Mad Movies: May - Lucky McKee (2002) - Mad Movies

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May - Lucky McKee (2002)

#226 L'utilisateur est hors-ligne   Scalp 

  • Booby Lapointe
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Posté 07 juin 2010 - 17:10

Je repoussais toujours la vision de ce film, peur de me retrouver devant un sous Carrie et bein pas du tout ( d'ailleurs le film a plus un coté Cronenberg que De Palma, on est devant un film qui a un rapport à la chair et pas devant du ciné de voyeur ), bon bien entendu le déroulement de l'histoire est un similaire et donc sans surprise, mais alors que dans Carrie on pourrait presque dire que les ados méritent leur sort, ici il le mérite pas vraiment, bien entendu ils ont trahis May mais bon une fille qui t'arrache un bout de lèvre quand tu l'embrasses tu restes pas avec elle icon_mrgreen.gif, personne n'essaye de profité de sa naiveté, et le perso d'Anna Faris ça saute au yeux qu'elle aime May mais May est tellement gogol qu'elle s'en rend pas compte.
Y a un petit soucis dans le traitement du perso, elle est pas assez attachante alors oui on aimerais qu'elle se fasse des amis, on a envie de lui mettre des coups de pied au cul pour qu'elle se bouge qu'elle fasse moins l'autiste mais j'arrive pas a avoir de la sympathie pour elle, j'ai juste de la pitié, c'est juste une freak un peu naive qui ne distinge pas la fiction et la réalité et elle va se transformé en psycho sans pitié, par contre je trouve qu'il manque un élément qui la fait passé de gogol a tueuse ( bon par contre l'utilisation de la poupée enfermé et du verre qui craque petit à petit pour nous montrer May qui craque petit à petit c'est sympa ), surtout que le film prend bien son temps au début et que dès que May se sent rejeté elle vire psycho.
Quand elle passe en mode tueuse, on a droit aux meilleurs scène du film ( avec le court métrage bien entendu ), le passage avec les enfants aveugles a 4 pattes dans le vert, la scène de dialogue avec Anna Faris pendant qu'elle lui prend ces mesures et qu'elle parle de son chat ( l'humour noir est vraiment réussi ici ), les mises à morts sans être d'une grande recherche visuel ( tout le film est de facture très classique ) sont sacrément efficace et celle d'Anna Farris a un coté ambigu sympathique, ( par contre on est loin du gore, y a juste du sang et pas de détails, ça sombre pas dans le grand guignolesque et j'aime bien ce plan tout simple ou le sang se mélange au lait, c'est zolie icon_mrgreen.gif )



Angela Bettis porte le film sur ces épaules et campe une May touchante même quand elle se transforme en tueuse sans pitié, dommage que sa carrière décole pas, Anna Farris ça fait plaisir de la voir dans un bon film ça change et elle fait très bien la nympho " Do you Like Pussy ( ou une réplique dans le genre )" icon_mrgreen.gif bon par contre j'aurais pas craché sur peu de nudité ninja.gif surtout que le film a une vrai atmosphère sexuel du début à la fin ( j'aime bien la scène avec le couteau qui se transforme en phallus ), Jeremy Sisto est lui aussi très bon en fan d'Argento et lui aussi on le voit pas assez au ciné et James Duval a un petit très sympa.
La BO est magnifique, limite hypnotique et pis y a les Breeders donc c'est bien.
Un beau drame morbide et charnel ( bein oui ça a rien a foutre dans la partie fantastique icon_mrgreen.gif )

4,5/6

#227 L'utilisateur est hors-ligne   Nilban 

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Posté 17 mars 2012 - 17:22

Superbe histoire très touchante, plus tragique qu'horrifique à mon sens ou plutot : oui c'est gore mais le gore est étouffé par la détresse de la jeune fille.
Encore un film que j'ai vu il y a plusieurs années et que je reverrais volontiers. J'avais écris une critique je vous la poste (excusez-moi d'avance, je vois en me relisant que j'ai la manie de faire des phrases lourdes au lieu de les séparer par des points, c'est toujours le cas aujourd'hui hélàs).

