Hé hé!
En écrivant ce qui va suivre, je ne prétend pas ni affirmer qu'Highlander II est un bon film, ni même convaincre qui que ce soit que -malgré tout- il reste un film intéressant.
A contrario de Robocop 2, Highlander II le Retour est une mauvaise suite, un ratage évident, indéniable, mais, SELON MOI, Il demeure un ratage intéressante, somme toute.
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L'histoire:
A la fin du XXème siècle, la Terre se meurt; la couche d'ozone se désagrège et menace de griller tous les habitants de la planète. Pour y remédier, Connor Mc Leod conçoit un bouclier capable de protéger la surface de la Terre des terribles UV du soleil.
25 ans plus tard. Mc Leod, alors un vieillard, se souvient de Zeist, la planète d'origine des Immortels. 500 ans auparavant, sur Zeist, une rébellion éclate entre les forces du Général Katana et les rebelles ralliés à la cause de Ramirez; Mc Leod, aux côtés de se dernier, se voit attitrer le rôle de meneur de la révolution. Malheureusement, Ramirez et lui sont capturés et, jugés par le Haut Conseil, sont envoyés sur la Terre, où ils seront désormais immortels, obligés de se combattre les uns les autres afin qu'il n'en reste plus qu'un (qui puisse alors retourner sur Zeist).
Alors que la Terre n'est plus qu'un vaste dépotoir, humide et sombre en permanence, livrée à la tyrannie de la puissante Compagnie qui gère le bouclier, des vagues de terrorisme tentent en vain de saboter le fonctionnement du panneau assurant la protection de la Terre. En effet, il semblerait qu'après 25 ans de répit, la couche d'ozone se soit reformée au-dessus du Bouclier. Louise Marcus, qui arrive à 'échapper à l'un de ses attentats manqués, se réfugie auprès de Mc Leod, et lui demande son aide. Hélas, le vieux bonhomme haïe par ses pairs est trop fatigué et impuissant pour faire quoi que se soit. Parallèlement, Katana, qui n'a pas digéré le traitement trop doux accordé à Ramirez et Mc Leod, ses ennemis jurés, décide de se débarrasser de ce dernier une bonne fois pour toute et envoie sur Terre deux sbires afin de le tuer. Mc Leod, attaqué alors qu'il parlait avec la jeune femme, réussit finalement à éliminer ses adversaires et, les ayant décapités, de part leurs pouvoirs, il arrive à se régénérer
Mc Leod et Louise s'éprennent l'un de l'autre, tandis que Ramirez, invoqué par Mc Leod, est catapulté en Ecosse. Il entreprendrait un voyage pour retrouver son ancien élève.
Mc Leod se penche alors sur un plan pour faire échouer le monopole de la Compagnie et révéler la vérité au Peuple. Katana, quant à lui, après l'échec de ses sbires, décide de se charger lui même de l'élimination de Mc Leod. Fraîchement arrivé sur Terre, il sème le trouble et la mort, jusqu'à une première rencontre. S' "associant" brièvement avec le PDG crapuleux de la Compagnie, Katana espère entraîner Mc Leod dans un piège.
Ramirez rejoint Mc Leod. Avec l'aide de Louise, ils pénètrent sur le site du Bouclier afin de le détruire. Alors que Ramirez trouve la mort, Mc Leod affronte dans un ultime combat Katana, avant de faire explser la coquille qui étouffe la planète.
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Récapitulatif des grosses "bavures":
Déjà, avant toutes choses, Highlander II souffre d'un scénario ultra incohérent, bourré d'invraisemblances multiples:
-la planète Zeist. 500 ans auparavant, alors que Ramirez à au moins 4000 ans (si je ne m'abuse) dans le premier épisode (?!?).
-Ramirez/Mc Leod. Les noms demeurent identiques sur Zeist, 500 ans auparavant, alors que Lambert "atterit" dans le clan Mc Leod dans le premier film (?!?).
-Katana, mortel sur Zeist, fait un "bond" de 500 ans dans le futur pour rejoindre Mc Leod à l'époque du film.
-Katana, toujours, novice en matière de techno' humaine, qui, une fois sur Terre, s'adapte très très vite (il conduit une rame de métro, entre autres, les yeux fermés).
-la romance Lambert/Madsen est immédiate et très peu crédible.
