Londres, milieu des années 60. Brian May, né en 1947, est un jeune étudiant qui se destine aux sciences physiques. Fils d’un ingénieur en électronique, il se passionne pour deux activités : l’astronomie et le rock. C’est son père qui l’initiera à la musique en lui apprenant à jouer du piano et de l’ukulele. C’est aussi lui qui l’aidera à se procurer sa première guitare : non pas en lui achetant (car trop cher), mais en l’aidant à la construire lui-même. Cette guitare sera plus tard appelée la « Red Special », et sera la guitare officielle de May à partir de son tout premier groupe, en 1963. En 1964, après plusieurs premiers essais infructueux, il fonde le groupe 1984, en compagnie de ses amis Dave Dilloway (guitare), John Garnham (basse), Richard Thompson (batterie) et Tim Staffell (chant). C’est avec eux qu’il donnera son premier concert. Cependant, sans grande originalité, évoluant au rythmes des modes (soul, rhythm’and blues, psychédélique), le groupe se sépara trois ans plus tard, en 1967. C’est cette même année 67 que May entra à l’Imperial College de Kensington. Cependant, loin d’avoir abandonné la musique, et malgré un succès estudiantin certain, le guitariste désirait reformer un groupe. Il s’attacha les services de l’ancien chanteur de 1984, Tim Staffell, qui endosse également la charge de la basse. Puis il partit à la recherche d’un batteur. Pour cela, il publia une petite annonce dans son université, déclarant vouloir un batteur dans la lignée du grand Ginger Baker de Cream. Ce fut un certain Roger Meddows-Taylor qui fut engagé. Batteur depuis l’âge de douze ans, né en 1949, Taylor avait déjà connu quelques groupes, dont un ayant connu un joli succès local, The Reaction. Le trio May, Taylor et Staffell commença alors sa carrière, sous le nom de Smile. Sous l’influence de Cream, des Yardbirds, de Hendrix et de Led Zeppelin, mais tout en écrivant aussi des compositions personnelles, le groupe connut un beau succès dans le milieu universitaire qui lui valut de paraître en première partie de Pink Floyd, à l’Imperial College en octobre 68, mais aussi en 1969 aux côtés de Free et de Joe Cocker, toujours à l’Imperial. Ils se firent aussi un nom en Cornouailles, région d’origine de Taylor. C’est pourtant à Londres qu’ils firent la connaissance d’un de leurs amateurs qui deviendra essentiel par la suite : Farookh Bulsara (appelé Frederick ou plus simplement Freddie), né en 1946 à Zanzibar, fils d’un diplomate ayant immigré en 1964, étudiant en arts plastiques et ami de Tim Staffell.
Toujours en 1969, Smile eut alors l’opportunité d’enregistrer leur premier single grâce au manager Lou Reizner du label Mercury (!!!). Ils dénichèrent donc un studio (Trident), et un producteur, John Anthony. Ils enregistrèrent les titres « Earth » en face A et « Step On Me » en face B, tout cela pour une publication limitée aux Etats-Unis, pays de Reizner. Un bide. Ne se décourageant pas, le groupe et son manager réenregistrèrent ensuite quatre chansons destinées à remplir un album entier, qui ne vit finalement jamais le jour, le label Mercury ayant lâché le groupe en cours de route. Cependant, ces quatre ( en fait trois : la dernière étant tombée à l’eau) nouvelles chansons finirent par être éditées bien des années plus tard d’abord au Japon, puis en occident, pour former un album aujourd’hui appelé Queen in Nuce, contenant aussi trois des premières chansons de Queen , « Going back », « I Can Hear Music » et « Mad The Swine ».
1. Going Back, 2. I Can Hear Music, 3. Mad The Swine, 4. Earth, 5. April Lady, 6. Polar Bear, 7. Step On me, 8. Blag
Passons sur les trois premières chansons, nous y reviendrons plus tard. Un album très honnête, compte tenu de la relative jeunesse du groupe. Le son n’y est pas très violent et ne donne ainsi pas raison à la presse aillant qualifier le groupe lors de ses concerts de « groupe le plus bruyant de l’occident ». Il s’agit avant tout d’un pop-rock assez calme, avec des chansons intégralement composées par le duo May/Staffell, excepté « Earth », écrite par le seul Staffell. L’ensemble est homogène, et fait parfois penser, toute proportion gardée, aux Beatles (période album blanc) . Si Staffell y est le chanteur, en revanche les autres membres du groupe ne se font pas oubliés : Taylor fait parfois entendre son timbre de voix parfaitement adapté pour un chœur et May y étale déjà son talent de guitariste. On peut quelques fois y regretter le manque de dynamisme, mais on ne peut rester en tout cas rien avoir de sérieux contre la pop basique mais agréable de l’ensemble. « Blag » hausse même le ton pour verser dans un rock assez tranchant, très basé sur la guitare que l’on sent vraiment venir du seul Brian May, qui y interprète un solo de guitare qui fera recette puisqu’il sera repris dans le « Brighton Rock Solo » qui ouvrira plus tard l’album Sheer Heart Attack.
Après la déception liée à l’échec de leur premier non-album, les Smile décidèrent tout de même de prolonger l’aventure, en continuant à donner des concerts. Mais l’ambition n’était plus vraiment là, et les mêmbres du groupes commencèrent à chercher des emplois plus sûrs (May devint prof de maths). Dans le même temps, leur jeune ami Frederick Bulsara se produisit en temps que chanteur dans quelques groupes tels que Sour Milk Sea ou Ibex (qui deviendra plus tard Wreckage). Ses prestations lors des concerts avec Ibex peuvent être trouvés sur le net, en cherchant bien. Plus violent que ce que Smile avait proposé dans leurs chansons, la musique et le chant y est plus outranciée, se payant même le luxe de reprendre le « Communication Breakdown » de Led Zeppelin. En 1970, Smile finit par se désagréger, Tim Staffell quittant le navire pour rejoindre Humpy Bong, le groupe (éphémère) de l’ancien Bee Gee Colin Petersen. Dans le même temps, Bulsara devenu collègue de Taylor en temps que vendeur dans un magasin de vêtements, s’était séparé de Wreckage, avec l’ambition clairement établie de remplacer Staffell au sein de feu Smile. Il y parvint, et le nouveau groupe se dota d’un bassiste provisoire, Mike Grose, un ami de Taylor du temps du groupe Reaction. Le groupe se dota aussi d’un nom : Queen. Idée de Bulsara reçue avec circonspection par May et Taylor. Il faut dire que le nom évoquait d’une part l’antithèse des idées hippies et populistes du moment et que d’autre part le terme Queen désignait en argot un homosexuel. Mais l’enthousiasme de Bulsara, basé sur la majestuosité et la simplicité du nom, vint à bout de leurs réticences. Du reste, Bulsara lui-même changea de nom et se fit désormais appeler Freddie Mercury. Le groupe se mit donc au travail et donna son premier concert le 27 juin 1970, avec des chansons issues d’Ibex, de Smile et de Wreckage (ces derniers ayant notamment composés le titre « Stone Cold Crazy », qui sera repris plus tard dans la carrière de Queen). Un mois plus tard, Grose quitte le groupe et est remplacé par un autre ami de Taylor, Barry Mitchell, qui partira à son tour début 1971 au profit d’un certain Doug, très vite remercié car trop exubérant. Au même titre que les Beatles avec Pete Best, on peut y voir là une volonté des membres d’origines de ne pas se faire voler la vedette. Doug sera finalement remplacé par John Deacon, beaucoup plus sobre. Talentueux mais ayant fait ses armes dans quelques groupes sans avenir, il était le choix rêvé. Mercury, en ex-étudiant des beaux-arts, conçut enfin le logo du groupe : la lettre Q pour Queen, entourée par un phénix et par les représentations des quatre signes astrologiques