CITATION(Dabdas @ 17 12 2006 - 18:59)

CITATION(Lurdo @ 16 12 2006 - 20:07)

CITATION(Karibou @ 16 12 2006 - 17:32)

Le coup de la panique generale de l'emission de Welles c'est pas une legende urbaine qui a grossi avec le temps?
Genre en vrai y'avait quelques echafourrés et d'années en années ca s'est transformés en veritable panique.
Yup. Le bilan définitif de cette pseudo panique se résume en fait à une jambe cassée, celle d'un mec qui a glissé dans son escalier par précipitation.
On est loin des embouteillages monstres, des carambolages, des pillages, bref, du mythe de la panique générale régulièrement ressortie par certains pour illustrer le pouvoir des medias et la crédulité du peuple.
Si pouvoir des medias il y a eu, c'est bien celui de la presse, qui d'une poignée de témoignages répétés jusqu'à plus soif, en les déformant chaque fois un peu plus, et en les multipliant de manière exponentielle dans les 3 jours qui suivirent, a donné naissance à un mythe urbain les plus connus du 20è siècle.
La RTBF (télé belge de service public), après son canular, n'a évidemment pas manqué de convoquer Orson Welles et son adaption radio de la Guerre des mondes avec le Mercury Theatre. Ce qui est marrant c'est que 2 sujets aux thèses totalement opposées ont été diffusés: s'appuyant sur le livre
"La guerre des mondes a-t-elle eu lieu?" du sociologue
Pierre Lagrange (auteur du très intéressant
"La rumeur de Roswell"), l'un affirmait que la panique causée par Welles est un mythe ; l'autre, sur base d'images d'archives et d'une interview de Welles, soutenait le contraire... Belle diversité d'interprétation des faits!

Comme vous, j'ai tendance à croire que l'effet a largement été exagéré au fil du temps. Même si, dans mes souvenirs, l'émission avait bel et bien été annoncée comme une fiction mais que Welles, très intelligemment, avait tenu compte du "zapping" des auditeurs qui changeaient de station à la fin des émissions concurrentes et débarquaient sur un faux flash info sans savoir que c'était fictif... C'est sûrement un mythe qui s'est construit comme preuve du pouvoir de manipulation des mass médias (et donc du caractère influençable du public) mais peut-être aussi, plus simplement, du génie précoce de Welles (il n'avait que 23 ans à l'époque!).
Ben techniquement, il y a eu une demi-heure d'émission sans annonce. Le show d'Orson Welles commençait par une annonce présentant le truc comme une oeuvre de fiction, interprétée par Orson Welles et sa troupe, qui toutes les semaines à cette heure faisaient une adaptation différente. Puis effectivement, après le monologue d'introduction du bouquin, un peu remanié, ça partait dans des pseudos flashs infos/directs pendant une demi-heure.
Intervenait alors une rupture dans la narration, une nouvelle annonce expliquant que ce n'était qu'une fiction (annonce motivée par les coups de fils inquiets de certains auditeurs), et ça reprenait pour le reste de l'émission avec une narration à la troisième personne, comme dans le bouquin, donc plus moyen de s'y tromper.
Donc voilà, même en tenant compte du pouvoir des médias, le créneau dans lequel tu pouvais potentiellement tomber dans le panneau était extrèmement limité... Et quand bien même, il suffisait de rester à l'écoute pour s'apercevoir que c'était bidon.
Après, il faut savoir que Welles dit à ce sujet un peu tout et son contraire, dans ses interviews de l'époque. Juste après l'émission, dans les journaux, il se défend d'avoir voulu tromper ses auditeurs au delà du cadre de l'émission, et que c'était juste sensé être de la fiction, sans intention de tromper ses auditeurs... et quelques semaines plus tard, il change d'avis, et prend la posture du grand génie manipulateur... (parce qu'il n'est pas con, le welles, il a bien compris que ça lui permettait de se construire une réputation, d'être "celui qui a trompé l'amérique")
Donc c'est comme tout, en choisissant bien les interviews et les images d'archives, on peut démontrer tout et son contraire. (après tout si on veut, il suffit de prendre une ou deux interviews + des images bien sélectionnées, et on arrive à faire croire au monde entier que la france est à feu et à sang, râvagée par des émeutes sanguinaires en banlieue)