pendant un peu plus de 6 ans. Fort donc d’un projet qu’il aura mis un peu plus de 15 ans à mettre sur pied, Olmos s’attelle à la réalisation d’American Me.


Marqué par la haine...


Si James Edward Olmos semblait si attaché à ce film, c’est sans doute parce qu’il a toujours porté une attention toute particulière à l’évolution de sa communauté aux USA, impliqué qu’il fut (et demeure toujours d’ailleurs) dans des actions sociales pour les Latino-Américains. Car en plus de soulever le douloureux problème des gangs et de la prison, le récit d’American Me lui permettait de mettre en scène une communauté Hispanique très peu présente au cinéma dans des rôles majeurs. Inspiré de faits réels, le film s’attache à suivre le personnage de Santana, de ses débuts en prison à sa tentative de réinsertion sociale. Si une bonne partie du métrage se déroule derrière les barreaux, American Me est pourtant dépouillé des codes destiné au genre. Ici, pas de matons sadiques ni de Directeur véreux. Pas de tête de turc dont le héros prendrait la défense non plus, comme il n’y a pas plus de plan d’évasion échafaudé par des détenus liés par une amitié naissante. A Folsom, on purge sa peine jusqu’au bout, le cul ouvert ; on découvre comment la came pénètre et circule en son enceinte et l’on apprend que les coups de surins sont autant destinés aux amis qu’aux ennemis. Voilà l’état dans lequel Olmos filme les cellules, avec autant de brutalité que le viol subit par son personnage à son arrivée dans une prison pour mineurs.


William Forsythe - James Edward Olmos : Les Princes de la Ville


Mais plus qu’un film sur les agissements des gangs en prison, American Me c’est l’histoire de la rédemption d’un personnage qui aura passé sa vie avec la violence pour alliée. Avec énormément d’humilité et sans jamais verser dans le pathos, James Edward Olmos filme son personnage libéré physiquement dans les rues de L.A., mais toujours entravé dans sa démarche d’en terminer, psychologiquement, avec la prison. Quelle scène ne symbolise t’elle pas mieux ce sentiment, que celle nous montrant un Santana faisant pour la 1ere fois l’amour à une femme et, frustré de son inexpérience, se laisse aller à une violence comparable à celle qu’il faisait subir aux autres à Folsom ?


Ca se passe comme ça dans la prison de Folsom...


En dehors d’un début plutôt raté tant sa narration rappelle le Scorsese du pauvre, le film de James Edward Olmos est habité par une très grande force de conviction dans ses propos et dont certains dialogues sont particulièrement maitrisés dramatiquement pour une 1ere réalisation (il y’en a beaucoup dans ce film, mais je retiens celui opposant Olmos à Forsythe à la fin du film). Dominé dans sa dernière demi-heure par un bouleversant final, James Edward Olmos avec son premier et unique long, marquait au fer rouge - sur le thème a priori racoleur des gangs et des prisons - les lettres du mot "émotion" sur notre peau.



La Cliqua de la Primera



PS : Bonne nouvelle pour ceux qui ne posséderaient pas (encore) le Z1, un Z2 est annoncé pour février 2007.
spanky
cultissime ce film.une epopée d une puissance dramatique incroyable d un homme qui a passé les 3/4 de sa vie en zonzon.un rise and fall de grande qualité avec james olmos habité par son personnage de parrain qui a du mal a s adapter au retour dans la société.puis la prison de folsom c est pas celle de prison break biggrin.gif .puis ce final unsure.gif sacrement burné .je prefere sans remission aux princes de la ville qui est sortit 2 ans plus tard.
adamo
Indeed très bon , ah la scène d'amour ninja.gif .
Par contre ça sent le doublon, non.Un topic de Waco il me semble.
Cfury
Waco? L'homme qui m'avait grillé sur The Conversation biggrin.gif ? Non, j'ai vérifié et en fait on en avait parlé le temps d'un post sur le topic des Princes de la Ville justement. Qui ne tient pas une seconde la comparasion avec le film d'Olmos d'ailleurs...
spanky
CITATION(Cfury @ 28 12 2006 - 19:36) *

Waco? L'homme qui m'avait grillé sur The Conversation biggrin.gif ? Non, j'ai vérifié et en fait on en avait parlé le temps d'un post sur le topic des Princes de la Ville justement. Qui ne tient pas une seconde la comparasion avec le film d'Olmos d'ailleurs...

