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Les perles de la critique
#2236
Posté 04 mai 2008 - 15:58
Ca plus une direction d' acteur assez monolithique lorsqu' ils recitent leur dialogue n' aide pas forcement a se "passioner" directement par les questions soulevées dans le film.(sauf le scéne de l' architecte assez troublante)
L' enchainement entre ce filmage plan-plan et la virtuosité totale de certaine scenes reste une grande énigme pour moi.
#2237
Posté 04 mai 2008 - 16:03
Par extension, en ce qui concerne la "littérature" autour de ces films, peut être est-il prudent d'envisager qu'en tout état de cause, les Wachowski ne sauraient maîtriser & agglomérer avec pertinence les champs des concepts des que certains ont bien voulu y voir, & qui parfois paraît d'une ampleur exagérée (ça me paraît un peu curieux d'attribuer aux cinéastes l'expertise philosophique & théologique démesurément étendue qu'on leur prête à l'occasion). C'est dommage parce que ça ne rend pas service aux films qui finalement deviennent des objets inaccessibles aux profanes sur lesquels plane un soupçon de fumisterie, alors que la démarche est artistiquement louable à la base.
Toutes les femmes de ta vie / Glamour ou sexy / L'héroïne de tes envies / Je suis toutes les femmes, tu vois, toutes les femmes de ta vie." (L5)

#2238
Posté 13 mai 2008 - 18:11
Oui, les frères Coen sont des tâcherons et O'brother une comédie comme il en sort une douzaine par mois.
#2239
Posté 13 mai 2008 - 19:58
Voilà, y avait une grosse gourdasse (celle qui s'occupe du ciné dans l'émission de Ruquier) qui faisait sa chronique hebdomadaire: (je vais essayer de retranscrire à peu près):
En parlant de Cleaner (qui au passage a l'air vraiment nase):
La gourde: "Ouais, Cleaner ça pourrait être mieux quand même"
Ruquier: "oh, c'est juste un thriller, quoi..."
Ensuite il parle du dernier Ferrell sorti en france:
La gourde: "c'est quand même ultra-lourd ce film"
Ruquier: "Ouais, mais c'est un film de genre, quoi"
(tout ça en gros et pas au mot près près)
Alors j'ai eu un éclair de lucidité, et je me suis demandé:
Quand des journalistes (même si eux n'en sont pas, mais c'est généralisé, à mon avis) critiquent un film de genre , réduisent-ils leurs critères "cinématographiques" car ce "n'est que du film de genre"?
Même dans des magazines style Positif ou Les Cahiers, quand ils parlent de Kug-Fu pian, de survival ou autres, ils n'iraient jamais jusqu'à dire que c'est du cinéma, avec un grand C (même si les critiques sont bonnes et intelligentes).
Je me souviens à la sortie de Kill Bill, quand tous les journaux faisaient l'inventaire des influences de QT, ils présentaient les films comme une série de médicaments génériques et périmés, sans jamais les respecter vraiment, comme si tous étaient seulement destinés à des soirées VHS-Pizzas-bières.
C'est un peu fouillis tout ça mais je vais tenter de résumer la chose en une seule question:
Pourquoi, quand on parle de "film d'auteur", on qualifie toujours des œuvres n'appartenant à aucun genre? Le genre serait-il du sous-cinéma (sans compter les exceptions qui mettent tout le monde d'accord, Kubrick, etc...)?
Voilà, ça a l'air con comme ça mais je me pose la question depuis des années sans jamais comprendre les raisons de ce "système".
#2240
Posté 13 mai 2008 - 20:33
Oui.
Comme le prouve la présence de Dahan dans leur colonnes lors de la sortie de No Country for old men par exemple.
#2241 L'archiviste*
Posté 13 mai 2008 - 23:11
Voilà, ça a l'air con comme ça mais je me pose la question depuis des années sans jamais comprendre les raisons de ce "système".