des membres du groupe : lion, lion, vierge et cancer. C’est donc avec un effectif enfin stable que le groupe, aidé par John Harris à un niveau matériel, se mit sur les routes pour des concerts à Londres et ailleurs. Pour l’anecdote, c’est pendant ces concerts que Mercury perdit la moitié du pied d’un micro. Il garda ensuite l’habitude de chanter avec un micro pourvu d’une moitié de pied, ce qui deviendra l’une des marques de fabrique du chanteur en concert. Quoi qu’il en soit, le groupe se fit énormément remarquer, autant par la musique que part sa tenue su scène, inspirée par le glam rock, avec maquillage et vêtements provocants. Un ami de Brian May proposa alors à Queen de venir tester de nouveaux studios, les studios De Lane Lea, à Londres. Le groupe en profita pour enregistrer quatre chansons de leur propre cru : « Keep Yourself Alive », « Liar », « The Night Comes Down » et « Jesus ». Lors de ces enregistrements, un certain Roy Thomas Baker était présent. Un producteur, qui, impressionné, les mis en relation avec le studio Trident. Les pontes de ce studio mirent le groupe à l’épreuve lors d’un fructueux concert qui aboutit finalement à un contrat, en 1972. Trident mit donc des salles de studio à leur disposition, où le groupe put finir leur album, produit au final par Baker et par John Anthony, déjà producteur de Smile. Ce fut alors le début d’une longue galère pour trouver une maison de disque qui distribuerait les disques du groupe. Entre-temps, le groupe enregistra les titres Going Back et I Can Hear Music, destinés au marché du 45 tours. Ils parurent quelques mois plus tard, avant la sortie de l’album, sous le nom de Larry Lurex (car le contrat du groupe avec leur maison d’édition n’avait pas encore été pleinement finalisé). Heureusement, d’ailleurs, car force est de constater que ces deux titres sont bien faibles et se firent ignorées à leur sortie. Going Back est une reprise de Dusty Springfield assez fade et mielleuse. I Can Hear Music est quand à elle une reprise des Bee Gees, faite par amitié pour un technicien du studio. Sans grande envergure et sans rythme non plus. Ces deux chansons se retrouvent sur Queen In Nuce, de même que Mad The Swine, enregistrée pour l’album complet mais éjectée pour cause de désaccord artistique entre le groupe et son producteur Roy Thomas Baker. Pas un mal, puisque cette composition May / Taylor / Mercury se révèle étonnamment plus semblable aux deux reprises pré-citées qu’aux autres chansons enregistrées pour l’album.
La fin de l’année 1972 voit la première rémunération du groupe, suivie aussitôt en 1973 par les négociations entre Trident et EMI, qui se montra finalement intéressée. Mais ce n’est pas pour autant que le contrat fut signé. Désireuse de s’attacher les services de Queen uniquement, la firme EMI refusait de signer les deux autres groupes proposés par Trident. En attendant la fin des négociations, le groupe fit un tour à Radio One, la station de la BBC qui vit passer pas mal de grands groupes, dont beaucoup eurent entre parenthèses droit des années plus tard à un album Live at the BBC. Queen ne dérogea pas à la règle, et le sien sortit en 1988. En mars 1973, les négociations entre Trident et EMI touchèrent aboutirent enfin à un accord. May et Mercury conçurent eux-même la pochette et l’arrière de l’album. Le single « Keep Yourself Alive » et l’album, finalement sobrement intitulé Queen, sortirent en juillet, avec une publicité discrète (la faute aux radio qui refusèrent le singe) mais incluant une sorte de clip pour la BBC.
1. Keep Yourself Alive, 2. Doing All Right, 3. Great King Rat, 4. My Fairy King, 5. Liar, 6. The Night Comes Down, 7. Modern Times Rock’n’Roll, 8. Son And Daughter, 9. Jesus, 10. Seven Seas Of Rhye.
Premier album, et très grande réussite artistique. D’emblée, « Keep Yourself Alive », une composition de Brian May, force le respect. Riff de guitare à la Black Sabbath, chant de Mercury plein de convictions et parfois agrémentée de chœur ou d’apportées Roger Taylor, la chanson donne le ton d’un album qui se veut résolument hard rock. On enchaîne ensuite par un Doing All Right, un titre composée au temps de Smile par May et Staffell. On y retrouve la marque de fabrique de l’ancien groupe, avec une pop sobre, que vient compléter une partie plus hard, à base de gros riff, au milieu de la chanson. Les trois morceaux suivants (tous signés Mercury) sont probablement les plus intéressants. Il s’agit de Great King Rat, de My Fairy King et de Liar. La première est un simple hard rock hargneux, faisant encore une fois songer à du Black Sabbath. Mercury y expose ses talents de chanteur avec des intonations bien à lui. My Fairy King quand à elle est le chef d’œuvre de l’album : très travaillée, la chanson fait office d’ancêtre à Bohemian Rhapsody puisqu’elle aussi se dote d’un complexe enchevêtrement de voix en son milieu et qu’elle est capable d’alterner moments doux au piano et gros solo de guitare. Une chanson en tout point magnifique, honteusement oubliée. Liar reprend un peu le même principe, mais en un peu moins bien, en un peu moins travaillé. Mercury s’y plait aussi à faire varier ses timbres de voix, passer du suraigu au normal. Après ces trois chansons, la suite baisse un peu de niveau, tout en restant très bien. The Night Comes est une ballade gentillette, Modern Times Rock’n’Roll est un hard rock très rapide chanté avec talent par Roger Taylor, Son And Daughter se concentre un peu plus au contraire sur la lenteur et la lourdeur de la guitare, Jesus est sensiblement la même chose, sauf que cette fois on se rapproche encore davantage de Black Sabbath. Et enfin Seven Seas Of Rhye est une conclusion instrumentale au piano. Bref un album très intéressant, qui a en outre le mérite de ne contenir aucune reprise d’autres groupes (chose rare pour un premier album). Les paroles n’ont par contre rien d’original, si ce n’est quelques penchants pour la mythologie et la religion. La complexité du son, née des pédales d’effets de May et des jeux de vocales de Mercury a aussi poussé le groupe à inscrire la mention « nobody played synthesizer » sur la pochette de leur album, tant les accusions fusèrent.
Du reste, la critique musicale ne fut pas tendre avec le groupe. Celui-ci ne s’en préoccupa pas trop. L’album n’excéda pas la vingtième place des charts, ce qui est un score assez modeste. A la fin de l’année, après avoir travaillé à un second album, Queen partit en tournée en première partie du groupe Mott The Hoople. Ils y gagnèrent une large notoriété qui aboutit à la création de leur fan-club (qui depuis est devenu le fan-club le plus actif du monde). Plus difficile en revanche fut la tournée en Australie de 1974 ou le groupe de heurta aux réticences de la population locale, et principalement des roadies, qui avait mal pris le fait que Queen ait souhaité embaucher des roadies anglais plutôt qu’australiens. En revanche, côté musique, rien de déplorable à signaler. Finalement, cela se termina avec un retour anticipé en Angleterre, suites aux maladies contractées par May et Mercury. Là, EMI avait décidé de promouvoir le groupe de façon conséquente, et de ce fait, un nouveau single, « Seven Seas Of Rhye » (une version différente de celle du premier album), fut mis en vente, avec pour face B « See What A Fool I’ve Been », qui ne figurera pas sur l’album et qui ne sera jamais publiée par la suite.
Le 8 mars 1974, après quelques nouveaux enregistrements et après quelques soucis de distribution, ce fut au tour de l’album Queen II de paraître.
