Mad Movies: Terry Gilliam - Mad Movies

Aller au contenu

  • (14 Pages)
  • +
  • 1
  • 2
  • 3
  • Dernière »
  • Vous ne pouvez pas commencer un sujet
  • Vous ne pouvez pas répondre à ce sujet

Terry Gilliam le topic qui vous manquait

#1 L'utilisateur est en ligne   Bruttenholm 

  • Je consulte un psy
  • Groupe : Members
  • Messages : 8 546
  • Inscrit(e) : 10-juin 05

Posté 25 mars 2012 - 10:34

Alors qu'il sera l'invité du festival du film fantastique de Bruxelles dans quelques semaines et que les dernières rumeurs voudraient qu'il se re-re-remette à son projet chevaleresque d'adaptation de Don Quichotte, il est plus que temps de s'attarder sur le parcours de Terry Gilliam... Plusieurs chapitres qui prendront le temps qu'ils prendront (on n'en verra peut-être jamais le bout, qui sait ?) et habillés autant que faire se peut d'illustrations, d'extraits et de machins et de bidules pour ne pas être trop chiants...

Chapitre 1 : De l'autre côté de l'Atlantique

Image IPB
Comme il est mignon

Contrairement au mythe qui entoure beaucoup de réalisateurs, Terrence Vance Gilliam, né le 22 novembre 1940 à Medicine Lake, Minnesota, a eu une enfance et une adolescence heureuse, voire « classique ». De l'enfance rurale au milieu des bois (« à la Tom Sawyer »), avec toilettes dans le jardin, aux années lycée passées en Californie, Terry Gilliam est un pur produit de l'Americana.
Major de promo, champion de saut à la perche, délégué des élèves, élu « élève ayant le plus de chances de réussir » par les lycéens et envisageant même de devenir missionnaire presbytérien, Gilliam avait tout de l'élève modèle… Une certaine image du rêve américain incarné.
Image IPB
Mais quelle tête à claques !
Image IPB
C'est à la fac que ça commence à se gâter. A Occidental College, Gilliam se dirige d'abord vers des études de Physique, puis d'Art, pour finalement se fixer sur les Sciences Politiques. Des études qu'il suivra de loin, étant de plus en plus occupé par des activités extrascolaires qui ont le plus souvent à voir avec son don pour le dessin. Il se consacre par exemple à fond au magazine de l'école pour le remplir d'articles humoristiques et de cartoons, imitant consciemment le ton et l'esthétique du magazine MAD qui a bercé ses jeunes années. Gilliam ira même jusqu'à envoyer une copie de sa revue à Harvey Kurtzman lui-même, le fondateur du magazine de BD new-yorkais MAD, qui lui répondra par une lettre d'encouragement. Une lettre déterminante puisque quelques années plus tard, Terry Gilliam doit maintenant intégrer le monde du travail. Intéressé par le monde du cinéma mais ne voulant pas passer des années à porter des cafés, Gilliam décide de s'orienter vers l'autre discipline artistique qu'il connaît à-peu-près : la bande dessinée, et recontacte Kurtzman pour lui demander du boulot. Kurtzman lui répond qu'il n'y a rien pour lui à New York. Logiquement, Gilliam décide donc de déménager là-bas. Ce qui ne sera pas une mauvaise idée, après tout, puisque le rédacteur en chef adjoint de Help !, la nouvelle revue de Kurtzman, vient alors de démissionner, et que Kurtzman propose donc à Gilliam de reprendre le poste.
Image IPB
"Quick, Henry, the flit !", un cartoon signé Gilliam pour le magazine Fang de l'Occidental College.
Terry Gilliam occupera ce job de 1962 à 1965. Gagnant un salaire inférieur aux allocations chômage, il n'en est pas moins ravi de travailler avec ses idoles Kurtzman, Jack Davis ou Will Elder. D'autant plus que la revue lui donne l'occasion de s'approcher un tout petit peu plus du monde du cinéma puisqu'il est aussi chargé de la production de romans photos humoristiques, pour le « tournage » desquels il rencontre des acteurs tels que Woody Allen… ou John Cleese.

Image IPB
"Christopher's Punctured Romance" - John Cleese fait des choses dégoûtantes avec une poupée Barbie : la première collaboration entre Cleese et Gilliam (suivez le lien pour lire l'histoire en entier).

