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Le cinoche de Genre à la sauce rosbeef


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5 réponses sur ce sujet

#1 Celluloïd

Celluloïd

    Je consulte un psy

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Posté 20 February 2012 - 17:07 PM

Yo.
Bon c'est plutôt vaste vous me direz.
L'ennui c'est que j'ai découvert sur le tard un bousin british encore une fois fort sympatoche, il n'a pas de topic attitré (du moins jusqu'à ce qu'on me lâche le lien du topic en question avec dédain et ce smiley qui prendra alors une teinte des plus anxiogènes => :) ) (ça fait toujours très mal quand ça vous arrive ça), y a pas forcément nécessité d'en créer un, du coup voilà, j'ouvre ce machin là, j'ose espérer qu'il servira à d'autres (bon par contre si lui aussi il existe déjà je fuis au Mexique, je change de visage, et yé mé mets à parler commé ça poul ké personne il mé réconnaisse yamais !!! Soit ça, soit on ferme mon topic. Moué bon c'est peut peut être plus pratique de fermer au final, pas faux).

Donc je commence :

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"La disparition d'Alice Creed" de J Blakeson (2010) (VO)

Découvert sur le tard, malgré sa réputation plutôt flatteuse, il faut admettre que c'est quand même super propre comme taf.

Le bousin me faisait un peu peur, le coup du kidnapping à tiroirs m'emballait pas des masses aux premiers abords.

Mais quand c'est branlé avec autant de soin, difficile de faire la gueule quoi.

Les gros points forts déjà :

1) Le scénar : sincèrement il est très costaud. Blakeson exploite son huit-clos jusqu'au bout de son potentiel, parvenant sans cesse à multiplier les alliances et trahisons à l'échelle du trio central, en variant les combinaisons en permanence. On passe de surprises en révélations à un rythme dingue, et la crédibilité de l'ensemble est finalement rarement mise à mal. C'est juste du très bon taf quoi, on sent que le gars a du s'appliquer et y passer un sacré bout de temps, tellement son script est acéré comme un katana.

2) Les acteurs : Gemma Arterton en tête. Ptain. J'étais déjà plutôt conquis par la plastique de la louloute, et c'est la première fois que je la voyais jouer (edit : bon en fait je l'avais déjà vue dans "Quantum of Solace" et "Le Choc des Titans", m'enfin j'avoue que je m'en rappelais plus des masses). Et bin ptain, on a pas fini d'en entendre parler de celle-là. Elle déploie une énergie folle, une justesse de tous les instants, précision, sensibilité, etc etc. Rien à jeter du côté de la mère Arterton. Et surtout pas sa petite moue affolante ni ses hanches douces et moelleuses. Nan franchement elle semble avoir tout pour elle, c'est ZE révélation quoi. Après les deux lascars s'en sortent très bien eux aussi, mais disons que ça se voit juste un peu moins.

Voilà.

C'est ça "Alice Creed" au fond : un scénar hyper bien tafé, soutenu par des acteurs qui mouillent le maillot.

Et ma foi ça suffit.

Après formellement parlant c'est plutôt sobre, sachant que le script pourrait très bien être adapté en pièce de théâtre sans avoir à toucher à une seule ligne. La réal s'efface donc derrière le reste, car il paraît évident qu'il s'agit là d'un "film d'acteurs" (bon moi non plus j'aime pas trop cette dénomination, m'enfin là faut admettre que ça s'y prête pas mal). Mais elle n'en demeure pas moins aussi carrée et efficace que le reste.

En conclusion : pas de quoi crier au chef d’œuvre, mais plutôt au travail très bien fait, que seul un final un peu attendu et mollasson viendra quelque peu ternir, m'enfin rien de bien méchant.

Mais ce bousin prouve quand même deux choses essentielles : que Blakeson est tout sauf manchot avec une plume, et qu'Arterton est décidément promise à un avenir radieux.

4/6

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#2 Scalp

Scalp

    Booby Lapointe

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Posté 20 February 2012 - 17:35 PM

La Disparition d'Alice Creed J.Blakeson - 2010

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Pas sur que ça survive à une deuxième vision mais c'est très sympa à voir une fois.
J'ai vraiment adoré les 10 premières minutes muettes avec les 2 kidnappeurs qui se prépare méthodiquement, c'est super bien réalisé et le montage est vraiment efficace, ensuite plus le film avance plus on perd d'intérêt ( je suis grandement déçu par la fin que j'aurais préféré plus noir )
Je suis vraiment déçu par la fin et notamment l'échange traité en ellipse ce qui est une grosse facilité scénaristique car les gars y ont le plan parfait mais l'échange lors d'un kidnapping c'est toujours le point faible et là c'est carrément pas traité.
Niveau péripétie y a 2 trucs que j'avais vraiment pas prévu quoique le premier c'est facilement trouvable
Spoiler
par contre le second j'y ai vraiment pas pensé
Spoiler
et j'aime bien le fait qu'on soit toujours en avance sur l'un des personnages ( jamais le même ), on ne s'ennuie pas et c'est plutôt bien dialogué mais dès qu'on sort de l'appart c'est moins passionnant et le film est plombé par une fin très quelconque.
Les scènes de tension sont réussi dans l'ensemble grâce à une excellente gestion de l'espace.
Eddie Marsan loin de son registre comique ( raté ) habituel est très convaincant en malfrat dur ( et doux :mrgreen: ), Martin Compton est lui aussi très bon dans son rôle de petit malin mais tant que ça et pis on a Gemma Arteton nue sur un lit et qui arrive à être sexy avec un survet de vieille Allemande en camping, elle se révèle très bien en victime pas si victime et elle saura être roublarde.
Quasi huis clos avec 3 acteur réussit dans l'ensemble mais la fin fait que je reste sur une impression un peu trop mitigé.

