Bon j'ai enfin vu ce film apres moultes péripéties sur lesquelles on ne s'attardera pas (en gros je l'ai chipé à un pigeon.. pas dans le sens gogo, non... un vrai pigeon, dans le sens oiseau... mais cinéphile). Bref.

Un film de Jang Sun-Woo (2002).
ATTENTION SPOILER
Ouch! c'te tuerie!
Sous ses vrais faux airs de sous Matrix tout pourri se cache en fait un vrai film pour gamer (mais pas que), plein de maladresses, d'une certaine lourdeur et de longueurs certaines, mais surtout emplie d'une force insoupsonnée (par moi en premier lieu), et d'une rage qui donne du baume au coeur et qui devrait parler à beaucoup...
The Resurrection Of The Little Match Girl c'est avant tout, comme son nom l'indique, l'histoire de cette pauvre petite vendeuse d'allumettes (en fait d'allumettes ce sont des briquets qu'elle vend dans le film) condamnée à aller de client en client, essuyant toujours des refus, jusqu'à ne plus avoir envie que de tenter de se suicider avec le gaz de tous ces briquets qui lui reste sur les bras. Et ce sont, pendant toute la première partie du film, ses seules "fonctions", proposer ces briquets aux passants et tenter de se suicider.
Le film, apres quelques scènes d'introductions (entre autre, presentation du héros livreur de bouffe qui s'imagine en train de dezinguer tous les clients relous qui lui pourrissent la vie, évocation du statut de star des meilleurs joueurs pendant les compet' de JVs, tres populaires en Corée notament), prend l'allure d'un vrai faux jeux video, avec toute l'imagerie qui va avec (jauge de puissance, fiche technique des joueurs, ecran de loading - symbolisé par un papillon, etc), ou le héros se voit donner comme mission de toucher au coeur la petite fille aux briquets avant qu'elle ne suicide.
Dans sa mission, le héros est en compet' avec d'autres joueurs tous plus typés les uns que les autres (une bande de guignoles avec des faux airs de mecs cools, des yakuza, une Lara Croft avec des couilles - logique vu que la majorité des gens qui l'ont incarné sont des mecs - etc), qui s'affronterons tous joyeusement dans des batailles spectaculairement cheapos (souvent des gun fights avec moultes cabrioles cablés) mais plutot fun.
Là ou ça devient réellement interessant c'est que la petite fille aux briquets est, dans ce jeu, ce qu'on appelle un PNJ c'est à dire un personnage non joueur. Dans un jeu video c'est un personnage qui n'a souvent qu'une fonction dans le systeme (filer une item au héros, lui donner une info capitale, etc). Le genre de personnage dénué d'humanité, une sorte de robot qui n'effectuera jamais qu'une seule tache, encore et toujours la meme, eternellement, avec souvent que deux ou trois phrases maxi pour tout langage. Et c'est parfaitement representé par la petite fille aux briquets qui ne cesse de sortir la meme rengaine pendant la première heure du film, jusqu'à ce que...
Jusqu'à ce qu'il y ait une sorte de dereglement dans ce jeu video live. La petite fille innofensive jusqu'ici (ne bronchant meme pas quand les joueurs multipliaient les fusillades autour d'elle), monotone et passive à en pleurer, prenne enfin son destin, et accessoirement une mitraillette, en main pour shooter tous les gens qui lui revienne pas. Et le panard de la voir enfin se defaire de ses chaines (de petite fourmie soumise à un systeme qui la depasse et l'ecrase), liberer ses pulsions et acceder du meme coup au statut de star, adulée et reconnue pour ses méfaits par les badauts qui l'ignoraient quand elle vendait ses briquets...
Je passerais rapidement sur la suite du film, d'une grande richesse thématique. On voit en autre que ceux qui controlent le jeu, tentent par tous les moyens de reprendre le controle de leur creature, que le vrai createur du jeu a été écarté du projet, etc. Autant d'images (plutot efficace et parlante) sur la tournure que prend parfois l'industrie des Jvs (exploitation et alienation), et par extrapollation sur notre société.
Bon j'ai encore plein de trucs à dire sur le film mais je reviendrais plus tard, j'ai plus de credit: insert coin - insert coin - insert coin...