Lorsque Help ! met la clé sous la porte, Gilliam commence une période assez hédoniste : voyage en stop à travers l'Europe, arrêt à Paris pour bosser chez Pilote, le magazine de René Goscinny (pote de Kurtzman), retour sur la côte Ouest des Etats-Unis, « Summer of Love »… Une période qui prendra fin dans l'horreur quand Gilliam atterrira au beau milieu de la répression d'une manif anti-Vietnam en 1967.
Image IPB
Les Ramoneurs, la rencontre au sommet entre Fred et Gilliam dans les pages de Pilote -Gilliam signera une autre histoire pour le magazine, intitulée La bonhommedeneigeologie.
Le retour à la réalité est brutal, la rupture avec les USA est consommée : Gilliam part s'installer à Londres. Là-bas, il signe plusieurs illustrations pour des magazines, avant de se souvenir de ce jeune comédien de la troupe de l'université de Cambridge qui était en tournée à New York il y a quelques années… John Cleese est alors une petite célébrité de la télé où il participe au Frost Report de David Frost (le David Frost de Frost/Nixon), et il met Gilliam en contact avec le producteur Humphrey Barclay, qui lui commande quelques animations et cartoons pour certains de ses shows, dont Do Not Adjust your Set, une émission co-écrite et co-interprétée par Michael Palin, Terry Jones et Eric Idle. Fascinés par le talent de l'américain, ces derniers l'intègrent dans leur groupe.
Ça tombe bien, John Cleese et son co-scénariste Graham Chapman cherchent des talents pour la nouvelle série que la BBC vient de leur commander…


Beware of the elephants et The Christmas Card, deux petits bijoux réalisés par Gilliam pour Do Not Adjust Your Set.

__________________________________________________________________________________________________________________




#2 L'utilisateur est hors-ligne   OrsonZ 

  • Fear Facteur
  • Groupe : The Devil's Rejects
  • Messages : 17 265
  • Inscrit(e) : 10-avril 07
  • Profil:Homme
  • Location:...fait le larron

Posté 25 mars 2012 - 10:43

Voir le messageBruttenholm, le 25 mars 2012 - 10:34 , dit :

Lorsque Help ! met la clé sous la porte, Gilliam commence une période assez hédoniste : voyage en stop à travers l'Europe

A ce propos, Terry a récemment posté une de ses photos sur Facebook de lui-même faisant du stop
Image IPB

:mrgreen:

Que dire de Gilliam sinon que j'adore la plupart de ses films, son passage chez les Monty... et je suis d'ailleurs étonné qu'il n'ait pas eu son topic plus tôt.
Sa rencontre avec Fred (déjà évoquée par mézigues et Brutt je ne sais plus sur quel sujet)
:wub:

[Psycho Style]
Merci Bruttenholm
[/Psycho Style]

tuezlestous dit :

Il faudra du temps qu'il faudra, mais à la fin il peut être très, très mal

#3 L'utilisateur est en ligne   Bruttenholm 

  • Je consulte un psy
  • Groupe : Members
  • Messages : 8 546
  • Inscrit(e) : 10-juin 05

Posté 25 mars 2012 - 10:53

C'est bien que tu postes cette photo, ça m'évite de le faire :mrgreen: .

#4 L'utilisateur est hors-ligne   Mad-Minds 

  • Leprechaun
  • Groupe : Members
  • Messages : 752
  • Inscrit(e) : 24-janvier 11
  • Profil:Homme

Posté 25 mars 2012 - 11:04

AAAh ce que j'aime son univers, déjà il a le meme prénom que moi et ensuite je trouve son univers très construit mais s'il a eu
souvent une mauvaise étoile face à un Tim Burton, car Gilliam est un cineaste qui tient la route et reste fidèle à son univers même
s'il a moins de succès et vit parfois des echecs cinématographique. Peut-être que son Dr Parnassus ma moins emballé sur la durée déjà et
les rebondissements, mais je reste comme un enfant encore devant son Frères Grimm par exemple que je trouve sous-estimé.
Rien que d'y penser, faut que je me rachète les aventures du Baron, trop envie de le revoir, ma vhs rend l'âme petit à petit.

