Mad Movies: Au Pays du Sang et du Miel - Angelina Jolie (2011) - Mad Movies

Aller au contenu

Page 1 sur 1
  • Vous ne pouvez pas commencer un sujet
  • Vous ne pouvez pas répondre à ce sujet

Au Pays du Sang et du Miel - Angelina Jolie (2011) In the Land of Blood and Honey. Chef D'oeuvre

#1 L'utilisateur est hors-ligne   Dorothea 

  • Hôtesse d'accueil
  • Groupe : Members
  • Messages : 8 422
  • Inscrit(e) : 01-octobre 07
  • Profil:Femme
  • Location:...

Posté 17 février 2012 - 04:34

Image IPB



L'association Angelina Jolie + Film sur la guerre en Bosnie m'a tout de suite donnée envie lors de son annonce et des premières images diffusé sur internet et sur les chaînes de télévision locales. La première réalisation de la talentueuse actrice pouvait se révéler être un pari risqué au vu du sujet polémique qu'elle abordait et surtout l'un des conflits les plus monstrueux des dernières années et qui est vraiment laissé dans l'ombre depuis trop longtemps (alors que bon le conflit était quand même en Europe ou il y a déjà eu deux guerres.) Angelina Jolie, réalisatrice et scénariste du long métrage, nous propose une histoire ayant pour fond ce cadre très particulier et peu vue au cinéma. Pour autant il ne faut pas se méprendre sur le film et la volonté de l'actrice de mettre ce conflit en avant, il n'est pas question ici de dire "Monstres, vous voyez ce qu'il y a eu à vos frontières et vous n'avez rien fait à part critiquer et parler comme vous le faites tout le temps." L'actrice nous montre le conflit et le sort de deux personnages qui seront liés par une relation ambiguë, comme le fut les personnages de Dirk Bogarde & Charlotte Rampling dans le chef d'oeuvre Il Portiere di Notte de Liliana Cavani. D'ailleurs le film y ressemble aussi par un morceau de sa trame (la rencontre après tant d'années du bourreau/amoureux et de sa victime/compagne. Par cette approche on comprend vraiment mieux pourquoi le film fut entouré d'une polémique durant le tournage et surtout de pression venant de plusieurs gouvernements, mais aussi des victimes et d'autres protagonistes de ce conflit.
On peut les comprendre, ce sont encore des blessures ouvertes et bien qu'aujourd'hui tous tentent de passer à autre chose, c'est encore assez récent pour que les peuples victimes s'insurgent, certains en venant même à menacer la réalisatrice et son équipe de mort, ce n'est pas étonnant au vu du film, troublant, éprouvant et difficile à aborder et à critiquer une fois qu'on l'a vue. En tout cas je vous le dis de suite c'est un film à voir au cinéma, à la fois pur cinéma et documentaire sur le conflit, c'est juste awesome, mais voila l'histoire pour que vous vous fassiez une idée plus précise de ce que nous raconte la scénariste.

Histoire: Alors que la guerre fait rage en Bosnie, Danijel et Ajla se retrouvent dans des camps opposés malgré ce qu'ils ont vécu. Danijel est un soldat serbe et Ajla une prisonnière bosniaque retenue dans le camp qu'il surveille. Pourtant, avant le conflit, l'un et l'autre partageaient d'autres sentiments. C'était une autre vie, avant la barbarie, avant que cet affrontement ethnique violent ne prenne leur futur en otage. À nouveau face à face dans cet épouvantable contexte, leur relation devient complexe, ambiguë, incertaine. La guerre a miné leur lien. Voici leur histoire, bouleversante, écrasée par l'effroyable poids qu'une guerre fait peser sur des gens simples qu'aucun pouvoir politique ne semble vouloir sauver.

