Vu ce Turistas dont Mad avait fait une preview super alléchante et qui va comme d'hab se faire démolir en trois lignes dans le cinéphage. J'en attendais pas grand chose, juste un truc sympa dans la lignée de son
into the blue, petite série b modeste et fun qui révélait un metteur en scène sachant un minimum tenir sa caméra. Hélas Stockwell rate complètement le coche avec ce wannabe-survival sans couilles ni enjeux, la faute en grande partie à un script timoré qui n'assume jamais ses vélléités hardcore ou son approche censément réaliste.
le résultat n'est pas non plus une purge innommable, on retrouve même quelques qualités (déjà présentes dans son précédent film) comme la photo somptueuse et les magnifiques scènes sous-marines. Ce cachet visuel assez classieux tranche d'ailleurs radicalement avec la beauferie du réal qui (on le sait) adore filmer des culs en string et s'en donne à nouveau à coeur joie.
Mais le pire est à venir car le meilleur du film réside encore dans sa première partie, qui fait monter correctement le suspense et installe un gentil petit malaise, laissant même entrevoir un certain potentiel horrifique (débile certes, mais jouissif !). C'est à partir de ce moment là que le récit dévoile ses limites et que le film perd tout intéret, un peu comme si le staff se désintéressait du métrage dès lors que celui-ci propose autre chose que des chagasses en maillot de bain (les fans de genre apprécieront

).
Le scénar ayant été visiblement torché à la va-vite par des mecs n'ayant aucune affinité avec le cinéma d'horreur et n'en comprenant pas les codes, le film se contente de pomper la vague trash du moment - Hostel en tête - et ses figures obligées (séquestration, torture, revanche) sans chercher à proposer quoi que ce soit d'original. On assiste donc à un enchainement de renoncements et d'incohérences foireuses en tout genre (le coup de la grotte sous-marine, digne d'un Scary Movie

), les péripéties les plus téléphonées se succèdent avec un manque d'entrain flagrant et les quelques plans saignants ne choqueront que ceux qui n'ont jamais vu un seul film gore (je parles de la version unrated, là). Bref un foutoir complet, d'autant que la mise en scène jusque là fonctionnelle de Stockwell se met à devenir erratique, voire complètement déficiente lors du climax à la ramasse qui n'exploite pas son potentiel anxiogène ni ses rares bonnes idées.
Pour résumer formellement ça tient plus ou moins la route mais même en revoyant à ses ambitions à la baisse (genre se mater un direct to dvd pourri mais distrayant) le fond du film achève les meilleures volontés. Déjà l'histoire enfile comme des perles les pires clichés sur l'Amérique latine, mais là où Hostel désamorçait sa vision caricaturale de l'Europe de l'est par un second degré constant Stockwell tombe dans le ridicule achevé, le summum de la connerie étant atteint avec le speech du bad guy (pas terrifiant pour un peso) :
« yé vais préléver les organes des encoulés dé gringos pour les donner à oun hopital des favelas, histoire dé rétablir la balance !!!» (en gros)
Là c'est un peu la consternation générale quand même, l'impression de voir le réal se tirer une balle dans le pied en direct...........mais d'un autre côté c'est peut-être là que se situe le seul intéret du film, d'un point de vue sociologique : proposer le mètre-étalon de la parano post-11/09 ou post-guerre en Irak (même si c'est pas joliment dit), avec tout ce que ça comporte d'auto-apitoiement, de sado-masochisme et d'ignorance crasse fièrement revendiquée. Instructif et consternant, de quoi conforter les teenagers dans leur vision tronquée du monde et perpetuer les mêmes schémas de pensée moisis sans les questionner.........quoique apparemment le film s'est vautré au B.O (yesssssss) donc tout n'est pas perdu.

Perdezpas1h30devotreviepourça/6