Je vois qu'on tarde aussi à lui établir des livres sur son oeuvre, presqu'aucun en France si je ne dis pas de bétise comparé à d'autres.
Image IPB

#5 L'utilisateur est hors-ligne   Deedee 

  • JarJar
  • Groupe : Members
  • Messages : 55
  • Inscrit(e) : 28-mai 08

Posté 25 mars 2012 - 18:28

Moi aussi, bien sûr, comme toute personne de goût j'adore ses premiers travaux et je pense que "Brazil" ou "Twelve Monkeys" sont de grands films.
De plus, je l'ai vu en conférence au moment de la sortie du plutôt bon "Tideland" et il avait l'air extrêmement sympathique.
Mais j'ai un petit quelque chose à raconter à son sujet:

Il y a quelques années j'ai eu la chance de travailler sur un tournage avec la canadienne Sarah Polley.
Une jeune femme adorable qui avait commencé sa carrière à treize ans sur le tournage de "Munchausen".
M'entendant bien avec elle, j'ai un jour abordé le sujet Gilliam.
Mlle Polley gardait un très mauvais souvenir du tournage, le décrivant comme extrêmement dangereux et que rien n'arrêtait Gilliam. C'est à dire que même après la mort d'une personne sur le plateau, il continuait à foncer bille en tête et à tourner parait-il dans des conditions déplorables.
D'après elle, Gilliam est déconnecté de la réalité, ne pensant qu'à son oeuvre et se foutant de ce que peuvent vivre ses collaborateurs.
À mon avis, c'est pour ça qu'il a réussi de grands films, mais c'est aussi pour ça qu'il a toujours tant d'embrouilles pour les faire , ses films.
Ce que je veux dire, c'est que ce n'est pas toujours "la faute aux vilains producteurs" et que Monsieur Gilliam peut aussi avoir sa part de responsabilités.
Sarah Polley m'avouait même avoir regardé "Lost In La Mancha" avec jubilation...

#6 L'utilisateur est en ligne   Bruttenholm 

  • Je consulte un psy
  • Groupe : Members
  • Messages : 8 546
  • Inscrit(e) : 10-juin 05

Posté 25 mars 2012 - 19:41

? Je crois pas me souvenir que quiconque soit mort sur le plateau de Münchausen...
En ce qui concerne le trauma de Sarah Polley, elle en a avait parlé à l'époque de Tideland dans une lettre ouverte, en fait. Une lettre qui avait entraîné un petit échange de mails avec Terry Gilliam, échange qu'on peut lire ici : http://movies.groups...ub/message/5946

#7 L'utilisateur est en ligne   Bruttenholm 

  • Je consulte un psy
  • Groupe : Members
  • Messages : 8 546
  • Inscrit(e) : 10-juin 05

Posté 25 mars 2012 - 20:36

Image IPB

Chapitre 2 : L’extraordinaire cirque volant de monsieur Python

Image IPB

Le show Monty Python’s Flying Circus voit le jour en 1969.
Ce qui sera connu comme le groupe des Monty Python résulte en fait de la fusion de deux groupes : la paire Chapman-Cleese et le groupe Eric Idle-Michael Palin-Terry Jones. Dans cette organisation, Gilliam est à la fois au centre et en marge… Au centre puisqu’il est entendu dès le début que ses animations apporteront un ton unique au show et surtout feront le lien entre les sketchs, qui pourront ainsi se permettre de n’avoir pas toujours de chute et ainsi éviter les baisses de rythme. En marge, car la confection des animations le force à travailler à l’écart du reste du groupe. Sept jours sur sept, enchaînant les nuits blanches, Gilliam dessine, découpe et peint puis va tourner puis monter ses séquences à la BBC pour fournir régulièrement un peu plus de 2 minutes d’animation chaque semaine. Un régime intense qui le condamne à n’être présent à l’image que dans des petits rôles à la limite du caméo.


Petit cours d'anim en papiers découpés par Terry Gilliam -maintenant, tous les pubards de la planète font ça sous after effects.


