Suite directe du Wizard of Oz de Fleming, ce film Disney, réalisé par un fidèle de Lucas, est une authentique curiosité injustement boudée à sa sortie en 1985.
Peut-être trop sombre, à l'instar d'un Taram, pour la toute puissante firme Disney, ce retour à Oz est (pourtant) très certainement l'un de ses films les plus audacieux. Commençant par l'internement (douloureux) de la petite Dorothy (la jeune Fairuzka Balk - déjà mignonne! :wink: ) dans un centre psychatrique, le film s'enfonce peu à peu dans un Oz pourrissant, hanté par les Rollers et les apparitions terrifiantes de la Princesse Mombi (terrible Jean Marsh), pouvant changer de tête à volonté.
Très belle mise en scène de Murch (qui travailla jadis sur THX 1138), tantôt réaliste, tantôt débridée, servie par des sfx certes un brin désuets (animation image par image) mais très dans l'esprit 80', cette production Gary Kurtz (Star Wars, Dark Cristal, quand même!) se veut plus fidèle aux romans à la base du film de Fleming, aux antipodes de celui-ci, comédie musicale joyeuse et colorée. Ici, l'unique film de Murch (quel dommage) se complait dans la description d'une réalité sordide et l'élaboration (la reconstruction?) d'un univers idéal perdu, peuplé de créatures connues (le Lion Poltron, l'Epouvantail et l'Homme en fer blanc), mais aussi de nouvelles, le robot Tik-Tok ou encore Jack Potiron (qui ressemble d'ailleurs assez au Jack Skeleton de Burton, ou inversement). Rappellant des films tout aussi merveilleux et sombres tels que L'histoire sans fin ou Dark Cristal, Return to Oz est un authentique conte de fée avec ses zones de ténèbres, ses images fabuleuses et colorées et ses images de pure terreur, véritable poème vénéneux à l'atmosphère bien particulière, loin de toutes concessions et de toutes niaiseries, qui s'incrirait -au même titre que Fievel- dans la catégorie des films miraculeux de cette décennie si chère et, malheureusement, révolue...
Un film étrange et envoûtant qui mériterait bien d'être (re)découvert, et qui aurait mérité une édition DVD (française) autrement plus soignée qu'un vulgaire pressage de plus à ranger dans une collection négligée...
5,5/6.