Chose bête pour commencer, je ne comprenais pas pourquoi le titre mélanger les mots sang miel… mon cerveau bloqué sur une chose bête vu que c'est évident, ce film est un film de guerre, mais aussi un film romantique, les deux genres se mélangeant et nous offrant l'un des drames les plus intéressant et le plus bouleversant que j'ai vue depuis bien longtemps. La guerre de Bosnie-Herzégovine est présenté sous son angle le plus réaliste sans que ce ne soit un documentaire basique sur ce conflit. Ici rien ne nous épargner et cela en est effrayant qu'on se demande encore comment c'est possible que de telle horreur puisse arriver. Le film nous montre l'horreur sans concession, la scénariste évitant la bêtise de nous faire une scène larmoyante à chaque scène choquante, justement ici c'est sec, violent et sans concession, il n'y a pas de sentiment à part celui d'impuissance devant l'horreur des massacres. La ou on peut avoir les larmes à l'œil vient du poids qui est mit sur nos épaules avec les scènes hors guerre. En effet voir les personnages en dehors de ce contexte et ensuite les voir durant le conflit confère justement le poids émotionnels nécessaire qu'il faut pour qu'on s'intéresse aux personnages du récit. Les deux personnages principaux de notre récits ont un lien fusionnel contradictoire dans cette guerre que la réalisatrice va s'efforcer avec brio de nous montrer une relation loin des codes du genre avec le Je t'aime moi non plus.

Image IPBImage IPBImage IPB

L'histoire des Balkans est particulières et tortueuses. La guerre est l'une des thématiques du récit, ici elle ne nous épargne rien et l'une des scènes les plus horribles durant le conflit vient de la scène ou les soldats Serbes traquent des civils et des rebelles et qu'ils utilisent des civils comme bouclier. La scène est d'une tension à en devenir pénible, c'est positif comme critique, je ne dis pas le contraire, la tension est forte et on est tellement silencieux durant ce moment qu'on en entend notre cœur battre. La scène est d'une violence sans nom comme le reste des scènes de guerre urbaine, des morts il y en a, du sang aussi, mais un autre mal existe et celui-ci se voit dans les camps avec les scènes de violence sexuelle horrible (oui je sais ce terme revient souvent) et qui ne nous laisse pas indifférent. Pour autant Angelina Jolie ne nous dit pas que tous les soldats sont ainsi et que tous les conflits sont de cet acabit, mais elle n'oublie pas justement que cela arrive et ici elle n'est en rien pudique et montre la violence des moments, mais aussi des exécutions prêt des fosses communes. En voyant le conflit on a l'impression d'avoir fait un retour dans le temps encore plus lointain avec les SS qui faisaient des battues en Pologne ou en Russie et massacrant femmes et enfants sans état d'âme (beaucoup étaient des criminels que Hitler utilisaient dans ses rangs, il était sur que le travail serait fait… bref) sauf que la c'est récent, c'était il y a 20 ans et en voyant cette scène on ne comprend pas, on y arrive pas ou on ne veut pas, je ne sais pas!
On comprend mieux pourquoi par moment il y a certains pics envers la communauté internationale qui fut plus que passive durant le conflit (et aujourd'hui on le voit bien avec la Syrie ou cela avance lentement que le peuple continue de mourir sous les balles) ici le film ne se veut pas politique et n'en oublie en dehors des scènes choques (qui font partie intégrante de l'histoire et du quotidien de nos héros) de raconter une histoire poignante entre le bourreau et sa victime.

