Bon, je crois qu'il est temps de faire un petit bilan de ce que j'ai vu depuis la dernière fois, ce qui va me permettre de mettre un frein temporaire à mon actuelle frénésie compulsive qui me pousse à enchaîner les épisodes comme on enfile des perles. Alors attention, ça spoile énormément de la fin de la saison 2 à la fin de la saison 5, z'êtes prévenus.
J'en étais donc resté au final de la saison 2 qui introduit les Jem' Hadar et qui donne enfin un véritable "visage" au Dominion, rendant la menace plus concrète qu'un simple nom qui diffuse une crainte non moins réelle. La saison 3 continue sur cette lancée en dévoilant dès le début qui sont les Fondateurs du Dominion. C'est le premier gros choc de la série, puisqu'on ne s'attend pas forcément à ce que Odo sache qui il est et d'où il vient aussi tôt, et encore moins à ce que ses congénères représentent l'ennemi. Ce n'est que d'autant plus intéressant car cela le place dans une situation difficile à vivre, avec des sentiments ambivalents (ça de toute façon c'est une des caractéristiques de la série sur laquelle il est très intéressant de se pencher mais j'aurais sûrement l'occasion d'y revenir plus tard). Mais il faut attendre jusqu'à la fin de la saison avec le double épisode
Improbable Cause -
The Die Is Cast pour une évolution de la situation, avec une première offensive contre le Dominion, orchestrée par les deux services secrets des Cardassiens et des Romulans, à savoir l'Obsidian Order et le Tal'Shyar (si toutefois cela s'écrit comme cela, je suis pas bien sûr) et qui met en lumière certains évènements s'étant déroulés auparavant, comme cette fameuse base secrète présente dans l'espace Cardassien que le Maquis voulait détruire en fin de saison 2 et dont Dukat ne connaissait pas l'existence, qui n'était autre qu'une force armée ; un toutélié bien sympathique ma foi. Outre le fait que cette offensive est un véritable désastre, sur un autre plan c'est assez jouissif de voir les Romulans pour une fois en action. C'est la race la plus mystérieuse de l'univers Trek : on entend tout le temps parler d'eux et généralement pas en de bons termes, on les voit peu et généralement pas sous leur meilleur jour, on ne connaît donc rien de leur culture ; donc quand on les voit dans ces conditions, on profite !
Malgré tout cela, on sent que cette saison est une transition entre le DS9 qui avait encore quelques attaches avec TNG et le vrai DS9. Les choses se mettent en place doucement : avec l'arrivée du Defiant, la promotion de Sisko au rang de capitaine en fin de saison, et cette attaque prévue par les Changelings qui se sont chargés d'infiltrer l'Alpha Quadrant pour se débarrasser de leurs ennemis sans trop forcer, tout tend vers une situation inextricable. A côté de ça, la grande force de la série est de proposer une foutitude d'épisodes centrés sur les personnages, de façon encore plus flagrante dans cette troisième saison. Parmi les évènements marquants, on note la mort de Bareil que j'appréciais beaucoup, l'apparition de Jennifer dans l'univers miroir, celle de Shakaar qui permet d'empêcher Winn de prendre les rênes du gouvernement de Bajor et d'être à la fois un leader spirituel/religieux et politique (séparation de l'Eglise et de l'Etat, tout ça ^^), Jake qui ne veut pas entrer à l'Académie mais qui voudrait devenir écrivain, ou encore le passage de Riker (Thomas, pas William) qui est sans doute plus savoureux quand on a maté TNG. Et comme à l'accoutumée les épisodes centrés sur les Ferengis sont excellents, notamment quand le Nagus Zek réécrit les Règles d'Acquisition sous l'influence des Prophètes et la consternation de Quark à ce sujet qui leur rend directement visite pour régler le problème.
