Mad Movies: The Descendants - Alexander Payne (2011) - Mad Movies

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The Descendants - Alexander Payne (2011)

#1 L'utilisateur est hors-ligne   Crazy Von Schweetz 

  • Laurence Ruquier
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Posté 24 janvier 2012 - 00:20

THE DESCENDANTS.


Bonsoir.
Je n'avais pas vraiment l'intention d'ouvrir de nombreux topics ni d'écrire de longs avis cette année, une sorte de résolution prise pour différentes raisons que je n'évoquerais pas. Mais, pour d'autres raisons tout autant personnelles, il s'avère qu'un film comme "The decendants" me parle tellement qu'il faut alors moi-même que je m'exprime à son sujet.
Car le dernier film d'Aelxander Payne est une telle décharge d'émotion et d'affection qu'elle ne peut rester nouée dans l'estomac.

Elisabeth King est victime d'un accident de bateau, alors qu'elle faisait du ski nautique par des eaux trop remuantes. Cette hawaïenne se retrouve clouée dans le lit d'une chambre d’hôpital, inconsciente, inerte, sans autre vie que celle qui continue de couler dans ses veines. Pour son époux, Matt King, la dévastation qui le ronge alors ira de paire avec le chaos qui va le submerger lorsqu'il va apprendre une vérité sur celle qui partageait sa vie. A lui de gérer ce tourment et surtout à continuer de s'occuper de ses deux filles de dix et dix-sept ans.

Alexander Payne a écrit, produit et évidemment réalisé ce film qui lui tient particulièrement à cœur. Ses propres déboires sentimentaux l'auront probablement convaincu d'adapter le roman de Kaui Hart Hemmings. Un livre qui s'attache autant à décrire les souffrances d'un homme brisé qu'à délivrer un message d'amour à l'attention d'Hawaï, région finalement encore assez mystérieuse montrée ici non pas comme un paradis de carte postal, mais comme un endroit gorgé d'histoire, où les habitants sont fiers et dignes. Il montre aussi comment un homme d'origine caucasienne mais né ici, ayant grandi ici et de souche insulaire affronte ses origines qu'il est en train de trahir, à cause de la vente d'une magnifique parcelle qui s'érigerait en antre à hôtels et resorts de luxe.
De ces racines meurtries, de cette épouse poupée de chiffon sanglée par des draps sur un lit de mort, de ces deux filles bipolaires et difficiles à appréhender, de ce beau-père vindicatif et de ces cousins enclins à céder un bien ancestral, tout même finalement à une seule et même entité, faite de joie et de peines : la famille.

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Car "The descendants" est avant-tout un film familial. Non, pas de ces productions Walt Disney destinée à tous les publics mais de ces œuvres importantes qui explorent avec fascination cet impénétrable cocon dont concentricité nous échoit à tous. Aussi le titre prend tout son sens car Matt King doit honorer l'héritage de ses ancêtres, dont il est le descendant, et soutenir et souder ses relations avec ses filles dans la détresse, qui sont sa descendance. Alors a-t-on l'impression d'assister à une espèce de furtive saga familiale qui ne s'arrêterait que sur une seule époque, que sur un seul moment et le film de Alaxander Payne fait irrémédiablement songer à un autre classique : "Des gens comme les autres", de Robert Redford, chef-d’œuvre du début des années quatre-vingt avec lequel , sur un plan émotionnel, "The descendants" entretient de nombreux points communs, même si les films sont tous deux très différents.

L'un des nombreux talents d'Alexander Payne, qu'il a déjà prouvé par le passé et je pense immédiatement à "Mr Schmidt", qui feisait revenir dans la cour des grands un Jack Nicholson qui s'était quelque peu éparpillé depuis "Crossing guard" dans des productions indignes de son talent, est de parvenir à provoquer l'émotion sans pathos, sans recourir aux ficelles les plus éhontées du mélodrame, ce qu'est à mon avis "The descendants" : un mélodrame d'une intensité rare et pourtant tout en retenue. Rien n'est appuyé ici pour que l'on ne puisse contenir ses larmes. Larmes qui ne pourront de toute façon être contenues, surtout si l'on se sent proche des évocations du films. La douleur de la perte, l'appréhension du deuil, la gestion de l’événement, l'impression que le monde nous tombe dessus et qu'un drame en cache en autre comme si tous les moments difficiles de la vie avaient décidé de se retrouver dans un embouteillage de souffrance morale. Et le salut par les autres, qui nous soutiennent et que l'on soutient. Une sorte d'échange de bons procédés qui ne peut nuire à personne.