1. Procession, 2. Father To Son, 3. White Queen (As It Began), 4. Some Day One Day, 5. The Loser In The End, 6. Ogre Battle, 7. The Fairy Feller’s Master-Stroke, 8. Nevermore, 9. The March Of The Black Queen, 10. Funny How Love Is, 11. Seven Seas Of Rhye
Premier chef d’oeuvre de Queen. Le concept de « My Fairy King » exploité sur un album entier, dont la première face, les cinq premières chansons, sont composées par May à l’exception de « The Loser In The End », composée et chantée par Taylor. Toute la seconde face est signée Mercury. Du reste, la différence se fit aussi remarquer par le disque original en lui-même : première face blanche et deuxième face noire. L’ensemble est pourtant très homogène : encore une fois sans synthétiseur, avec des sons très recherchés, surproduits dirent les critiques, encore une fois incendiaires vis-à-vis du groupe. Procession est un instrumental de guitare très majestueux, très virtuose. « Father To Son » est un hard lourd intégrant des passages vocaux d’un Mercury offrant là encore un large panel de timbre de voix. « White Queen (As It Began) » est également un mélange de styles. La guitare très « aérienne » de May s’y marie avec le piano et le chant calme de Mercury pour une chanson au final très mélodieuse. « Some Day One Day » est un peu plus classique, une chanson calme chantée par May assez axée acoustique. « The Loser In The End », la Taylor, fait quand à elle la part belle au chant, plutôt pop. Avec « Ogre Battle », Mercury revient à un hard rock mélodieux, très original. « The Fairy Feller’s Master-Stroke » est quand à elle une petite perle excentrique au chant très rapide, inspirée par un tableau du même nom, peint par l’anglais Richard Dadd. L’enchaînement direct avec la superbe ballade au piano Nevermore est parfait. « March Of The Black Queen » est à Queen II ce que « My Fairy King » fut à Queen. Enchevêtrement de voix, variations de styles, exubérances vocales, pour un titre encore plus mélodieux, qui finit par exploser sur la fin avec un hard rock au rythme très soutenu. « Funny How Love Is » est une très sympathique chanson faite dans l’optique d’un son sonnant très Phil Spector (le producteur des derniers albums des Beatles). Enfin, « Seven Seas Of Rhye » est la première chanson véritablement célèbre du groupe. Mélodieuse et énergique, solos de guitare, chœurs, elle résume assez bien l’album. Un album qui deviendra disque d’or, se classant à la cinquième place des charts.
La tournée qui suit est un énorme succès. Queen devient tête d’affiche en Angleterre, mais reste fidèle à Mott The Hoople pour les Etats-Unis. Aux Etats-Unis justement, Brian May contractera une autre maladie forçant le groupe à revenir à Londres, pour travailler sur leur troisième album. Fin octobre 1974 un single fut édité : « Killer Queen », qui grimpa jusqu’à la deuxième place des charts, consolidé par une fructueuse reprise des concerts. C’est donc sous les meilleurs hospices que sortit l’album Sheer Heart Attack.
1. Brighton Rock, 2. Killer Queen, 3. Tenement Funster, 4. Flick Of The Wrist, 5. Lily Of The Valley, 6. Now I’m Here, 7. In The Lap Of The Gods, 8. Stone Cold Crazy, 9. Dear Friends, 10. Misfire, 11. Bring Back That Leroy Brown, 12. She Makes Me (Stormtroopers In Stilettos), 13. In The Lap Of The Gods… Revisited
Un album composé avec un Brian May en retrait pour cause de maladie d’une part et d’autre part un même May pris de remords pour avoir causé la fin de la tournée américaine. Ce qui ne veut pas dire qu’il est absent de l’album. Il y reprend le solo de « Blag », chanson de l’époque Smile dans la chanson « Brighton Rock Solo », auquel il ajoute du texte sous la forme d’un discours entre un homme et une femme, récité par le seul Mercury qui pour l’occasion prend le rôle du femme. Le ton avec des bruitages de fête foraine. Le ton de l’album est donné : il sera très axé sur l’excentricité. « Killer Queen » et son aspect très précieux, « Bring Back That Leroy Brown » et son ambiance retro, la ballade rétro également « Misfire » (la première composition signée John Deacon)… Tout cela créé un son propre au groupe. Qui ne se limite pourtant pas à cela. Le hard demeure présent à travers des titres comme « Flick Of The Wrist », « Now I’m Here » ou le très rapide « Stone Cold Crazy », issu du groupe de jeunesse de Mercury, Wreckage. Les ballades sont représentées par Lily Of The Valley et Dear Friends, deux chansons assez poignantes. Enfin, signalons la nouvelle chanson interprétée par Taylor, « Tenement Funster », fort sympathique rock’n’roll assez adolescent. « In The Lap Of The Gods », et « She Makes Me (Stormtroopers In Stilettos) » (cette dernière signée et chantée par May) sont deux autres ballades, mais d’un genre différent, puisque portant davantage d’intérêt au chant, assez éthéré dans les deux cas. Enfin« In The Lap Of The Gods » clôt l’album, avec une prépondérence de choeurs assez proche du gospel.
Un album qui sonne définitivement très « Queen ». Un album étrange, inclassable, à la fois hétérogène dans les style et homogène dans l’interprétation. Bref, Queen est en train de définitivement fixer sa propre identité, et avec un grand talent.
Succès, confirmé par une tournée européenne euphorique. Queen est tout simplement en train de devenir l’un des plus grands groupes du monde, avec des concerts de plus en plus sophistiqués, niveau éclairage notamment. Mais le contrat passé avec Trident n’est plus en rapport avec le succès actuel du groupe, qui y voit un manque à gagner certain, en plus des problèmes étant survenus lors de la distribution des précédents albums. Début 75, « Now I’m Here » est à son tour édité en single. Il attendra la onzième place des charts. Le groupe partira alors en tournée aux Etats-Unis et au Japon, où le succès se confirmera auprès de la population, en dépit du scepticisme des critiques. A leur retour, grâce à l’avocat Jim Beach, le contrat liant Queen et Trident est rompu. Queen demeure indépendant, mais garde EMI comme maison de disque. De plus, le groupe s’adjoint les services d’un manager, John Reid, le manager d’Elton John. Il était alors temps de se pencher sur un nouvel album.
Le travail en studio fut intensif et très coûteux. Principalement pour un titre, qui sorti en single, sélectionné malgré les réticences de EMI qui le jugeait trop long. Il s’agit de « Bohemian Rhapsody ». Chef d’œuvre de Queen qui se dote en outre d’un des premiers véritables clip de l’histoire : une vidéo entièrement basée sur le visuel de la pochette de Queen II. Un carton qui intégra la première place des charts, où il resta à ce poste durant neuf semaines, malgré les hésitations originelles des stations de radio pour le diffuser. Ce fut le DJ Kenny Everett, un ami de Mercury, qui eut l’audace de le lancer, avec le succès que l’on sait : un an plus tard, la chanson fut désignée « meilleur 45 tours des 25 dernières années » aux Britannia Awards. Maintenant, l’album devait suivre, et il se devait d’être du même calibre que le single. Sorti fin 1975, il s’appellera finalement A Night At The Opera, d’après le titre d’un film des Marx Brothers admiré par le groupe. A noter que le disque fut parfois édité tout en blanc.
