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Version complète : Le soldat à l'écran - PAN !
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Starsky
J'ai regardé avec un plaisir certain le téléfilm de France 2 passé hier soir.

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3 jours en Juin de Philippe Venault, d'aprés un roman de Frédéric Fajardie. Un téléfilm réalisé avec des moyens clairement trés trés limités, surtout vu l'ampleur de son sujet, mais qui réussit clairement à instaurer une unité tragique (de temps, de lieu, trés solennelle). Il faut de plus louer l'excellence de la reconstitution historique qui, avec trois Euros, offre une véracité rafraichissante (préferant la qualité des décos, accessoires et costumes plus que leur nombre ou leur beauté visuelle).

Il s'agit en un temps trés limité (trois jours, le tout rappellé par une horloge dont l'apparition régulière sous-entend déjà l'irrémédiable), dans un lieu unique (un pont et la campagne environnante), un aperçu presque symbolique de la déroute française de 1940.

Certes, on peut être effrayé par le didactisme d'une telle démarche à la base, mais le film réussit à contourner ce risque par le meilleur intermédiaire qui soit: des personnages qui existent. Les rôles, bien écrits (trés français: on parle beaucoup d'histoire, de politique, chacun croyant avoir raison, se justifiant) sont portés par des acteurs tous excellents. Des secons couteaux pour la plupart, des gueules n'ayant jamais fait dans l'héroïque mais qui insufflent une belle humanité à toutes figures perdues dans l'Histoire: Patrick Catalifo (habitué des rôles de militaires), Etienne Chicot (le plus beau beauf français), Marc Betton (le commissaire alcoolique de PJ), Guy Marchand (j'y reviendrais), jean Louis Foulquier, Marc Berman, etc... le rôle de la femme (il en faut toujours une, eh) est tenu par la chanteuse Elsa et elle es'en sort pas mal.

Ce que j'ai aimé dans ce film. C'est la qualité de l'intrigue se faisant croiser toutes les figures clés du drame qui se joue. Tout d'abord, ceux qui se battent jusqu'au bout, par patriotisme (aristocrate), par anti-fascisme (socialiste), par honte d'être lache, par l'impossibilité de faire autrement (les sénégalais). Il y a ensuite ceux qui fuient. les soldats, perdus, les gradés, honteux et le plus souvent minables. il y a enfin les civils. Eberlués, choqués, puis apaisés ou révoltés par la fin des hostilités.

Tous ces cas de figures vont être représentées durant ces trois jours où une poignée d'hommes va essayer de défendre un plan de la Loire alors que le pays s'effondre. Ils vont attendre, avoir peur, s'engueuler, alors que l'avance allemande est inexorable. une certaine société est mise à nu alors peu à peu. Les consciences s'éveillent, les bassesses aussi (beaucoup). Un monde vit ses dernières heures. je retiendrais particulièrement le duo entre le colonel aristocrate joué par un excellent Guy marchand et son aide de camp sénégalais qui, alors que leur détachement se prépare à une dernière lutte va remettre en cause l'idéal colonial de ce dernier. pas par de gros discours lourdauds, mais par une suite de dialogues entre deux hommes qui, face à la mort, peuvent jouer cartes sur table (les dialogues entre le héros, socialiste, et le colonel, monarchiste, sont eux aussi savoureux. Un respect mutuel face à l'affirmation de ses responsabilités)

SPOILER
la fin immonde que les allemands réservent aux africains, et la réaction du colonel, tirées de faits réels (comme beaucoup de faits du film -lire Comme des Lions de Lormier sur le sujet) est sans doute le moment le plus fort du film.
FIN SPOILER

Un trés bon téléfilm donc, qui arrive à instaurer une belle humanité malgré des moyens limités et cloisonnés (produit pour le prime time, etc), portés par de superbes acteurs assumant merveilleusement leurs rôles. Voila une oeuvre qui eut fait un trés grand film, avec un vrai budget, un peu de couilles et un Rappeneau à la caméra. Quoiqu'il en soit, un film remettant en place quelques réalités d'une époque méconnue et souvent facilement résumée TOUT en offrrant un honnête travail de cinéma (c'est clairement pas du génie mais c'est bien écrit, correctement filmé -le Hchamp et l'éllipse sont bien utilisées pour compenser le manque de moyens- et ce n'est surtout pas CYNIQUE), est toujours salutaire. J'approuve.



SINON

Je profite de cette petite critique pour lancer un sujet, sachant que peu d'entre vous auront vu le film en question. j'avais apprecié la lecture d'un ciné action sur l'armée à l'écran et en ces temps où l'armée américaine joue le patriotisme béat et celle française la peur du chômage pour communiquer, je serais tenté de discuter avce vous des différences énromes de représentations cinématographiques des armées à l'écran.

Chaque pays a une armée, grande ou petite. Et chaque armée a ses spécificités. Et donc ses représentations, forcément liées à son histoire.

La France et l'Allemagne, l'une défaite à mainte reprise et l'autre historiquement liée à l'ignominie absolue du nazisme ne peuvent plus jouer sur l'héroïsme triomphant des américains (mis en sourdine le temps du Vietnam et encore, ça se discute).
Les anglais ont fait survire tout cela de manière indirecte (les amércains ont souvent repris à leur compte les mythes guerries britanniques) aprés avoir longtemps joué sur leur Empire.

Il y a aussi celles d'autre pays à l'héritage cinématographique moins présent ici, comme la Russie (ou plutôt soviétique), le Japon, etc...

Il ya ensuite la représentation du soldat, mais aussi de l'armée en tant que telle (la hiérarchie, l'institution, etc...) et surtout la guerre qui l'accompagne. Des disparités de représentation sont clairement visibles à l'écran.

Bref, de la propagande à l'anti-militarisme, il y a pas mal à dire. J'y reviendrais donc
Rinaldo
Moi aussi ça m'est arrivé (deux fois) de tomber par hasard sur de bon téléfilms (sur la 2). Dommage qu'on ne puisse pas se fier aux programme télé pour trier le bon grain des grosses merdes.
Sinon je suis pas sur que ce soit la peine de prendre autant de précaution pour ne pas spoiler un téléfilm que personne n'a vu...


CITATION
j'avais apprecié la lecture d'un ciné action sur l'armée à l'écran et en ces temps où l'armée américaine joue le patriotisme béat et celle française la peur du chômage pour communiquer


Ca m'a toujours fait marrer de voir les pubs de l'armée française mettre en avant leur role humanitaire dans les conflits. Je le nie pas mais on prend au moins autant les gens pour des cons qu'en amérique, qui elle aime sincerement son armée.
Et pour continuer dans la comparaison france/amérique, ce qui m'étonne toujours c'est de constater que les scandales lié aux armées éclatent toujours rapidement là bas, et jamais en france (ou alors loooongtemps apres...). Mais bon, pour continuer à aimer son armée, les ricains opposent toujours le soldat modele au mauvais soldat, que ce soit dans les films ou dans les médias. On purge l'armée de ses mauvais elements pour en conserver une représentation positive... On france c'est sur, on est clairement dans l'autodénigrement. (par contre j'ai pas vu le dernier amélie poulin à la guerre. Il doit etre interessant de ce point de vue...)


C'est un peu le bordel ce que j'écrisdonc je m'arrete en signalant l'existence d'Hollywood, le Pentagone et Washington. Les trois acteurs d'une stratégie globale de Jean-Michel Valantin aux éditions autrement. L'auteur évite de tomber dans l'éceuil de la grossiere  dénonciation de propagande (d'ailleurs il parle de collaboration...), il s'appuye sur des films récents et ses analyses sont assez fines... Si on aime pas les livres, on peut toujours se remater starship trooper qui est peut etre le film le plus intelligent sur la réprésentation de l'armée américaine.



CITATION
Il y a aussi celles d'autre pays à l'héritage cinématographique moins présent ici, comme la Russie (ou plutôt soviétique), le Japon, etc...


Le cinéma coréen aussi, qui insiste beaucoup sur le traumatisme et la mauvaise conscience. D'ailleurs, j'avais vu sur arte un téléfilm coréen assez sympatique (et pas du tout fauché mais dont j'ai oublié le nom...), un polar qui glissait à coup de flashback dans le film de guerre...
Bien sur ça valait pas memories of murder, mais je trouve que cette utilisation du polar est assez symptomatique de l'approche coréenne.

Le ciné coco, je connais pas bien, mais j'ai l'impression qu'ils s'interessent plus à la figure révolutionnaire qu'au soldat (oui bon ok ça parait logique). Et en général, c'est moins individualiste qu'ailleurs, plus basé sur l'union nationale face à l'oppresseur. Mais j'ai pas vu assez de films sovietiques...
Starsky
cool, Rinaldo dans la place.


CITATION
Ca m'a toujours fait marrer de voir les pubs de l'armée française mettre en avant leur role humanitaire dans les conflits. Je le nie pas mais on prend au moins autant les gens pour des cons qu'en amérique, qui elle aime sincerement son armée.
Et pour continuer dans la comparaison france/amérique, ce qui m'étonne toujours c'est de constater que les scandales lié aux armées éclatent toujours rapidement là bas, et jamais en france (ou alors loooongtemps apres...). Mais bon, pour continuer à aimer son armée, les ricains opposent toujours le soldat modele au mauvais soldat, que ce soit dans les films ou dans les médias. On purge l'armée de ses mauvais elements pour en conserver une représentation positive... On france c'est sur, on est clairement dans l'autodénigrement. (par contre j'ai pas vu le dernier amélie poulin à la guerre. Il doit etre interessant de ce point de vue...)


C'est sur que jouer l'humanitaire, ça prête à sourire, mais il faut dire que les possibilités sont trés limitées. Le patriotisme et les valeurs guerières ne sont pas trop bankables de par chez nous (l'idée d'autodénigrement est assez juste). Il faut dire que les blessures entre le Grande Muette et la population sont trés dures et anciennes. Les boucheries de 14, les défaites à répétition n'ont pas aidé à glorifier son aura. Le cinéma français n'a jamais été vat'en guerre ou même pro armée, mis à part quelques éléctrons libre style Schoerdoeneffer ou Coutard. Les grands succés ont pour la plupart été trés critiques vis à vis de l'institution (rarement les officiers sont compétents dans le cinéma français. Ce sont même trés souvent des sales cons), mais aussi vis à vis du militaire DE METIER. car il y a ensuite l'appelé, le sacrifié de base dont le militaire de métier (à savoir souvent la hiérarchie) n'a cure. C'est préent même dans les films étrangers mettant en avant l'armée française. Kubrick, même s'il anglicise à outrance l'image de l'état major, ne fait pas autre chose dans les Sentiers de la Gloire. La guerre, enfin n'est jamais héroïque, ample, source d'épopée. Tout le contraire du cinéma américain, qui a besoin de mythes, positifs ou négatifs mais toujours grands (Apocalypse Now n'est pas autre chose qu'un film montrant la folie de la guerre sous forme de spectacle son et lumière).