Le début de la saison 4 se charge de remettre les Klingons sur le devant de la scène. Si on ne les voyait pas beaucoup depuis le début de la série, ils rapparaissent en force en attaquant Cardassia qui est affaiblie par son changement de gouvernement et qui tente de se reconstruire. La Fédération se voit donc obligée de gérer à la fois la menace Dominion qui n'en est padiminuée avec des Jem' Hadar bien présents dans le Gamma Quadrant, et une situation délicate avec des Klingons qui dont la soif de retrouver leur gloire d'antan les rend bien dangereux. Si on ajoute à ça le fait que le problème Maquis n'est pas résolu, Sisko ne sait plus trop où donner de la tête. La très bonne idée de sisko (et des scénaristes ^^), c'est de transférer Worf sur la station pour s'occuper de ce qui concerne les Klingons : non seulement c'est cohérent mais en plus cela donne de nouvelles perspectives à un personnage complexe, qui doit s'adapter à une nouvelle vie et à de nouvelles fonctions. Un ajout que je trouve bénéfique pour la série, car cela ne fait pas de mal d'apporter un peu de sang neuf de temps à autre, pour trouver de nouvelles dynamiques (même si en l'occurrence ici le sang neuf vient de la série précédente). La tension est donc bien présente, avec des affrontements contre les Klingons, d'autres contre les Jem' Hadar, ou des situations plus alambiquées comme quand l'équipage du Defiant se joint à une unité de Jem' Hadar pour combattre des Jem' Hadar renégats. Au fur et à mesure il devient évident que tout cela ne va pas se résoudre d'un coup de baguette magique, d'autant que les Changelings sont infiltrés un peu partout, jusqu'à la Terre, au sein même de Starfleet. Le double épisode qui se déroule sur le paradis qu'est devenu la Terre est d'ailleurs très bon, sur un thème qui peut paraître classique (la fin justifie-t-elle les moyens ?) mais qui est très bien exploité et qui joue à fond sur la relation entre l'Amiral Leyton et Sisko, qui se voit obligé de s'opposer à son ancien supérieur. On parle donc également de loyauté et de ce que cela signifie, de trahison, et aussi de paranoïa avec la présence de quatre Changelings sur Terre, Sisko en venant à soupçonner son père d'en être un. J'en profite au passage pour signaler que c'était une idée merveilleuse de faire de Nog un élève à l'Académie, c'est une très belle évolution et l'uniforme lui sied bien.
Outre la situation politique bien compliquée, au niveau des personnages c'est tout simplement extraordinaire. J'ai déjà parlé de Worf qui apprend à la dure que le commandement n'est pas aisé, mais ça bouge à tous les niveaux et on s'aperçoit qu'une vraie toile a été tissée puisque tous les personnages interagissent entre eux, et les relations évoluent. Odo souffre de voir Kira avec Shakaar, Kira prend conscience qu'elle a une attitude trop déférente envers Sisko pour avoir une véritable relation amicale avec lui, Garak et Bashir sont toujours aussi excellents ensemble, Rom se rebelle et se libère du joug de Quark, Dukat devient encore plus énorme avec sa fille car ça le rend encore plus complexe, et son duo avec Kira est croustillant... Je me permets également de dire que DS9 est ce que j'ai vu de mieux en terme de gestion de la grossesse de l'une des actrices du show (parce que j'imagine que c'était pas du chiqué la rondeur du ventre de Nana Visitor ^^). Le fait que Kira porte le bébé des O'Brien est une très bonne idée, puisqu'en plus elle rapproche Chief O'Brien et le Major. Tioens, parlons en de notre cher Miles, parce qu'il a quand même pas de bol : après avoir connu des soucis d'ordre temporel et avoir dû retourner dans le passé de trois heures parce qu'il s'est vu lui-même mourir, il se fait punir en vivant 20 ans d'emprisonnement qui ne se sont déroulés que dans son esprit. Dur dur. Enfin, cette saison est particulièrement difficile pour Sisko : son fils se sacrifie pour lui dans un épisode beau à en pleurer (ce que j'ai fait d'ailleurs, tant The Visitor est un épisode exceptionnel, tout en émotion sans jamais tomber dans le mélo en mettant en avant une relation père-fils comme je l'ai rarement vu), il doit accepter une deuxième fois la mort de Jennifer même si c'est dans l'univers miroir, il se fait trahir à la fois par Casidy et par Eddington... Dur dur². A noter deux épisodes complètement délirants : le crash de Roswell revisité par les Ferengis (c'est une tradition, chaque épisode centré sur les Ferengis est une réussite), et James Bond à la sauce Julian Bashir, qui renoue avec la tradition TNG des épisodes dans les holodeck, ce qui montre bien la différence entre TNG et DS9. Ca me fait du coup repenser à une scène où Worf et O'Brien sont attablés chez Quark, et où Worf dit qu'ils étaient capables de tout faire sur l'Enterprise, rien ne les faisait reculer, et Miles de lui répondre
"Except for keeping the holodecks to work right". Ces petites références à TNG sont toujours agréables.