c est clair que les princes de la ville ca fait telefim comparé a ce missile qu est sans remission
adamo
Ah vi m'en souviens Cfury c'est vrai.D'ailleurs il me semble aussi qu'on précise dans ce topic qu'en fait "les princes de la ville" que j'aime pas mal même si effectivement les 2 ne boxent pas dans la même catégorie est véritablement un téléfilm.
dutch
non non BLOOD IN BLOOD OUT aka BOUND BY HONOR est bien un film de cinema sorti aux States le 16/04/1993, produit par Hollywood Pictures pour un budget de 35 M de $

faut que j'aille faire un tour sur le topic s'il existe encore...
Cfury
Un Up, un vrai :


Sortie en Z2 chez nous dans la collection Universal début février. A 9.99€, voilà une galette qui s'offrira toute la nuit à votre lecteur DVD.
Par contre, ces bâtards avaient pas annoncé une édition collector? Fuck!
dutch
est-ce que c'est sponge worthy... Euh! dvd worthy hein! wink.gif
Cfury
Attendre un peu plus de 10 piges pour sortir un Z2 à peine mieux dépoussiéré que le DVD US, c'est quand même ridicule. On a l'impression qu'des fois, les mecs tombent sur des cartons qu'ils avaient oubliés!
Sanjuro
Vu hier soir:
Je me joins à la dithyrambe générale, ce film est une petite bombe.
Ok, les permières minutes font un peu "sous-Scorsese", mais passé le premier quart d'heure de film c'est l'avalanche de scènes fortes (la scène d'amour, le dialogue avec le père, l'étranglement "non, ne me regardes pas dans les yeux", etc...) et le crescendo dramatique de la dernière demi-heure (s'achevant sur un plan final glaçant) laisse sur le cul...Plus que Scorsese, je trouve que American me possède un petit côté frères Hugues de la communauté latino-américaine, ce qui n'est pas pour me déplaire (mais étant donné que le premier film des frangins est sorti à peu près en même temps, je ne pense pas qu'il y'ait eu quelconque influence). Bref, un film rude et profondémment émouvant proposant une vision de la prison très éloignée des clichés cinématographiques en vigueur.

Excellent quoi...

Voila
Cfury
CITATION(Sanjuro @ 17 2 2007 - 10:45) *
Excellent quoi...



Merci, on peut locker le topic.
Waco
Pas avant que je me joigne également au concert de louanges amplement mérité pour ce film car oui, moi aussi je l'adore (et adamo a une bonne mémoire car j'avais effectivement consacré un topic à cet uppercut à l'occasion de la sortie du zone 1 -mais c'était sous un autre pseudo donc tu es lavé de tout soupçon Cfury wink.gif - et puis de toute façon, on ne parlera jamais trop de cette bombe).
LMD
Au niveau de la réalisation c'est plus que correct même si on n'atteint pas les cimes de l'Olympe (forcément), il y a quelques séquences qui marquent visuellement -le dernier plan par exemple-. La force du film se situe plus ailleurs et dans les situations traitées (la scéne d'amour est un cas unique à ma connaissance et une "belle" -forte- idée pour illustrer comment la prison à changé un homme, surtout quand il y est entré aussi tot) et c'est déjà une grosse baffe dans la gueule. Olmos évite tous les ecueuils de ce genre de films en esquivant le sentimentalisme (à la Boyz'n'the Hood) ou une quelconque glorification (à la plein de films). Il y a aussi d'excellentes idées de castings comme de choisir Forsythe et Cary-Hiroyuki Tagawa, ce qui n'allait pas de soi.

Je ne sais plus si ca a été dit mais Olmos à subi des tentatives de rackets de la part de "la Eme" (la vrai), des menaces évidemment, et des consultants du films aurait été assassiné par la mafia mexicaine. Malheureusement ca en dit long sur le degré de véracité du film...
Redux
CITATION(Cfury @ 28 12 2006 - 04:26) *
Quelle scène ne symbolise t’elle pas mieux ce sentiment, que celle nous montrant un Santana faisant pour la 1ere fois l’amour à une femme et, frustré de son inexpérience, se laisse aller à une violence comparable à celle qu’il faisait subir aux autres à Folsom ?