Même avant les grandes défaites, le cinéma français a rarement joué des gros bras comme celui anglais ou même américain (pas de Sergent York français). La guerre de 14 a laissé un tros gros traumatisme pour que les mythes historiques de la guerre survivent au cinéma parlant. L'héroïsme individuel ou collectif est rarement fait d'exploit guerrier, mais bien d'endurance face au sort qui s'acharne. Le soldat français ne se bat pas, ou peu: il subit. C'est ce qui fait son humanité ou son absurdité, au choix. Les croix de bois, J'accuse, la Grande Illusion, etc... Le \"plus jamais ça\" est consenuel.
Côté propagande, mis à part quelques films solennels rendant plus hommage aux morts qu'autre chose (le poilu de Verdun, etc...), et les trop grandes douleurs que rappellent la guerre en Métropole, deux films \"pro\" ont fleuris entre deux guerres: le film de caserne, généralement comique et bouffon (Fernandel y triomphe, Gabin y fait ses armes) mais aussi le film de légionnaire (la Bandera est le plus connu mais pas le plus représentatif).
Une expection notable: la Légion. la Légion, c'est l'exotisme, le relent français de l'exotisme impérial anglais. Le baroudeur est une figure qui va naitre de cette tendance (les Schoerdoeneffer et Coutard sont en plein dedans: tous leurs films sont situés loin, trés loin de la métropole). Passée la chute de l'Empire, il ne restera bientôt plus que cette idée de baroudeurs, débarassée de l'institution. De guerrier, le baroudeur devient survivant.


CITATION
C'est un peu le bordel ce que j'écrisdonc je m'arrete en signalant l'existence d'Hollywood, le Pentagone et Washington. Les trois acteurs d'une stratégie globale de Jean-Michel Valantin aux éditions autrement. L'auteur évite de tomber dans l'éceuil de la grossiere  dénonciation de propagande (d'ailleurs il parle de collaboration...), il s'appuye sur des films récents et ses analyses sont assez fines... Si on aime pas les livres, on peut toujours se remater starship trooper qui est peut etre le film le plus intelligent sur la réprésentation de l'armée américaine.



Trés bon livre. Quelques trucs un peu légers (sur Stone, notamment) mais des choses intéressantes. Sur lacoopération active du Pentagone, on peut sourire alors que les Chevaliers du Ciel va bientôt sortir chez nous. Entre ça, la pub, vis ma vie et autres reportages et magazines, le service com de l'armée se relance.


CITATION
Le ciné coco, je connais pas bien, mais j'ai l'impression qu'ils s'interessent plus à la figure révolutionnaire qu'au soldat (oui bon ok ça parait logique). Et en général, c'est moins individualiste qu'ailleurs, plus basé sur l'union nationale face à l'oppresseur. Mais j'ai pas vu assez de films sovietiques...


ça dépend des périodes, bien sur, comme pour tous les pays. Il ya le cinéma révolutionnaire d'avant guerre, puis il y a la "grande guerre patriotique" où il faut donner une grandeur aux millions de morts russes. Le soldat russe est condamné à crever en masse (quand passent les cigognes, la ballade du soldat, etc...). le réalisme soviétique ose la souffrance totale (tout ça est glauque, glauque) mais glorifie l'iéde de souffrance (du soldat mais aussi du peuple) sous forme de sacrifice. La chute lente du sovietisme amène une vision plus crue de la douleur, mais ose rarement la remise en cause de l'idée héroïque (elle peut être absente mais elle est rarement niée).
Le soldat russe apparait aussi dans des films  étrangers. Sa place dans le cinéma anglo-saxon est variante. On le loue quand il butte du nazi, on le massacre ailleurs mais on conchie sa hiérarchie à tout moment.
Rinaldo
CITATION
Les grands succés ont pour la plupart été trés critiques vis à vis de l'institution (rarement les officiers sont compétents dans le cinéma français. Ce sont même trés souvent des sales cons), mais aussi vis à vis du militaire DE METIER. car il y a ensuite l'appelé, le sacrifié de base dont le militaire de métier (à savoir souvent la hiérarchie) n'a cure. C'est préent même dans les films étrangers mettant en avant l'armée française. Kubrick, même s'il anglicise à outrance l'image de l'état major, ne fait pas autre chose dans les Sentiers de la Gloire. La guerre, enfin n'est jamais héroïque, ample, source d'épopée. Tout le contraire du cinéma américain, qui a besoin de mythes, positifs ou négatifs mais toujours grands (Apocalypse Now n'est pas autre chose qu'un film montrant la folie de la guerre sous forme de spectacle son et lumière).


C'est clair qu'en amérique, généralement, lorsque ça se passe mal, ce n'est plus la faute des politiques que du militaire méritant.
Sinon ça m'était jamais venu à l'esprit cette idée de mythe (pourtant dieu sait qu'elle est importante la dimension mythique dans le ciné ricain)  mais c'est tout à fait ça !


CITATION
Trés bon livre. Quelques trucs un peu légers (sur Stone, notamment) mais des choses intéressantes. Sur lacoopération active du Pentagone, on peut sourire alors que les Chevaliers du Ciel va bientôt sortir chez nous. Entre ça, la pub, vis ma vie et autres reportages et magazines, le service com de l'armée se relance.


Hmmm, mon petit doigt me dit que les récents rachats de groupes de presses n'y sont pas pour rien... (remarque, ils ont bien fait de se diversifier chez dassault, vu comment leur rafale fait fureur à l'étranger...)


(Sinon je voulais rebondir sur d'autres idées super interessantes que tu avances et demander des précisions sur le ciné jap mais là je vais manger et puis apres y'a indiscretion sur la 5...)
CHARLTON HESTON
la representation du soldat dans le cinema US me parait aussi previsible que la reponse si on se demandait quel representation Rome avait de ses Legions,la forme conditione le fond en quelque sorte(ou vice-versa j'sais plus icon_mrgreen.gif )

plus intrigant pour moi serait la representation militaire dans d'autres pays egalement en guerre,je pense notamment a Israel(un cinema meme embrionnaire doit bien y exister?) et surtout l'Inde est son imposante industrie cinemathographique...et sa guerre eternel avec le Pakistan.

des connaisseurs de ces cultures exotiques?
Starsky
Charlton, vous ici? typique. icon_mrgreen.gif


Rome, les USA? Les GI, la Légion?... On va tous être crucifiés, bon dieu.... icon_mrgreen.gif icon_mrgreen.gif


J'avoue une méconnaissance totale du cinéma indien ou pakistanais, mais concernant l'israelien, il faut bien avouer que la glorification guerrière est rarement là. Le film le plus ambitieux sur le conflit militaire opposant israelien et arabes est sans doute le Kippour de Amos Gitaï, cinéaste israelien (porté trés à gauche pour la société israelienne) qui a le plus de succés à l'étranger. Et dans ce cas là, il n'y a aucune visualisation de l'héroïsme. Opter pour des secouristes comme personnages principaux n'est pas innocent.
Israel en guerre a aussi été au coeur de films étrangers: Pour Sacha d'Arcady.
...
Arcady, quoi, qu'est ce que vous voulez savoir de plus? Mais même avec ce tacheron incapable de faire moins digeste qu'un Paris brest à la menthe, l'acte guerrier est absent ou presque) et indirectement les Patriotes dont j'ai déjà parlé ailleurs.




CITATION
(Sinon je voulais rebondir sur d'autres idées super interessantes que tu avances et demander des précisions sur le ciné jap mais là je vais manger et puis apres y'a indiscretion sur la 5...)


bon film.

Concernant le cinéma français, c'est sur qu'on peut penser que des intérêts sont en jeu en dehors de simples idées cinématographiques mais il est intéressant de voir que l'armée cherche reconfigurer son image auprés d'un nouveau public (et donc aussi de nouveaux leaders d'opinion)ne considérant plus l'antimilitarisme comme évident (ce qui était la cas de toute l'intteligenscia de 68: dans tous les domaines, on veut affirmer une évolution face à ces pères spirituels. Oedipe n'est pas loin... laugh.gif)

Concernant les américains, c'est par exemple incroyable la force cinématographique qu'est devenue la figure du VETERAN DU VIETNAM. Même vaincu, le soldat américain reste un héros guerrier pur et dur, dont on ne cesse de montrer la revanche fantasmée face à tout type d'adversaires. La remise en cause est politique, rarement militaire, effectivement. "Ce n'était pas ma guerre".
Rinaldo
En fait je bluffais, j'avais plus rien de vraiment interessant à rajouter... Mais je vous écoute (surtout s'il y a des madnautes incollables sur le ciné japonais ou israelien...)
CHARLTON HESTON
CITATION(Starsky)
Charlton, vous ici? typique. icon_mrgreen.gif


Rome, les USA? Les GI, la Légion?... On va tous être crucifiés, bon dieu.... icon_mrgreen.gif icon_mrgreen.gif


J'avoue une méconnaissance totale du cinéma indien ou pakistanais, mais concernant l'israelien, il faut bien avouer que la glorification guerrière est rarement là. Le film le plus ambitieux sur le conflit militaire opposant israelien et arabes est sans doute le Kippour de Amos Gitaï, cinéaste israelien (porté trés à gauche pour la société israelienne) qui a le plus de succés à l'étranger. Et dans ce cas là, il n'y a aucune visualisation de l'héroïsme. Opter pour des secouristes comme personnages principaux n'est pas innocent.  
Israel en guerre a aussi été au coeur de films étrangers: Pour Sacha d'Arcady.
...
Arcady, quoi, qu'est ce que vous voulez savoir de plus? Mais même avec ce tacheron incapable de faire moins digeste qu'un Paris brest à la menthe, l'acte guerrier est absent ou presque) et indirectement les Patriotes dont j'ai déjà parlé ailleurs.




CITATION
(Sinon je voulais rebondir sur d'autres idées super interessantes que tu avances et demander des précisions sur le ciné jap mais là je vais manger et puis apres y'a indiscretion sur la 5...)


bon film.

Concernant le cinéma français, c'est sur qu'on peut penser que des intérêts sont en jeu en dehors de simples idées cinématographiques mais il est intéressant de voir que l'armée cherche reconfigurer son image auprés d'un nouveau public (et donc aussi de nouveaux leaders d'opinion)ne considérant plus l'antimilitarisme comme évident (ce qui était la cas de toute l'intteligenscia de 68: dans tous les domaines, on veut affirmer une évolution face à ces pères spirituels. Oedipe n'est pas loin... laugh.gif)

Concernant les américains, c'est par exemple incroyable la force cinématographique qu'est devenue la figure du VETERAN DU VIETNAM. Même vaincu, le soldat américain reste un héros guerrier pur et dur, dont on ne cesse de montrer la revanche fantasmée face à tout type d'adversaires. La remise en cause est politique, rarement militaire, effectivement. \"Ce n'était pas ma guerre\".



il y a la celebre anecdote du general americain rencontrant des officiers vietnamiens(lors d'un rassemblant de l'ASEAN si je ne me trompe pas?) ou alors qu'ils papotait l'americain en vint a leur dire:"vous vous souvenez qu'on a perdu aucune bataille pendant cette guerre?",ce a quoi un des officiers vietnamiens lui repondit"vous vous souvenez que c'etait pas le probleme?".

la defaite au vietnam a souvent ete percu comme une faillite morale,une crise de nerf a l'echelle d'une nation,non seulement par nombre d'americains mais egalement,dans une certaine mesure,par des observateurs exterieurs.

suivant cette analyse,la responsabilite de la defaite,mais aussi de l'exposition d'ignomignie commise par des enfants de la nation,se dillue a travers une societe,quelque part"on"a fait un enfant dans le dos de nos braves petits gars parti se battre"pour nous".

d'autant qu'intervient des lors la figure du survivant,meme defait il a ete confronter a l'enfer et en est revenu,l'individu dans son parcour personnel rachete par un heroisme deviner l'incapaciter collective.
a la limite la figure du viet vet colle magnifiquement,a la limite plus qu'un vainqueur,bien obliger de partager le succes avec la multitude,a un certain caractere individualiste louer,notamment a l'occasion de la defaite du sud pendant la guerre civil US.

on peu trouver des similitudes entres la celebration des soldats sudistes defait et les (tardives)appreciations des viet vets,un cote non pas perdant magnifique(perdre n'est jamais magnifique!) mais respectable.


pour le cinema israelien,sans etre connaisseur j'imaginais bien une tendance de ce genre,qui colle bien a un fatalisme perceptible.

par contre pour le cine indien si il y a un expert qui passe???
patkorat
Je devrais dire un GIGANTESQUE VOMI a ca.

