[
merci pour votre patience les gars ^^]




Maintenant que j'ai le dvd, que j'ai vu (ou plutôt redécouvert) le film et que j'ai vaincu, je peux enfin vous en parler vite fait (en espérant par la même occasion, faire fuir celles et ceux qui ne l'ont jamais vu).
A l’image de son ouverture aussi soudaine que brutale, ce film sait aller droit à l’essentiel avec une histoire simple mais prenante qui, l’air de rien (on est face à un gros film d’aventure tourné comme un western mais en plein XXe siècle), en dit pas mal sur les effets ravageurs de la crise économique qui frappe de plein fouet les Etats-Unis à cette époque (rappelez-vous vos cours d'histoire avec tous ces gens qui sautaient par les fenêtres; ce n'est pas pour rien si les super heros volant sont nés à NY à cette époque...). C’est la grosse dépression, les villes sont saturées de misère mais la situation n’est pas meilleure dans les campagnes avec ces hordes de sans abris qui, pour se dénicher un coin supposé un peu plus vert à l’autre bout du pays, n’hésitent pas à prendre tous les risques en s’embarquant clandestinement dans les trains de marchandises (car oui, ils risquent un peu plus qu’une simple amende de la part d’un contrôleur Sncf farceur qui fait tout pour essayer de vous faire aimer le train).

(Lee Marvin, un modèle pour Ben Affleck)
A-N°1 (le grand Lee Marvin) est l’un de ces vagabonds voyageurs, un type coriace et orgueilleux qui met un point d’honneur à défier les règles sans pitié de la vie du rail. Des défis qui lui valent une sacré réputation auprès de ses infortunés compagnons de misère (il est l’Empereur du Nord). Mais c’est aussi (surtout même), quelqu’un de profondément humain qui, sous ses airs de gros dur (qu’il est vraiment hein !), sait faire montre de générosité et de compassion lorsqu’il le faut.

(Ernest Borgnine, un modèle pour Matt Damon)
De l’autre côté de la barrière, Shack (cette bonne vieille mie de pain d’Ernest Borgnine) veille sur son royaume, le train 19. Shack est plus qu’un type détestable, c’est une bête immonde, une ordure sadique qui n’hésite jamais à sortir le marteau ( ! !) pour tabasser à mort un miséreux qui aura eu l’audace de monter sur « Son » train. Bref, Shack est le psychopathe type qui profite de sa position d’autorité pour faire le mal autour de lui sous prétexte du devoir à accomplir.
A ce duo de légende, vient s’ajouter un troisième larron en la personne de Cigaret (Keith Carradine, le frère de), une grande gueule qui se met en tête de devenir l’empereur à la place de l’empereur (comme si A-N°1 n’avait pas déjà suffisamment à faire avec l’autre taré de contrôleur…). Il apporte avec lui la fougue de la jeunesse mais avouons quand même qu’elle ne pèse pas bien lourd face au charisme de Marvin et Borgnine (m’enfin, j’imagine que c’est le rôle qui veut ça plus que le jeu d’acteur de Carradine –que je ne remets pas en cause ici- ). Il a en tout cas le mérite de faire ressortir encore un peu d’avantage le côté « vieux sage » de A-N°1.
Pour Shack, tout irait donc pour le mieux dans son monde violemment tordu si A-N°1 n’avait pas eu l’idée de venir le narguer en faisant savoir à un peu tout le monde (par le biais d’une méthode qui rappelle un peu nos tags d'aujourd'hui, ce qui, après tout, rentre un peu dans la logique des choses puisque l’on parle de trains ^^ ) qu’il réussira à voyager sur le train 19 jusqu’à sa destination finale. Un sacré défi lorsque l’on sait que personne (
PERSONNE !) n’a jamais réussi à tenir jusqu’au bout à bord d’un train surveillé par Shack.
Dès lors, s’engage entre les deux personnages un duel monstrueux qui tient en haleine deux heures durant avec un suspense implacablement bien dosé et des scènes d’action taillées dans la roche volcanique du Krakatoa (les bastons sont d’une brutalité incandescente), jusqu’au dénouement final où tout se règle dans le sang, l’acier et les os broyés.
Alors, à qui le dernier mot ? A la force brutale et aveugle de ce fils de chacal de Shack ou bien à la ruse et à la patience de A-N°1 ? A moins que ce jeune morveux de Cigaret ne vienne brouiller les pistes au dernier moment (à vous de me le dire car ma mémoire me joue des tours depuis hier soir)? Tout ce que je peux dire, c’est que ce film s’inscrit dans la grande lignée des œuvres du pur et dur Robert Aldrich, un réalisateur de la vieille école qui savait mettre en boîte des œuvres d’une rare efficacité (
Vera Cruz,
En Quatrième vitesse,
Les Douze Salopards… pardon mais sa filmo parle pour lui) qui ne démériteraient pas face à celles de Sam Peckinpah (effectivement Prosopopus, Bloody Sam a failli tourné
L’Empereur du Nord; aurait-il été meilleur? je n'en sais rien et je ne me pose même pas la question car le film d'Aldrich est très très bien comme ça. De toute façon, il a tourné son
Emperor of the North avec
Le Convoi ^^).
Seule petit bémol qui vient porter une légère ombre à ce tableau glorieux, la musique (comme ygrael et très certainement d'autres, je la trouve plutôt bof) qui n'est pas vraiment à la hauteur du souffle épique que dégage parfois le film (horseloverfat qui ne jure que par la pop anglaise sucrée aime bien par contre -c'est vous dire si elle est douteuse- ).
Voilà, j'en ai fini (et encore merci au Rototo pour nous avoir signalé la sortie du dvd zone 1 qui contient des sous-titres anglais et une vf en plus d'un commentaire audio d'un certain Dana Polan, paraît-il passionnant -mais je ne l'ai pas encore écouté-).
PS3 : j'aurais bien voulu mettre des captures mais mon pc refuse en ce moment de lire mes zone 1
PPS3 : pour les friands de notes, c'est du 2/6 cash direct bien sûr !