1. Death On Two Legs, 2. Lazing On A Sunday Afternoon, 3. I’m In Love With My Car, 4. You’re My Best Friend, 5. ’39, 6.Sweet Lady, 7. Seaside Rendez-vous, 8. The Prophet’s Song, 9. Love Of My Life, 10. Good Company, 11. Bohemian Rhapsody, 12. God Save The Queen
Passons rapidement sur « Bohemian Rhapsody » de Mercury et sa fameuse structure en trois temps ballade / opera / rock que tout le monde connaît. Penchons nous en revanche sur son pendant moins connu : « The Prophet’s Song », signé Brian May. Un autre enchevêtrement de voix digne de l’opéra, d’une durée encore plus longue (huit minutes contre six pour « Bohemian Rhapsody ». Mais le principe est le même, et la chanson vaut amplement sa consoeur. « You’re My Best Friend » est une ballade plus simple signée John Deacon, qui possède l’originalité d’intégrer du piano éléctrique. Du reste, une plusieurs autres chansons de l’album comprendront des instruments pour le moins étrange dans le milieu du rock : la harpe sur la splendide « Love Of My Life » de Mercury, chanson cristalline au chant suraigu typique de Mercury. « Good Company », signée et chantée par May voit également l’apparition d’un ukulele et d’une guitare jazz, pour un final également superbe, une chanson jazzy old school qui complète à la perfection l’autre chanson chantée par le guitariste : « ‘39 ». Thème science-fictionnel, son très années 40, acoustique. Plus qu’une réussite. Le duo des chansons de May trouvent écho dans deux compositions rétro également signée Freddie Mercury : « Lazing On a Sunday Afternoon » et « Seaside Rendez-Vous », deux titres cabarets très particuliers, excentriques, et qui ne se prennent pas aux sérieux. Taylor n’est pas en reste et livre lui aussi son morceau qu’il interprétera lui-même : « I’m In Love With My Car », dédié à Jonathan Harris, décédé, et qui avait aidé le groupe plus tôt dans sa carrière. Il s’agit d’un morceau de hard rock très fluide, très mélodieux, et bien dans la veine de l’album. « Sweet Lady », de May, est un mélange entre ce type de hard rock et les délires de Mercury. Mariage amplement réussit. Enfin, la première chanson, « Death On Two Legs » est un hard rock très agressif, haineux dans les paroles et adressé au patron de Trident, qui intenta d’ailleurs un procès au groupe (procès conclu à l’amiable).
A Night At The Opera est une gigantesque expérimentation qui vira à l’euphorie. Tout ce que le groupe tenta musicalement fut couronné de succès. Un pari risqué qui aurait pu faire sombrer le groupe, mais qui au contraire le consacra. Inégalable et majestueux, sans aucun synthétiseur, illustration parfaite du nom de « Queen » . L’album s’achève sur une virtuose reprise de l’hymne anglais à la guitare par Brian May, qui conclura dorénavant tous les concerts du groupe. C’est très simple : A Night At The Opera est le meilleur album du monde.
Suite à l’album, une tournée suivie jusqu’en 1976. Magistrale également, avec des recherches toujours plus approfondies sur les lumières. Bref de quoi placer l’album en tête des charts. Une tournée en Amérique et aux Japon suivie, et la popularité du groupe se confirma. « Your My Best Friend » parut également en 45 tours et connu un joli succès, qui s’accompagna de la présence des quatre albums du groupe dans le top-20 britannique. Pourtant, l’idée leur vint de se séparer pour cause du ras-le-bol du milieu de la musique né des problèmes précédents avec les studios, maisons d’éditions, journalistes et stations de radios... Ils décidèrent tout de même de continuer.
A l’été, Queen retourna alors en studios, pour l’album suivant. Le groupe se produisit aussi à un festival en hommage à Jimi Hendrix, décédé cinq ans plus tôt.. Là, ils jouèrent devant 150 000 personnes. Fin 1976, le single « Somebody To Love » atteignit la seconde place des charts, et prouva que malgré leur récent coup de cafard, les membres de Queen n’avaient pas perdu leur panache. L’album qui allait suivre était pourtant le premier à ne pas être produit par le fidèle Roy Thomas Baker, non remplacé puisque le groupe assura sa propre production. A Day At The Races, titre lui aussi tiré d’un film des Marx Brothers (pour l’occasion Groucho remercia le groupe), parut donc fin 1976, avec une promotion principalement faite à la télévision.
1. Tie Your Mother Down, 2. You Take My Breath Away, 3. Long Away, 4. The Millionaire Waltz, 5. You And I, 6. Somebody To Love, 7. White Man, 8. Good Old Fashioned Lover Boy, 9. Drowse, 10. Teo Torriatte (Let Us Cling Together)
Si le nom de l’album cherche directement la comparaison avec A Night At The Opera, la musique, elle… recherche plus ou moins la même chose. Dans la droite ligne de son prédécesseur, ce cinquième album officiel présente ainsi son cota de chansons pour le moins à part dans le paysage musicale du milieu des années 70. « You Take My Breath Away » est ainsi l’équivalent du « Love Of My Life » de l’album précédent. Chanson d’amour douce, où cette fois le piano remplace la harpe, pour un rendu tout aussi efficace et attachant. Les chansons retro sont également représentées via un « Long Away » chanté par un May légèrement plus pop, un « Drowse » interprété par un Roger Taylor qui y évoque sa nostalgie des temps passés et un excellent « Good Old Fashioned Lover Boy » signé par un Mercury plus exubérant que ses collègues. N’oublions pas la composition de Deacon, « You And I », très pop/rock. Le hard rock est également présent via « White Man » et surtout via « Tie Your Mother Down », cette dernière chanson étant peut-être la plus belle du répertoire hard de Queen. Cela dit, là où l’album diffère, et là où il est peut-être un brin inférieur à son grand frère sorti l’année précédente, c’est qu’il ne propose pas vraiment de chansons aussi recherchées que « Bohemian Rhapsody » et « The Prophet’s Song ». Chose il est vraie très largement composée par ces deux chefs d’œuvres de Mercury que sont le gospel enflammé « Somebody To Love » et la magnifique valse rock « The Millionaire Waltz », desservie par la fluidité aiguë de la guitare de Brian May. Enfin, le morceau final, « Teo Torriatte » (Let Us Cling Together) » est une sorte de mélange entre la ballade façon « You Take My Breath Away » et la pop de « You And I », avec un refrain en langue japonaise pour remercier le public nippon de la ferveur qu’il montre à chaque concert de Queen là-bas.
A Day At The Races est donc un album encore magnifique à tout point de vue. Certes, le travail n’y a pas été aussi minutieux que pour A Night At The Opera, mais après tout, comment aller plus loin que « Bohemian Rhapsody » ? Le groupe, en perpétuel réflexion sur son propre travail, n’est certainement pas là pour se reposer sur ses lauriers. Un changement était alors à prévoir, d’autant plus que la vague punk commençait alors à déferler sur le Royaume-Uni.
L’album entra directement en tête des charts, malgré une nouvelle fois les critiques incendiaires de la presse (qui à l’époque s’entichait d’ailleurs des Sex Pistols). Puis, début 1977, le groupe partit en tournée et donna sa chance à Thin Lizzy, qui fit la première partie de Queen aux Etats-Unis, avant de rejoindre l’Angleterre et de donner un concert au jubilé de la Reine Elizabeth II. L’occasion pour le groupe de dévoiler tout un nouveau jeu de lumière, le plus important qu’ils avaient jusqu’ici déployé. Ensuite, selon le schéma habituel : retour aux studios. C’est d’ailleurs en studio que Freddie Mercury et Queen rencontrèrent Sid Vicious et les Sex Pistols. La légende veut que les deux se soient confrontés verbalement. A ce choc des cultures s’ajouta la presse, qui toujours partante quand il s’agissait de dénigrer Queen se mit à jaser sur une éventuelle séparation du groupe, suite au single « I Wanna Testify », sorti en solo par Roger Taylor. La réponse du groupe fut cinglante, avec la sortie du single « We Are The Champions », complété en face B par « We Will Rock You ». Seulement quatrième dans les charts, mais avec une renommée que l’on sait. C’est d’ailleurs ce duo qui allait pleinement implanter la popularité du groupe en France. Un peu plus tard, à la fin de l’année 77, l’album News Of The World parut sur le marché, avec une superbe pochette signée du dessinateur de comics Frank Kelly Freas, qui reprenait là un de ses anciens dessins de science-fiction sur lequel il ajouta les membres du groupe.
