Posté 21 octobre 2012 - 15:20
Crazy's Halloween marathon presents "Cockneys vs zombies".
Si l'humour anglais fait souvent mouche, les comédies horrifiques de la perfide Albion beaucoup moins. Après des "Attack the block", "Grabbers", "Inbred" et "Gangsters, guns and zombies" de triste mémoire (ainsi qu'un horrible navet à base de morts-vivants et de marijuana vu aussi cette année dont j'ai complètement oublié le titre), ce n'est pas le malheureux "Cockneys vs zombies" qui inversera la balance. Pillant allègrement et sans vergogne le travail de Wright, Pegg et Frost en y ajoutant le Philippe Nahon britannique, le pénible Alan Ford qui nous livre une fois de plus son numéro de papy irascible et dur à cuire, Matthias Hoene et James Moran se contente d'aligner des gags jamais drôles, tous vus dans la bande-annonce, des comédiens livrés à eux-mêmes contraints de déblatérer des dialogues d'une effarante pauvreté mais avec l'accent du East London pour justifier le titre du film, caricaturaux à l'extrême et pour la plupart, y compris les petits vieux bien trop hystériques, jamais attachants ni intéressants. Une équipe de bras-cassés habituelle qui braque une banque pour sauver une maison de retraite au moment où une infection virale zombiesque se répand suite à l'ouverture d'un caveau sur un chantier, datant de l'an 1666 (déjà le 1666 est bien lourd et convenu).
Il s'en suivra toute une série de séquences dans lesquelles la localisation géographique ne variera pas trop souvent (un hangar et la cuisine de l'hospice pour la majorité du film) et où les protagonistes hurlent à qui mieux mieux d'affligeantes banalités sur les zombies tout en faisant des cartons gores redondants sur les ressuscités, allant à l'occasion d'une scène plutôt douteuse jusqu'à tuer un bébé cannibale, moment bien vain et inutile qui est plus ridicule que cruel. L'un des très gros problèmes de "Cockneys vs zombies" est son absence d'action dans l'action. C'est à dire que le film de Matthias Hoene est très mal monté et rythmé, il n'y a aucune pèche en dépit d'effets de montages à base de flashbacks supposés être des représentations caractérielles des personnages, mais qui singent tellement l'esprit "Shaun of the dead" qu'à ce point là on ne frôle plus le plagiat, on le caresse de belle main.
La facture technique n'est pas fondamentalement déshonorante malgré un budget peu élevé mais tout de même supérieur à un "Gangsters,guns and zombies" dont l'amateurisme était bien pénalisant. Le générique d'ouverture, sur fond du "Monster" des The Automatics en format comic book est bien fichu mais relève dés le départ une absence d'originalité qui suivra le film jusqu'à son terme. Et les sempiternelles incrustations de flammes et de fumées sur les plans de Londres pour figurer la désolation et le chaos soudain font elles aussi partie d'un cahier des charges devenu lourd à gérer dans le récent cinéma de morts-vivants. Tout tient du déjà-vu, dans les situations, les conversations, les personnages, les séquences gores...et si l'on ajoute à cela une grosse carence de rythme, on obtient un film mort-né, qui se traine tout autant que les zombies véloces uniquement à vingt centimètres de leurs victimes. Enfin, l'absence d'un bodycount important et surprenant cloue "Cockneys vs zombies" au pilori des échecs cuisants car on ne peut pas dire que les scénaristes aient pris des risques sur le sort de leurs protagonistes.
Nous voici donc devant une énième comédie d'horreur à base de zombies qui ne cherche jamais à sortir du lot, qui se conforte dans son faux rôle de continuité du petit bijou de Edgard Wright vis-à-vis duquel il ne tient à aucun moment la comparaison, une copie appliquée dans la forme mais paresseuse et dénuée de la moindre once d'originalité, qui n'exploite pas son pseudo-concept (les retraités sont tout de même mis de côté au profit des jeunes braqueurs) et qui traine autant la patte que ses infectés mangeurs d'hommes. Pas de pèche, pas de panache, pas de talent.