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Et c'est ce que Matt King va devoir réunir afin de passer le cap, de voir venir et surtout, surtout, de conserver l'affection de ses filles, qui sont sa planche de salut. Quand les autres vous abandonnent, quand les amis vous trahissent et que la famille vous joue des tours, c'est à la chair de sa chair qu'il faut tendre la main, une main à la fois salvatrice et désespérée, tout en n'esquivant pas qui l'on est. Un descendant.

Il y a dans le film une notion de perpétuité indispensable au bien-être. Elle passe par les gens et par la terre. Cette terre hawaïenne si chère à Matt King et l'endroit devient d'ailleurs très vite dans le récit l'un de ses personnages centraux. Une île expurgée de tous clichés. Pas de détective en Ferrari sous les palmiers ici et dés le début du film, la voix-off de King l'annonce clairement. La paradis n'est qu'un leurre. Le soleil et la plage ne sont pas des tueurs de problèmes, et les gens d'ici souffrent autant que les continentaux. "Paradise can fuck itself".

Lauréat de plus de vingt récompenses, "The descendants" est une bête à Oscars. Mais une bête qui n'a jamais cherché à plaire à une académie. A la manière d'un "American beauty" ou d'un "Collision", il s'agit tout simplement de récompenser une œuvre inattendue devant laquelle on ne peut que s'incliner tant elle caresse la perfection.
Il ne serait pas peu dire que George Clooney y est exceptionnel, ouvert, sensible et sobre. Lors de nombreuses scènes, le comédien annihile toute faculté de dureté des spectateurs et se montre parfait dans l’interprétation des imperfections de Matt King. Le rôle d'une vie ? Je ne sais pas. Mais il donne la vie à un rôle exigeant et emporte l'adhésion, découvrant une facette plus méconnue de son talent.
A ses côtés, la révélation Shailene Woodley, à se pâmer d'affection devant tant de talent qui explose soudainement au visage. La jeune actrice, prodigieuse de réalisme, s'éloignant au plus vite de la foret des clichés que son personnage aurait pu traverser, est ahurissante de maturité.
Enfin, l'ensemble du casting, de Nick Crause à Judy Greer en passant par Robert Forster (qui réussit le tour de force de rendre un personnage détestable terriblement émouvant le temps d'un simple plan) et Matthew Lillard et la jeune Amara Miller, sont impeccables et absents de toute faute de gout.

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La subtilité du film d'Alexander Payne est un atout supplémentaire et la réalisation de ce monsieur force d'autant plus le respect qu'elle se montre dynamique et inventive, tout en restant un modèle de sobriété (pas d’académisme) compte-tenu des événements décrits par l'image. De nombreux plans ,pourtant si simples, sont gorgés d'émotion et il est impossible de ne pas craquer physiquement et moralement devant la séquence finale et le générique qui l'accompagne, et qui nous accompagne aussi doucement vers l'au-revoir à cette famille meurtrie par la vie, souffrante mais en vie, et dont les fondations restent solides malgré les tempêtes.

Je vois beaucoup de bons films, ou de très bons films et je sais bien que je m'enthousiasme souvent pour peut-être pas grand chose ou pour des œuvres qui ne méritent peut-être pas tant de soutien ou d'affection. Je sais que j'ai le chef-d’œuvre facile. Mais il y a les films qui nous plaisent, ceux qui nous conquièrent et la catégorie la plus délicate, ceux qui finissent par faire partie de nous. Indéniablement, "The descendants" fait partie ce cette catégorie.
Bonne nuit.
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#2 L'utilisateur est hors-ligne   Spartacus 

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Posté 24 janvier 2012 - 00:33

Je viens de lire ta critique Crazy. je dois dire qu'a chaque fois que je lis tes critiques, tu me donnes toujours envie de voir le film .

#3 L'utilisateur est hors-ligne   contagion 

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Posté 24 janvier 2012 - 00:33

Sympa le topic, ça me disait vraiment rien mais j'essaierai de le voir du coup.

