Même si Gore Verbinski est capable de bonnes choses quand il veut ("Le mexicain", film de stars totalement denué d'ambitions mais sympathique et attachant et surtout l'excellentissime "The weather man", oeuvre de renoncement passée inaperçue aux yeux du public, des critiques et du monde entier alors que ce film est formidable), je dois avouer que la comparaison avec Brett Ratner n'est paa stupide.
Mais je pense que Uwe Boll s'amuse plus et soit même plus sincère dans sa demarche qu'un Brett Ratner. Quand on voit les moyens nettement moins démesurés qui sont mis à sa disposition et ce qu'il est capable d'en faire (ne serait-ce qu'au niveau du casting et de certains effets de mise en scène parfois réussis même s'ils sont grossiers et éculés comme la scène dans "House of the dead" où les survivants éxterminent leurs assaillants zombifiés au ralenti sur fond de rap/metal qui en dépit du fait qu'elle puisse paraitre longue et ridicule, demeure tout de même assez excitante), on peut penser que Boll s'amuse et a envie d'amuser , aveuglé il est vrai par une soif de reconnaissance sans bornes qui fait de lui un mégalomane sûr de son talent même s'il dit quand même dans les extraits de l'interview youtube plus haut qu'il sait pertinement que ses films ne fonctionnent pas au box-office et que lui-même est detesté par la critique et le public. Je ne trouve pas que tous ses films soient si abominablement nuls que ça. C'est mauvais, certes, mais regardable et parfois même plaisant comme "In the name of the king" par exemple.
Rattner par contre, est un type qui n'aime pas le cinéma, qui n'aime pas ce qu'il fait mais qui (comme Boll) s'aime beaucoup et pense être bourré de talent. Il s'exhibe dans les soirées people, filme comme ses pieds des scripts aux budgets pharaoniques, pense s'acheter une conduite avec le pathétique "Family Man" (tiens, il y a du Cage dedans) et même ses videoclips sont ratés et semblent cheaps (Heartbreaker de Mariah Carey, Beautiful strangers pour Madonna...). Si Boll plante dans les grandes largeurs des adaptations de jeux vidéos pour dix millions de dollars (pas plus, les soixante millions soi-disant depensés pour "In the name...", ce n'est qu'un coup de pub pour gonfler le film), Ratner ruine cent-cinquante millions dans X-Men 3, Rush Hour et compagnie...
je pense que Uwe Boll aime le cinéma et filme ses oeuvres avec sincerité (surtout maintenant qu'on lui donne moins de fonds), tandis que le cinéma de Ratner, qui n'est même pas divertissant (et je ne suis pas difficile), est une foutaise. En plus, Ratner a produit cette invraisemblance télévisuelle qu'est "Prison break", ce qui en dit beaucoup sur le bonhomme.
Quand Boll fait un "1968 Tunnel rats", la bande-annonce elle-même vaut mieux que celles de "Dragon rouge", toute pomponnée soit-elle.
Et ce n'est pas Bret Ratner qui se mettra en danger avec un film aussi incroyable que "Postal", lui aussi plein de défauts mais unique en son genre (vraiment unique, et dire que les acheteurs français ont eu peur d'en acquérir les droits lors du dernier marché du film de Cannes

).
Alors oui, Boll se rapproche à mon sens d'un Ed Wood sur de nombreux points comme l'amour du cinéma, la reconnaissance de ses pairs mais aussi un talent incertain tandis que Ratner, la passion du metier et la reconnaissance, il s'en fiche, lui il veut siroter du champagne avec Paris Hilton.