
Quelques avis :
Illitch Dillinger, le 20 juillet 2012 - 12:04 , dit :
Je n’en attendais rien comme je n’en ai jamais rien attendu du mec derrière la caméra. Kang Je-gyu nous offre certes un film spectacle mais un film spectacle qui n’est pas de ces grands moments de cinéma. Il est de ces films qui rejouent éternellement les mêmes scènes en tirant continuellement sur les mêmes fils. On y pousse encore et toujours plus loin l’émotion programmée dans un film qui enfonce continuellement des portes ouvertes, sous couvert de vouloir dénoncer l’âme obscure humaine qui nous habite tous. C’est comme cette histoire vraie au centre de ce film et sa genèse. Le réalisateur sud-coréen semble s’en fiche complètement. En vérité, elle lui permet seulement de rejouer à nouveau une histoire mettant en avant deux personnages comme il aime, une interprétation comme une autre de cette histoire, me direz-vous. Une histoire vraie censée être l’histoire d’un seul et même individu mais deux, c’est mieux. Dommage que l’auteur insiste à vouloir recréer ses Shiri et autres Frères de Sang et à trouver prétexte de s’amuser à vouloir refaire la guerre comme s’il jouait au petit soldat en testant tout plein de mouvement de caméra. Quel mépris pour une histoire qui méritait sans doute une autre vision des choses. Sans ça, le film est trop long, trop répétitif (même si l’histoire s’y prête), remplit de ces élans héroïques à l’aura sacrificiel qui en deviennent redondant et où nos « héros » évitent les balles et la mort à chaque explosion. Ils en ressortent à peine blessés et même si leur état est grave, il y a toujours ce côté « in extremis » attrait à la fiction qui les sauvent.
Même si l’histoire vraie de départ est incroyable, Far Away pouvait tenter d’être crédible, pas toujours mais au moins de temps en temps. Là pour le coup, c’est malheureux tant la crédibilité fait défaut. Qu’il est fort ce coréen qui survit dans un goulag dans des conditions extrême en continuant de s’entrainer à la course ! Elles sont les recherches historiques qui vous apprennent que l’hiver sibérien, c’est rien, limite le club Med surtout lorsqu’on bosse comme un forçat pour trois fois rien à manger ? Elles sont où ces recherches lorsqu’on trouve encore la force de se battre après des journées harassantes en plein esclavagisme et à afficher des mines pas vraiment creusées par les conditions ? Je ne parle pas de ces coupes de cheveux débraillés qui frôlent une certaine tendance capillaire tellement 2010-2012 en Corée. Kang Je-gyu fera oublier tout ça par cette violence malsaine et le mauvais goût si cher de ce cinéma sud-coréen qui aime tant le jusqu’au-boutisme nauséabond. Là, où des vrais cinéastes auraient joué la chose en finesse avec une certaine tension tout du long et nous horrifiant par le off.
En bref ! Far Away sortira en DVD/BR le 1er août, à défaut de sortir dans les salles obscures (là où il avait sans doute plus sa place vis-à-vis de ses « effets spéciaux impressionnants »). Et à défaut, vous découvrirez donc cette fresque, cette épopée, cette énième histoire qui se répète inlassablement, celle d’une cinéma sans vrai panache. Un cinéma qui préfère s’amuser à faire la guerre en la rendant toujours plus vraie mais qui décidément ne parvient jamais à retranscrire une véritable aventure humaine. Faire illusion avec de la musique classique en nous montrant des mecs qui pleurent, ce n’est pas ça du cinéma. Comme le cinéma ne se résume pas à une pseudo-virtuosité dans la réalisation parce que la caméra y prend de l’envol. Finalement, autant revoir Frères de Sang...
Je n'ai plus qu'à attendre The Front Line qui est sortie grand vainqueur du box-office.
Scalp, le 03 août 2012 - 23:00 , dit :