-Ramirez ressuscité comme par magie, avec une facilité déconcertante (?!?).
-concept d'immortalité du passage de Zeist à la Terre chamboulé, idée du "il ne peut en rester qu'un", le combat entre les Immortels venus de Zeist s'embrouille; les explications limpides du premier film deviennent ici pas clair du tout.
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Après ça, difficile de donner un peu de crédit à cette re-pompe du premier film, d'autant que ce n'est là qu'une partie de ses défauts…
Déjà, Lambert est assez terne. Ce n'est pas encore le syndrome de la "légumisation" aiguë dont feront preuve la plupart de ses films des 90', mais sa prestation dans ce "retour" est décevante, qui n'apporte rien par rapport au premier film, si ce n'est un rôle de sauveur de l'humanité volé/dépouillé de sa contribution/invention. Et ce n'est malheureusement pas ce grimage réussi en vieux Lord décrépi qui sauve la donne. Lambert, ici, donne déjà le ton aux épisodes qui suivront. La routine s'installe et la série s'essouffle déjà.
Face à lui, un méchant "étrange", aux motivations "prétextes", voire absurdes, idiotes, un peu comme lui d'ailleurs, qui ne jouie vraisemblablement pas d'un semblant de cervelle, à contrario du Kurgan, THE méchant de la série, génial Clancy Brown, qui se voit affublé d'une volonté de concurrence ratée. Rien de préjudiciable à Michael Ironside, néanmoins, qui cabotine selon des directives qu'on imagine sans peine laborieuses.
Autours d'eux, une histoire à 2 sous (scénario à 2 sous) qui tente de donner une origine aux Immortels, intention louable qui se solde par un résultat douteux à l'écran. Pas idiote, mais juste mal exploitée et mal reliée. Le "il ne peut en rester qu'un", qui aurait pu ici prendre un second souffle salvateur, se noie dans une construction branlante nourris par un ciment explicatif lourdaud et peu convaincant.
Un scénario vain qui compose un "film puzzle", pleins de bonnes idées, certes, mais qui sont reliées n'importe comment, sur un concept dénaturé et creux (sur le coup). Un scénario totalement désarticulé qui sied "parfaitement" au clipeur Mulcahy qui, cette fois-là, aligne les scènes marquantes sans aucun soucis de cohérence ni de vraisemblance, remarque pertinente ici plus qu'ailleurs puisque ses deux premiers films (Razorback et Highlander) ne souffraient pas de cette impression d'alignement de séquences sans aucun fil directeur. Un Mulcahy feignant qui, non content de reprendre des scènes entières du premier film (musique compris), sans pour autant prendre la peine de les rendre attractives, mélange tout un tas de films "in" du moment, en vogue: Star Wars, Dune, Retour vers le futur 2 ou encore New York 1997. Lacune rendue plus évidente encore par l'absence des flash back récurrents du premier, véritables moteur de l'action, qui le rythmaient avec une efficacité percutante.
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Alors, qu'est ce qui fait que Highlander II soit, au vu de cela, une suite intéressante malgré tout?! Car, si Highlander II est mauvais pour toutes les raisons ci-dessus, pertinentes à mon sens, qui le condamne d'emblée à figurer parmi les pires "gros" nanars, il n'empêche que la balance -pendant fortement d'un côté- aurait tendance à vouloir s'équilibrer, du fait de qualités évidentes, et ce malgré ce palmarès de bourdes assez conséquent.
Si Lambert est effectivement égal à lui-même dans ce rôle de baba cool rigolard, Connery, lui, pour le peu qu'il "apparaît", illumine tout le film par sa seule présence. Drôle, roublard, tantôt naïf tantôt avisé, le perso de Ramirez qu'il incarne est une véritable bouffée d'oxygène. Un apport quasiment inutile à l'histoire elle-même, mais qu'on ne pourrait accepter de voir rencardé, tant il semble bénéfique au film et à cette sensation de pesanteur qui s'en dégage. Ramirez qui apparaît puis disparaît comme par magie, mais qui a néanmoins le temps de sortir quelques bons mots et de sortir d'affaire les deux héros.