1. We Will Rock You, 2. We Are The Champions, 3. Sheer Heart Attack, 4. All Dead, All Dead, 5. Spread Your Wings, 6. Fight From The Inside, 7. Get Down Make Love, 8. Sleeping On The Sidewalk, 9. Who Needs You, 10. It’s Late, 11. My Melancholy Blues
Avec News Of The World, le changement d’orientation du groupe se confirme. Moins porté sur l’exubérance, comme le prouve aussi le changement de look des membres du groupe (à part Brian May) : cheveux quelque peu raccourcis, tenue de scène moins glam… Niveau musical, les indissociables « We Are The Champions » et « We Will Rock You », si ils sont les chansons les plus connues de l’album, ne sont en revanche pas forcément les meilleures. Certes, leur côté pop/rock accrocheur avec refrains entraînant en fait des chansons indéniablement très bonnes, mais c’est surtout en live qu’elles peuvent atteindre leur plénitude. Sur l’album, on peut leur préférer la géniale « It’s Late », signée Brian May : sorte de fresque rock desservie par des chœurs répondant au chant de Mercury, c’est une chanson trop méconnue. Tout comme bon nombre de ses camarades d’album. « All Dead, All Dead » est une douce ballade au piano chantée par un Brian May mélodieux et morose. Ce même May signe aussi la différente mais tout aussi bonne chanson « Sleeping On The Sidewalk », un blues à la Clapton. Mercury n’est pas en reste et verse dans le jazz avec un superbe « My Melancholy Blues » à base de piano. Il ne peut s’empêcher tout de même de placer avec « Get Down, Make Love » une composition étrange sonnant très « science-fiction» (mais toujours sans synthétiseur !). Mais Deacon et Taylor ne sont pas en reste et livrent chacun deux chansons. Taylor avec « Sheer Heart Attack » (écrite pour l’album éponyme mais utilisée seulement alors), un hard rock rapide se rapprochant de l’ennemi punk, et avec « Fight From The Inside », mélange assez maladroit de rock et de funk, que le batteur chante lui-même. Deacon se révèle bien plus habile que son collègue avec « Who Needs You », une très sympathique et très ‘hawaiienne’ composition, ainsi qu’avec « Spread Your Wings » (qui échoua plus tard en temps que single), qui se rapproche en bien des points du « It’s Late » de Brian May, les chœurs en moins.
News Of The World est donc encore une fois un très très bon album, que vient un peu assombrir les compositions de Roger Taylor. Le groupe semble donc prendre une bonne direction. De quoi en tout cas survivre indemne du mouvement punk, tant artistiquement que commercialement (l’album est encore un joli succès), ce qui ne sera pas le cas de bon nombre des groupes historiques de la fin des 60’s et du début des 70’s.
La traditionnelle tournée allait suivre, et fut notamment marquée par l’apport de « We Will Rock You » et de « We Are The Champions » qui devinrent alors les deux titres concluant chaque concerts, avec un final en forme de « God Save The Queen » (le vrai, pas la chose des Sex Pistols). Le groupe décide alors de se séparer de son manager John Reid et de se gérer lui-même via sa propre compagnie de management. De fin 1977 à début 1978, Queen sera sur la route pour une tournée aux Etats-Unis et en Europe. Puis le groupe retourne en Angleterre, où il vient rechercher le producteur Roy Thomas Baker en vue de l’album suivant, qui sera enregistré en Suisse (Montreux) et en France (Nice). Le single préfigurant l’album fera écho au dyptique « We Are The Champions » / « We Will Rock You » et se composera des titres « Fat Bottomed Girls » / « Bicycle Race ». Les deux seront illustrés par un clip dévoilant une course cycliste de femmes nues, tournée au stade de Wimbledon. La censure n’appréciera pas et demandera des comptes au groupe, qui dût rajouter une culotte à la fille figurant sur la pochette du 45 tours britannique (et qui était pourtant vue de dos). L’album complet, appelé Jazz, sortira en novembre, grimpant jusqu’à la deuxième place des charts.
1. Mustapha, 2. Fat Bottomed Girls, 3. Jealousy, 4. Bicycle Race, 5. If You Can’t Beat Them, 6. Let Me Entertain You, 7. Dead On Time, 8. In Only Seven Day, 9. Dreamer’s Ball, 10. Fun It, 11. Leaving Home Ain’t Easy, 12. Don’t Stop Me Now, 13. More Of That Jazz
Dernier album studio des années 70 pour le groupe, et une nouvelle marque de génie. On y assiste à un certain retour du côté fantasque de Mercury, non seulement à travers la promotion de l’album à base de femmes nues, mais aussi avec la chanson « Bicycle Race », pop rock exubérant avec son dialogue entre le chanteur et les chœurs, avec ses bruitages de sonnettes et ses paroles humoristiques dénigrant toute une culture populaire et politique au profit de la simple « bicycle ». « Fat Bottomed Girls » est un peu plus dans le rang. Signé May, il s’agit tout de même d’une superbe chanson rock exploitant à merveille les instruments et le chant agressif de Mercury. A côté de cela, on trouve deux compositions hard rock : « Let Me Entertain You » (un commentaire de Mercury sur les ambitions du groupe, et une chanson clairement destinée à être jouée en live) et « Dead On Time », qui début par un grondement de tonnerre enregistré en direct, à Montreux, pendant un orage. Mercury y excelle encore par son chant fluide et extrêmement rapide, qu’il reprendra en moins hard mais en plus mélodieux et tout aussi énergique dans le superbe « Don’t Stop Me Now », qui connu par la suite une belle carrière en 45 tours. « Mustapha », l’ouverture de l’album, est un peu dans la même veine, sauf qu’il s’agit ici de paroles en arabes. Mais puisque Queen ne semble encore pas vouloir livrer un album entièrement conçu dans le même style, on trouve aussi quelques ballades : la sympathique «Jealousy » de Mercury, la non moins sympathique et assez retro « In Only Seven Days » de Deacon et le fabuleux « Dreamer’s Ball » composé par un Brian May qui décidément adore le style retro des 40’s. Restent les pop « Leaving Home Ain’t Easy », au chant mélancolique de Brian May et celle, assez moyenne, de Deacon : « If You Can’t Beat Them », sauvée part Mercury. Et pour finir, les deux chansons de Taylor : le relativement mauvais disco / funk « Fun It » (où encore une fois Mercury vient sauver les meubles en chantant quelques couplets) et le bien meilleur « No More Of That Jazz », rock un peu boogie, toujours chanté par Taylor, qui intègre en son milieu une sorte de best of des refrains de l’album.
N’eut-il contenu deux chansons plutôt médiocres, Jazz aurait été un très grand album. Taylor y confirme ses goûts pour des paroles très adolescentes et surtout pour des styles rythmés, funk, disco ou soul… Une orientation musicale qui s’affirmera de plus en plus.
Une tournée européenne suivra début 1979. L’occasion de publier un album live, Live Killers, qui se classera troisième dans les charts.
DISC 1 : 1. We Will Rock You, 2. Let Me Entertain You, 3.Death On Two Legs, 4. Killer Queen, 5. Bicycle Race, 6. I’m In Love With My Car, 7. Get Down, Make Love, 8. You’re My Best Friend, 9. Now I’m Here, 10. Dreamer’s Ball, 11. Love Of My Life, 12. ’39, 13. Keep Yourself Alive.
DISC 2 : 1. Don’t Stop Me Now, 2. Spread Your Wings, 3. Brighton Rock, 4. Bohemian Rhapsody, 5. Tie Your Mother Down, 6. Sheer Heart Attack, 7. We Will Rock You, 8. We Are The Champions, 9.God Save The Queen.