Le Flying Circus durera 4 saisons, de 1969 à 1974, pendant lesquelles sa popularité, alimentée par des sorties de disque et des spectacles live, ne faiblira pas. Ce qui permettra à la troupe de se lancer dans le cinéma avec Sacré Graal ! en 1975, pour lequel Terry Jones et Terry Gilliam s’attribuent les postes de réalisateurs (simplement parce que les 4 autres, en plus de ne pas s’appeler Terry, ne s’intéressaient pas à la mise-en-scène – de fait aucun d’eux n’a jamais réalisé de film ensuite).


Entre la fin du Flying Circus et Sacré Graal !, Gilliam aura le temps de signer quelques animations pour l’émission américaine The Marty Feldman Comedy Machine, dont ce "Miracle of Flight".

Tourné pour un tout petit budget de 229 575 livres de l’époque (apportés en majeure partie par le mécénat de stars du rock britannique de l’époque cherchant à bénéficier de réductions d’impôt), le film est un bordel logistique qui met les nerfs de l’équipe à rude épreuve (2 semaines avant le tournage, l’accès à tous les châteaux forts réservés pendant la pré-production a été refusé, obligeant une refonte complète du planning entraînant des problèmes de disponibilité des costumes etc. –et la caméra s’est cassée le premier jour) et font naître des tensions entre les deux Terry. Au lieu de s’engueuler continuellement, les deux réalisateurs décident donc d’une nette répartition des tâches : à Terry Jones le travail avec les acteurs, à Terry Gilliam le travail de l’image… Un principe qui n’ira pas sans heurts (les deux réalisateurs iront jusqu’à s’introduire de nuit dans la salle de montage pour rajouter ou enlever des scènes à l’insu l’un de l’autre) mais qui permettra au moins au film d’avoir une sacrée gueule pour le peu de pognon qu’il a coûté (Andrew Stanton a récemment déclaré que Sacré Graal ! restait pour lui un modèle de direction artistique).

Image IPB
Gilliam, dans son costume du vieil homme de la scène 24, dirige son petit monde
Image IPB
le making of d'une scène culte


A partir de là, les chemins de Gilliam et des Pythons vont s’écarter petit à petit… Dans La vie de Brian (1978), Gilliam n’est plus réalisateur, même s’il reste responsable des effets spéciaux (George Lucas lui dira son admiration pour la scène des extraterrestres) et directeur artistique (Gilliam dira que Terry Jones a gâché certaines scènes aux décors très élaborés en filmant les scènes comme un téléfilm). Et dans Le sens de la vie (1982), Gilliam réalise 3 séquences d’animation (dont une –la partie musicale- sous-traitée mais surtout son propre sketch en marge du tournage principal. Un sketch qui prendra tellement d’ampleur que le groupe décidera de l’extraire du film pour en faire The Crimson Permanent Assurance, un court-métrage d’avant-programme… La rupture entre Gilliam et les Monty Pythons, bien qu’amicale, ne pourrait pas être plus claire.




Image IPBImage IPB
Terry Gilliam, un acteur dont on se souvient
Image IPB


#8 L'utilisateur est en ligne   Bruttenholm 

  • Je consulte un psy
  • Groupe : Members
  • Messages : 8 546
  • Inscrit(e) : 10-juin 05

Posté 25 mars 2012 - 20:40

Bonus 1 :

Terry Gilliam, un artiste aux multiples talents

Bonus 2 :

Avant d'intégrer les Monty Python, Terry Gilliam réalise le générique de Cry of the Banshee -"Les crocs de Satan" en français, un film avec Vincent Price

#9 L'utilisateur est en ligne   Bruttenholm 

  • Je consulte un psy
  • Groupe : Members
  • Messages : 8 546
  • Inscrit(e) : 10-juin 05

Posté 05 avril 2012 - 11:24

Voir le messageBruttenholm, le 25 mars 2012 - 10:34 , dit :

Les Ramoneurs, la rencontre au sommet entre Fred et Gilliam dans les pages de Pilote -Gilliam signera une autre histoire pour le magazine, intitulée La bonhommedeneigeologie.

Aux dernières nouvelles, sa bande dessinée scénarisée par Fred est republiée dans un numéro spécial de Fluide Glacial en kiosque aujourd'hui : http://www.lexpress....al_1096890.html

#10 L'utilisateur est en ligne   Bruttenholm 

  • Je consulte un psy
  • Groupe : Members
  • Messages : 8 546
  • Inscrit(e) : 10-juin 05

Posté 05 avril 2012 - 17:29

Ouhlà, c'est la folie par ici... Bon...