Quand on regarde un film de Kang Je-gyu ( Shiri et Taeguki ) on sait très bien que la pathos sera envahissant mais que les morceaux de bravoure seront au rendez vous.
Ici on reprend donc les recettes de Taegukgi ( des frères ennemis dans une guerre ) mais de part le conflit montrer tout y est forcément plus grand et ici on sent vraiment le film ambitieux, ici on se retrouve donc devant un Taegukgi meet Galipoli meet Soldat Ryan mais autant dire que jamais le film n'atteint le niveau des films de Weir et Spielberg, le plus étonnant c'est que le film est tiré d'un fait réel ( alors surement fortement romancé ).
Pour ce film le réal a droit au plus gros budget d'un film coréen et autant dire que toute la thune se voit à l'écran ( et pour une fois les CGI dans un film asiate sont pas trop dégueux ), la reconstitution est fastueuse et on se retrouve devant le seul film de guerre proposant 3 grosses batailles de la WW2 ( on se croirait dans Call of Duty en fait ), ça commence en 1939 à Nomonhan à la frontière entre Mandchourie et Mongolie avec les japonais contre les russes ce qui donne lieu à 2 bonne scène ( celle de snipe avec Fan Bing Bing est vraiment bien, et celle avec les tanks est bien barbare avec les japonais se jetant sous les tanks avec leurs explosifs pour les faire sauter ) ensuite après un bon petit passage dans un goulag au fin fond de la Sibérie on a la bataille de Stalingrad et là par contre c'est un peu décevant ( la scène est trop courte et ça se limite vite à de la boucherie, on est loin du film de Annaud ) et puis on a le D-Day et pour une fois la scène est donc vu du point de vue Allemand, la scène est bien bourrine et sanglante, en 2h20 on se promène bien et le film aurait largement pu durer 30 minutes de plus ( genre la scène de marche après Stalingrad est un peu trop rapide ).
En terme d'intérêt tout au long de l'histoire la partie Allemande est la moins intéressante, faut dire que les 2 premiers segments du film sont vraiment fort émotionnellement que ce passage est un peu facile et moins passionnant, par contre petit plus appréciable c'est le respect des différentes langues ainsi ça parle coréen, japonais, mandarin, russe et allemand et tout le monde ne se comprend donc pas.
Bon par contre c'est un peu beaucoup manichéen et comme tout film asiatique montrant les méchants japonais c'est montré souvent sans peu de nuance, bon après c'est un peu compréhensible, les japonais pour les coréens et les chinois c'est comme les nazis pour nous donc l'absence de nuance peut se comprendre. Autre petit point foiré c'est tout ce qui tourne autour des différents uniformes, puisque le héros du film va être amené à porter plusieurs uniforme et se battre dans plusieurs armé pour sauver sa peau mais le réal ne développe pas de réflexion autour de ça ( enfin si y a une réflexion autour du patriotisme et du sens du sacrifice mais c'est très maladroit ).



La réalisation a défaut d'être une grosse réussite est au moins efficace lors des scènes de guerre, alors c'est souvent filmé en shaky à hauteur d'homme mais c'est pas cut et on voit donc bien ce qui se passe et ce qui se passe c'est de la grosse barbarie bien sanglante avec des chars roulants sur des hommes, des gars qui explosent, du sang qui gicle, manque juste un peu de membres tranchés, par contre là où le bas blesse c'est lors des scènes intimistes où ça en fait des tonnes, le moindre perso qui meurt ça dure 3 plombes et ça y va à fond dans le tire larme ( ça fonctionne quand même car les personnages ont été suffisamment attachant pour qu'on ressente quelque chose quand il meurt ).



Au casting on retrouve JANG Dong-Kun qui reprend son rôle de Taekugi ni plus ni moins, le japonais du film c'est Joe Odagiri une tête connue du cinéma japonais et il s'en sort très bien ( meilleur que Jang Dong-kun même, faut dire que son rôle permet une belle évolution, il change de statut à chaque nouvelle armée ) et casting international oblige on a donc une starlette hongkongaise ici c'est la belle Fan Bing Bing dans un bon petit rôle de snipeuse chinoise.
La BO un brin pompière est pas déplaisante par moment on dirait même Band of Brothers.
De la grosse production coréenne classique et sans surprise, c'est bien joué, torché correctement, touchant et épique mais de part des énormes facilités d'écriture et un pathos envahissant le film est juste sympa.

4/6
Zak, le 08 août 2012 - 10:40 , dit :
Kang Je-Kyu réitère l'exploit de Frères de sang en signant un nouveau film de guerre spectaculaire, épique, émotionnellement fort et porté par deux comédiens exceptionnels. My Way ou Far Away chez nous (nawak le titre) nous emmène de la Corée aux plages du débarquement en Normandie. Même si l'histoire est fortement romancée, j'aurais appris qu'un coréen avait gagné le marathon aux JO de 1936 et que des soldats asiatiques ont combattu dans l'armée allemande durant la seconde guerre mondiale. De plus le film montre la guerre sous un nouvel angle. D'abord une bataille que l'on a jamais vu au cinéma soit entre les japonais et les russes en Mongolie (avec des kamikazes qui se jettent avec des explosifs sous les tanks
Sanjuro, le 09 août 2012 - 10:54 , dit :
Taegukgi puissance 10 ! Plus de bruit, plus de fureur, plus de cris, plus de pleurs, plus d'explosions, plus de batailles dantesques, plus de violence, plus de plans totalement mégalos, plus de lyrisme over the top. C'est du gros rouleau compresseur on ne peut plus outrancier et ne laissant pas une seconde de répit au spectateur mais, pour peu qu'on adhère au parti pris du "bigger is better", ça dégage une puissance assez inouie (je tirais cette tronche là durant près de deux heures et demie :

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