Carnage / The Burning (Tony Maylam – 1981)
Un excellent slasher, pas original pour un sou, mais vraiment efficace.
Gravement brûlé suite à un canular qui a mal tourné, le gardien particulièrement sadique d'un camp de vacances revient se venger cinq ans plus tard sur les occupants d'un autre camp...
Après une introduction qui nous dévoile l'origine du trauma du tueur, le film nous met vite dans le bain en nous montrant un premier meurtre très giallesque dans l'esprit (le tueur s'attaque à une prostituée, vêtu d'un manteau, de gants et d'un chapeau noirs) puis en nous transportant dans le camp où se concentrera l’essentiel de l'action.
La première partie distille une vraie tension et joue habilement avec nos attentes : à plusieurs reprises, on pense que le tueur va frapper, et finalement non. Le réalisateur fait une habile utilisation de la caméra subjective, à la
Halloween, pour nous faire ressentir la présence du tueur et la menace qu'il constitue, sans qu'on le voie vraiment, à part ses mains, ses jambes ou son arme.
Une partie des personnages part ensuite en expédition en canoë le long du fleuve avoisinant le camp, ce qui va les isoler et les rendre vulnérables. Après la première journée de canoë, les protagonistes se regroupent autour d'un feu de camp (dans une séquence qui m'a fait penser au début de
Fog): un des protagonistes raconte l'histoire du tueur à ses camarades, que tous croient fictionnelle. Cette scène fonctionne comme une allégorie des films d'horreur: on est là pour se faire peur et prendre du plaisir en ayant peur.
A la suite de quoi commence la seconde partie qui voit le tueur se déchaîner. Celui-ci alterne les attaques sur un groupe et les meurtres un par un, exclusivement à la cisaille. Il diversifiera ses armes sur la fin en sortant son lance-flammes. Les meurtres sont en général aussi rapides que la montée en puissance aura été longue, avec un montage cut lors de la scène du radeau.
Le look du tueur, qui ne nous est dévoilé que dans les derniers instants, est vraiment impressionnant. Son impact aurait sûrement été amoindri s'il nous avait été révélé plus tôt dans le métrage. Le travail de Tom Savini sur les maquillages alterne le très bon et le juste moyen (un plan sur des doigts coupés par exemple).
Les personnages, bien que stéréotypés (la brute, le timide, le dragueur, etc.), ont plus de personnalité que dans la majorité des films de ce genre: les comédiens arrivent à faire exister leurs personnages et nous faire ressentir leur camaraderie: on a vraiment envie qu'ils survivent.
La confrontation finale, qui permettra à un des protagonistes de dépasser ses limites et à un autre de se confronter à son passé, apporte une conclusion vraiment satisfaisante au film (la mort bien graphique du tueur est particulièrement jouissive).
La réalisation, carrée et efficace, de Tony Maylan joue habilement avec nos nerfs. L'atmosphère "naturaliste" renforce la proximité avec les décors (forêt, lac) et donc la crédibilité de l'histoire.
Bref, une réussite et la preuve que le slasher de qualité ne se limite pas à quelques titres connus.
A noter que du (futur) beau monde a participé à l'élaboration de ce film: les frères Weinstein, Jack Sholder, Holly Hunter, un Jason Alexander chevelu, Fisher Stevens...