(Clooney de l'avoir vu récemment dans Batman & Robin ça m'a pas fait du bien)
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#4 L'utilisateur est hors-ligne   Kaneto 

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Posté 24 janvier 2012 - 11:00

A moi aussi, cette critique donne envie de découvrir le film. Le problème que j'ai, c'est surtout envers le réalisateur. Car ces films ne m'ont jamais vraiment touchés.
Et alors qu'ils recevaient de bonnes critiques, j'en sortait toujours déçu. Les histoires de Sideways et About Schmidt ne m'ont pas intéressé et j'ai trouvé le rythme de ces films assez chiant.

Donc, je donnerais peut être sa chance à celui là, en espérant la bonne surprise cette fois.

#5 L'utilisateur est hors-ligne   Mark Chopper 

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Posté 24 janvier 2012 - 11:12

Pour ma part, j'ai adoré "M. Schmidt" et "Sideways", des histoires touchantes, avec des personnages forts et des acteurs extrêmement bien dirigés (le dernier grand rôle de Nicholson ?).

Alexander Payne est un cinéaste rare.

#6 L'utilisateur est hors-ligne   Kaneto 

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Posté 24 janvier 2012 - 11:20

Voir le messageMark Chopper, le 24 janvier 2012 - 11:12 , dit :

Pour ma part, j'ai adoré "M. Schmidt" et "Sideways", des histoires touchantes, avec des personnages forts et des acteurs extrêmement bien dirigés (le dernier grand rôle de Nicholson ?).

Alexander Payne est un cinéaste rare.


je te rejoins pour les acteurs, vraiment bien choisis et très bons, mais, hélas, pas touché par les histoires.

#7 L'utilisateur est hors-ligne   Mark Chopper 

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Posté 27 janvier 2012 - 17:45

Personne n'a été voir ce film dans le coin ?

Quelques avis me seraient bien utiles !

#8 L'utilisateur est hors-ligne   Kaneto 

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Posté 27 janvier 2012 - 18:04

Et donc je l'ai vu et j'ai pas aimé. Alexander Payne, c'est décidément pas ma came.

Pourtant, la bande-annonce donnait envie.

Mais encore une fois avec les films de ce réal, l'histoire ne m'a pas du tout touché.

Le fait que ça se passe à Hawaï me faisait espérer un film un peu plus original dans son approche mais ça m'a semblé tellement lourd et peu original que ça pourrait se passer n'importe où avec n'importe quel type de famille aisée. Il y a bien une histoire de lien avec la terre léguée par ces ancêtres mais c'était tellement mal traité.
Bien que le film essaye de montrer un côté moins paradisiaque de l'archipel, au final à part une séquence au début, Hawaï n'est montré que sous l'angle de la carte postale.

L'intrigue, globalement, m'a paru un peu trop téléphonée.

Spoiler


La plupart des personnages sont assez horripilants et sans grand intérêt.Il n'a que la famille principale qui évolue un peu et encore.

Au début on présente l'ainée de la famille comme une jeune tête brûlée qui boit et se drogue mais finalement on en parle plus du tout après coup et c'est elle qui est l'allié le plus mature du père joué par Clooney.
Mention spécial au petit copain de l'ainée qui est particulièrement crétin. Je me demande toujours à quoi il servait vraiment. L'acteur qui l’interprétait est en plus particulièrement mauvais.
Les autres personnages sont purement fonctionnels. Entre le beau-père grincheux et les amis qui savent tout mais ne veulent pas se mouiller.

Après je peux pas dire que les acteurs étaient mauvais mais ça manquait de justesse.
Les personnages étaient tellement peu intéressant que j'ai jamais vraiment pu m’intéresser à ce qu'ils vivaient. Seule Judy Greer est vraiment très très bien et dans un rôle pas simple en plus.

La mise en scène de Payne était sans artifice, normal vu l'histoire mais elle ne me paraissait pas spécialement inspirée de toute façon.Il y avait quand même quelques belles scènes.
Spoiler


La critique est un peu décousue mais c'est rare quand j'essaye d'en écrire.

Donc, je pense que j'en ai fini avec ce réalisateur, 3 films vu et 3 films que j'ai pas aimé.