Ah ce niveau d'ideolgie-centrisme,  y a plus rien a expliquer.

Mais les filtres qui nous empechent de comprendre d'autres cultures ne sont pas seulement une education selective.J'en viendrais presque a croire que la connerie est congenitale.Et cela est valable dans tout les sens, pour toutes les ecoles.

Alors non. Je vais continuer a expliquer que l'erreur est humaine. Mais que la justification de l'erreur est simplement le pire de l'humain.Et y a du boulot.
CHARLTON HESTON
CITATION(patkorat)
Je devrais dire un GIGANTESQUE VOMI a ca.

Ah ce niveau d'ideolgie-centrisme,  y a plus rien a expliquer.

Mais les filtres qui nous empechent de comprendre d'autres cultures ne sont pas seulement une education selective.J'en viendrais presque a croire que la connerie est congenitale.Et cela est valable dans tout les sens, pour toutes les ecoles.  

Alors non. Je vais continuer a expliquer que l'erreur est humaine. Mais que la justification de l'erreur est simplement le pire de l'humain.Et y a du boulot.


:roll:
allez,develloppe un peu,qu'on(que je?)meurent moins con.


EDIT: j'allai oublier mes bonnes manieres,je recommence: mon cher Patkorat,auriez-vous l'obligence d'approfondir votre reflection avec nous? en l'etat sa fulgurance m'a quelque peu laisser au bord de la route,n'etant pas a la hauteur pour en decortiquer toute les subtilites.

d'avance merci.
patkorat
CITATION
il y a la celebre anecdote du general americain rencontrant des officiers vietnamiens(lors d'un rassemblant de l'ASEAN si je ne me trompe pas?) ou alors qu'ils papotait l'americain en vint a leur dire:\"vous vous souvenez qu'on a perdu aucune bataille pendant cette guerre?\",ce a quoi un des officiers vietnamiens lui repondit\"vous vous souvenez que c'etait pas le probleme?\".


Celebre ou ? en occident ?

CITATION
la defaite au vietnam a souvent ete percu comme une faillite morale,une crise de nerf a l'echelle d'une nation,non seulement par nombre d'americains mais egalement,dans une certaine mesure,par des observateurs exterieurs.


Point de vu effectivement entierement etats-uniens concernant cette periode. Analyse purement unilaterale. Et excuse (faillite morale) completement  propagandiste.

CITATION
suivant cette analyse,la responsabilite de la defaite,mais aussi de l'exposition d'ignomignie commise par des enfants de la nation,se dillue a travers une societe,quelque part\"on\"a fait un enfant dans le dos de nos braves petits gars parti se battre\"pour nous\".


Meme chose, si on fait une simple compte des victimes, au niveau des \"petits enfants\", je prefere pas lire ca.

CITATION
d'autant qu'intervient des lors la figure du survivant,meme defait il a ete confronter a l'enfer et en est revenu,l'individu dans son parcour personnel rachete par un heroisme deviner l'incapaciter collective.
a la limite la figure du viet vet colle magnifiquement,a la limite plus qu'un vainqueur,bien obliger de partager le succes avec la multitude,a un certain caractere individualiste louer,notamment a l'occasion de la defaite du sud pendant la guerre civil US.


Et allez! analyser la resitance vietnamiene par rapport a la guerre civile americaine,  c'est hors sujet.

CITATION
on peu trouver des similitudes entres la celebration des soldats sudistes defait et les (tardives)appreciations des viet vets,un cote non pas perdant magnifique(perdre n'est jamais magnifique!) mais respectable.


Effectivement, l'heroisme ou la bravoure sont hautement respectable. mais n'explique rien.


Bon apres j'ai pas envie de m'engueuler avec toi. Je dis juste que l'aproche guerriere americaine est de la pure propangande. Je dirais la meme chose de films de guerre vietnamien. C'est juste que la propagation de ce genre d'idées, de cette propagande, me fait autant gerber ( et c'est poli comme terme) que de voir la Chine se la jouer petit pere des peuples aujourd'hui.

Je refute net, cette arnaque.

Bref, restons lucides.
CHARLTON HESTON
CITATION(patkorat)
CITATION
il y a la celebre anecdote du general americain rencontrant des officiers vietnamiens(lors d'un rassemblant de l'ASEAN si je ne me trompe pas?) ou alors qu'ils papotait l'americain en vint a leur dire:\"vous vous souvenez qu'on a perdu aucune bataille pendant cette guerre?\",ce a quoi un des officiers vietnamiens lui repondit\"vous vous souvenez que c'etait pas le probleme?\".


Celebre ou ? en occident ?

CITATION
la defaite au vietnam a souvent ete percu comme une faillite morale,une crise de nerf a l'echelle d'une nation,non seulement par nombre d'americains mais egalement,dans une certaine mesure,par des observateurs exterieurs.


Point de vu effectivement entierement etats-uniens concernant cette periode. Analyse purement unilaterale. Et excuse (faillite morale) completement  propagandiste.
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hum,la faillite morale ne s'analyse pas necessairement comme etant forcement\"ah merde,on a pas assez prier jesus\",on parle la d'une nation qui ne s'est plus reconnu dans une guerre et ses motivations(ce qui peut etre respectable non?)
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CITATION
suivant cette analyse,la responsabilite de la defaite,mais aussi de l'exposition d'ignomignie commise par des enfants de la nation,se dillue a travers une societe,quelque part\"on\"a fait un enfant dans le dos de nos braves petits gars parti se battre\"pour nous\".


Meme chose, si on fait une simple compte des victimes, au niveau des \"petits enfants\", je prefere pas lire ca.
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pas compris la.
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CITATION
d'autant qu'intervient des lors la figure du survivant,meme defait il a ete confronter a l'enfer et en est revenu,l'individu dans son parcour personnel rachete par un heroisme deviner l'incapaciter collective.
a la limite la figure du viet vet colle magnifiquement,a la limite plus qu'un vainqueur,bien obliger de partager le succes avec la multitude,a un certain caractere individualiste louer,notamment a l'occasion de la defaite du sud pendant la guerre civil US.


Et allez! analyser la resitance vietnamiene par rapport a la guerre civile americaine,  c'est hors sujet.
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je ne parle pas de la\"resistance\"(oui,comme une grosse enflure anti-communiste,j'ose les guillemets 8) )nord-vietnamiene,mais de la perception du vaincu americain dans sa culture,je fait donc un parallele(qui n'est pas de moi d'ailleurs)entre le vaincu viet vet et un autre vaincu dans l'histoire de ce pays,le sudiste,egalement aussi ambigue et honnie qu'il fut egalement celebrer et admirer par une large part du pays.
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CITATION
on peu trouver des similitudes entres la celebration des soldats sudistes defait et les (tardives)appreciations des viet vets,un cote non pas perdant magnifique(perdre n'est jamais magnifique!) mais respectable.


Effectivement, l'heroisme ou la bravoure sont hautement respectable. mais n'explique rien.
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expliquer quoi? la guerre?le cinema?la violence? quoi?
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Bon apres j'ai pas envie de m'engueuler avec toi. Je dis juste que l'aproche guerriere americaine est de la pure propangande. Je dirais la meme chose de films de guerre vietnamien. C'est juste que la propagation de ce genre d'idées, de cette propagande, me fait autant gerber ( et c'est poli comme terme) que de voir la Chine se la jouer petit pere des peuples aujourd'hui.

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bon ben c'est ton droit,ou est le probleme? on pepare pas l'invasion de la Syrie sur ce topic,tu sais...
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Je refute net, cette arnaque.

Bref, restons lucides.

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la lucidite c'est pour les poetes,les fous et les alcooliques,n'etant rien de tout cela je prefere les illusions icon_mrgreen.gif
patkorat
CITATION(CHARLTON HESTON)
la lucidite c'est pour les poetes,les fous et les alcooliques,n'etant rien de tout cela je prefere les illusions icon_mrgreen.gif


Alors faisons la paix ! je serais fou, et tu me diras tes illusions.

biggrin.gif

faut toujours se battre pour avoir la paix.  :(   :wink:
Starsky
aaah, les USA restent toujours au centre de toutes les polémiques. Incroyable comme elle est au centre des discussions alors que la plupart n'y ont pas mis les pieds (je ne parle pas de ceux présents, je n'en sais rien). La nouvelle Rome. icon_mrgreen.gif

Bon, sinon, il est passé le La Légion saute sur Kolwezi de Raoul Coutard hier soir sur France 3. Technicien des débuts de Schoendoerffer, chef op reconnu de la nouvelle vague (technique plus qu'idéologique, c'est sur), le réalisateur voudrait céer une sorte de retranscription à la fois hyper réaliste et héroïque des événements de 1978. Hélas, les moyens sont (trés) faibles et le résultat pas à la hauteur. On navigue entre le reportage et le symbolisme lourdaud. Le jeu des acteurs, robotisés, est trés pénalisant (seul Cremer s'en sort, comme d'habitude)Reste une évidente connaissance des rélités du terrain, mais la sincérité ne fait pas un bon film.
Quoiqu'il en soit, malgré la réussite exemplaire de cette mision éxécutée dans l'urgence et les pires difficultés (http://www.brushfirefilms.com/Kolwezi/), le film ne fait jamais dans l'héroïsme militaire et ne fait que retranscrire l'eficacité de la discipline (le visuel est celui d'un reportage, malgré des envies claires de symobolisme du côté des civils). On est loin du pathos de Nous étions soldats (film bourré de défauts trés énérvants mais non dénué de qualités), pour prendre un exemple comparable en bien des points.


Le film de guerre du vietnam, quant à lui, ne parle de rien d'autre que de l'Amérique. le viet n'est jamais qu'un figurant invisible. Dans la mémoire collective américaine, la défaite a été intérieure. Il n'y a pas eu d'héroïsme sacrifié par une stratégie stupide, mais une défaite de l'opinion, que ce soit les soldats ou (surtout) les civils. L'Amérique et son armée n'ont pas su faire accepter à leur propre peuple cette guerre et ses sacrifices.

C'est souvent la même logique pour beaucoup d'anciens militaires (de métier, comme, par exemple, les putschistes) quant à l'Algérie. On est clairement les plus forts d'un point de vue tactique (le FLN a été objectivement annihilé sur le terrain des opérations) mais on ne gagne pas au final.