Rha, et cette fin de saison ! N'importe quoi, Gowron peut pas être un Changeling ! C'est trop gros, pfff. sauf que non en fait c'est pas lui, c'est Martok, comme nous le montre le début de la saison 5. Une saison 5 qui ne lance pas encore les choses sérieuses mais qui continue de disséminer des éléments par-ci par-là, comme les visions que Sisko reçoit des prophètes qui lui indiquent notamment que Bajor ne doit pas être affiliée à la Fédération, Dukat qui a secrètement mené des négociations et qui s'est rangé sous la protection du Dominion et qui permet donc une installation des Jem' Hadar dans l'Alpha Quadrant, les Klingons qui changent de position car Gowron semble avoir repris ses esprits et est assez lucide pour voir que son intérêt n'est pas de combattre sur deux fronts à la fois. Et évidemment, comme on s'en doute depuis le début de la saison 3, ce qui devait arriver arrive : tout ça finit par péter, et la guerre est enclenchée par un acte symbolique : le raid des Cardassiens et des Jem' Hadar sur Deep Space Nine, dans une bataille époustouflante où ça explose de partout et qui nous en met plein les yeux. La station, le Defiant et le Bird of Prey de Martok (le vrai, qui roxxe bien plus que le Chnageling) contre toute cette flotte en attendant les renforts, c'est quand même assez déséquilibré comme combat. La guerre est enfin lancée, et les deux dernières saisons risquent d'être passionnantes. Je fais un petit aparté à ce sujet avant de revenir à la saison 5, pour souligner que ce tournant ne me semble pas constituer un élément suffisant pour dire que DS9 et B5 sont deux fois la même série. Pour moi les postulats de base sont totalement différents, et l'évolution aussi : B5 nous parle de la difficulté de construire un monde meilleur et d'installer une paix durable quand on ne connaît que la guerre et les conflits, DS9 voit des gens apprendre à faire la guerre car ils sont avant tout pacifiques. Il y a certes des thèmes communs aux deux séries mais ils sont traités de façon différente. Il est par contre évident que les deux sont complémentaires, mais c'est à développer ailleurs (d'ailleurs, je rappelle que certains avaient proposé une guerre DS9/B5 sur le topic "qui a la plus grosse" ^^).
Je reviens une fois de plus sur les personnages qui ne stagnent jamais dans cette série. Odo est encore une fois touchant à plus d'une occasion, avec une multitude d'épisodes qui lui sont consacrés, e revenant sur son passé sur Terok Nor, ou sur l'amour qu'il porte à Kira, qu'il lui déclare d'ailleurs dans un superbe épisode où l'équipage du Defiant se crashe sur une planète peuplée de leurs descendants, et dont le final porte à réfléchir (comme beaucoup d'épisodes d'ailleurs). Rom prend plus de pronfondeur et sa relation avec Leeta est assez drôle vu les différences de culture. Sisko est à la limite de la rupture en se mesurant à Eddington, qui fait un très bon méchant, pas unidimensionnel pour autant. DS9 n'est pas une série manichéenne et les personnages, "bons" ou "méchants" ne sont pas parfaits, font des erreurs, sont ambivalents, ce qui rejoint ce que je disais plus haut. Je crois que le meilleur exemple pour illustrer mon propos est Dukat, qui peut être selon les moments agaçant, détestable, répugnant, drôle, voire même touchant quand il s'agit de Ziyal car l'amour qu'il porte à sa fille est réellement sincère. Cela nous oblige à réfléchir à leurs actions, et c'est sans doute ça le plus important dans une série.
Mais je n'ai pas fini ! Après avoir visionné les deux premiers épisodes de la saison 4, j'ai également vu les films 8 & 9, donc je vais faire un petit topo.