Image IPB

Chapitre 3 : Bandits et borogoves

La rupture d’avec les Python, officialisée avec The Crimson Permanent Assurance, couvait déjà depuis quelques années. En effet, Gilliam s’était déjà lancé dans une carrière en solo, intercalant ses films entre deux sorties pythonesques : Jabberwocky (1977) entre Sacré Graal ! et La vie de Brian et Bandits Bandits (1981) entre La vie de Brian et Le sens de la vie. Des films qui vont l’éloigner petit à petit de la tutelle de monsieur Python…

Image IPB

Car si, de prime abord, Jabberwocky semble dans la continuité du moyen-âge crasseux et ironique de Sacré Graal !, il plonge surtout ses racines dans des influences bien plus profondes, qui travaillent Gilliam depuis longtemps. D’abord Lewis Carroll, qui a écrit le poème éponyme, et qui obsède le réalisateur depuis l’enfance (la première production de Terry Gilliam a été une adaptation théâtrale de Alice au pays des merveilles alors qu’il était moniteur d’une colonie de vacances –la troupe d’acteurs étant constituée des gamins dont il avait la charge. Ironiquement, cette pièce sera aussi sa première production avortée), puis le moyen-âge, une autre passion d’enfance (il répètera souvent qu’un des grands intérêts d’avoir déménagé en Europe était de voir des Châteaux forts en vrai), et enfin le Gormenghast de Mervyn Peake, qu’il envisagera un temps d’adapter et dont l’atmosphère de grotesque décadent médiéval imbibe son Jabberwocky.
Ce sera donc une petite déception pour Gilliam que le film ne soit pas vu à sa sortie comme une œuvre personnelle mais plutôt comme un dérivé des Monty Pythons (la présence de Michael Palin dans le rôle principal ajoutant à la confusion)… Il se consolera en apprenant que John Boorman se servira de son film fauché (fait pour 500 000 dollars de l’époque) comme référence pour la direction artistique de Excalibur (11 millions de dollars), le projetant 14 fois à son équipe pendant la phase de pré-production…

Image IPB
Croquis préparatoire du costume du monstre par Gilliam himself... Le concept central était de retourner le gars dans le costume afin qu'il puisse activer les ailes avec ses bras et que ses genoux figurent les "talons" de l'animal



Le sort de Bandits Bandits sera bien différent, poussant même Terry Gilliam à déclarer au détour d’une interview que c’était son premier film « officiel »…



Pensé dès le départ comme un film pour tous les âges, Time Bandits a été imaginé très vite alors que Gilliam était empêtré dans l’écriture d’un autre film, The Ministry. L’idée est de suivre un enfant qui voyage à travers les époques…. Le fait qu’il soit entouré de nains résulte d’une logique simple : Gilliam voulait garder l’enfant comme personnage central mais craignait qu’un enfant seul ne soit pas assez intéressant à suivre pour le spectateur et tenait donc à l’entourer d’une troupe de personnages secondaires. Mais comme il fallait conserver le point de vue du gamin, il fallait que ces personnages soient de la même taille que celui-ci, donc des nains.


Part 2 et Part 3

Bandits Bandits est le dernier film que Gilliam co-écrira avec un Monty Python (Michael Palin) mais c’est surtout un film marqué par de nombreuses premières fois :
-Première fois que Gilliam travaille avec des stars , que ce soit son ami John Cleese en Robin des Bois, très connu à l’époque pour sa série Fawlty Towers, mais surtout Sean Connery, intégré dès le scénario, un peu comme une blague (« Quand le guerrier grec enlève son casque, il se révèle être nul autre que Sean Connery –ou un acteur de stature égale mais moins cher »). Un Sean Connery impérial, dont les scènes seront tournées en premier par souci de planning, et qui saura proposer des idées ingénieuses pour contourner un budget serré.

-Premier film pour la compagnie d’effets spéciaux visuels de Terry Gilliam, Peerless Camera, créée pour l’occasion. Le premier investissement de la compagnie est un banc-titre qui permettra de filmer la séquence du générique ainsi que le visage de l’Être suprême.

