
"Lorsque des événements surnaturels commencent à se produire dans les environs de Sommers Hill, chiens et chats de la ville s'enfoncent dans les profondeurs de la forêt pour éclaircir ce mystère. Entre esprits maléfiques, animaux zombies et jeunes garçons pas si inoffensifs qu'ils ne le paraissent, ces investigateurs du paranormal, au péril de leur vie, vont avoir un mal de chien à mener l'enquête..."
Scénario : Evan DORKIN
Dessin : Jill THOMPSON
Bande annonce (que je vous invite absolument à visionner car assez bien fichue, ce qui mérite d'être signalé) :
Site officiel (contenant quelques planches) : http://www.editions-...1_mal_de_chiens
Je vais être franc avec vous, ça fait un moment qu'une bande dessinée ne m'a pas procuré autant d'émotions depuis l'excellent Habibi de Craig Thompson. Autant je savais à quoi m'attendre avec ce dernier, autant Bêtes de Somme (Beast of Burden de son titre original) m'a totalement surpris aussi bien par la forme que par le fond, au point de me désarmer totalement.
En l'espace d'un tome, je suis littéralement passé du rire aux larmes (non mais vraiment, sans déconner) car ici, personne n'est épargné. Que ce soit la portée de jeunes chiots, à l'enfant innocent en passant par les hommes et animaux de passage qui n'ont eu que pour seul malheur d'être au mauvais endroit, au mauvais moment. Si la série d'intrigues n'a rien d'exceptionnel en terme de construction, c'est la transposition animalière qui fait tout le charme et c'est d'ailleurs en ce sens que Evan Dorkin fait fort, tant on a l'impression que le mec a été un clebs dans une vie antérieure. Il a une façon de rendre ces bestioles terriblement attachantes, notamment avec des dialogues savoureux et une caractérisation des personnages classique mais efficace. Savant mélange entre les Goonies et The Goon, l'univers d'Enid Blyton et celui de Mike Mignola tout en empruntant beaucoup aux fables de La Fontaine. Tantôt tendre, tantôt cruel, Bêtes de Somme multiplie les genres et fait figure d'ovni dans le paysage actuel et peut en ce sens, susciter l'adhésion comme déplaire.
Ça c'était pour le fond. Pour la forme, elle est en revanche quasi-irréprochable (si tant est qu'on accroche au style graphique). Le trait et le travail à l'aquarelle de Jill Tomphson sont un véritable régal pour les yeux tant il donne une véritable consistance à nos amis à fourrure, notamment par une palette d'expressions extrêmement riche. Là, j'ai en tête quelques passages solennels où tout passait par le regard des protagonistes, le profond silence confinant à l'émotion la plus palpable. Une volonté d'humaniser ces bêtes, sans non plus forcer le trait. Exercice réussi, amha (private joke relative à la section Previews, comprenne qui pourra
En somme, un hymne pétri d'humour horrifique à l'aventure et au fantastique, disposant d'une écriture rare pour le genre dans un pavé de 194 pages comportant en prime moult croquis préparatoires et autres bonus, le tout pour la modique somme de 19 € ! Bêtes de Somme est une pépite, c'est l'albanais qui vous le dit !
...
Mais qu'est-ce que vous foutez encore là ? Foncez !
N.B. À noter également que Bête de Somme a remporté le prestigieux Will Eisner Award, soit l'un des prix récompensant ce qui se fait de mieux en matière de bandes dessinées américaines. Si ça ne vous suffit pas, sachez également que nos charmante petites bêtes ont également eu le privilège de cotoyer le grand Hellboy le temps d'un crossover (sisi, j'vous jure) :

Leur première rencontre est par ailleurs bien fendarde.
Spoiler
Aussi, une adaptation cinématographique est déjà prévue sous la houlette d'Andrew Adamson (Narnia 1&2). Personnellement, j'aurai préféré un Guillermo del Toro mais bon... on ne peut pas tout avoir.

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