Les américains au Vietnam (mais aussi les français en Algérie, même si, dans ce cas, la cassure était déjà là avec la population et donc le cinéma) n'ont pas eu leur Dien Bien Phu (l'une des batailles les plus glorieuses pour les militaires français, alors même que c'est une défaite totale, voire absurde), leur défaite MYTHIQUE pour accepter leur échec. Dés lors, la faute ne peut être qu'exterieure pour ces professionnels, alors qu'il est désormais évident que la logique napoleonnienne de la bataille décisive n'existe presque plus dans les guerres modernes (guerilla, terrorisme, etc...). Car si la défaite a été humiliante car renforcée (et même ss doute créée) par le rejet public, l'armée américaine n'en a pas moins des responsabilités importantes, notamment quant à sa stratégie (surtout si l'on compare avec la guerre indochinoise). Elle a été trop sure de son armada et clairement pas assez au courant des réalités du Vietcong (tout du moins au départ, mais aprés, c'était trop tard, car c'est bien l'enlisement qui a acceléré le rejet).
patkorat
CITATION(Starsky)
Le film de guerre du vietnam, quant à lui, ne parle de rien d'autre que de l'Amérique. le viet n'est jamais qu'un figurant invisible. Dans la mémoire collective américaine, la défaite a été intérieure. Il n'y a pas eu d'héroïsme sacrifié par une stratégie stupide, mais une défaite de l'opinion, que ce soit les soldats ou (surtout) les civils. L'Amérique et son armée n'ont pas su faire accepter à leur propre peuple cette guerre et ses sacrifices.


A ce titre Hamburger Hill me semble interressant et quelque peu atypique : La on parle de la guerre. C'est meme le seul sujet. Peu d'identification aux personnages, mais le temoignage d'une strategie qui peut sembler ridicule.

Prendre la colline. la perdre. la reprendre. Dans un interet geographique, mais surtout dans la logique militaire totale : refuser la defaite ( a ce titre Dien Bien Phu, est effectivement decrite chez nous comme une defaite heroique. Alors que c'est une erreur strategique assez hallucinante qui a mené a cela )

Loin des choix strategique ambitieux ( la fameuse theorie des dominos servant de cache misere a une ideologie de supermatie ), ce film montre simplement ce qu'est la guerre au moment de ses batailles : un carnage.

Un bon soldat gagne ou meurt en hero. Le perdant est le symbole de la faillite de SES action (jamais les choix qui ont mené a cette defaite).

A ce titre, Les USA peuvent deja se preparer a acceuillir l'enorme vague de soldats blessés en Irak. Jusqu'a present les medias sont au ordres; c'est d'ailleur la seule chose que US army a retenu du conflit Vietnamien . Pas d'image ou les notres. Faire notre film de guerre. ( voir le fameux sauvetage de la soldate americaine , filmé, monté en boite, scenarisé, au risque meme de mettre en danger la vie de cette femme ! )

Des images. Mais de plus en plus un regard absent.
bad lieutenant
CITATION(patkorat)
[a ce titre Dien Bien Phu, est effectivement decrite chez nous comme une defaite heroique. Alors que c'est une erreur strategique assez hallucinante qui a mené a cela

Entièrement vrai. On est le seul peuple assez con pour glorifier au cinéma la plus grande branlée qu'on s'est jamais pris. C'est une vraie honte. Il y a pourtant bien eu des batailles victorieuses (pour nous) lors de la guerre d'Indochine. Et là pas de films. Pourquoi? Il n'y a que la défaite qui plait en France?
Starsky
CITATION(bad lieutenant)
CITATION(patkorat)
[a ce titre Dien Bien Phu, est effectivement decrite chez nous comme une defaite heroique. Alors que c'est une erreur strategique assez hallucinante qui a mené a cela

Entièrement vrai. On est le seul peuple assez con pour glorifier au cinéma la plus grande branlée qu'on s'est jamais pris. C'est une vraie honte. Il y a pourtant bien eu des batailles victorieuses (pour nous) lors de la guerre d'Indochine. Et là pas de films. Pourquoi? Il n'y a que la défaite qui plait en France?


pas aussi simple. Car dans ce mythe de la défaite (comme le \"dernier carré\" de Waterloo, clairement la génèse de cette particularité des valeurs militaires françaises), c'est l'esprit de sacrifice inutile (et donc gratuit, tout cela d'un point de vue tactique) qui est galvanisé. Et si cette bataille en particulier a été un désastre tactique, il faut bien avouer qu'elle force le respect quant à l'endurance de tous ceux, soldats et officiers (qui ont fait énormement avec rien) qui ont été sur place.  Absurdité tactique et désastre stratégique? Certainement (quoique pour le deuxième, pas forcément: transformer une défaite en épopée, c'est sauver l'honneur militaire et donc limiter ll'humiliation de la perte d'une colonie politiquement abandonnée depuis longtemps). Héroïsme collectif? Assurement.
La France aime la Tragédie (quelle figure plus tragique que Napoléon*, le génie militaire absolu français qui a, consciemment, forgé sa propre figure tragique lors de la défaite pour entrer dans la légende? De Gaulle nait de la défaite et choisissant aussi une fin \"mythique\") quand elle s'inscrit dans la légende, surtout si elle accompagne (embellit?) son déclin géostratégique...

* cette figure majeure a vu sa représentation passer du film de Gance à Clavier, qd même. Il y a du chemin pour retrouver une représentation mythique nationale valable, c'est sur. icon_mrgreen.gif
D'ailleurs, cela me fait penser que les figures historiques majeures sont souvent absentes du cinéma français (surtout aprés guerre). de Gaulle n'est jamais à l'écran dans un film français (même Melville ose pas et se fait enguirlander pour l'avoir à peine fait entrevoir dans l'Armée des Ombres). Parce que personne peut le jouer? sans doute. Mais n'est ce pas le cas pour tous les figures américaines qui ont été, elles, sureprésentées?


CITATION
A ce titre, Les USA peuvent deja se preparer a acceuillir l'enorme vague de soldats blessés en Irak. Jusqu'a present les medias sont au ordres; c'est d'ailleur la seule chose que US army a retenu du conflit Vietnamien . Pas d'image ou les notres. Faire notre film de guerre. ( voir le fameux sauvetage de la soldate americaine , filmé, monté en boite, scenarisé, au risque meme de mettre en danger la vie de cette femme ! )



il est clair que les médias américains, qui ont sans doute donné au journalisme ses lettres de noblesse, sont désormais enfermé dans une logique d'intérêt des plus dramatiques. mais il ne faut pas sous-estimer cette arme qui, si elle peut être muselée ou manipulée, peut aussi être trés instable. et particulièrement rétroactif. Ce denrier point est clairement impressionnant car les USA, nation jeune ne peut que surexploiter son histoire récente. L'Europe (mais surtout, surtout la France, justement parce que ses mythes sont en lambeaux) est incapable de revenir sur ses errements si l'on compare avec les USA qui représente TOUT (en mal et en bien). Déjà, Stone va se pencher sur 9/11).
Cette  formidable capacité d'interroger ses mythes persistera-t'elle aprés l'Irak? Aujourd'hui, seuls existent les films de combat, pour ou contre. Il faut laisser digérer la rage face au traumatisme (Cimino pour le Vietnam hier, Stone, aujourd'hui -. Deux figures ayant le mythe américain "visceral" au centre de leur oeuvre. Ce n'est pas innocent, à mon avis, même si j'ai trés peur pour le prochain film du réal de Platoon) avant la réfléxion et l'introspection. Wait and see.

Sinon, c'était bien sympa Hamburger Hill. Un bon film de trouffions, c'est vrai. Mais le film a été totalement bouffé par Platoon (film qui a trés mal vieilli) à l'époque. Et ça ne m'étonne absolument pas.
CHARLTON HESTON
la legion saute sur kolwezi dans mon souvenir(je l'ai pas revu recemment) m'a effectivement paru tres cheap(ceci dis l'operation reel l'etait en grande parti,ce qui etait d'autant plus meritant,je crois meme me souvenir que Cremer,qui s'est degotter un M16 a un moment,y fait une petite allusion a sa 1er rencontre avec un legionnaire plus pauvrement equiper non?)

vu l'admiration international qu'a susiter l'operation,une adaptation cine etait obligatoire,mais le resultat casse pas des briques et c'est limite si on sent pas la gene dans l'entreprise,ca me parait evident qu'un film de guerre en France est un pot de pus pour le milieux cine.

dommage.

ceci dis ca ne rate pas effectivement:film de guerre=film US dorenavant,les tentatives d'autres nations soit passant inapercu soit etant inexistante...et vu le climat international actuel c'est manifestement plus polemique que des films de tueurs en serie.
Starsky
CITATION(CHARLTON HESTON)
la legion saute sur kolwezi dans mon souvenir(je l'ai pas revu recemment) m'a effectivement paru tres cheap(ceci dis l'operation reel l'etait en grande parti,ce qui etait d'autant plus meritant,je crois meme me souvenir que Cremer,qui s'est degotter un M16 a un moment,y fait une petite allusion a sa 1er rencontre avec un legionnaire plus pauvrement equiper non?)


Tout à fait. Je ne pensais par contre que les katangais étaient aussi bien équipés.

CITATION

vu l'admiration international qu'a susiter l'operation,une adaptation cine etait obligatoire,mais le resultat casse pas des briques et c'est limite si on sent pas la gene dans l'entreprise,ca me parait evident qu'un film de guerre en France est un pot de pus pour le milieux cine.

dommage.


C'est sur. le Dien Bien Phu de Schoendoerffer fut ainsi même produit en immense partie par des financiers non liés au cinéma. Son échec (en partie pour l'artistique, mais total pour l'exploitation) a sans doute calmé les ardeurs pour pas mal de temps. Seul le Roi Jeunet a pu se le permettre... grâce à des fonds américains et sur un sujet désormais consensuel et clairement pas "militarisant" (50 ans ou presque aprés Kubrick.. Même si le film de Jeunet est louable d'efforts remarquables de représentation d'un passé collectif).
Ensuite, avec cette absence de représentation, le public récent ne visualise la guerre plus que sur le modèle visuel américain (se voulant de de plus en plus réaliste, il est vrai: Spielberg en tête). Le soldat auxquel on s'identifie, c'est le GI, et plus le trouffion (les campagnes de pub de l'armée reprennent les couleurs semi-délavées Ryan-style, par exemple -les effets Matrix, aussi, mais bon, là, hein...Pas un signe du passé militaire national , alors que les campagnes américaines jouent dessus à fond). Exemple symptomatique du triomphe des représentations mythiques américaines grâce aux Média (le cinéma, puis la télé).
bad lieutenant
CITATION(Starsky)
CITATION(CHARLTON HESTON)
la legion saute sur kolwezi dans mon souvenir(je l'ai pas revu recemment) m'a effectivement paru tres cheap(ceci dis l'operation reel l'etait en grande parti,ce qui etait d'autant plus meritant,je crois meme me souvenir que Cremer,qui s'est degotter un M16 a un moment,y fait une petite allusion a sa 1er rencontre avec un legionnaire plus pauvrement equiper non?)


Tout à fait. Je ne pensais par contre que les katangais étaient aussi bien équipés.