Image IPB
Avant de se décider pour un trucage optique en post-production, l'être suprême devait être représenté par un acteur présent sur le plateau. Les premières scènes tournées n'étaient pas très concluantes

-Premier conflit avec un producteur : co-fondateur de la compagnie Handmade Films avec George Harrison, Denis O’Brien tenait à parsemer le film de chansons d’Harrison. Une décision qui n’était pas partagée par Gilliam, qui menaça de déchirer le négatif avec un clou s’il n’obtenait pas gain de cause. On se mit d’accord sur une seule chanson d’Harrison, sur le générique de fin.

-Enfin, et surtout, premier succès en solo : alors que le film fait un bide en Grande-Bretagne, toujours à cause d’une confusion avec les Monty Pythons, il cartonne aux Etats-Unis où il est vendu comme le film familial qu’il est (Pour l’anecdote, la fin du film était un peu trop bizarre pour le distributeur américain- Gilliam dit qu’elle est quand même restée à cause d’une projection test particulièrement déplorable où le son était vraiment très mauvais, ce qui rendait la vision du film très pénible… Quand on a demandé aux spectateurs ce qu’ils préféraient dans le film, il avaient tellement hâte que le film se termine qu’ils ont dit que ce qu’ils préféraient c’était la fin. Et voilà pourquoi -selon Gilliam- elle est restée intacte)

Ce succès ouvrira à Gilliam les portes de plusieurs producteurs qui le voient comme le nouveau petit génie du monde du cinéma… Le réalisateur peut donc faire aboutir The Ministry, rebaptisé Brazil.



Image IPB

La petite troupe, avec Gilliam et Harrison, et leurs gamins respectifs, à gauche de l'image.



Image IPB
Entre le scénario et le film fini, Terry Gilliam a dû supprimer plusieurs scènes par manque de budget, dont celle de la forêt de mains (ci-dessus) qu'il essaiera de recaser ensuite dans plusieurs autres projets, ou celle des vieilles femmes araignées (ci-dessous), storyboardée et tournée mais coupée au montage car les scènes servant d'introduction à celle-ci n'avait pu être tournées par manque d'argent
Image IPBImage IPB


#11 L'utilisateur est hors-ligne   Steerpike 

  • Ghoulies
  • Groupe : Members
  • Messages : 102
  • Inscrit(e) : 12-juin 08

Posté 06 avril 2012 - 14:50

Voir le messageBruttenholm, le 05 avril 2012 - 17:29 , dit :

Ouhlà, c'est la folie par ici... Bon...



Mais si, mais si, il est super ce topic. Simplement, ton exposé étant fort complet et détaillé, il n'y a peut-être pas grand chose à ajouter...

Personnellement, j'aime beaucoup Jabberwocky, même si le film est parfois un peu bancal, pris entre les délires pythonesques et les ambitions de Gilliam. Toute la narration reposant sur un principe de frustration (le héros, Dennis, n'assume jamais ce statut et reste médiocre de bout en bout, aucun personnage n'atteint jamais ses objectifs, etc.), le film est parfois un peu... pénible, je dirais, pas dans le sens où ce n'est pas bon, mais où on a l'impression de faire face à un récit qui s'embourbe constamment (au sens propre comme au figuré).

Restent les costumes, les décors (encore un film qui a couté trois francs six sous et qui en met plein la vue), le regard sur le Moyen-Age, le poème de Lewis Carroll, et le formidable talent de Gilliam pour mettre en scène le chaos...

Le parallèle avec Gormenghast est également frappant dans certaines scènes (l'anarchie généralisée dans le château de Bruno the Questionnable), mais s'accorde-t-il réellement avec le reste du film?

Bref, une première oeuvre très attachante, mais pas tout à fait maîtrisée.

Bandits, bandits fonctionne, je crois, un peu mieux, avec sa structure en épisodes et son incroyable défilé de guest stars, qui, au gré de prestations mémorables (John Cleese en Robin des Bois, Sean Connery en Agamemnon, Ralph Richardson en Dieu et l'époustouflant David Warner en Satan, pour n'en citer que quelques uns), viennent soutenir un groupe central également très solide (Jack Purvis forever!)