3,5/6



#3 profondo rosso

profondo rosso

    Bluette Prof

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Posté 20 February 2012 - 17:41 PM

Je remet ça ici aussi british old school

The Long Good Friday de John Mackenzie (1980)

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Harold, un gangster anglais prospère, s'apprête à régler un marché très rentable quand une série de bombes explose le plaçant dans une situation très délicate. Un mystérieux syndicat tente de se mettre en travers de son chemin et Harold va tenter de trouver son identité...

The Long Good Friday trône fièrement au côté de La Loi du Milieu parmi les polars les plus mémorables produits par le cinéma anglais et avec le temps a atteint une aura de classique culte local. Tout comme Get Carter, la force du film est de conférer une identité typiquement anglaise à un pitch classique de film de gangsters. Harold Shand (Bob Hoskins) est un gangster dirigeant d'une poigne de fer le crime londonien depuis près de dix ans. Il est sur le point de conclure un deal historique avec la mafia américaine qui donnerait un tour plus respectable à ses activités quand soudain en une journée tout s'effondre. Un ennemi mystérieux semble mettre à mal sa crédibilité face à ses nouveaux partenaires par diverses actions violentes : meurtre sanglant d'un de ses lieutenants, tentatives d'attentat contre ses établissements et de meurtre sur sa propre mère. Dès lors, Harold Shand va mettre la ville à feux et à sang pour retrouver les coupables et assouvir ses ambitions.

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Le film produit quelques mois avant l'accession au pouvoir de Margaret Thatcher a de profondes résonances sociales. Avant d'être impitoyablement reprise en main par la Dame de Fer, l'économie du pays est en crise et dans ce contexte Harold Shand se voit investit d'une mission plus vaste qu'un simple enrichissement personnels. Issus des bas-fonds et s'étant élevé par sa seule volonté, il entend carrément restaurer la souveraineté britannique en transformant pour le meilleur (un passage lourd de sens le voit retraverser les quartiers défavorisé qu'il connaît si bien) sa ville. Il faut voir la conviction et la fierté du personnage lors d'un mémorable discours en début de film où il entérine le deal avec les américains (dont le ponte est joué par un inquiétant Eddie Constantine doublé en anglais), puis son monologue final où face au mépris de ces derniers il affirme rageusement toute la portée de la culture et de l'histoire anglais à ces yankee arrogants. Harold Shand (librement inspiré en partie des frères Kray qui dominèrent la pègre londonienne dans les années 50 et 60) dépasse ainsi le simple statut de criminel pour s'affirmer, à sa manière, comme l'étendard d'une fierté anglaise retrouvée et au centre de l'Europe face l'impérialisme américain. Cela c'est pour les (honorables) idées mais lorsque les évènements ne tourneront pas en sa faveur il retrouvera ses instincts les plus brutaux.

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John Mackenzie a débuté en tant qu'assistant de Ken Loach et cela se ressent par le froid réalisme urbain qu'il confère au film. The Long Good Friday est aussi emblématique de l'Angleterre de la fin seventies que ne le sera le Scarface de De Palma pour les USA des 80's. Mackenzie orchestre son film comme une véritable descente dans la fange et la barbarie. Le début est très "bling bling" (y compris dans le score synthétique racoleur de Francis Monkman) avec aperçu des richesses de Shand, son yacht, ses beaux costumes et les tenues criardes de son épouse jouée par Helen Mirren le tout dans un Londres glamour et chic. Tout cela s'estompe progressivement pour laisser place à de mémorables débordements de violence : interrogatoire musclés à la machette, assassinat sauvage d'un traitre et surtout la cultissime scène où Shand fait face à tous les suspects dans un abattoir, suspendu à des crochets de boucher...