Ici les deux personnages sont clairement humains, s'interrogent sur le conflit, mais aussi sur la portée de leurs actes, qu'ils soient bons ou mauvais et même si en quelque sorte on connaît déjà la fin du récit au vu du début, on doute terriblement! Cette histoire d'amour si particulière est t'elle vouée à l'échec, est elle impossible et surtout acceptable après avoir vu comment elle avait commencée? On ne peux pas savoir et surtout on ne peux pas juger n'étant pas à leur place. Le personnage de Danijel est un soldat certes, mais avant tout c'est un homme et quand il échange avec son amour, c'est poignant et presque hors du temps et du conflit. Le personnage est loin du cliché du soldat stupide, ici il y a une réelle profondeur, il a un vrai background que nous découvrons au fur et à mesure et une humanité qui nous fait craindre pour sa vie devant les scènes awesome de combat urbain.
L'une des forces du récit est d'éviter le manichéisme, ici on est pour aucun des deux camps, le sort de Danijel est aussi intéressant que celui de Ajla, sa femme. D'ailleurs l'acteur incarnant Danijel est justement hors de la caricature dans son interprétation et ma fait penser à de nombreuses reprises à Viggo Mortensen (d'ailleurs il est aussi beau que lui et encore plus en live) par son jeu. Il déborde d'une classe incroyable et ne faisant jamais bizarre pour un soldat. Il n'est pas iconisé comme dans un simple blockbuster, c'est un simple soldat et ce rôle il l'interprète à la perfection du début à la fin. C'est un homme amoureux qui est conscient de ce qu'il fait et on est peiné pour lui.
Le personnage de Ajla est ici le point d'encrage en quelque sorte du spectateur, en effet, c'est une civile qui certes comme de nombreux protagonistes ne comprend pas la guerre en question mais qui en est actrice du début à la fin. C'est une artiste ce qui facile encore plus l'attachement au personnage quand on connaît ou non le dit milieu. Son personnage pourrait être faible au vu de son statut de femme dans un conflit, et c'est tout le contraire qui nous est proposé, son évolution au fur et à mesure du récit m'a fait penser à deux actrices et deux personnages. Le premier est le personnage de Ellen Ripley interprété par la sublime Sigourney Weaver et le second est le personnage de Rachel Stein interprété par Carice Van Houten dans Black Book de Paul Verhoeven.

Image IPBImage IPBImage IPB

En effet comme dans les dits films, on a une simple femme qui va se transcender par les épreuves qu'elle va subir au fur et à mesure, comme elles, elle devra faire et subir des choix injustes et totalement déstabilisant. Le personnage de Ajla a l'art qui lui sert de refuge, mais aussi de forme d'expression, l'art est l'une des thématiques du récit et on le sait durant les conflits, l'art est souvent bafoué ou censuré par peur et bêtise. Ici le fait d'en faire une artiste renvoi à de nombreux personnages que nous avons dans le cinéma depuis sa création, l'artiste étant une figure héroïque en soit, figure qui se voit maltraité par de nombreux évènements ce qui arrive à plusieurs reprises dans le film, des scènes d'une violence inouïe ponctueront son quotidien (la scène de viol, celle du massacre ou comme d'autres femmes de son peuple ou même la scène de bombardement terriblement violente et je dois dire bruyante ^^.) Il y a de nombreuses scènes fortes mais celle de l'échappée dans le camp est juste forte et on a peur tout du long, c'est d'un réalisme proche de celui de The Chaser qu'on applaudit de nos deux mains les acteurs.
La réalisatrice n'en oublie pas les autres protagonistes, par des bribes de paroles, mais aussi par des arrières scènes, on apprend à les connaître, ce qui n'en fait jamais des personnages fonctions, comme je l'ai dis, c'est réel, vraiment réaliste et le travail d'écriture qu'a fait (ainsi que le coaching) Angelina Jolie est excellent, on a une base et elle évolue via des échanges brutaux, mais aussi poétiques. La dite poésie venant souvent de la manière de cadré de la réalisatrice, les scènes en ombres sont magnifiques, aidés par une musique donnant vie au récit encore plus, ou bien les scènes ou elle dessine.
Le film est éprouvant et on ne voit pas le temps passer. Je parle à plusieurs reprises d'un documentaire en quelque sorte, mais cela n'en est pas un et on a vrai récit avec un début et une fin, début et fin doté de scènes magnifiques et forte de sens.
Au final on a un film éprouvant, cruellement réaliste, mais dotée d'une très belle histoire qui ferait pleurer n'importe qui.