#9 L'utilisateur est hors-ligne   Razowski 

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Posté 27 janvier 2012 - 19:16

Je vais ajouter rapidement mon avis, assez court vu que je suis toujours indécis à son sujet depuis que je l'ai découvert il y a deux semaines.

Déjà, gros point fort, les acteurs sont excellents. George Clooney en tête évidemment mais il a l'intelligence de se mettre en arrière plan lorsqu'il le faut pour privilégier les seconds rôles et notamment Shailene Woodley qui est LA révélation du début d'année à mon avis (en plus d'être assez mimi). La mise en scène est assez classique mais plutôt efficace et la bande son apporte un décallage assez étonnant.
Après j'ai plus un problème sur le scénario qui porte sur un sujet assez rebattu. Ca passe parfois tellement par des sentiers battus que j'avais l'impression de me trouver devant un "attrape-cinéphile indé". Et il y a des scènes vraiment "too much" comme celle de la piscine que je trouve ultra démonstrative ou encore les blagues très lourdes de l'ami de la fille ainée. J'aime bien l'idée de filmer Hawaii comme une région comme les autres, ça casse bien les clichés que l'on a sur ces îles et sa population. Ceci dit, je pense qu'il aurait quand même été plus pertinant que Payne joue plus sur ces clichés justement afin de vraiment jouer sur ce contraste "paradis infernal ou enfer paradisiaque". En filmant Hawaii comme n'importe quelle région du monde, il ne permet justement pas à son drame de se démarquer (puisqu'il se déroulerait ailleurs qu'on n'en s'en rendrait presque jamais compte).
Mais il y a des scènes de "confrontations" assez poignantes qui parsèment le récit. Et les 20 dernières minutes sont vraiment touchantes. Et étonnamment, malgré le fait que je ne trouve pas le film super abouti, il continue de me travailler de plus en plus. J'irai probablement le revoir pendant le week-end pour savoir si ça peut se revoir à la hausse (Millenium m'avait aussi fait ça et la seconde vision m'avait vraiment fait plus apprécier le long-métrage). Donc peut-être que je modifierai mon avis d'ici quelques jours.

J'ai en tout cas aucun scrupule à quand même le recommander car c'est bien mieux qu'un Jason Reitman (je craignait en voyant la BA de tomber sur un In The Air dans les îles).

#10 L'utilisateur est hors-ligne   Johann Kraus 

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Posté 29 janvier 2012 - 22:39

Un superbe voyage entre rires et larmes, où l’émotion et l’humour sont très justement dosés.
Payne fait partager une réelle tendresse pour ses personnages et ce magnifique cadre hawaïen.
Deux heures d’évasion, en compagnie d’un George Clooney impérial.
Et la BO est absolument merveilleuse.


6/6
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#11 L'utilisateur est hors-ligne   Sharkoux_ 

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Posté 29 janvier 2012 - 22:53

La critique de Crazy me donne grave envie, je sens qu'il va être mon premier film ciné de 2012 Image IPB

(Ta intérêts qu'il soit bien Crazy, c'est une grande responsabilité que tu asImage IPB)
Reprise du Madatelier Photographique!

#12 L'utilisateur est hors-ligne   01Syd 

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Posté 29 janvier 2012 - 22:57

Je sais pas si c'est seulement moi, mais j'ai trouvé la jeune actrice de 17 ans vraiment énorme dans son rôle (la scène de la piscine argh). Clooney fait du Clooney donc j'ai pas été ébloui par sa performance. Par contre le décors du film est juste exceptionnel, de même que la bande son.

L'année commence bien, en résumé.

#13 L'utilisateur est hors-ligne   Kissoon 

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Posté 29 janvier 2012 - 23:01

Voir le messageSharkoux_, le 29 janvier 2012 - 22:53 , dit :

La critique de Crazy me donne grave envie, je sens qu'il va être mon premier film ciné de 2012 Image IPB

Pareil. Je m'en foutais un peu de ce film, et finalement je compte bien aller le voir.
"Je modère plus rien ici, ranafout" (OrsonZ, modo)