Tous ces termes fourre-tout, "film de genre", "cinéma indépendant", "film d'auteur", "art et essai", "série B", "cinéma commercial", "film de studio", ça sert dans 98% des cas à désigner de façon implicite des choses dont on ne veut pas parler, à appuyer sur certains boutons l'air de pas y toucher, à se donner des airs vertueux quand le fond du discours est pourri. C'est comme quand le journal te parle de "jeunes" pour que tu comprennes "négros et biquots". C'est tout simplement le royaume de la suggestion et de l'hypocrisie.
Pour une meilleure compréhension des sous-titres :
- "cinéma indépendant" = cinéma vertueux, socialement concerné, politiquement engagé, fait par des gens habillés d'une tunique et chaussés de sandales, qui ont légué tous leurs biens pour se détacher de l'illusion matérialiste et qui jamais ne se compromettront en travaillant pour des multinationales de l'image. Désigne des films faits pour élever la conscience des peuples et les amener à la révolution spirituelle.
anomalie : le plus ancien studio américain à avoir conservé 100% de son indépendance s'appelle Troma. Il produit essentiellement des films gore avec des nanas à poil.
- "film de genre" = films de mauvais genre
je te rassure, les chroniqueurs qui parlent de "film de genre" en se bouchant le nez n'ont pas la moindre idée que les auteurs respectables qu'ils brandissent à l'occasion (faute d'avoir vu leurs films) ont tous réalisé des films de genre.
- "film d'auteur" = film qui appartient entièrement à son auteur, qui assume en son âme et conscience tous les partis pris. Debout au sommet d'une montagne qui surplombe les nuages, l'auteur clame au monde la vérité nue telle qu'elle lui a été inspirée par la voix divine. Dans le cinéma d'auteur, l'auteur est tout puissant; le producteur, le distributeur et le public sont soumis à son désir pur, chaste et inviolable. Ainsi, si tu entends dire que La Vie rêvée des anges a été remonté par un directeur de Festival, ou que tel gros distributeur de "films d'auteur" passe son temps à exiger du nichon ou de la tour Eiffel, c'est probablement un coup de désinformation de la propagande américaine.
anomalie : "film d'auteur" est une notion évoquée dans les tous premiers numéros des Cahiers du Cinéma, qui cherchait à défendre la respectabilité de gros films du samedi soir produits par des majors hollywoodiennes
- "Art et Essai" ("Art movies" aux USA) = films qui appartiennent de facto, avant même d'être faits, à la tradition des grands Créateurs de l'histoire de l'humanité (Art) parce qu'ils ouvrent des voies nouvelles dans l'expérimentation (Essai). Désigne donc des films sublimes qui méritent amplement leur place au Musée, dénués de tout cliché, de toute formule et de tout formatage. En somme, lorsque tu vas voir un film d'Art et d'Essai, tu as l'assurance d'un choc esthétique durable, doublé d'une forte impression de jamais vu, bref tu es à la pointe de la pointe de la pointe de l'avant-garde artistique (Jeanne Labrune, Christophe Honoré, Benoît Jacquot etc)
Important : par déduction logique, tous les autres films ne sont pas de l'Art et n'essayent jamais rien
- "série B" = films racoleurs, produits à la chaîne dans le but exclusif de satisfaire les bas instincts d'australopithèques velus et analphabètes (ouvriers, RMistes, gens à la peau sombre), se baignant ainsi complaisamment dans la crasse et l'ignominie sans jamais chercher à questionner la condition humaine ou les mécanismes d'aliénation sociale à l'aide d'un plan sur un nichon ou sur la tour Eiffel. Responsables de cette décadence du médium cinéma : Samuel Fuller, Robert Aldrich, Richard Fleischer, Nicholas Ray, Don Siegel ainsi que Francis Ford Coppola et Martin Scorsese à leurs débuts.