Pas grand chose à dire sur cet album, qui n’est pas issu d’un concert bien précis mais qui est constitué de différentes prestations durant la tournée du début de l’année 1979. Malgré un son pas franchement impeccable (qui provoquera l’ire des membres du groupe), on y retrouve toute l’ampleur de Queen en live. Une osmose parfaite avec le public atteignant son paroxysme pour « We Are The Champions ». Quelques fantaisies diverses sont aussi à signaler (les solos de May, la partie étrange de « Get Down, Make Love » qui offre l’occasion à Taylor de se livrer à un très bon solo de bongas…). En revanche, la partie opéra de « Bohemian Rhapsody » n’a jamais été jouée en live par le groupe, car trop complexe à reproduire. C’est donc le disque qui est diffusé en concert. On notera aussi la présence d’une variante de « We Will Rock You », davantage hard rock.
Un album indispensable.
Dans le même temps, retour aux studios de Montreux pour le prochain album. A l’été 1979, Freddie Mercury rejoignit le Royal Ballet de Londres, pour travailler sur une adaptation de « Bohemian Rhapsody » et de « Killer Queen ». Suite à quoi Dino de Laurentiis, alors en instance de production de Flash Gordon, demanda au groupe de composer la bande originale. Proposition acceptée. L’allemand Mack, ingénieur du son sur le pourtant décrié Live Killers fut également de la partie. En attendant, le single « Crazy Little Thing Called Love » fut mis en vente, atteignant la deuxième place en Angleterre et la première aux Etats-Unis. Ce fut le premier numéro un du groupe en Amérique. Mercury, très vite, en adapta une version pour le Royal Ballet. Le groupe, avant même la publication de l’album, partit en tournée, pour des concerts toujours plus travaillés. Notamment celui au profit de la population cambodgienne, en fait un concert de charité où se produisirent aussi Robert Plant, les Clash, les Wings et les Who (du moins ce qu’il en restait, puisque Keith Moon était décédé l’année précédente). « Now I’m Here » est le morceau joué par Queen qui restera sur l’album du concert.
Deux singles parurent en 1980 : « Play The Game » et « Save Me », tout deux dans le top-20 britannique. Mais l’album n’était toujours pas finit, pas plus que ne l’était la B.O. de Flash Gordon. Le groupe retourna donc en studio et finalement, en juin, avec l’aide du producteur Mack, The Game fut publié.
1. Play The Game, 2. Dragon Attack, 3. Another One Bites The Dust, 4. Need Your Loving Tonight, 5. Crazy Little Thing Called Love, 6. Rock It (Prime Jive), 7. Don’t Try Suicide, 8. Sail Away Sweet Sister, 9. Coming Soon, 10. Save Me
Comme le pourtant excellent Jazz l’avait laissé deviner, Queen changea. Physiquement, d’abord : finis les cheveux longs (à part pour Brian May et son indéboulonnable crinière), place à la sobriété et même à la moustache devenue célèbre de Freddie Mercury. Place aussi à un son résolument différent. Si la pochette du disque nous présente le groupe comme un groupe tout droit sorti des 50’s, l’écoute de l’album prouve qu’il n’en est rien, si ce n’est pour le chef d’œuvre rockabilly qu’est « Crazy Little Thing Called Love ». A croire que l’album voulut se faire vendre sur la foi qu’il serait intégralement dans la lignée de ce morceau. Mais il n’en est rien, et avouons le, The Game est bien faible, comparé à tous ses prédécesseurs. « Coming Soon » est une chansons pop sans âme, assez fade. « Need Your Loving Tonight » est un peu plus proche de l’esprit des 50’s, sans toutefois égaler « Crazy Little Thing Called Love ». « Don’t Try Suicide » (écrite pour une campagne de prévention contre le suicide) est un honnête mélange entre rock, pop et rockabilly. Et puis il y a la confirmation de l’engouement du groupe pour le funk et la disco, pour le meilleur (« Another One Bites The Dust », de Deacon) et pour le pire (« Dragon Attack »). Du reste, The Game est le premier album de Queen à avoir nécessité un synthétiseur. Chose à laquelle Brian May s’opposa d’abord, avant d’y consentir. Comme à l’habitude, c’est Taylor qui signe et chante la moins bonne chanson du lot, avec un « Rock It (Prime Jive) » qui sans être franchement mauvaise reste quand même sans grand relief. « Play The Game », une ballade se transformant en rock solide, relève quand même le niveau. Tout comme une autre ballade, chantée par May : « Sail Away Sweet Sister ». Mais heureusement, l’album se termine par un bien-nommé « Save Me », très poignant tout en se dotant de rock bien comme il faut.
Au final, The Game est un album moyen n’amorçant pas la nouvelle décennie de façon mémorable. Certes, l’hétérogénéité des genres y est présente, mais le tout est tiraillé par un modernisme 80’s et un maintien de l’ordre 70’s voir antérieur. De quoi se poser des questions pour l’avenir.
L’album se classa tout de même en haut des charts, tout comme le single « Another One Bites The Dust », qui lui atteindra même le sommet. Queen est alors l’un des groupes les plus vendeurs au monde.
Puis vint le temps de finir la B.O. de Flash Gordon, après avoir visionné des rushs du film. L’album finit par sortir en décembre 1980.
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1. Flash’s Theme, 2. In The Space Capsule (The Love Theme), 3. Ming’s Theme (In The Court Of Ming The Merciless), 4. The Ring (Hypnotic Seduction Of Dale), 5. Football Fight, 6. In The Death Cell (Love Theme Reprise), 7. Execution Of Flash, 8. The Kiss (Aura Ressurects Flash), 9. Aboria (Planet Of The Tree Men), 10. Escape From The Swamp, 11. Flash To The Rescue, 12. Vultan’s Theme (Attack Of The Hawk Men), 13. Battle Theme, 14. The Wedding March, 15. Marriage Of Dale And Ming (And Flash Approaching), 16. Crash Dive On Mingo Ciry, 17. Flash’s Theme Reprise (Victory Celebrations), 18 The Hero
En tant que bande originale, cet album se doit d’être vu à part du reste de la discographie du groupe. Car il s’agit d’une vraie BO et non pas d’un rassemblement de chansons chantées, comme il eut été facile de le faire. A ce titre, Queen réussit efficacement son pari d’illustrer un film kitsch. Musique toujours bien adaptée à ce que l’on voit à l’écran. Et puisque l’on y voit des choses assez grotesques, la musique suit… Mais pourtant, ce n’est pas du tout un mauvais album. Il est en effet possible de l’écouter séparément, pour peu que l’on désire se remémorer l’excellent film de Mike Hodges. La BO est donc ainsi tout aussi à part que le film. Elle offre en outre quelques petites perles comme le symphonique « The Kiss » ou une version guitare très raffinée de la marche nuptiale « The Wedding March ». Les deux seules chansons chantées sont elles aussi assez kitsches, il s’agit du célèbre « Flash’s Theme » et du plus méconnu mais tout aussi bon « The Hero », toutes deux de vagues pop/rock à la gloire du héros footballeur.
De plus, avec cet album, le groupe a pu manipuler les synthétiseurs autant qu’ils le voulaient, à titre expérimental. Ce qui pouvait laisser à penser qu’ils seraient vite revenus à davantage de lyrisme.
En 1981, le groupe s’ouvre à l’Amérique du sud et à l’Amérique centrale. Une tournée dans des stades qui bat tous les records locaux et ceux du groupes : 250 000 personnes en 2 jours en Argentine, avec dans le même pays un top-10 comprenant tous les albums de Queen parus à ce jour… C’est aussi l’année où Taylor publie l’album Fun In Space. Il grimpera dans le top-20 britannique. Ce qui bien sûr donna naissance à de nouvelles fausses rumeurs sur la fin de Queen. En été, tout le monde retourne à Montreux, pour préparer le nouvel album. C’est à ce moment là que David Bowie, de passage en Suisse, fut amené à collaborer avec le groupe. A la fin de l’année, EMI publia un Greatest Flix (compilation de clips), un Greatest Pix (une biographie par le biographe de feu John Fitzgerald Kennedy) et bien sûr un Greatest Hits.
