CITATION
On peut ne pas aimer "Frontière(s)", mais ce dernier a au moins le mérite de ne pas péter plus haut que son cul (sauf, ptete, pour ceux qui y ont vu une tentative de cinéma "sérieux", avec critique sociale et tout ça).
Toujours le même problème avec une certaine frange du cinéma de genre français, qui a tendance à se la péter un peu trop facilement, dans la mesure où comme y a pas beaucoup de films de genre en tant que tel, ben dès qu'y en a qui va sortir, on a tendance à tellement chanter ses louanges (dans la presse spécialisée) ou à le descendre à l'avance à flammes (dans la presse mainstream), qu'il naît de tout ça un complexe d'infériorité chez les instigateurs du dit film, du coup on se retrouve avec une prod' qui n'arrête pas de parler du plus grand horror movie jamais fait, des interviews en free style limite mystiques où les réals' se prennent pour des messagers des temps modernes au travers de leurs "oeuvres", pour au bout du compte se retrouver avec un beau pétard mouillé par rapport aux attentes, une débandade qui n'aurait pas eu lieu d'être s'il n'y avait pas eu un tel buzz auparavant.
Je crois que ce qui nous manque le plus, c'est l'esprit de l'âge d'or du cinéma italien, où les ritals type Fulci ou d'Amato se lançaient dans une overdose gerbante de copier/coller du marché international, mais accouchant quelquefois, de chefs-d'oeuvre aujourd'hui encore d'actualité (L'enfer des zombies (alias Zombi 2), Anthropophagous (et sa suite Absurd dans une moindre mesure), le carré d'as de Fulci (le Zombi sus cité, city of the living dead, la maison près du cimetière, et bien sûr l'incroyable The Beyond, souvent surpassé et jamais égalé et encore moins dans ses incohérences innombrables et qui font que de tels films, faits avec 3 bouts de ficelle, ben ça force le respect).
Et Argento lui-même a oublié comment on faisait des films, au bout du compte, et ce, depuis au moins Inferno, qui, même s'il ne souffrait pas encore de trop de carences et proposait certains moments dignes de la grande époque, partait déjà en live, avec des séquences de couloir, des incohérences un peu trop visibles, ainsi qu'un final totalement chiadé qui rivaliserait de nawak avec celui de TCW 4.
Au bout du compte, faire de MOT une pantalonnade gonzo qui insulte totalement tout le reste de la saga et de l'(ancienne) filmo du maître italien, c'était un très mauvais calcul, mais pire encore, la confirmation cette fois ci définitive que Dario Argento ne pourra plus jamais accoucher d'oeuvres interéssantes, ni même dépassant le simple niveau de la série Z de bas étage.
Et pousser le vice jusqu'à appeller son dernier opus 'Giallo' simplement pour tenter de rameuter les 2 ou 3 fans totalement irréductibles qui croient encore à une résurrection probable du maître, ça relève d'un sens de l'opportunisme et de la fainéantise (en tablant sur les vieilles recettes d'avant) totalement ridicule et décridiblisant (encore).