J'ai un petit faible pour la scène toute simple où Agamemnon fait un tour de magie pour son fil adoptif. Drôle et émouvant, avec ce regard iconoclaste sur l'histoire et les héros. Et j'adore la fin à la Roald Dahl, avec
Spoiler


Enfin, une fois de plus, le film est absolument spectaculaire, compte tenu d'un budget comparativement très raisonnable.

D'ailleurs, cela fait des années que je fantasme sur la scène avec les deux araignées... Il y a moyen de la voir quelque part?

#12 L'utilisateur est en ligne   Bruttenholm 

  • Je consulte un psy
  • Groupe : Members
  • Messages : 8 546
  • Inscrit(e) : 10-juin 05

Posté 07 avril 2012 - 15:15

Voir le messageSteerpike, le 06 avril 2012 - 14:50 , dit :

D'ailleurs, cela fait des années que je fantasme sur la scène avec les deux araignées... Il y a moyen de la voir quelque part?

Apparemment non, et je ne sais absolument pas pourquoi.

(Sinon, merci pour ta petite critique de Jabberwocky, j'avoue n'en avoir que des souvenirs trèèèès lointains)

#13 L'utilisateur est hors-ligne   Clint 

  • Gros Calibre
  • Groupe : Members
  • Messages : 6 466
  • Inscrit(e) : 31-décembre 02
  • Profil:Homme
  • Location:Dans ta gueule

Posté 07 avril 2012 - 17:07

BRAZIL est pour moi dans le top 10 des meilleurs films de l'histoire du ciné. Quand un gars arrive à être un vrai visionnaire, il mérite mon estime au même titre qu'un Ray Bradbury, un Jules Verne ou un Stanley Kubrick. Faire preuve d'une lucidité hors du commun avant les autres montre que l'on est un artiste supérieur.

Sans compter que ce gars sait dessiner, animer, faire rire, toucher et filmer comme un grand. Sa contribution aux Python, le summum de l'humour drôle (pas Djamel quoi), restera éternellement dans les mémoires.
Terry Gilliam rappelle à travers ses travaux ce que mot "artiste" veut dire. Un barjo complet propulsé par une énergie créatrice hors du temps.

Vive la drogue.
Image IPB

#14 L'utilisateur est hors-ligne   Gutburger 

  • Je suis un grand fan de FFX
  • Groupe : Members
  • Messages : 15 189
  • Inscrit(e) : 10-juin 08
  • Profil:Homme

Posté 07 avril 2012 - 17:09

Et dire que je n'ai pas encore vu Brazil.
Image IPB

Tu aimes les rythmiques endiablées et les guitares mélodiques ? Tape la bannière ci-dessus !

#15 L'utilisateur est hors-ligne   Mccoy 

  • Je consulte un psy
  • Groupe : Members
  • Messages : 9 179
  • Inscrit(e) : 12-novembre 08
  • Profil:Homme
  • Location:Au ciné, sans lunettes 3D

Posté 07 avril 2012 - 17:13

Tiens j'ai regardé Brazil la semaine dernière. Je me rappel que la première fois que je l'ai vu, petit, je n'avais rien compris et m'étais fais chier sévère. Du coup j'ai donner une nouvelle chance au film en blu-ray (de très bonne qualité d'ailleurs). Et bien j'avais tord. C'est vachement bien Brazil. C'est pas tout les jours qu'on voit un film de cette envergure, avec tant d'idée dans le scénar, la mise en scène, la direction artistique etc… J'ai vraiment accroché au film cette fois (qui n'est pas si compliqué que ça en fait), et la fin m'est apparu comme un petit crève coeur au final (marrant de voir comment cette fin à été reprise/a inspirée de nombreux films par la suite. Nan vraiment putain de film. J'ai bien envie de re-tenter L'armée de 12 singes aussi du coup (mais le blu-ray est pas terrible apparemment).
Image IPB

"I don't change my style for anybody. Pussies do that. "

Partager ce sujet :


  • (14 Pages)
  • +
  • 1
  • 2
  • 3
  • Dernière »
  • Vous ne pouvez pas commencer un sujet
  • Vous ne pouvez pas répondre à ce sujet

1 utilisateur(s) en train de lire ce sujet
0 membre(s), 1 invité(s), 0 utilisateur(s) anonyme(s)