Les Katangais avaient de tout. Du très moderne et du très ancien.
Nous avec nos mas 49/56 et nos mat 49, c'est sur qu'on faisait un peu "cheap". Heureusement que nos FRF1 (et les LRAC!!!!) ont souvent fait la différence.
CHARLTON HESTON
CITATION(bad lieutenant)
CITATION(Starsky)
CITATION(CHARLTON HESTON)
la legion saute sur kolwezi dans mon souvenir(je l'ai pas revu recemment) m'a effectivement paru tres cheap(ceci dis l'operation reel l'etait en grande parti,ce qui etait d'autant plus meritant,je crois meme me souvenir que Cremer,qui s'est degotter un M16 a un moment,y fait une petite allusion a sa 1er rencontre avec un legionnaire plus pauvrement equiper non?)


Tout à fait. Je ne pensais par contre que les katangais étaient aussi bien équipés.


Les Katangais avaient de tout. Du très moderne et du très ancien.
Nous avec nos mas 49/56 et nos mat 49, c'est sur qu'on faisait un peu \"cheap\". Heureusement que nos FRF1 (et les LRAC!!!!) ont souvent fait la différence.



les"Tigres"avait un armement disparate mais essentiellement plus moderne que notre equipement 1949-1950:fusils d'assaut AK47 sovietique,M16 US,FAL belge et des Uzi israelienne pour faire bon poids.

heureusement la valeur militaire des katangais etait nule et le 2eme REP aussi competent que l'assurait sa reputation.
bel revelation du FRF1 effectivement.

a noter les campagnes calomnieuses contres les protagonistes en France,de la presse(l'huma entre autre),le refus de les faire defiler le 14 juillet suivant et,pour finir,l'attentat de la villa corse du colonel Erulin,qui mourra peu apres(en 1979) d'un accident cardiaque.

en fait de representation du soldat par le GI,on peu noter que ca ne touche absolument pas seulement le public lambda,l'impregnation culturel est desormais enorme y compris sur des armes au particularismes culturels fort,il suffit pour s'en convaincre de zieuter nos forces speciales lors de l'operation Licorne(M4 et lunettes Oakley generaliser)ou les commando italien San Marco(les Deltas de Black hawk down? non,non,des ritals promis jurer,meme si rien ne les distingue hormis les foulards si chic icon_mrgreen.gif )
Starsky
http://www.tadrart.com/tessalit/lamiyabon/home.html

Un beau film à l'animation sobre et réussie sur un sujet pas trés glorieux.
RogerMoore
CITATION(Starsky)
http://www.tadrart.com/tessalit/lamiyabon/home.html

Un beau film à l'animation sobre et réussie sur un sujet pas trés glorieux.


Très beau film effectivement, merci pour le lien. C'est étonnant que ce soit Rachid Bouchareb, réalisateur de films "live" et producteur du tristos Bruno Dumont, qui ait fait ce film...

Bonjour.
pirate
le Dien  des ricains c'est Khe San et l'année du Chat dans sa globalité. Les vietnamiens ont perdu 2 millions de personne durant la guerre (et dieu sait combien après) et les américain 58.000 exactement, l'opération phoenix qui s'organisa entre 68 et 71 et qui se reposait sur le concept de la "vietnamisation" de la guerre (entendez faire travailler l'armée sud vietnam) et eut pour effet la mort de 20 à 40.000 individus censément communiste était une des rares opération de terreur qui aurait pu renverser la vapeur, hélas on ne peut pas se battre contre une génération tout entière qui par la lucarne réduit le monde et une guerre à une supercherie (ce que c'était mais pas seulement). Le but et le moteur de cette guerre est la fameuse théorie des dominos, concept pas forcément fumeux mais que les américains ont pourtant engendré (bombardement du cambodge et du laos a précipité ces deux pays dans le communisme) et qu'il ne maitrise toujours pas considérant la politique US vis à vis des pays islamisants.... bref l'histoire est une longue suite de répétitions avec peu d'originaux.

selon Ken Anderson et James Crumley (tous deux écrivains et viet vets) la guerre du vietnam est a rapproché en terme de choc politique et culturel à la guerre de session, je rejoins donc totalement notre ami Charlton dans son analyse...

Les vietnamiens ont viré les chinois, les japonais, les français, les américains et les cambodgiens pratiquement les uns après les autres, ça serait intéressant de faire un film de guerre traitant de la férocité et de la resistance vietnamienne...
Starsky
Image IPB

La trahison de Philippe Faucon.

Un vrai bon film sur le conflit algérien est suffisament rare pour être remarqué. Se basant sur se propre expérience et le livre autobiographique de Claude Sales. Il s'agit de retranscrir une certaine réalité du conflit, au sein du Djebel, pour montrer le divorce peu à peu consommé entre les communautés présentes sur le terrain, qu'elles soient civiles ou militaires, arabes ou françaises.

La grande force du film est sa modestie formelle utilisant au mieux son manque de moyens. Ce dernier est clairement compensé par un excellent travail de production et de reconstitution sur place (le film a été tourné en Algérie, sous un autre titre, le ralliement au FLN ne pouvant être considéré comme une trahison pour les autorités). Le souci d'authencité, soutenu par une caméra proche des acteurs, l'absence de musique et l'importance accordée à l'impression de réel (le montage laisse le temps aux échanges, visuels ou parlés).

Certes, l'utilisation d'acteurs non professionnels es parfois source d'une certaine artificialité dans la diction mais le film passe avant tout par le regard porté sur l'autre et son évolution. L'impossible compréhension est importante, faisant du doute le centre du film. Le doute naisant d'une guerre d'escarmouche, d'attente, de frustration, de questionnement face au pourrissement de la situation politique (le film est situé en 1960, alors que la stratégie de déplacement des populations campagnarde pour isoler les combattants ALN est lancée à grand échelle dans des conditions terribles). L'intrigue se noue surtout autour de deux personnages forts, Taeb l'appelé et Roque le capitaine. Taeb et ses compagnons sont inégrés dans un bataillon dirigé par le français. Mais alors que la nouvelle campagne amène son lot d eréfugiés, que la "sale guerre" s'installe", les musulmans expriment leur doute quant au bien fondé de leur choix pour la France (ils n'ont certes pas eu le choix, comme les Harkis, même si le FLN ne fera au final pas forcément la différence). Ce doute s'exprime entre eux, mais ressort auprès du capitaine. Celui-ci est éclairé, soucieux d'intégration, mais ne peut changer la réalité de la cassure qui s'accélère, tout d'abord par de "petits" détails, des péjugés persistent. Mais par une convication auprès de ses supérieurs, Roque va apprende la trahison effective de Taeb, lié activement à un plan du FLN de le liquider avec toute son unité durant la nuit. C'est avec cette nouvelle que le film d eFaucon devient dés lors rés réussi. Evitant les écueils et les manichéismes (on pourrait regretter la nécéssaire scène de gègène alors que la nature barbare des méthodes FLN est relativement absente, les indépendantistes n'existant que par apparitions successives, mais le traitement me semble au final véritablement  honnête), le film renforce le jeu des regards et des perceptions, alors que chacun des acteurs voient la méfiance s'accélérer dans un silence pesant. La trés belle fin, montrant le gachis d'une situation impossible à tenir pour tous les acteurs présents, est à la fois simple logique et belle. La modestie ( le film est court et direct: 1h20), l'absence de pathos, la force d'un vrai regard sur l'événement historique et les hommes qui l'ont fait: tous ces éléments font nénmoins de la Trahison l'un des meilleurs films français directement sur cette période trouble (ce n'est pas dur, il faut bien avouer: ils ne sont pas beaucoup. On n'atteind pas le génie de la 317éme section, qui, par le même style filmique, dépassait cette perception à hauteur d'homme pour atteindre un vrai souffle d'épopée tragique).

Le plus enthousiasment étant que celui-ci semble enfin trouver écho auprès du septième art nationale. A suivre.




http://www.zerodeconduite.net/latrahison/


CITATION
« Trahison », de Philippe Faucon, annonce une vague de films sur la guerre d'Algérie. La fin d'un tabou ?

François-Guillaume Lorrain  

Est-ce la colonisation qui travaille, on le sait, notre imaginaire ? Le livre du général Aussaresses sur la torture, en 2001, et le déluge de témoignages provoqués en retour ? Ou simplement le temps qui passe ? Une chose est sûre : la guerre d'Algérie est en train de devenir le grand sujet du cinéma français. Quatre projets significatifs sont en chantier. S'ils ont tous la qualité et l'originalité de « La trahison », de Philippe Faucon, qui sort ces jours-ci, on ne peut que se réjouir d'un tel coup de barre.

On a souvent stigmatisé le silence des cinéastes français sur ces « événements ». C'est oublier qu'entre 1960 et 1965 Godard, Resnais, Cavalier, Enrico, Rozier et d'autres s'en étaient emparés avec courage, en feintant la censure : torture suggérée, appelés montrés avant leur départ ou après leur retour... Il est vrai que la suite fut moins glorieuse, surtout comparée aux Etats-Unis, qui, sur le cauchemar vietnamien, allaient produire « Apocalypse Now » et « Voyage au bout de l'enfer ». En 1966, « La bataille d'Alger », de l'Italien Pontecorvo, sort en catimini à Paris, mais la France rit avec « La grande vadrouille ». Dans les années 70, des films importants - « Avoir 20 ans dans les Aurès », « RAS » - aboutissent, mais leur audience est confidentielle. Et quand, en 1982, André Téchiné veut monter « Terre brûlée », sur la politique du pire pratiquée à Alger par l'OAS en 1962, les financiers disent non. « J'avais pourtant un casting lourd : Deneuve, Noiret, Huppert », se souvient Téchiné. C'est cette même défiance à laquelle se heurte Philippe Faucon, réalisateur pourtant confirmé, lorsqu'il présente dès 2000 « La trahison ». « Les télés m'ont dit : \"La guerre d'Algérie ? Trop lointain. Cela n'intéresse pas les jeunes.\" » Résultat : Faucon a tourné en Algérie pour deux fois moins cher.


Un regard neuf. Adapté du récit de Claude Sales, qui au soir de sa vie s'est délivré d'une histoire gardée par-devers lui, « La trahison » se penche, avec une sobriété remarquable, sur ces musulmans algériens qui firent leur service militaire dans l'armée française : « Ils furent 50 000, précise Benjamin Stora, spécialiste de la guerre d'Algérie. Contrairement aux harkis, ils n'étaient pas volontaires. » « Comme les jeunes des banlieues aujourd'hui, ils n'ont jamais été considérés comme des Français à part entière », ajoute Philippe Faucon. Pour la première fois, un film place à égalité appelés français et algériens : l'autre est enfin montré dans sa complexité. L'Algérie aussi, rurale, et le trouble, la confusion qu'elle provoque chez de jeunes métropolitains déboussolés.

A n'en pas douter, « La trahison » annonce un regard neuf. Deux autres films vont du reste traiter du sujet qui fâche : la torture. Adapté par Costa-Gavras - Laurent Herbier, l'assistant de Resnais, réalisera - à partir d'un livre de Francis Zamponi, « Mon colonel » racontera, à travers le destin d'un étudiant en droit utilisé par son colonel, la mise en place des pouvoirs spéciaux, et donc l'institutionnalisation de la torture. « Tous les acteurs français ont refusé le rôle du colonel, qui sera joué par Olivier Gourmet, un comédien belge », explique la productrice Michèle Ray. Second projet d'envergure : « L'ennemi intime », réalisé par Florent Siri, avec Benoît Magimel. « Le projet est né grâce à Magimel, qui a vu mon documentaire \"L'ennemi intime\", raconte le scénariste Patrick Rotman. Il m'a suggéré d'écrire une fiction sur un officier idéaliste qui tombe dans l'engrenage de la torture. » « Les cartouches gauloises », de Mehdi Charef, abordera la période explosive des trois derniers mois avant les accords d'Evian. Xavier Beauvois a quant à lui acheté les droits du « Désert à l'aube », de Noël Favrelière, dont le parcours - il avait déserté avec un condamné à mort algérien - avait déjà été évoqué dans « Avoir 20 ans dans les Aurès ».