S'il vous plaît, ne vous moquez pas de moi, l'écriture fait très travaillée et scolaire, on sent que c'était laborieux pour moi, et c'est le cas, j'étais en seconde et j'ai mis un mois à écrire cette critique, motivé par étudiant en ciné qui m'avait autorisé à devenir collaborateur de son blog ciné. Voilà :

May est le premier long métrage de Lucky McKee qui n'est pas sans rappeler Carrie de Brian De Palma. il présente un métrage d’une efficacité redoutable, et surtout, bien plus riche qu’il n’y paraît aux premiers abords.Surpassant les attentes du spectateur s’attendant à voir un nouveau film d’horreur, May devient en réalité un drame psychologique poignant sur une jeune femme qui ne trouve pas sa place dans une société régie par le culte de l'apparence. Devant son incapacité à se créer des amis, une relation, devant la superficialité convergente de son entourage, elle décide finalement de se créer son propre ami, en amputant les parties parfaites de ces futurs victimes. Reprenant le mythe du monstre de Frankenstein, May représente un sans faute impressionnant pour un premier film.

May est une inadaptée sociale (malgré le fait qu'elle ait quand même un travail et une certaine indépendance) qu’un léger strabisme a envoyé vers une solitude contraignante dans une société où l’apparence représente le principe moderne de la reconnaissance. Timide et frustrée par cet handicape, elle ne parvient pas à se créer une place dans ce monde superficiel et développe alors une relation ambiguë avec la poupée que lui a offert sa mère lorsqu’elle n’était qu’une enfant. Par une simple illustration et quelques flash-back, McKee parvient à décrire la psychologie de son héroïne, ainsi que les raisons qui ont poussé à cet enfermement. Imposant une vision sans complaisance sur le monde, mais juste pour autant, il ne réduit pas à ce seul constat la sociabilité brisée de May. En effet, la naissance de ce malaise inhérent au strabisme dont elle est victime, est également la faute d’une mère, pur produit de cette civilisation, pour qui l’apparence constitue le vecteur de la réussite. Ce traumatisme infantile constitue la matrice d’une solitude consumée, d’un univers reclus sur elle-même avec pour seule compagnie, une poupée enfermée dans une cage en verre, aussi naturelle que dérangeante. Pourtant May est poussé par la pulsion sexuelle à aller à la rencontre de l'autre: elle s'éprend d'un jeune mécanicien et ne reste pas insensible à sa jeune collègue lesbienne qui la drague. Elle n'est donc pas ascétique et est en quête du plaisir et c'est cela qui va peu à peu l'entraîner dans la psychose.

Le jeune réalisateur empoigne son sujet avec une maîtrise confondante et évite tous les griefs inhérents aux débutants. En exploitant une intrigue simple, une narration linéaire, il fait preuve d’une sagesse peu commune et d’un caractère affirmé. Il mène son métrage où il le souhaite, en suivant un scénario longtemps mûri. Ce laps de temps relativement conséquent entre l’écriture et la réalisation lui a permis de peaufiner son métrage en gommant les possibles erreurs et penser sa réalisation longtemps en amont. Ainsi, il s’est sécurisé un maximum et n’a pas subi les aléas des premières fois. May est un drame psychologique et tragique avant tout, un portrait subtil d’une âme déchirée par une société qui réprimande violemment ceux qui ne peuvent marcher dans le rang, sans jurer avec un conformisme dictatorial. La mainmise de l’apparence lisse et formatée, qui expulse les erreurs comme un organisme sain congédie les intrusions maladives, est un reflet juste de notre société, et de voir une jeune femme se débattre avec les seules armes qu’elle n’a jamais apprises, constitue une œuvre touchante et révoltante. L’empathie fonctionne comme un cri d’alerte, sans que l’on ne puisse non plus tout excuser ou pardonner. May est un produit gangrené par cette civilisation, cette superficialité dévoreuse qui ronge un peu plus l’être humain et l’asservie jusqu’à en faire un esclave. Critique d’un monde, en se servant d’un esthétisme, comme un hommage à tout un pan revendicateur du cinéma, oeuvre d’une intelligence rare qui démontre une sombre facette de l’humain, film autobiographique d’un homme qui a souffert de cette différence et qui aujourd’hui se venge de fort belle manière, May est un grand film de genre plein de sensibilité et d'humanité et un final absolument magnifique empli d'émotions contradictoires.
"Nous ne sommes pas ici parce que nous avons une heure à combler." Heidegger

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