Angelina Jolie nous a donnée un premier film et un premier scénario et sincèrement, des premières fois de ce genre, j'en voudrai vraiment plus souvent. La femme a donnée de son talent et surtout de son humanisme dans ce premier récit et ça en est juste remarquable. Elle a un sens de la mise en scène remarquable, adaptant la dite mise en scène au genre de scène qu'elle propose, que ce soit les conflits urbains avec sa caméra porté digeste, que les scènes d'exposition présentant les zones de combats, les villes mais aussi les personnages du récit. Le montage est excellent, le film sait alterner entre les scènes simples, calme et celles plus tendue et une musique excellente, à la fois très cinématographique, mais aussi très proche de celle que l'on peut trouver dans les pays de l'Est.
Je ne regrette pas d'avoir fait le déplacement en tout cas pour voir ce film que j'attends depuis son annonce, les acteurs étaient remarquables et leurs témoignages du tournage furent à la foi captivant et aussi assez triste en quelque sorte, Angelina Jolie et son mari méritent le prix qu'ils ont eu pour le film. Cette première tentative nous a donnée un chef d'œuvre et j'espère que le prochain film sur l'Afghanistan sera tout aussi intéressant et avec une approche différente!

Ma critique est brouillonne, j'en suis désolé sincèrement mais j'espère que cela vous donnera envie de voir le film, il le mérite, il traite d'un sujet intéressant mais peu souvent montré au cinéma ou même à la télévision. La première réalisation de Angelina Jolie, son passage d'actrice à réalisatrice est aussi remarquable que ne pourrait l'être celui de Clint Eastwood ou bien celui de Ben Affleck. En tout cas c'est à voir!

Image IPB
"That which is imagined needs never be lost." Clive Barker, Weaveworld
"Mes seins sont Made in Normandy, tout de beurre et de crème fraiche !" L.Casta

#2 L'utilisateur est en ligne   Gfouin 

  • Wookie
  • Groupe : Members
  • Messages : 2 139
  • Inscrit(e) : 16-avril 08
  • Location:974

Posté 17 février 2012 - 15:17

Intéressant
tu l'as vu où?

#3 L'utilisateur est hors-ligne   Dorothea 

  • Hôtesse d'accueil
  • Groupe : Members
  • Messages : 8 422
  • Inscrit(e) : 01-octobre 07
  • Profil:Femme
  • Location:...

Posté 17 février 2012 - 15:25

Je l'ai vue au festival de Berlin. :)
"That which is imagined needs never be lost." Clive Barker, Weaveworld
"Mes seins sont Made in Normandy, tout de beurre et de crème fraiche !" L.Casta

#4 L'utilisateur est hors-ligne   uhu 

  • Wookie
  • Groupe : Members
  • Messages : 2 494
  • Inscrit(e) : 13-février 05
  • Location:Cyberdyne Systems

Posté 18 février 2012 - 01:46

Voir le messageMotoko, le 17 février 2012 - 15:25 , dit :

Je l'ai vue au festival de Berlin. :)

'tain, t'es trop naze, tu passes en Allemagne et tu viens même pas me voir :(
Go and make me rich (John Carpenter 1948-1998)
I am just hoping that I can be known as a great writer and actor some day, rather than a sex symbol (Steven Seagal)

#5 L'utilisateur est hors-ligne   Dorothea 

  • Hôtesse d'accueil
  • Groupe : Members
  • Messages : 8 422
  • Inscrit(e) : 01-octobre 07
  • Profil:Femme
  • Location:...

Posté 18 février 2012 - 02:48

Voir le messageuhu, le 18 février 2012 - 01:46 , dit :

Voir le messageMotoko, le 17 février 2012 - 15:25 , dit :

Je l'ai vue au festival de Berlin. :)

'tain, t'es trop naze, tu passes en Allemagne et tu viens même pas me voir :(

Mais qu'est ce que j'en savais moi? :(
Et puis tu n'avais qu'à venir au festival vilain!
"That which is imagined needs never be lost." Clive Barker, Weaveworld
"Mes seins sont Made in Normandy, tout de beurre et de crème fraiche !" L.Casta

Partager ce sujet :


Page 1 sur 1
  • Vous ne pouvez pas commencer un sujet
  • Vous ne pouvez pas répondre à ce sujet

1 utilisateur(s) en train de lire ce sujet
0 membre(s), 1 invité(s), 0 utilisateur(s) anonyme(s)