La guerre d'Algérie, si complexe, serait-elle devenue le sujet à la mode ? « En un an, j'ai lu huit scénarios là-dessus », constate Michel Reilhac, directeur de la fiction d'Arte. Entrera-t-elle pour autant dans l'imaginaire français ? « Il se peut que, malgré la profusion, le sentiment d'absence demeure », estime Benjamin Stora  



© le point 02/02/06
LMD
Ouais bah je vais faire court parce qu'il est tard mais il me semble absolument nécéssaire de parler de Croix de Fer de Peckinpah.
On avait déjà des allemands pas idiots dans des films (Je pense à Wagner dans un film avec Gazzara et Sinatra, ou un Pont Trop Loin) mais le film de Peckinpah va plus loin.

Ce qui est remarquable, outre que le héros soit un allemand, c'est qu'il n'y a aucun soldat US dans ce film qui se passe sur le front de l'Est. Et à ma faible connaissance, ce genre de film est tout simplement rare dans la production US (Stalingrad plus récemment, mais c'était plus facile) et une premiére à son époque. Durant la guerre en elle-même il y a eu des films de propagandes qui se passait en Russie ou c'était le cas mais le contexte était différent.
Ce parti-pris est quand même extremement casse gueule vis-a-vis du public américain mais il est essentiel. Le public ne peut pas se projeter de la même facon dans les personnages, ne peut pas choisir son camp et prendre parti "inconsciemment" pour "ses gars". Le soldat allemand c'est le mal. Le russe, c'est un rouge et en plus le film ne donne aucun personnage à aimer de ce coté (ce ne sont que des silhouettes), excepté l'enfant et les femmes soldats peut être, qui sont "naturellement" considérés comme en position faible (dans les cas des femmes la situation finit par basculer).

C'est essentiel parce que ca remet à plat la guerre pour ce qu'elle est sans interférence de sentiment patriotique. Et dans Croix de Fer, la guerre c'est très crade... si en plus on peut pas se dire que l'un des camps est plus ou moins dans le vrai, ca devient insoutenable.

Bien sur, on s'attache au commando de Steiner et au sergent lui même: c'est parce que les films de Peckinpah sont débordants d'humanité, une humanité qui dans le cas présent améne à comprendre ou sympathiser avec un homme qui se bat du coté du mal et qui n'est pas un enfant de choeur (rappellons que le film commence sur quelques égorgements). Bref à dépasser la notion de camp.

C'est peut être juste le meilleur film de guerre jamais fait.
Image IPB
Starsky
Je suis d'accord concernant le Croix de Fer de Peckinpah, la seule excursion dans le film de guerre du réalisateur. Je précise tout de même qu'il n'y a pour ainsi dire pas un seul sous US dans le film, production européenne, le papa Peckinph étant déjà considéré comme incontrolable par les compagnies américaines.

Un film trés fort, sur le dépassement de l'instinct de survie, où la réalité de la guerre est justement vidée de son sens, alors même que les acteurs ont perdu tous leurs repères dans un conflit trop abject, trop inhumain, trop insupportable (l'overdose de violence est manifeste, avec une visualisation de la guerre terrestre encore non dépassée) où ils ne sont plus que des fantômes s'accrochant à des chimères (la croix de fer, le groupe, l'armée, etc...) mises en piéces une à une, pour ne laisser comme échappatoire que la résignation à la destruction totale, dont la sienne (la violence comme autodestruction à terme, du pur Peckinpah).
demosthene
C'est aussi une violente attaque contre le concept même de hierarchie militaire. Le personnage de Maximilian Schell est évidemment le spécimen ultime de l'officier nuisible, hautain, abrité par son rang des conséquences de sa propre incompétence, mais Peckinpah ne manque aucune occasion de rappeler par la voie de Coburn qu'il met tous les officiers à la même enseigne.
Ce que je préfère dans ce film extraordinaire, c'est la violence stupéfiante des dialogues entre Coburn et les officiers, une violence qui contamine tout (la visite du général à l'hopital) et qui débouchera sur un générique de fin complètement enragé...
Ced
une vision du soldat que j'adore est celle décrite dans the big red one de fuller, des mecs perdus qui savent pas trop pourquoi ils sont là... soudés par l'adversité des situations.

y'a une émotion palpable tout le long du film nottament les scènes ou hamill est en plein doute ... sincèrement touchant dans l'approche et dans la pudeur avec laquelle les scènes sont jouées et filmées.

un chef d'oeuvre, un vrai quoi.
Sanjuro
The big red one ?
A mon avis, il s'agit juste du meilleur film de guerre jamais réalisé. Wé !

-Spoilers inside-
Pour en revenir à que ce que disait Ced ( "des mecs perdus qui ne savent pas trop pourquoi ils sont là"), je trouve qu'a ce titre la scène finale montrant Lee Marvin qui, après avoir entendu que la guerre est finie, tente de sauver l'officier allemand sur qui il vient de tirer est magnifique: A la fois cruellement ironique et profondément humaniste.

SFRTW ! 8)

Voila
Luigi Lose
Big Red One a été pour moi une très grosse déception. Vraiment trop cheap (pourtant je suis tolérant en la matière) et des personnages peu attachants sur la longueur du film. Je crois que le côté cheap vient surtout de la mise en scène qui ne prend pas en compte les évolutions formelles de l'époque (ça date quand même des années 80) ce qui donne au film un bon nombre de scènes nanaresques. Le personnage de l'allemand qui intervient dans les séquences parallèles atteint les sommets du ridicule (ahma)

Je plussoie en ce qui concerne CroiX De Fer, ses accents brechtiens, son ton, ainsi que le regard de Peckinpah sur le sujet (une vraie valeur ajoutée) en font le meilleur film du genre, surtout grâce au petit vent de folie qui plane sur l'ensemble dès le générique de début.
Y'a une baisse de rythme au milieu, mais elle ne m'a pas du tout géné.
Captain Cavern
Je m'y connais pas trop en film de guerre, mais j'avoue apprécier particulierement le Full Metal Jacket de Kubrick. La partie sur la formation des soldats est vraiment intéressante. Par contre suis-je le seul à penser que Kubrick juge cette formation inutile ? Parce qu'après avoir subit un entrainement censé transformé les soldats en machine à tuer implacables, on les voit se faire chier ou négocier avec des prostitués dans des villes détruites, ou alors se faire dégommer lamentablement par un sniper surement pas formé. Faut-il y voir le fait que personne n'est jamais réellement pret au combat ?
ulysse
[quote="Starsky"]Les américains au Vietnam (mais aussi les français en Algérie, même si, dans ce cas, la cassure était déjà là avec la population et donc le cinéma) n'ont pas eu leur Dien Bien Phu (l'une des batailles les plus glorieuses pour les militaires français, alors même que c'est une défaite totale, voire absurde), leur défaite MYTHIQUE pour accepter leur échec.

En gros pour résumer et replacer dans le contexte américain ilsn'ont pas eut de "défaite glorieuse" du genre fort alamo , un symbole auquel ce raccrocher en quelque sorte une commémoration dans l'esprit collectif américain?
demosthene
CITATION(Captain Cavern)
Je m'y connais pas trop en film de guerre, mais j'avoue apprécier particulierement le Full Metal Jacket de Kubrick. La partie sur la formation des soldats est vraiment intéressante. Par contre suis-je le seul à penser que Kubrick juge cette formation inutile ? Parce qu'après avoir subit un entrainement censé transformé les soldats en machine à tuer implacables, on les voit se faire chier ou négocier avec des prostitués dans des villes détruites, ou alors se faire dégommer lamentablement par un sniper surement pas formé. Faut-il y voir le fait que personne n'est jamais réellement pret au combat ?

Le film s'achève sur une poignée de soldats traversant les ruines en flamme du champ de bataille en chantant l'hymne du club Mickey  (maintenant que j'y pense, ça ressemble à une référence au final de Croix de fer).
Modine et ses camarades ont bien laissé derrière eux la part d'humanité que leur entrainement voulait leur faire perdre. Du point de vue de l'efficacité militaire, cet entrainement horrible est donc une réussite.
Captain Cavern
CITATION(demosthene)

Modine et ses camarades ont bien laissé derrière eux la part d'humanité que leur entrainement voulait leur faire perdre. Du point de vue de l'efficacité militaire, cet entrainement horrible est donc une réussite.


Ah oui c'est pas con, j'y avait pas penser. Je n'utilserais peut être pas le mot efficacité militaire quand même, l'objectif premier d'un soldat c'est quand même de gagner les batailles auxquelles il participe ( enfin je le vois comme ça ).Sur ce point l'entrainement n'est pas très probant militairement parlant. C'est plutôt d'efficacité "psychologique" ( oui je sais c'est très vague comme terme ) qu'il s'agit içi non ?
Redux
CITATION(demosthene)
CITATION(Captain Cavern)
Je m'y connais pas trop en film de guerre, mais j'avoue apprécier particulierement le Full Metal Jacket de Kubrick. La partie sur la formation des soldats est vraiment intéressante. Par contre suis-je le seul à penser que Kubrick juge cette formation inutile ? Parce qu'après avoir subit un entrainement censé transformé les soldats en machine à tuer implacables, on les voit se faire chier ou négocier avec des prostitués dans des villes détruites, ou alors se faire dégommer lamentablement par un sniper surement pas formé. Faut-il y voir le fait que personne n'est jamais réellement pret au combat ?

Le film s'achève sur une poignée de soldats traversant les ruines en flamme du champ de bataille en chantant l'hymne du club Mickey  (maintenant que j'y pense, ça ressemble à une référence au final de Croix de fer).
Modine et ses camarades ont bien laissé derrière eux la part d'humanité que leur entrainement voulait leur faire perdre. Du point de vue de l'efficacité militaire, cet entrainement horrible est donc une réussite.


Pas si sûr.
La scène du sniper est clairement là pour montrer à quel point, tout aussi dur qu'il soit, un entraînement ne vaudra jamais l'expérience du terrain.
Un seul tireur parvient à tenir longtemps en échec toute une section.

En fait, je ne perçois pas en quoi le fait de chanter l'hymne du club mickey démontre la perte d'humanité de ces soldats. Pour moi, cela sonne plus comme une tentative désespérée de se raccrocher à un souvenir heureux alors qu'ils naviguent en plein chaos.

Une chanson ayant bercé leur enfance synonyme de bouée de sauvetage au mileiu de ce massacre dans lequel il s paraissent tous un peu perdus.
demosthene
CITATION(Redux)
CITATION(demosthene)
CITATION(Captain Cavern)
Je m'y connais pas trop en film de guerre, mais j'avoue apprécier particulierement le Full Metal Jacket de Kubrick. La partie sur la formation des soldats est vraiment intéressante. Par contre suis-je le seul à penser que Kubrick juge cette formation inutile ? Parce qu'après avoir subit un entrainement censé transformé les soldats en machine à tuer implacables, on les voit se faire chier ou négocier avec des prostitués dans des villes détruites, ou alors se faire dégommer lamentablement par un sniper surement pas formé. Faut-il y voir le fait que personne n'est jamais réellement pret au combat ?