#14 L'utilisateur est hors-ligne   dreef 

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Posté 05 mars 2012 - 23:01

Alexander Payne traite du deuil, plus précisément de la douloureuse phase de préparation, en faisant preuve d'une justesse troublante. Le sujet touchera personnellement ceux qui ont été confronté à cette épreuve et la sensibilité face à l'œuvre est susceptible de varier en fonction du vécu de chacun. Toujours est-il que si le film est traversé d'une poignée de moments qui prennent à la gorge (la scène de la piscine, d'une profonde tristesse), le récit est plus riche que ce simple postulat de départ. Ancré dans un Hawaï défraichi loin de la carte postale, il s'intéresse également à l'importance de préserver l'héritage de ses ancêtres tout en assurant l'avenir de sa propre descendance, des thèmes qui s'articulent autour de la notion de famille, présentée aussi bien comme élément fédérateur que source de discordes.

George Clooney incarne un père de famille dont la quête le forcera à accepter ses responsabilités, étape indispensable dans la reconstruction de son cocon familial. Le personnage est parfaitement écrit et l'acteur au sommet de son art, brillant dès qu'il rengaine sa panoplie de séducteur, la contrepartie étant que sa performance efface un peu le reste du casting. Les seuls à se distinguer sont la jeune Shailene Woodley, une sacrée belle révélation, et, malheureusement, Nick Krause dans un rôle de boyfriend crétin à l'utilité plus que contestable, d'autant qu'il se pose en doublon avec le beau-père acariâtre joué par Robert Forster. J'imagine que sa caractérisation était plus travaillée dans le roman mais en l'état il n'inspire que l'envie de le dégager d'un coup de pelle à chaque fois que sa tronche apparaît dans le cadre. A cette faute de goût, on peut ajouter quelques raccourcis scénaristiques et certains plans un peu trop démonstratifs.

Malgré ses imperfections, The Descendants n'en demeure pas moins un modèle de mélodrame où l'émotion est présente sans jamais être forcée, œuvre d'un cinéaste précieux qui offre un rôle en or à un Clooney qui n'aurait pas démérité une statuette.
24 hours in a day, 24 beers in a case. Coincidence?

Bonnasse au cast, daubasse au cut.

#15 L'utilisateur est hors-ligne   Zak 

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Posté 06 mars 2012 - 10:13

Je suis pas du tout d'accord. :sweat:

Voir le messagedreef, le 05 mars 2012 - 23:01 , dit :

Alexander Payne traite du deuil, plus précisément de la douloureuse phase de préparation, en faisant preuve d'une justesse troublante. Le sujet touchera personnellement ceux qui ont été confronté à cette épreuve et la sensibilité face à l'œuvre est susceptible de varier en fonction du vécu de chacun. Toujours est-il que si le film est traversé d'une poignée de moments qui prennent à la gorge (la scène de la piscine, d'une profonde tristesse), le récit est plus riche que ce simple postulat de départ. Ancré dans un Hawaï défraichi loin de la carte postale, il s'intéresse également à l'importance de préserver l'héritage de ses ancêtres tout en assurant l'avenir de sa propre descendance, des thèmes qui s'articulent autour de la notion de famille, présentée aussi bien comme élément fédérateur que source de discordes.

Déjà, j'ai trouvé le film complètement anecdotique, c'était le premier que je voyais de Payne et je pense que ce sera le dernier. Si effectivement la scène de la piscine est un beau moment, jamais on ne ressent quoique ce sent dans cette histoire pourtant horrible. On a l'impression que tout le monde s'en fout du sort de la mère (la preuve, toute la famille mange de la glace devant la télé après sa mort :huh:), qui de toute façon était une connasse égoïste. Je veux bien que le réalisateur essaye de raconter son histoire avec justesse sans tomber dans la pathos mais il y a un juste milieu tout de même. De même le cadre hawaïen est quand même là, ce qui donne un petit côté film de vacances avec une BO qui colle avec le lieu mais absolument pas avec la thématique. Je ne parle pas non plus de Sid, le débile tout droit sorti d'un film des frères Farrelly, dont je me demande bien pourquoi il est là. Il n'y a que Robert Forster qui arrive a être touchant en papy râleur.

Clooney est pas mal mais quand je vois qu'il était favori alors que ni DiCaprio ou Edgerton n'étaient nominés, je me dis que les Oscars c'est vraiment n'importe quoi. Logique que The Artist a tout raflé devant un tel concurrent.
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