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Inutile de s’attarder sur cet album : comme tout « best of », il s’agit des titres les plus vendus du groupe, des singles, au mépris total de toute considération artistique. A noter tout de même qu’il n’y figure aucune chanson composée par Roger Taylor… En novembre, Under Pressure (paru uniquement sur l’édition japonaise du Greatest Hits) débarqua sur le marché, avec à la clef une première place dans les charts.
En Mai 1982, c’est au tour de l’album Hot Space d’être mis en vente.
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1. Staying Power, 2. Dancer, 3. Back Chat, 4. Body Language, 5. Action This Day, 6. Put Out The Fire, 7. Life Is Real (Song For Lennon), 8. Calling All Girls, 9. Las Palabras De Amor (The Words Of Love), 10. Cool Cat, 11. Under Pressure
Avec Hot Space, et avec le choix de Mack comme producteur, Queen désirait se tester pleinement sur le funk. Un choix risqué, pouvant aboutir à se mettre le public à dos (ce qui fut en partie le cas, malgré des critiques cette fois positives). Cet album a la réputation d’être mauvais, le pire du groupe. Qu’en est-il exactement ? Et bien effectivement, ce n’est pas brillant. « Staying Power », « Dancer », « Back Chat » et « Body Language », soit tout le début de l’album, consistent en un mélange de funk et de disco, ce qui exige donc de l’auditeur d’avoir un minimum de réceptivité à ces genres musicaux. Ce qui n’est pas forcément le cas des fans du groupe à cette époque là (aux Etats-Unis, Queen était même catalogué comme un vrai groupe de hard rock). L’écoute des morceaux, si elle n’est pas totalement inaudible grâce au chant de Mercury, est par contre assez pénible. A leur décharge, il faut tout de même dire que ces chansons se révéleront supérieures en live, où là le groupe se concentrera davantage sur les instruments rock classiques, et d’avoir un son différent. La participation du public sera également un atout. Mais en l’état, pas de quoi se réjouir, y compris lorsque Mercury se met à inclure de la tension sexuelle dans « Body Language », un peu comme Mick Jagger l’avait fait dans le « Hot Stuff » des Rolling Stones. « Action This » Day, chantée conjointement par Taylor et Mercury est un peu plus abordable, car elle insère davantage de rock dans la composition. Les progrès continuent ensuite avec « Put Out The Fire », qui revient à un vrai rock, sans grande recherche mais efficace (encore une fois, le live décuplera sa puissance). La septième chanson, « Life Is Real », est une ballade écrite en hommage à John Lennon, l’un des modèles du groupe, assassiné en 1980. Pas franchement au niveau des ballades antérieures du groupe, car trop classique dans l’emploi des instruments. Puis Taylor revient avec un « Calling All Girls », bouillie de pop, de disco, et d’on ne sait trop quoi… Heureusement, trois chansons sauveront les meubles. Il s’agit de « Cool Cat », par Deacon, gentille chanson soul /funk assez calme. De « Las Palabras De Amor (The Words Of Love), ballade pop partiellement récitée en espagnole pour remercier le public sud-américain de l’accueil qu’il fit au groupe. Chanson qui fut pourtant censurée là-bas et au Royaume-Uni pour cause de guerre des Malouines entre Tchatcher et l’Argentine. Et enfin, bien sûr, « Under Pressure », chanson co-chantée par Bowie et Mercury, au rythme allant crescendo vers un refrain très réussi.
Cela dit, ces quelques chansons ne sauvent pas totalement l’album. Celui-ci sonne beaucoup trop synthétique, sans réelle recherche de composition. Un album trop facile.
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Ce qui ne l’empêchera pas de grimper à la quatrième place des charts. Et surtout, il servit de support à la monumentale tournée qui suivit, jusqu’en Amérique (et même au Saturday Night Live) et au Japon. Tournée pour laquelle Queen embaucha le groupe Bow Wow Wow pour ses premières parties, ainsi que l’ex Mott The Hoople Morgan Fisher pour les claviers (une façon de rendre hommage au membre d’un groupe qui avait aidé Queen à ses débuts). Dans le même temps, Mercury rencontra Michael Jackson et enregistra quelques morceaux avec lui. Ils ne sont jamais officiellement sortis, mais il est possible de les trouver sur internet en cherchant bien. C’est aussi à cette époque que les titres de Smile furent publiés plus ou moins légalement au Japon (en fait illégalement, mais le groupe n’y porta pas intérêt, jugeant que le disque avait été plus que correctement édité).
En 1983, les membres du groupe décidèrent d’un commun accord de se reposer. Chacun serait libre de travailler à ce qui lui plairait. Ce fut une nouvelle fois l’occasion pour les rumeurs de séparation de réapparaître. Brian May participa ainsi aux albums de différents artistes : Jeffrey Osbourne, Eddie Van Halen, Fred Mandell. Il pris aussi part à la conception de la B.O. d’une série de science-fiction, Star Fleet Project, avec Mack et Roger Taylor. Ce même Taylor travailla aussi ses projets en solo. John Deacon se reposa en jouant de la basse pour des amis célèbres mais non musiciens (les tennismen John McEnroe et Vitas Gerulaitis). Freddie Mercury travailla à un album solo et publia le titre « Love Kills », dixième dans les charts, et réutilisé par Georgio Moroder pour composer la B.O. du nouveau Metropolis. Et en coulisse, Queen changea de distributeur pour les Etats-Unis, remplaçant Elektra par Capitol Records. Mais vers la fin de l’année, un nouvel album fut en prévision. Queen partit pour les Etats-Unis, où ils se mirent au travail. Tellement d’ailleurs qu’ils durent à regret décliner l’offre de l’avocat Jim Beach, qui leur avait proposé de travailler à la B.O. du film The Hotel New Hampshire. Voilà donc qui laisse le champ libre aux espoirs de vrai retour à un style moins facile que celui opté pour Hot Space et dans une moindre mesure The Game. Début 1984, le single « Radio GaGa », signé Roger Taylor, est mis sur le marché, accompagné d’un clip impressionnant, l’un des plus chers jamais conçus par le groupe. Il reprend notamment des scènes du Metropolis de Moroder, et il a également nécessité la présence de nombreux membres du fan club de Queen en temps que figurant. Le single se classera deuxième au Royaume-Uni et premier dans beaucoup d’autre pays. Un moins après ce fut au tour de l’album The Works de sortir.
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1. Radio GaGa, 2. Tear it up, 3. It’s A Hard Life, 4. Man On The Prowl, 5. Machines (or “Back To Humans”), 6. I Want To Break Free, 7. Keep Passing The Open Window, 8. Hammer To Fall, 9. Is This The World We Created ?
Malgré la présence de Mack à la production, l’album ne possède aucun défaut majeur. Il constitue un retour à la diversification des styles des années 70. Malgré qu’il n’en atteint pas le génie, il constitue tout de même un album très solide, surtout à une époque (le début des années 80) où la musique rock se perdait dans un style singulièrement commercial, mû par MTV et autres chaînes télévisées ou station de radio jeunistes. Ce qui ne veut pas dire que Queen ne se livre pas aux mêmes procédés. Une chanson comme Radio GaGa n’est à vrai dire pas un monument dans la carrière du groupe. Sonnant trop synthétique, rythmée au synthétiseur justement. Un peu trop new wave. Défaut qui sera corrigé en live mais qui en l’état laisse à penser que la chanson est vraiment le fruit de son époque. On aurait put dire la même chose de « Machines » (co-signée par May et Taylor), elle aussi très fournie en synthétiseurs. Mais la chanson dépasse sa collègue dans le sens où ce synthé sert ici la thématique de la chanson, à savoir parler d’un monde se mécanisant de plus en plus (sûrement une référence au film Metropolis, autant que la nouvelle illustration de l’attrait qu’éprouve Taylor pour la science-fiction). Le reste de l’album comprend également deux ballades : la fort sympathique et plutôt pop « It’s A Hard Life », mais aussi et surtout « Is This The World We Created ? », une chanson à base de guitare sèche, revenant aux « Love Of My Life », « You Take My Breath Away » ou autre « All Dead, All Dead » d’antan. « Keep Passing The Open Window » est une chanson pop agréable, mais sans grand relief. « I Want To Break Free », composée par Deacon, est quand à elle le second tube de l’album. Il s’agit d’une chanson avant tout parodique (ce qui se verra aussi dans le clip, avec les membres du groupe travestis), avec un accent pop/funk. Le résultat est franchement bon, par rapport aux précédentes tentatives « rythmées » du groupe, d’autant plus que le titre n’est pas dénué de rock non plus. « Man On The Prowl » est un très bon rockabilly, un peu en dessous de « Crazy Little Thing Called Love », mais qui reste très bien. Enfin, signalons les deux chansons purement rock : « Hammer To Fall » et « Tear It Up ». Deux morceaux qui seront magnifiés en live mais qui restent ici également excellents. Petite préférence pour « Tear It Up », au refrain légèrement plus entraînant.
