("Wild at heart")
USA - 1990 - 2h04
Un film de David Lynch, adapté d'un roman de Barry Gifford
Avec : Nicolas Cage, Laura Dern, Diane Ladd, Willem Dafoe, Isabella Rossellini, Harry Dean Stanton ...

" Sailor (Nicolas Cage) et Lula (Laura Dern) s'aiment d'un amour fou, total, absolu. Mais ils doivent échapper à la mère psychopathe de la jeune femme, Marietta (Diane Ladd) qui s'oppose à cette liaison. Au cours de leur cavale pour échapper à Marietta et à son amant, ils croiseront de nombreux personnages étranges, voire inquiétants, parmi lesquels le déjanté Bobby Peru (Willem Dafoe) et sa maitresse Perdita Durango (Isabella Rossellini) ... Par un enchaînement d'effets meurtriers, sensuels et terrifiants s'ouvrent les portes d'un univers noir et hypnotique porteur d'effroyables secrets ..." (Wikipédia)
(une anecdote pour commencer ^^ )
Fin Septembre 1990. J'ai 19 ans, je suis étudiant en BTS à Marseille. On cause cinoche avec quelques copains/copines de classe et j'en viens à causer de "Sailor et Lula", la Palme d'Or de l'année à Cannes. J'avais aimé "Blue Velvet" le précédent film de Lynch et je voulais aller voir celui-ci en groupe, mais ma demande n'a guère été suivie : ça paraissait trop"bizarre" pour la plupart, et on s'est rabattus vers un truc plus consensuel (la suite de "48 Heures"). Le lendemain une des filles du petit groupe, Emma, aussi grande que moi (1m80) et toute mignonne, me propose d'aller voir le film avec elle en fin d'aprem, juste après les cours. Elle aussi aime bien Lynch, puis comme on est à côté en classe ...
Le film est un choc. Plein de défauts, plein de tout ce que vous voulez, mais un vrai choc. C'est la jeunesse qui brûle, qui aime, désire, la jeunesse naïve qui fait des conneries, c'est du romantisme à l'état brut. Et c'est chaud, bon sang que c'est chaud, moite, sexuel, cru, érotique ... Pendant la séance je ne savais plus où me mettre tant le film me troublait. A priori je n'étais pas le seul : en sortant du film elle m'a raccompagné (je n'avais pas de bagnole) et
Jamais je n'aurais pensé que plus de vingt ans après je raconterais ça sur un forum de cinoche

De loin ça peut faire penser à une sorte de "Bonnie & Clyde", c'est vrai. Surtout que comme pour le film de Penn, ça roule pas mal dans "Sailor et Lula", au point que le film peut se classer dans les road-movies (amha). Mais le film se révèle très différent, prenant très vite d'autres directions. En fait le titre original ("Wild at Heart") résume bien le film : ça cause de liberté, et de sentiments violents. Le désir, le sexe, la peur, la violence, la mort. Et l'emprise des autres, d'une mère ultra-possessive, ou d'une société qui vous condamne.
Notre couple de héros, Sailor et Lula, fuit ce qui cherche à les emprisonner. Ils veulent simplement vivre leur amour, voir du pays, fumer, baiser, balader, baiser, boire, rouler, baiser ... Et tant la mère de Lula que son amant, que divers étrangers, que le passé de Sailor, vont se mettre en travers de leur route pour les empêcher de s'aimer. "Sailor et Lula" c'est l'entrée de jeunes gens, encore des ados sous certains aspects (des enfants même, cf Lula), dans la brutalité du monde adulte. C'est le goût du tabac froid après le plaisir de la clope, c'est la solitude post-coït après une nuit de baise fabuleuse, et c'est la nuit dans un motel moisi après une belle journée sur la route.
Le film détone dans la filmo de Lynch par son aspect volontairement optimiste (au final) et rêveur. La fin du film va surprendre ceux qui voyaient avant tout Lynch comme le pape du bizarre morbide. C'est une fontaine de jouvence ce film, et à l'évidence Lynch a adoré se replonger dans cette excitation propre au jeune couple qui se découvre et qui vit librement. Toute la mise en scène de Lynch, lorsqu'il se concentre sur Sailor et Lula, cherche à montrer l'embrasement des sens (cf les nombreux gros plans sur les cigarettes qui se consument, belles images). Et c'est sacrément contagieux
On voyage pas mal, avec une halte assez longue dans un trou perdu et son motel minable peuplé de péquenots plus inquiétants les uns que les autres. Les images sont belles, mais le danger est là, tout près. Au début il n'est présent que par intermittence, puis devient de plus en plus palpable, jusqu'à ne plus quitter l'écran. Lynch n'hésite pas à jouer la carte de la violence grotesque, et c'est très bien ainsi.
Le film ose aussi prendre un détour plus tragique le temps d'une balade de nuit sur la route, ou comment la cruauté et la brutalité de la vie peuvent vous attendre au premier détour venu ...
La résolution du film, follement romantique, est celle que le jeune con de 19 ans que j'étais voulait voir : le triomphe de l'amour fou.
Un film imparfait, le plus bancal sans doute des "grands" films de son auteur. Mais un film furieux, chaud comme la cendre, tellement vivant qu'on le sent battre, et qui vous rendra amoureux, pour peu ... que vous ayez envie d'aimer









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)… les événements qui suivirent sont assez flous dans mon souvenir, je la raccompagne à l'arrêt de bus (la grande classe quoi), elle a l'air dégoutée que j'ai autant apprécié le film, à peine un "bon ben, salut, à lundi" ( 


