- "cinéma commercial" = films produits par Steven Spielberg à seule fin d'engranger des montagnes d'argent. Désigne donc des films produits sans désir et sans sacrifice (Spielberg rêvait d'une vie de bohème excitante et pleine d'aventure dans une agence d'assurance ou de comptabilité; ses parents l'ont obligé à suivre un cursus plus terne mais plus sûr en lui collant une caméra super 8 entre les mains).
A l'inverse, le "cinéma non commercial" désigne des films dont l'entrée est gratuite pour le spectateur (ceux de Jeanne Labrune, Christophe Honoré, Benoît Jacquot etc) et qui ont été financés par des messieurs habillés d'une tunique et chaussés de sandales (certains agents à la solde de la CIA disent les avoir vu rouler en Bentley)
- "film de studio" = désigne le Mal absolu. Ce sont des films qui ont été pré-achetés par des sociétés spécialisées dans la distribution de films, la promotion et qui disposent d'un large parc de salles (Universal-Vivendi, Warner, Fox).
On les oppose aux "film indépendants" qui eux, à l'inverse, sont des films qui ont été pré-achetés par des sociétés spécialisées dans la distribution de films, la promotion et qui disposent d'un large parc de salles (Vivendi-Universal, Warner france, UGC, Mk2).
Chroniqueur à la télé, c'est plus qu'un métier, c'est une tribune. Il s'agit de savoir manipuler, par les mots, le système de valeur confus du spectateur (qui est généralement le même que celui du chroniqueur mais ça, le chroniqueur s'efforce de l'ignorer)
#2242
Posté 13 mai 2008 - 23:30
ah mais c'est "notre" amie Isabelle Motrot !
tiens, tu vas te sentir moins seul;-)
http://louvreuse.net/Editorial/avril-2008.html
(elle avait même eu son topic sur le forum Mad il me semble)
#2243
Posté 13 mai 2008 - 23:50
C'est juste qu'il y connait que dalle. Franchement.
#2245
Posté 14 mai 2008 - 00:19
Le top 5 d'Isabelle Motrot (Yeah !)
Et non, comme Zoran je vois pas de mépris, juste des gens qui parlent de cinema sans rien y connaitre. Ce qui est un peu le concept de l'émission, en fait. On parle de Ruquier qui présente 5 films en 5 minutes devant Isabelle Motrot, Gerard Miller et Steevie : le but est pas vraiment d'avoir une critique constructive ou une analyse de la mise en scène.
(Sinon cet après-midi ma soeur m'a raconté le début de l'histoire de "27 robes" et je l'ai interrompu en disant que "ouais, bon, c'est une comédie romantique, quoi" : suis je un enfoiré qui méprise le Cinéma ? Si oui, que dois-je faire pour m'améliorer ?)
#2246
Posté 14 mai 2008 - 00:31
Je pense qu'avoir lu tout Stanley Cavell devrait déjà être un minimum exigé pour quiconque ose donner son avis sur ce genre de films.
#2247 Le Grand Wario*
Posté 14 mai 2008 - 10:24
Ah oué, pardon, je l'ai faite sous moi, celle là, désolé. Mais je maintiens que c'est pas fut-fut, matrisque, et que c'est une suite sans autre imagination que récupérer les recettes du premier en les amplifiant. Universitaires ou pas.
(Putain, j'ai la tehon d'avoir sorti "philo de comptoir". Vraiment.
On écrit "bicots". T'es français, toi ?
Excuse moi, le prends pas mal, hein, j'ai pas pu résister, je suis une merde, j'accepte le gage que tu me donneras pour cette vanne merdique et limite,
#2248
Posté 14 mai 2008 - 10:39
Un exemplaire du bouquin de Mc Carthy serait une bonne idée de cadeau pour le chantre du cinéma social britannique.
#2249
Posté 14 mai 2008 - 10:43
#2250
Posté 14 mai 2008 - 10:54
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