Bref The Works marque le retour de Queen au premier plan, revenant à des choses que le groupe connaît davantage. Pas follement original mais très efficace. Ironie du sort ce sont les chansons composées par Deacon et Taylor qui connaîtront le plus de succès.
L’album se classe premier dans les charts. Les membres du groupe s’en retournent alors travailler à leurs projets solos : l’album Strange Frontier de Taylor, la collaboration de Mercury avec Moroder plus quelques autres chansons personnelles. Puis avec l’été vint une tournée qui les mènera Queen jusqu’à Sun City, ville d’Afrique du Sud sous le régime de l’apartheid. Ce concert fera scandale, le groupe se fera accusé de racisme, et sera extrêmement critiqué par la presse occidentale. Même les Nations-Unies le prendront en grippe. Sur ce malentendu, Mercury retourna travailler en solo, tandis que May et Taylor lancèrent une « Christmas Song » chantée par Mercury, mais qui ne connut pas le succès.
Le début de l’année 1985 est marqué par des concerts exotiques : Amérique du Sud, Nouvelle-Zélande, Australie, Japon… C’est en Océanie que Bob Geldof, chanteur des Boomtown Rats, propose au groupe de participe au Live Aid, concert de charité organisé au profit de l’Ethiopie. D’abord réticent, Queen accepte. Mais entre-temps, Freddie Mercury aura enfin sorti son premier album solo : Mr. Bad Guy. Un album décevant, puisque le chanteur continue à y explorer la disco, la new wave et toutes ces sortes de choses. Heureusement, de très bonnes ballades seront aussi présentes. Quoi qu’il en soit, en juillet 1985, Queen se produit au live Aid, au stade de Wembley, et jouent six chansons. Leur participation est un véritable triomphe. U2, McCartney et les autres artistes se feront éclipsés par la prestation de Queen, par l’harmonie entre le groupe et son public et par le charisme de Mercury sur la scène. En complément de ce concert de charité, Queen semble désirer se faire pardonner leur concert en Afrique du Sud puisqu’ils hériteront d’une stèle à leur nom, en antarctique, offerte par Greenpeace pour l’aide apporté par le groupe à l’écologie. Dans le même temps, retour en studio pour le single « One Vision », septième dans les charts et repris dans la B.O. de Iron Eagle. The Complete Works, coffret regroupant tous les albums du groupe plus un album composée de faces-B, est également publié et se classe dans les meilleures ventes. C’est aussi en 1985 que Mercury reconnu publiquement être homosexuel.
1986 démarre en studio avec des projets personnels et avec la conception du nouvel album de Queen. Cet album est avant tout le fruit de la collaboration du groupe avec Russell Mulcahy pour la B.O. du film Highlander. Devant au départ composer une seule chanson, le groupe se sentira inspiré par la vision des rushs du film et fera un album entier. « A Kind of Magic », encore une fois signée Taylor, sera le single-phare (troisième position dans les charts). Russell Mulcahy en fera même un clip. D’autres clips suivront pour d’autres singles : « Friends Will Be Friends », « Who Wants To Live Forever » et « Princes Of The Universe ». Ce dernier, que Mulcahy réalisa également, reprend une scène de duel à l’épée issu du film et confronte Christophe Lambert à Freddie Mercury. Le film Highlander sera présenté en avant première à la toute nouvelle Convention Annuelle de Queen. L’album quand à lui sera publié en juin. Il se nommera également A Kind Of Magic.
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1. One Vision, 2. A Kind Of Magic, 3. One Year Of Love, 4. Pain Is So Close To Pleasure, 5. Friends Will Be Friends, 6. Who Wants To Live Forever, 7. Gimme The Prize, 8. Don’t Lose Your Head, 9. Princes of The Universe
Si l’album n’est pas officiellement la B.O. de Highlander, il comprend tout de même une bonne plâtrée de chansons utilisées dans le film. Il n’est pourtant en rien comparable à la B.O. de Flash Gordon, puisque les chansons sont relativement autonomes par rapport au film (voire c’est le film qui se colle aux chansons, tant le style de Mulcahy est particulier). On constate aussi que Queen s’est enfin débarrassé de ses penchants dansants. On y trouve un rock prépondérant, principalement à travers les très homogènes « One Vision », « Gimme The Prize » et « Princes of The Universe ». Trois chansons très solides. « A Kind Of Magic » est une chanson pop à la basse et au synthé proéminants (c’est donc une chanson signée Taylor), mais très agréable. « Pain Is So Closed To Pleasure » est du même tonneau pop, mais en plus calme et avec un Mercury chantant en voix de castrat. Marrant. « Don’t Lose Your Head » continue dans la lignée mais n’a pas véritablement de style distinctif. Disons quand même un important emploi du synthétiseur en arrière-plan. La Chanson la plus faible de l’album (composée par… Taylor). « One Year Of Love » est la ballade sentimentale qui découle du film. Un peu conventionnelle, mais ça passe. Restent les deux compositions majeures de l’album : « Who Wants To Live Forever », un rock symphonique de May chanté par un Mercury à son sommet, et « Friends Will Be Friends », ballade pop rock très attachante signée Deacon et Mercury. Notons aussi trois titres bonus pour l’édition CD : « A Kind Of A Kind Of Magic » et « Friends Will Be Friends Will Be Friends…. », qui ne varient pas des masses des chansons d’origine. Et « Forever », la magnifique instrumentale au piano de « Who Wants To Live Forever ».
A Kind Of Magic est un album assez simple, très correct, prouvant que le groupe sait encore faire du rock et du lyrisme. Et un excellent support à la tournée qui suivra.
Tournée appelée Mgic Tour, qui sans que personne ne le sache serait la dernière du groupe. Et celle dont tout le monde se souviendra. Affluences records en pagaille, et premier passage d’un groupe occidental par-delà le rideau fer, pour un concert en Hongrie, au Nepstadion construit sous l’ordre de Staline. Pour l’occasion, Queen en profitera pour chanter une superbe chanson traditionnelle hongroise avec l’aide d’un public ravi. Beaucoup de concerts de la tournée seront enregistrés et donneront lieu plus tard à des vidéos. Mais en attendant, c’est un album mélangeant tous ces concerts qui sera publié fin 86 : Live Magic.
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1. One Vision, 2. Tie Your Mother Down, 3. Seven Seas Of Rhye, 4. A Kind Of Magic, 5. Under Pressure, 6. Another One Bites The Dust, 7. I Want To Break Free, 8. Is This The World We Created, 9. Bohemian Rhapsody, 10. Hammer To Fall, 11. Radio GaGa, 12. We Will Rock You, 13. Friends Will Be Friends, 14. We Are The Champions, 15. God Save The Queen
Cet album est une honte. Comment résumer le Magic Tour en un seul disque ? Chose impossible, à moins de faire ce qui a été fait ici, c’est à dire choix de titres évident