First ContactFilm exceptionnel. Tout est réuni pour en faire le meilleur film de l'univers Trek : voyage dans le temps, batailles spatiales, développement de l'univers, développement des personnages, présence d'une multitude de références, tension... Certes, l'on retourne encore sur Terre dans le passé - après un début haletant qui ne laisse pas le temps de souffler, qui nous plonge directement au coeur d'une bataille entre les Borg et une flotte de vaisseaux de la Fédération qui défend le berceau de l'humanité - mais cette fois-ci les enjeux sont différents du 4ème film, et surtout ce n'est pas traité au second degré. La présence des Borg n'est pas un hasard, elle permet de mettre en avant Picard et son expérience traumatisante à leur contact. Un Picard revanchard, qui n'a pas toute sa lucidité et qui a besoin d'être rappelé à l'ordre dans un moment crucial lorsqu'il se refuse à abandonner l'Enterprise aux mains des Borg. Un Picard convaincant en "action hero", alors que ce n'était pas du tout le cas dans Generations au point de me faire douter que ça allait être le cas ici. On en apprend aussi un peu plus sur les Borg avec leur Reine, cruelle en torturant Data psychologiquement, puisque la puce qui lui permet de ressentir des émotions est toujours active. Le film est habilement découpé, avec la tension sur l'Enterprise et des moments un peu plus détendus et au grand air sur Terre, avec le reste de l'équipage qui tente d'aider le Docteur Cochran. Ou, car l'enjeu principal est de ne pas rater le premier contact de l'humanité avec une civilisation alien - en l'occurrence les Vulcains - sous peine d'altérer la ligne de temps et de voir le futur dominé par les Borg. Geordi est admiratif et ne cesse de parler au Docteur de ses accomplissements et du symbole qu'il représente dans le futur, ce qui a tendance à agacer Cochran, qui refuse d'être cette figure puisqu'il ne pense pas le mériter. Un travail intéressant sur le décalage entre l'image que donne l'Histoire d'une personne qui l'a marquée, et la réelle personnalité de l'individu qui en est souvent à mille lieux. Au niveau des scènes d'action, on est servi, et on a droit à une séquence monstrueuse avec Worf et Picard en combinaison sur la structure même de l'Enterprise. Et comme je le disais, une multitude de références et de petits clins d'oeil que l'on ne peut apprécier que si on a vu TNG : Dixon Hill dans l'holodeck, Riker et Goerdi qui se marrent quand Cochran dit "Engage", le caméo du Lieutenant Reginald Barclay, la brève apparition du Defiant, et la fin avec les Vulcains qui bébarquent sur Terre, et Cochran qui n'arrive pas à faire leur salut. Bref, ce n'est que du bon !
InsurrectionC'est encore un tout autre style de film. J'ai sûrement beaucoup moins à en dire que précédemment, mais voir Picard prendre position contre l'application de la directive première alors que c'est l'un des principes auxquels il croit le plus depuis le début de sa carrière suffit déjà à rendre le film intéressant. C'est un peu plus lent et contemplatif que certains autres films, mais ça ne me dérange pas. De plus, il nous est donné l'occasion de voir des paysages magnifiques, et une planète peuplée de personnes qui sont revenues aux basiques en travaillant la terre. C'est une bouffée d'air frais qui change des batailles spatiales qui sont quand même légèrement présentes, mais sans trop d'excès. En plus, pour une fois Deanna a quelque chose à faire, alors on ne va pas se plaindre. J'ai en tout cas beaucoup aimé, et je suis trop fainéant pour en dire plus parce que ça fait déjà bien trop longtemps que je suis sur ce post (bah oui, c'est ma journée de repos, alors j'aimerais bien pouvoir regarder une petite dizaine d'épisodes de DS9, pfff).
Je me félicite moi-même d'avoir été au bout de ce post, ce qui a été difficile dans la mesure où mon pc a freezé à un moment et que j'ai dû tout recopier à la main pour ensuite tout réécrire, parce que ça me faisait quand même bien chier de tout recommencer à zéro. Et je remercie également mes deux plus fidfèles lecteurs, Babyboule et Lurdo.
A l'attention de KNIGHT : TNG c'est tellement mieux que DS9.