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Bob Hoskins délivre une prestation énorme, digne du James Cagney de L'Enfer est à lui. C'est une boule nerf constamment en ébullition aux accès de colère incontrôlables si ce n'est par son épouse. C'est là l'une des grandes forces du film, la relation entre Hoskins et Helen Mirren. Au départ le script de Barrie Keeffe avait fait de l'épouse une sorte de bimbo écervelée, chose que ne pouvait accepter une actrice du calibre d'Helen Mirren en acceptant le rôle. Le film prend une autre dimension avec cette femme sophistiquée, cultivée et fine psychologue qui saura tempérer l'impulsivité de Shand et est finalement une pièce maîtresse de son organisation. Toutes leur scènes commune sont chargées d'électricité notamment tel cette dispute qui révèle les angoisse de chacun et donne un moment très tendre, ou surtout lorsqu'elle calme Hoskins en furie après un meurtre atroce le tout filmé en plan séquence par Mackenzie qui aura laissé une grande part d'improvisation qui accentue l'intensité. Le reste du casting (pour partie constitué de vrais truand londonien) offre une impressionnante galerie de trognes menaçante et donne l'occasion d'apercevoir Pierce Brosnan dans une courte (et muette) mais inoubliable apparition en tueur pour son premier rôle cinéma.

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La nature de la menace est source d'un mémorable rebondissement qui plonge la dernière partie dans un véritable chaos de violence. La conclusion magistrale achève de donner au film une empreinte indélébile avec un long plan fixe sur le visage de Shand où les émotions se disputent : colère, peur, résignation et conscience d'avoir tout perdu... Grandiose ! La brutalité du film lui vaudra quelques problèmes avec sa société productrice effrayée qui le réduit à 80 minutes pour une diffusion TV. Heureusement le Beatles George Harrison (qui a déjà sauvé ainsi les films des Monty Pythons et le Bandits Bandits de Terry Gilliam) rachètera et distribuera le film en salle via sa société Handmad Films avec le succès public et critique que l'on sait. 5,5/6

Et le trailer qui fait mal

http://www.youtube.com/watch?v=4tiH5oAwkYE

#4 BB_Vertigo

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Posté 22 February 2012 - 09:09 AM

Dans le genre polar british, Mona Lisa avec le même Bob Hoskins était une petite merveille.

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#5 Leeo

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Posté 22 February 2012 - 19:07 PM

D'accord avec Celluloid et Scalp, La Disparition d'Alice Creed c'est plutôt pas mal, un bon polar british tendu du slip notamment grâce à la performance d'Eddie Marsan - C'te gueule qu'il a - qui compose un personnage assez inquiétant (malgré le peu de dialogues). A voir en VO sous titrée si possible.

4/6
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#6 BB_Vertigo

BB_Vertigo

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Posté 14 November 2013 - 09:57 AM

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Twisted Nerve
Roy Boulting – 1968


Sorti de l'anonymat par l'utilisation mémorable qu'avait fait Quentin Tarantino de son thème principal dans Kill Bill vol. 1, Twisted Nerve possède bien d'autres atouts que sa musique.

Martin, dont le frère est trisomique, est pris en flagrant délit de vol à l'étalage. Pour ne pas se faire arrêter, il se fait passer pour un handicapé mental. A cette occasion, il fait la connaissance de Susan, une jeune femme dont il s'éprend. Après s'être fait chasser de la maison familiale par son beau-père, il s'installe dans la pension tenue par la mère de Susan...

Roy Boulting bâtit une oeuvre toute en tension, que ce soit celle de ses passages à suspense (la scène où Martin se cache dans le placard de la cuisine pour ne pas être découvert est d'une efficacité certaine) ou la tension sexuelle sous-jacente. Martin souffre très clairement d'un complexe d'Oedipe, avec une mère qui le chouchoute et un beau-père dont il va planifier le meurtre, et va se retrouver coincé dans cette pension entre une jeune fille innocente (elle ne veut pas coucher avec son copain), objet de ses fantasmes, et une mère hyper-sexuée. Martin va devenir prisonnier du rôle qu'il s'est créé, ne pouvant révéler sa véritable identité à Susan, ce qui va accentuer sa frustration et ses pulsions meurtrières. On redoute constamment que Martin ne se dévoile, à la fois pour lui et pour les répercussions que cela pourrait avoir sur les autres pensionnaires, notamment lorsqu'il doit subir le comportement condescendant du personnage incarné par Barry Foster. La scène où la mère le caresse pour l'exciter, alors qu'elle le croit handicapé :o/>, est très osée pour l'époque.

Boulting développe une ambiance captivante, qui alterne passages réalistes et scènes où l'étrangeté de son intrigue est appuyée par l'artificialité des décors ou l'utilisation d'une photographie cotonneuse. Il filme quelques belles scènes nocturnes, avec des noirs très profonds, où seuls les regards des protagonistes sont mis en valeur.
Avec son visage d'enfant qui a mal grandi, Hywel Bennett restitue à merveille les deux facettes de son personnage, faux handicapé et fils à maman aux tendances meurtrières. Billie Whitelaw et Hayley Mills, respectivement dans le rôle de la mère et de la fille, ne déméritent pas face à lui.
Quant au thème de Bernard Herrmann, que l'on entend réorchestrée de différentes manières, difficile de se le sortir de la tête à l'issue du film…

Un grand merci à Quentin pour la découverte! :mrgreen:

5/6


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