Ca y est, maté la chose dans sa version salles qui vient de sortir en DVD.
Jusqu'à présent je n'avais aucune estime pour Zombie, dont je n'avais vu que son Devil's Rejects (certains se souviendront peut-être de mes réactions outrées et naives sur le sujet

), à propos duquel je suis d'accord avec ce que disait Dr.Rabbitfoot sur ce sujet même, bien qu'après la découverte de cet Halloween, je me demande si je ne vais pas lui donner une deuxième chance, en prenant du recul par rapport à ma première vision.
J'ai été à la fois très agréablement surpris et en même temps conforté dans l'idée que je m'en faisais, à savoir un remake inutile et supra-basique.
Parceque le Halloween de Zombie versions salles est clairement scindé en deux parties.
Une première partie de 45 minutes, constituant la moelle épinière de ce projet, à savoir une relecture des origines du film mythique de Carpenter, et donc une véritable préquelle, qui, je ne peux le nier, m'intriguait tout particulièrement.
Et une deuxième partie plombante, qui se contente de reprendre les événements du film original, n'apportant rien, et se trouvant être bien trop basique par rapport à ce qu'on pouvait attendre des audacieuses intentions de Zombie.
La première partie est à mes yeux une pure réussite, totalement innattendue. D'une noirceur totale, Zombie ne nous épargne rien de l'enfance de Myers, décrivant avec réalisme un environnement social minable, un contexte familial violent et malsain... Mais surtout, il ne tombe jamais dans un pathos malvenu et ne prend pas de parti, nous présentant Micheal dès le début comme véritablement dérangé, agissant comme un pur psychopathe.
En ancrant les origines de Myers dans un réalisme glauque, Zombie fait de son film une relecture brillante, conférant au maitre des Boogeyman une dimension qu'il n'avait jamais eu jusqu'alors, très perturbante.
Par la suite, ce sont les entretiens entre Loomis et Myers qui nous sont dévoilés, puis après une importante ellipse, son statut adulte et la fameuse nuit de l'évasion. L'enfoncement total de Myers dans l'inhumanité, l'échel des travaux de Loomis, obsédé par son patient, toutes les bases du mythes exposées avec toujours cette dimension réaliste, morbide, malsaine et dérangeante. Viennent les séquences brutales de l'évasion, et la sortie de Myers.
Jusque là, le film est passionnant, et je ne suis pas resté insensible à la noirceur et à l'aspect profondément pourri, malsain et violent de cette première partie.
Et si je me suis plus attardé sur le fond, la réalisation de Zombie est à son image, brutale et sombre, collant parfaitement au sujet, et le transcrivant avec impact. Photographie très sombre, au splendide grain 70's, caméra à l'épaule justifiée et jamais abusive, angles et cadrages déstabilisants...
Cette première partie est à mes yeux une grande réussite, autant sur le fond que sur la forme. Ce qui pour un tel projet était inespéré.
Mais à mon avis, Zombie aurait du s'en tenir à ses intentions de préquelles, et les étirer sur une bonne heure et demie, plutot que de nous sortir sur la deuxième partie un slasher plus que basique, sans aucun intérêt, si ce n'est ses quelques qualités furtives d'ambiance et de mise-en-scène.
Une deuxième partie plombante, que j'ai suivie d'un oeil distrait, jamais impliqué par le sort attendu et répété des victimes de Myers. Sur deux trois séquences, Zombie se réveille, et nous colle une ambiance bien morbide et des images scotchantes, on trouvera bien une ou deux répliques de Loomis qui claque bien, mais c'est bien peu après la première partie de haute volée.
D'autant plus que les tentatives de réappropriation de Zombie sont foirées sur toute la ligne, avec cette histoire d'enfant abandonné, de soeur de Myers. La séquence où Myers tend la photo à Laurie est totalement improbable, et détonne avec la vision violente et désespérée d'un Myers psychopathe totalement insensible que nous a présentée Zombie auparavant. Et si dans le génial film original, Big John se permettait vers la fin de verser avec suggestion et retenue dans le fantastique pur, Zombie se laisse totalement aller au gros surnaturel qui tâche, avec un Myers qui encasse les coups de couteaux et les balles comme un véritable zomblard, ce qui décrédibilise totalement ce qu'il avait tenté d'imposer jusque là.
Deux films en un donc, d'un côté une brillante relecture malsaine et glauque, de l'autre un remake lourd au possible et d'un intérêt limité.
Je préférerai donc garder en mémoire la première partie, qui m'a bien marquée je dois dire.