C'est surtout qu'il ne connaît rien à l'amour si ce n'est les étreintes brutales entre co-détenus. Ce qu'il reproduit ici à son plus grand désarroi.


En fait, Santana a toujours vécu enfermé, les carcans dun monde carcéral s'étant substitué à ceux du monde des gangs. Son emprisonnement a été pour lui une vraie promotion dans la mesure où cela lui a permis d'asseoir son autorité beaucoup plus vite que si il était resté dans les rues de Los-Angeles.

Sans rémission est un film sobre qui, sous couvert du destin tragique d'un personnage, dénonce l'impasse que représente l'affiliation à un gang. Bien qu'ayant vécu plus de trante ans, Santana n'aura finalement rien connu de la vie et de ses plaisirs simples. Tout au plus les aura t-il entrevus le temps d'une brève idylle avec Julia. Et le peu qu'il a vu a suffi à ouvrir une brèche suffisament importante pour qu'il remette en question toute son existence et paraphe, par la même occasion, son arrêt de mort.
LMD
Le film montre certes l'impasse mais aussi la persistance de ce systéme qui se répéte de génération en génération. Comme Ringo Lam (voir lien dans ma signature) dans Schools on Fire, les gangs sont une organisation sociale qui se substitue à la structure officielle la ou elle est déficiente, entrainant un véritable retour en arriére, puisque c'est grosso modo la loi du plus fort et de la meute.
profondo rosso
Pas trop convaincu par le côté fresque sur l'histoire de la communauté latino US qui s'amorce au début (la scène avec les zazous) avec un côté sous Scorcese pas très heureux, certaines ellipses malheureuse (la transition prison pour mineur/ Folsom) dues à un Edward James Olmos trop vieux pour le rôle à ce moment du film. par contre le portrait de cet homme ne connaissant que les rapports de forces de la prison est vraiment puissant et sans concession. La brutalité et la violence de la vie carcérale est montrée dans toute sa crudité avec assassinats en règle et agression diverses (la scène de viol d'Olmos et ce qui s'ensuit est vraiment éprouvantes) avec cette volonté constante d'être impitoyable et de ne pas montrer de faiblesse. Toutes les scènes où Santana découvre la vie à sa sortie de prison sont excellentes, notamment celles où il ne peut s'empêcher de reproduire les codes de la prison (chez le marchands de chaussure) et fait ressurgir la violence qui est en lui (son premier rapport avec une femme où il reproduit les étreintes brutales entre co - détenus avec un montage parallèle d'une de ses agressions). Edward James Olmos, sobre et habité livre une belle prestation et sa (seules ?) réalisation fait plus que tenir la route, notamment une dernière demi au crescendo dramatique poignant, où on voit Santana remettre en cause ses convictions à ses dépends et où on découvre que la spirale de violence n'est pas prête de s'arreter. 5/6

Ca m'a pas mal rappelé Les Princes de la ville en bien mieux
Zak
Etant donné que le film est disponible dans toutes les bonnes solderies à 1 euro, j’ai donc tenté cette unique réalisation cinématographique de Edward James Olmos (je précise au cinéma car il a notamment réalisé des épisodes de BSG). Un film avec William Forsythe tondu ne peut que être bien et j’ai eu raison. Une bonne surprise donc pour une œuvre d’une noirceur abyssale (la fin est quand même terrible et d’une violence estomaquante) entre le film de prison et celui scorsesien de description d’un milieu mafieux (avec William Adama dans le rôle du parrain, ça le fait).
dmonteil
Et bein c'est vachement bien.
C'est dommage qu'Olmos n'ait fait qu'un film, parce qu'il a vraiment du talent, mais on sent bien que c'est le "film d'une vie". Je ne savais pas qu'il avait mis 15ans à le faire, mais ça ne m'étonne finalement pas.
On parle pas mal de Scorsese pour le début, et c'est vrai, mais comme Sanju, c'est avec le 1er film des frêres Hughes que je vois le plus de rapport: une tonalité radicale et brutale, des personnages qui ne sont jamais jugés par le cinéaste, pas de sentimentalisme mais une émotion présente...

Olmos a enquillé les bons choix dans le casting, dans les ruptures de rythmes, dans la mise en scène aussi. Et puis cette fin. Les 25dernières minutes sont remarquables, et la gestion du montage parallèle exemplaire.

Un bien bon film quoi.
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