Okeedokee. Petite mise au point. Ici, ça va barbariser à coups de stage-diving, de fanzine, d'éthique, de vendus, de DIY, de NYHC, de Reagan, de straight-edge, de crustcore, des Kennedy brothers, d'emocore, de powerviolence, des 80's, de japcore, de dis-beat, de politique, de skate, de vynile, de revival, d'MTV, de PC bullshit, d'Henry Rollins, de Bad Boys 2, de punk hardcore, de melodic hardcore, de punk rock, de punk tout court et même de hardcore tout court aussi (ouais because fuck les étiquettes hein...).
Je balance tout de tête et en vrac parce que bon, c'est -avec le tiercé- le seul sujet que je maîtrise sans avoir à consulter de notes au préalable (j'en parle mieux que le cinéma en tout cas...). On trouvera néanmoins ici, là et encore là, quelques oublis, approximations, redondances, exagérations, erreurs (enfin là, ça m'étonnerais...), etc etc. La routine quoi. Rien de plus. Rien de moins.
Hey ho, let's go!
A la base, il y avait...
...le punk! Ouais punk...P.U.N.K. A en croire certains, ce terme désignait les péripatéticiennes du pas si swinging que ça London du XVIIe/XVIIIe siècle. Voilà pour l'origine du terme (à manier avec précaution of course). Accessoirement, est toujours d'actualité dans le langage courant US pour désigner un voyou.
Au niveau artistique, on nous dit que les Dadaïstes auraient été les premiers punks. Des punks qui s'ignoraient en gros. Idée qui tient la route lorsque l'on sait que ce mouvement (né plus ou moins spontanément d’esprits fébriles Allemands, Roumains, Suisses et Français) pratiquait un art volontiers agressif, provoquant et subversif afin de mieux proclamer son refus du "système" (et au lendemain de la 1ere guerre mondiale, on comprend un peu le ras-le-bol de l'ordre établi...).
Plus près de nous, à un niveau strictement musicale, on cite généralement le Royaume Uni comme berceau du machin. Pour ma part, je préfère la piste états-unienne et plus précisément celle de Detroit Motor City avec ses agités célèbres (The Stooges, The MC5) et moins célèbres (The Sillies, The Punks...) comme étant à l'origine de pas mal de "trucs" qui allaient influencer les Britanniques quelques années plus tard. Et n'oublions pas non plus les Ramones qui ont eux aussi bien préparé le terrain à leurs cousins d'outre-atlantique.
Il faut cependant bien reconnaître le génie anglais et son sens inné du recyclage inspiré qui, lors des 30 dernières années, à régulièrement redonné du souffle à la musique populaire US. Car oui, c'est quand même bien eux qui ont sauvé le rock'n'roll par deux fois. Une 1ère fois dans les 60's (thx les Who, les Kinks, les Yardbirds & co.) et une deuxième au milieu des 70's avec...les punks. Ouais les punks! C'est sûr, on a pas connu l'époque, mais il paraît que le rock partait quand même en couille grave avec des groupes qui se mettaient à dériver vers le nawak en composant des morceaux de 23 mn entrecoupés de solos guitare/batterie/orgue (WTF?!) d'une heure et demie (j'exagère à peine...). Et je ne mentionne même pas les dégâts collatéraux causés par le disco.
Donc oui, forcement, on peut dire merci à ces morveux pour avoir eu l'idée de remettre au goût du jour les morceaux à 2 accords barrés exécutés en moins de 3 mn! La suite, on la connaît, elle est dans les livres d'Histoire : "Anarchy in the UK", "White Riot", "If the Kids are United", le pogo, les crachats (beurk), la colle (beurk too), la mort sans gloire de Sid Vicious. Le punk est officiellement mort ce jour là. Period. Sauf que.
America Strikes Back!
Fin des 70’s, début des 80’s…
Au moment même où le punk anglais entre en décadence (en se parodiant à coups d’ Exploited –sorry les fans- et de slogans vides type « Punk’s not dead ! »), quelque chose d’énorme commence à se mettre en place aux States. Les premières secousses sont enregistrées à Washington D.C et à L.A.
A D.C, c’est 4 noirs au look rasta plus ou moins prononcé à l’époque qui enregistrent une démo qui va faire date : « Black Dots », un assaut sonique incroyable pour l’époque qui fait instantanément passer les Pistols & co pour de l’eurodance. Leurs concerts sont d’ailleurs si intenses qu’une certaine frange du public plutôt habituée au son punk made in Britain est totalement larguée face à ce déluge sonore. Quant aux propriétaires de salles, on en parle même pas (l’un d’eux d’ailleurs flippe tellement sa race qu’il décide de bannir le groupe de son club). Les 4 lascars s’en souviennent en composant un morceau intitulé « Banned In D.C ». On est en 1979. Le groupe, c’est BAD BRAINS.

Sur la côte ouest, ce sont les mecs de MIDDLE CLASS qui sont touchés par la grâce. Leur ep (45t) « Out Of Vogue » est enregistré en 1978. Ils viennent de signer là le 1er manifeste hardcore californien. Mais, contrairement à leurs collègues de la capitale fédérale, ils ne connaîtront pas la gloire pour autant. Too bad.
Tout le contraire de BLACK FLAG. Ils sont là depuis 1977. Ils sortent leur 1er ep fin 79 je crois (« Nervous Breakdown »). 3 chanteurs se succèdent jusqu’à l’arrivée d’Henri Rollins fin 80. Il est « engagé » par le groupe après avoir grimpé sur scène et pris le relais au chant lors d’un concert à N.Y. Avec ce monstre derrière le micro (je l’ai vu en chaire et en os et il fait peur), le groupe perd définitivement la légère touche punk traditionnelle pour accoucher dans la même année du monumental « Damaged », l’album qui pose les bases du VRAI son hardcore : rapide, intense, sombre, coléreux, agressif.

L’histoire est en marche. L’Amérique va être prise d’assaut. Reagan et les Kennedys (huh ?) vont en prendre plein la tronche.
[Là j'arrête. Cas de force majeure. C'est l'heure de la prière. La suite bientôt donc. Si. J'insiste.]

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