Bon, je le dis au début pour changer : AMHA...
... de tous les défauts du film, ce manque total d’implication émotionnelle (le seul X-Men où c’était pareil dans mon cas, c’était le 2) est sans doute le plus gênant pour moi. Il faut dire que ce manque d’implication découle de pas mal des autres défauts du film. 2h30 où l’on se fout totalement de tous les persos parce qu’on les trouve tous totalement amorphes, c’est long, très long.
D’ailleurs, pour moi le terme « amorphe » est particulièrement approprié à ce Superman Returns : mise en scène amorphe, comédiens ET personnages amorphes (une Lois jolie poupée de porcelaine à 1000 lieux de celle du comics, un Lex Luthor à mi-chemin entre celui de la BD et du film de Donner, ce qui en fait un personnage ni inquiétant comme dans la BD, ni drôle comme dans le film de Donner, bref un personnage un peu amorphe, et un Superman/Clark…je me suis déjà assez exprimé sur lui), et surtout un rythme très amorphe (là où je qualifierais celui du film de Donner d’aussi « pétillant » et vivant que l’est sa Lois Lane ("une petite peste" comme disait Donner)).
Quand au script, dont je n’ai pas vu beaucoup de critiques à son sujet (mais il faut dire que je n’ai pas lu toutes les pages du topic) : Je trouvais déjà que celui de X-Men 2 était un joli foutoir sans ligne directrice claire, un espèce de globi-boulga de scènes disparates assemblées sans structure bien définie (ou en tout cas pas « ressentie » clairement). Or ici, c’est encore plus flagrant (c’est le même scénariste, tient). Il faut dire qu’en étirant toutes les scènes comme l’a fait Ottman, en laissant parfois le jeu des acteurs créer le rythme plutôt que le montage (ce qui avait failli flinguer le tout 1er Star Wars), la structure scénaristique semble encore plus noyée dans les 2h30 du film. Résultat : Encore plus que pour X2, j’avais une impression de n’avoir rien vu en sortant de la salle. En tout cas, pas un film structuré.
Juste une petite parenthèse maintenant sur la mise en scène. Celle de Singer m’a paru extrêmement plate et télévisuelle (le terme est utilisé à tord et à travers ces temps-ci et attribué d’office aux réalisateurs venant de la télé, mais là ça s’applique de manière bien plus frappante ici, je trouve). Or, en citant continuellement le film de Donner (y compris au niveau de la musique et des dialogues), il est difficile de ne pas comparer et de ne pas remarquer la différence d’ampleur dans la mise en scène entre les 2 films. Surtout quand il s’agit d’un personnage aussi flamboyant que Superman, un véritable mythe. Or, Donner nous faisait déjà clairement ressentir cette dimension mythique rien que dans sa très belle mise en images de la jeunesse du héros, à coup de compositions soignées et de très jolis travellings aériens, comme celui qui marque la séparation de Clark et de sa mère dans un champ de blé, qui accompagné de la musique de Williams, est d’une efficacité redoutable au niveau émotionnel. Le reste du film étant aussi soigné, ample et varié dans les plans, même si le style change et devient plus "comics".
Juste quelques captures vites faites pour illustrer ce point (dont en dernier, le début du fameux travelling de la séparation de Clark et sa mère), même si il vaut mieux voir les images en mouvements pour se rendre compte. Je ne peux malheureusement pas faire de capture du film de Singer.

Bien sur, je ne demandais pas le même style de mise en scène de la part de Singer, mais quelque chose avec une ampleur, une mise en images faisant autant justice au mythe m’aurait paru quelque chose que l’on puisse attendre presque 30 ans d’histoire du cinéma plus tard (et avec un budget aussi énorme).
Je ne suis pas un fan de Donner en général, mais sur ce film, je sens bien l'amour du réalisateur pour le personnage (par contre, avec Singer, tout me parait beaucoup plus froid, plus intellectualisé).
Bon, on va encore me dire que je m’acharne sur le film, mais je n'y peux rien, cinq jours aprés je m'énerve encore quand je pense à ce Superman Returns, vu ça me gonfle un peu que Singer ait flingué la franchise au ciné probablement pour de nombreuses années (pour moi en tout cas, et je risque de devoir attendre la prochaine « relance » du personnage au ciné, soit pas mal d’années encore).
Donc si vous avez aimé le film, ne tenez pas compte de ce que je raconte. Je n’essaye pas de vous convaincre que vous avez tord (surtout que j'aurais bien aimé adorer le film autant que certains ici), j'essaye seulement de cerner les principaux points qui m’ont empêchés d’apprécier l’expérience, et surtout j’évacue une dernière fois ma frustration de vieux con fan de comics pas content. Désolé.