A "côté" de lui, M. Ironside, qui, si son rôle est "merdique", ne lui empêche pas de composer un perso de méchant assez fascinant, bête et psychopathe, qui a pour lui de faire rire, dû à la folie qui l'habite et les scènes qui en résultent. Tout petit à côté du Kurgan, qui réclamait le "Prix", Katana est un barjo dans toute sa splendeur, une "gueule", un méchant pur jus qui ne veut qu'une chose: être méchant. Et bien que cela soit assez réduit, il n'empêche que Ironside s'en donne à cœur joie et que le résultat, dans cette optique, est assez réussis (bien que la fin de ce méchant soit expédiée, renvoyant à l'aspect totalement fortuit d'un nouveau méchant qui n'a rien de plus à dire – ce qui est assez dommage, car un traitement plus sérieux en aurait fait un super méchant digne du Kurgan).
Rappelons aussi la présence de ces deux autres méchants anecdotiques du début, sous fifres à gueule de hérissons, hargneux et stupides, véritables Immortels d'allure futuriste (qui tranchent avec le côté "moyen âge" du premier), qui offrent une scène de baston à l'épée pas mal barrée.
Habitants de Zeist, ceux-ci forment avec Katana, Ramirez et Mac Leod, une communauté de demi-dieux dont le traitement, à la base, est loin d'être stupide. Zeist, la planète des Immortels. Une idée assez brillante, qui souffre cependant d'une insuffisance élémentaire, d'un confinement révoltant lorsque l'on s'aperçoit du potentiel énorme d'une pareille idée. Le tout associé à cette autre idée géniale d'un dôme protecteur remplaçant la couche d'ozone, dont une compagnie use et abuse à des fins peu scrupuleuses. Un embryon de contestation, quelque chose comme une vague idée de position politique ambitieuse, qui ne dépasse pas malheureusement les vertus premières du brouillon. Une association d'idées excitantes, dont une volonté de réécrire le mythe intelligemment, mais qui au final déçoit parce que traité négligemment.
Ajouté à ça -le potentiel de l'histoire racontée-, la mise en scène barrée de Mulcahy qui, à défaut d'un sujet solidement construit, ne peut plus qu'agir sur la caméra. Soignée et spectaculaire, à l'esthétisme baroque/rétro et à l'atmosphère chaude/humide, celle-ci permet les réussites successives de séquences joyeusement folles, telles que ce premier combat avec les "Hérissons", celle du métro lancé à toute vitesse, le conseil où intervient Katana, la voiture "criblée", la première apparition de Ramirez dans le théâtre écossais ou son passage chez le tailleur -style Pretty Woman-, ou encore le final "sous le dôme". Véritables coups de folie, comme dans le métro où Katana pète un câble et brutalise à tout va, ou lorsque Ramirez et Mc Leod se prennent des tas de pruneaux, ou encore lorsque l'ascenseur sur lequel Mc Leod chute et le brise en "mille" morceaux une fois crashé. Des moments ici et là qui laissent à penser que, tissé avec autre chose que du fil blanc, le film aurait pu être diablement réussis.
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Le problème majeur étant l'absence de sérieux et d'ambitions à long terme, Mulcahy ne peut réitérer l'exploit de son premier opus, forcé qu'il est a donner à manger à des cochons, première pierre à son édifice de future tâcheron (le pire de tous ses films restant Ricochet, ex æquo avec sa Malédiction de la Momie). Ce qui est très dommage, car le film étant bourré d'ébauches d'idées intéressantes, ne manquant pas lui-même de talent, il est malgré tout obligé de livrer un produit bancal, frustrant, un film hyper court qui donne l'impression désagréable d'être incomplet, un gruyère ou un morceau de fromage qu'on aurait grignoté d'un peu partout.
Cependant, malgré ça, malgré ses faiblesses, j'aime bien cet épisode, meilleur selon moi que l'opus 3 et 4 (récemment passé sur M6; une merde, entre parenthèse, moche et conne!), car il recèle d'un matériau qui aurait pu le placer sans problème aux côtés des meilleurs suites, si ce n'était un Lambert fadasse et un jeu de lego agencé par des mômes de 5 ans.
Une terrible déception en regard de ce qu'il aurait pu être, au regard des moyens qu'il avait pour être plus qu'un vulgaire plantage, une suite bâclée.
A défaut de bénéficier de la structure du premier, au moins Highlander II possède t-il la même démesure, sans pour autant sombrer dans le ridicule (ce qui n'est pas le cas de l'opus 3, et surtout du 4).
Un film que je regarde toujours avec plaisir, en me surprenant à rêver…