Le film s'achève sur une poignée de soldats traversant les ruines en flamme du champ de bataille en chantant l'hymne du club Mickey  (maintenant que j'y pense, ça ressemble à une référence au final de Croix de fer).
Modine et ses camarades ont bien laissé derrière eux la part d'humanité que leur entrainement voulait leur faire perdre. Du point de vue de l'efficacité militaire, cet entrainement horrible est donc une réussite.


Pas si sûr.
La scène du sniper est clairement là pour montrer à quel point, tout aussi dur qu'il soit, un entraînement ne vaudra jamais l'expérience du terrain.
Un seul tireur parvient à tenir longtemps en échec toute une section.

En fait, je ne perçois pas en quoi le fait de chanter l'hymne du club mickey démontre la perte d'humanité de ces soldats. Pour moi, cela sonne plus comme une tentative désespérée de se raccrocher à un souvenir heureux alors qu'ils naviguent en plein chaos.

Une chanson ayant bercé leur enfance synonyme de bouée de sauvetage au mileiu de ce massacre dans lequel il s paraissent tous un peu perdus.

La mise à mort de la jeune Vietnamienne, le discours final de Modine ("je vis dans un monde merdique mais je n'ai pas peur") et l'hymne du club Mickey, pour moi tout ça signifie clairement que la guerre et leur entrainement les a complètement insensibilisés. Le club mickey c'est pas tant une référence à un souvenir heureux qu'une manière atrocement ironique de se voir eux-mêmes (dire que cette chanson est un souvenir réconfortant c'est un peu comme dire que Croix de fer se termine sur une touche d'espoir parce qu'il y a un chant d'enfants). Cette perte de sensibilité, c'est juste la dose d'humanité en moins qui leur permet d'être des soldats efficaces, capable d'affronter l'horreur et l'absurdité sans broncher.
Du coup je vois la scène du sniper et le film en général comme une manière de montrer qu'aussi inhumain et cauchemardesque soit l'entrainement militaire, la réalité de la guerre est encore pire.
Redux
CITATION(demosthene)
Du coup je vois la scène du sniper et le film en général comme une manière de montrer qu'aussi inhumain et cauchemardesque soit l'entrainement militaire, la réalité de la guerre est encore pire.


Là-dessus, on est d'accord.

Et c'est justement parcequ'ils ont vécu cette réalité de la guerre de près, que ces soldats parviennent à un certain détachement, que je verrais davantage comme de façade plutôt que véritable.

Mais tu m'as donné envie de revoir le film et il est fort possible que tu ais vu juste.
Starsky
CITATION(Redux)

Mais tu m'as donné envie de revoir le film et il est fort possible que tu ais vu juste.


Justement, l'ambiguité de cette fin est sa grande force. Pas de message clair au final. Les conclusions possibles sont diverses, voire contradictoires.
profondo rosso
sinon j'aime bien aussi les films de barbouze un peu décalé. Dans le genre on trouve evidemment les Douze Salopards mais aussi un moins connu que j'apprecie particulierement, "De l'or pour les brave" de Brian G. Hutton sorti en 1970.
Sorti dans la foulée de MASH et de pas mal de film anti guerre anarchiste.

Clint Eastwood domine un sacré casting (Donald Sutherland dans un role proche de celui qu'il tenait dans MASH, Telly Savalas, Don Pickles...) qui profitent d'une permission pour aller piller une reserve d'or allemands. On a une vision completement décalée du soldat qui est ici plus motivé par l'appat du gain, les films porno et se la couler douce. Grande inspiration des rois du Desert sauf qu'ici il n'y a pas de prise de conscience humaniste de derniere minute, les soldats américains négociant meme avec l'ultime ennemi allemand le partage du butin. Un traitement de la figure du soldat typique de l'esprit hippie de l'epoque...
Starsky
Image IPB

Pierre Schoendoerffer fut ce que l'on peut appeler un baroudeur, avant même d'être un cinéaste. Reporter de guerre casse-cou, allant jusqu'a s'enfermer a Dien Bien Phu avec les combattants alors même que la bataille est perdue et toute fuite impossible (il fera avec les survivants la terrible marche forcée dans la jungle qui achèvera près de la moitie d'entre eux), il connaît particulièrement bien les moeurs militaires françaises, témoin privilégie de leur lent déclin a mesure de la chute de l'empire colonial (l'Indochine puis l'Algérie, même si le cinéaste a été sur le terrain principalement en Indochine). Il en ressort une fascination pour ces soldats perdus, sacrifiés dans un monde en changement alors qu'ils sont chargés de défendre des acquis désormais dépassés.

Le journaliste publie son premier roman en 1962, ou il raconte une fiction reprenant bon nombre d'anecdotes d'une guerre oubliée mais meurtrière qu'il a connu au premier plan. Des l'année suivante, grâce au soutien de George de Beauregard (qui produira tous ses films jusqu'a sa mort, mais fera aussi débuter Godard), il en réalise l'adaptation cinématographique.

Pour les besoins de celle-ci, il ne veut pas s'enfermer dans une grosse production et le visuel hollywoodien. Hors de question d'utiliser le scope ou tout autre technique nécessitant des matériaux lourds (et des éclairages en conséquence) en pleine jungle. Schoendoerffer veut du réel et rien que du réel. Il sera aidé en cela par Raoul Cotard, directeur photo de renom (il sera le technicien fétiche de la nouvelle vague, grâce a son talent pour offrir une lumière très spontanée) et lui-même ancien de l'Indochine (il sera aussi l'instructeur des acteurs pour l'utilisation des armes). Ils opteront même pour le Noir et Blanc, pour retrouver un ton "reportage", mais qui permettra de même une image superbe, aux contrastes éclatant, faisant de ces personnages des fantômes d'une époque révolue.

En tant qu'ancien journaliste, Schoendoerffer ne veut pas faire dans le spectaculaire mais dans le réaliste. La Guerre d'Indochine, à quelques exceptions près (dont la boucherie de Dien Bien Phu, qui fera l'objet d'un autre film du réalisateur, nettement moins réussi même si parfois fulgurant de beauté) fut une guerre d'escarmouche, d'embuscade. Les français en Indochine n'ont jamais eu les moyens (monstrueux) des américains alors qu'ils devaient gérer une territoire deux fois plus grand (l'Indochine comptant le Laos et le Cambodge en plus du Vietnam proprement dit). L’aviation fut ainsi pratiquement inexistante jusqu'en 50 (soit quatre ans après le début des hostilités), les américains mettant la lutte anti-communiste avant l'anti-colonialisme classique et fournissant les français en avions de transport de troupe (de manière limitée: les derniers sauts sur Dien Bien Phu le seront avec des avions civils rachètes et retapes...). Les troupes françaises furent donc forcement disséminées un peu partout pour tenir les points stratégiques (avec rarement plus d'une centaine d'hommes...), avant d’être attaquées méthodiquement par les vietminh fournis par les chinois et les russes.

SPOILER

La 317ème Section ne laisse aucun doute sur la défaite et débute dés Mai 1954, à savoir lors des dernier combats a Dien Bien Phu et le début des négociations qui amèneront a l'Accord de Genève, coupant le Vietnam en deux et mettant un point final a l'Indochine française. La 317ème Section du titre n'est en rien une section composée de héros ou auréolée de gloire. Ce n'est qu'une poignée d'hommes (dont une immense majorité de cambodgiens. Les français étant les sous-officiers et officiers) chargés de garder deux ou trois baraquements en bois laminés par les pluies tropicales. Dés le départ, leur situation semble dérisoire. Le salut du drapeau quand tous les hommes (cambodgiens, avec des accents à couper au couteau pour ceux sachant parler français....) pataugent dans la gadoue est presque un symbole. Nous ne sommes aussi pas la pour refaire un Alamo a la française car les soldats ne vont pas avoir a garder ce bout de terre face a une armée de vietminh. Le calvaire sera autre. Les ordres sont d'abandonner le poste et de rejoindre un camp retranché plus important situé a mi chemin d'Hanoi (alors capitale de l'Indochine). Le film n'est donc qu'une longue retraite pour retrouver les siens. Pas de mission "suicide" ou d'actions héroïques. La défaite est déjà la, il ne s'agit plus que de survivre. Et ce sera un périple énorme. Car la Jungle, alliée à une présence vietminh de plus en plus oppressante (alors même que toute aide où tout ravitaillement est impossible) peut être un ennemi mortel. Face à cette situation, le groupe est divisé. Schoerdeneffer évite tout sentimentalisme et offre une vision extrêmement réaliste des hommes en guerre. Il reprend certes le schéma classique du baroudeur opposé a l'officier de carrière mais il refuse le principe manichéen du salaud/gentil (avec au choix: le baroudeur aux méthodes barbares -Platoon- ou l'officier irresponsable -Apocalypse Now). Il y a Torrens, officier en charge a peine arrivé en Indochine (Jacques Perrin, au jeu certes un peu "récité" mais c'est la règle à l'époque. De plus, il a une vraie présence), cherchant à conserver une certaine discipline, mais surtout des principes (comme garder les blessés). En face de lui, il y a Willsdorf (Bruno Crémer, extraordinaire. Un regard électrique, une présence exceptionnelle), qui, lui, est un vrai vétéran. S'il est déjà a son troisième séjour en Indochine (donc, concrètement, depuis le début du conflit en 1946), il a déjà vécu la guerre dans toute sa barbarie en temps que malgré-nous (il est alsacien) sur le front de l'Est jusqu'a Berlin. Willsdorf est un vrai guerrier, dont le maitre-mot est l'efficacité. Lors d'une échauffourée avec des ennemis en surnombre, il préfère sauver un fusil mitrailleur plutôt qu'un des hommes touchés car il sait que secourir ce dernier l'amènera à une mort certaine. Il dissimulera aussi une grenade sur le corps d'un des siens car il sait que les vient fouillent tous les corps pour récupérer du matériel mais surtout savoir si c'est un officier. Willsdorf n'est pas un chevalier mais un soldat qui sait que la plus grande gloire dans une guerre est de survivre (pour reprendre les mots de Fuller). Quand il retrouve Torrens après une diversion qui lui a obligé a courir avec une poignée d'hommes poursuivi par plusieurs centaines de vietminh, il félicitera ce dernier pour ne pas l'avoir attendu, malgré ce qui était convenu (Torrens étant persuadé de sa mort....)

Il n'empêche, ces deux hommes ne vont pas s'opposer a longueur de métrage par des concours de rhétorique. Les deux vont mutuellement s'enrichir. Willsdorf apprendra a Torrens comment sauver sa troupe en sachant faire des sacrifices (concrètement, a devenir un vrai leader, ce que ce dernier n'est pas face au charisme incontestable de Willsdorf, pourtant simplement adjudant alors que Torrens est Sous-lieutenant), mais Torrens redonnera a Willsdorf une certaine fierté militaire (si l'alsacien peut être tête brûle, il reste un soldat et suivra les ordres, tout en donnant des conseils pas vraiment catholiques mais toujours efficaces)

La principale épreuve est clairement l'isolement. La jungle est immense, la sécurité lointaine. Les ennemis sont invisibles, la maladie et la chaleur faisant plus souffrir que n'importe quel ennemi. Une blessure peut vite être fatale alors que les moyens (eau, mais surtout médicaments) manquent. Le périple va durer 8 jours. 8 jours de marche forcée, de rencontre hasardeuse, qui va mettre à mal les hommes mais rapprocher les deux officiers construisant peu a peu une vraie collaboration. Bien sur, le sort s'acharne. Car alors que les hommes sont arrivés a destination, ce n'est que pour constater que le camp français vient d'être pris par les vietminh, les forçant a continuer a s'enfoncer toujours plus vers la jungle, sauve de justesse par un avion passant par la dont le pilote est un ami de Wilsdorff.

La grande richesse du film est son aspect documentaire très pousse. Il y a peu ou pas de musique (début et fin...), la camera est toujours a l'épaule, suivant les hommes au fin fond de la jungle (l'équipe de tournage sera organisée telle une section de l'époque, minimisant toute infrastructure). Il n'y a pas d'héroïsation a outrance. On fait des erreurs, des conneries, on fait des blagues de merde (l'anecdote de Willsdorff est excellente...), on pille mais pas trop, etc... Le film rappelle aussi l'aspect très international de l'armée française d'alors. En plus des cambodgiens formant l'immense majorité des soldats de la section (et qui connotation le même sort que les harkis...), le personnage de Willsdorff est un bon moyen de sous-entendre cette réalité de l'après guerre qui a fait que beaucoup d'anciens militaires allemands (dont de nombreux SS, même si Wilsdorff est alsacien et malgré nous de la wehrmacht, ce qui est ad même extrêmement différent) se sont retrouves en Indochine (Regroupés en section a part, ils se sont montrés tellement efficaces pour détruire la Piste Ho Chi Minh que le PC d'alors, bien évidemment téléguidé par Moscou fera un scandale pour les retirer d'Indo (on pourrait cier Boudarel; mais ça serait un peu HS). ce sera chose faite, mais les hommes auront qd même la nationalité française en retour). On rajoute a cela que les gouvernements successifs de l’époque (nous sommes sous la 4eme République) ne restaient pas assez longtemps pour instaurer une politique quelconque pour l'Empire mourant et on peut parler de guerre semi-privee effectuée par l'Armée, plus pour arrêter les communistes que pour protéger la minorité française sur place (moins de 100 000 personnes, rien a voir avec l'Algérie) qu'ils méprisaient par ailleurs.

Ce ton sec, ultra-realiste (encore aujourd'hui...) fait merveille, surtout que le réalisateur va jusqu'au bout et tout en montrant le caractère exceptionnel de leur périple, détruit la 317eme Section dans une embuscade finale filmée de loin (reprenant le regard de Willsdorff parti en éclaireur) en une poignée de minutes. La section que nous avons suivant 80 minutes durant a été happée par la guerre. La camera reprenant les hauteurs d'ou elle venait (durant le générique pour mettre en place la situation d'alors) pour nous préciser que même Willsdorff, qu'on avait fini par croire invincible, sera tué en Algérie (sa mort sera d'ailleurs un point clé du Crabe Tambour, l'autre grand film de son réalisateur). Apres avoir vécu avec les hommes, nous retournons dans les cieux.

Grand Film.

Image IPB

Image IPB
Poltermok
CITATION(Starsky)
http://www.tadrart.com/tessalit/lamiyabon/home.html

Un beau film à l'animation sobre et réussie sur un sujet pas trés glorieux.


Très beau film également. Et qui rappelle de manière très tardive un massacre historique.

Un truc me paraît tout de même bizarre : c'est censé se passer pendant la Seconde Guerre Mondiale, or les images du front me rappellent nettement plus la Première Guerre Mondiale (tranchées, barbelés, "machine à coudre", villages bombardés).  :?:

EDIT : sinon j'ai aussi un point de vue à donner là-dessus, sur les films indiens, français ou japonais. Mais un peu plus tard, là je suis malade.
HarrisonMustang
Comment voulez-vous que je donne mon avis sur les films de guerre que j'aime quand je vois la qualité des posts tels que celui de Starsky (et d'autres ici), bien écrits, argumentés et j'en passe ? C'est à vous donner des complexes. Je vais finir par croire que je ne sais pas écrire...

Tout ça pour dire que j'aime bien les films de guerre et que là, tout de suite, j'ai en tête Il faut sauver le Soldat Ryan, ne serait-ce que pour son intro hallucinante. J'en suis bouleversé à chaque fois. On est véritablement en enfer.

L'autre film auquel je pense, c'est La ligne rouge. Un casting excellent et des images sublimes. Le passage où l'on partage l'insouciance de notre héros, et là je parle du moment où on le voit nager avec les enfants, est tout simplement bouleversant.  

Après il y a des films tels que Quand les aigles attaquent, avec mon idôle absolue, Clint Eastwood. D'ailleurs, est-ce réellement un film de guerre ? Je serais tenté de répondre par la négative, je vois plus ce film comme un film d' "espionnage" ?
Captain Cavern
CITATION(HarrisonMustang)


Après il y a des films tels que Quand les aigles attaquent, avec mon idôle absolue, Clint Eastwood. D'ailleurs, est-ce réellement un film de guerre ? Je serais tenté de répondre par la négative, je vois plus ce film comme un film d' \"espionnage\" ?


Dans l'absolu c'est un film de guerre ( fort sympathique qui plus est ), mais coté réalisme c'est pas trop ça quand même, Eastwood descend la moitié de la Wermacht à lui tout seul dans le film  :lol:
HarrisonMustang
CITATION(Captain Cavern)
CITATION(HarrisonMustang)


Après il y a des films tels que Quand les aigles attaquent, avec mon idôle absolue, Clint Eastwood. D'ailleurs, est-ce réellement un film de guerre ? Je serais tenté de répondre par la négative, je vois plus ce film comme un film d' \"espionnage\" ?


Dans l'absolu c'est un film de guerre ( fort sympathique qui plus est ), mais coté réalisme c'est pas trop ça quand même, Eastwood descend la moitié de la Wermacht à lui tout seul dans le film  :lol:


C'est vrai !  :lol:
Doc Savage
Pour moi le film de guerre est avant tout un film sur les soldats.

J'aime beaucoup ceux qui se focalisent sur l'homme/soldat et l'absurdité de la guerre :exemple "Starship Trooper" de Verhoeven, un vrai film de guerre sur les soldats.

A ce sujet la très bonne critique de Starsky sur la 317 ème section m'a particulièrement donné envie de voir ce film. Merci aussi pour le remarquable court-métrage proposé.

"War ! What is it good for ?
absolutely nothing!
Say it, say it again."
Edwyn Starr
Starsky
Image IPB

Revu la fin de Glory ce soir sur Paris Premiére. J'avais conservé un excellent souvenir de ce film du trés irrégulier Zwick, aux penchants pompiers souvent lourdauds. Mais l'évocation du premier régiment noir de l'Union en pleine guerre de Sécession jouit d'une histoire (réelle) assez incroyable, d'excellents acteurs (Broderick, Washington, Freeman...), d'une reconstitution superbe et d'un vrai souffle.

Je dis souffle car c'est bien le terme qui me vient à l'esprit lors de la fabuleuse séquence finale où le 54éme régiment du Massachussetts attaque le fort sudiste Wagner (Juillet 1863). Une charge sur la plage, baionnettes au canon, où tous les personnages qui ont soufferts, ont appris à se supporter, et au final à se faire respecter vont à la charpie. Il y a tout dans cette scène: solennelité de la pré-attaque (de la parler d'enterrement...), souffle de la charge, boucherie du contact, entre adrénaline et dégout. Cette séquence (et sa fin, brutale) m'avait marqué jeunot, alors que j'atais fan de l'époque (eh oui, Tuniques Bleues obligent). Et pas à dire, quand Washington reprend le flambeau et se retourne, on y croit. La suite et fin n'en est alors que plus marquante.

Alors certes, ce n'est pas du génie, c'est du pur Hollywood, mais tout de même, c'est un vrai bon film, respectueux des faits (à peu prés) mais surtout de l'époque, avec une vraie histoire, de vrais personnages (il y a des faire-valoirs, c'est vrai, mais au final, c'est plutôt fin)... Bref, un vrai bon film comme je les aime.

Sur le 54éme:

http://extlab1.entnem.ufl.edu/Olustee/54th_MS_inf.html

sur lefilm:

http://www.glory1989.com/

La fresque murale servant pour le générique final me touche aussi car il s'agit de la copie du memorial situé à Washington (et non l'original situé à Boston, que j'ai aussi vu), là où j'ai vécu.

Image IPB

Elle est impressionnante par son aspect non seulement solennel, mais aussi mortuaire, car l'attaque du fort Wagner fit perdre au régiment plus de lamoitié de ses effectifs, balayant au passage tout le commandement.


Je précise d'ailleurs que la Guerre de Sécession est l'une des rares époques guerrieres où la proportion de grands officiers tués (colonels et plus) est supérieure à celle des troupes. Cibles privilégiées, panache déconnectée avec une guerre devenue technologique, le fait est que les états-majors furent saignés à blanc.


EDIT:


CITATION
A ce sujet la très bonne critique de Starsky sur la 317 ème section m'a particulièrement donné envie de voir ce film. Merci aussi pour le remarquable court-métrage proposé.


Merci. Et de rien.

Oui, franchement, il vaut le coup ce film. Tu le trouves pour rien en DVD, d'ailleurs (1 ou 2 euros sur Cdiscount, je crois). Je conseille aussi le Crâbe-Tambour du même réalisateur, même si celui-ci peut paraître plus difficile d'accés.
Cfury
J'acquiese. Je l'ai revu il y'a quelques mois et l'excellent dernier 1/4 d'heure demeure LA réussite de ce film. En dehors de ça, on voit les intentions de Zwick venir d'un peu trop loin, appuyé, en plus, par les violons lacrymales du 'sieur Horner. C'est dommage, parce qu'on frôlait la réussite...
Il y'a un peu moins de 10 piges j'avais maté un film Buffalo Soldiers avec Danny Glover, moins spectaculaire, mais à voir aussi pour ceux que cette période obscure de l'Histoire intéresse.
CHARLTON HESTON
"buffalo soldier"c'est ainsi que les indiens appelait les soldats noirs(qui apres la guerre civile et pendant les guerres indiennes,furent bien plus present qu'on ne l'imaginerait dans les rangs d'une armee qui alors ne passionnait guere les foules et qui du coups recrutait dans les classes les plus defavoriser,notamment et entre autre des immigres en mal de naturalisation)

on les appelait ainsi car leur chevelures crepus rappelait aux indiens la toison de l'encolure des bison.
du coups ton film avec Danny Glover m'intrigue,Cfury,n'en ayant jamais rien vu?
Cfury
Arrgh! C'était une époque (que tu as sans doute connu?) où les vidéos clubs intimistes existaient encore et proposaient, souvent, d'excellents inédits.
Le Buffalo Soldiers en question est un "direct-to-vhs" en France et un TVfilm au States.
Il existe un Z1 du film dispo. Un lien pour les différents stores qui le vendent ainsi qu'1 preview :

http://videodetective.com/home.asp?PublishedID=851406


Et une critique du film pour plus de précision :

http://www.dvdtown.com/review/buffalosoldi...997/18078/3407/
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