Mad Movies: Les Crimes de Snowtown - Justin Kurzel (2011) - Mad Movies

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Les Crimes de Snowtown - Justin Kurzel (2011) décapitation de kangourou inside

#1 L'utilisateur est hors-ligne   contagion 

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Posté 09 janvier 2012 - 00:34

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Jamie, 16 ans, vit avec sa mère, dans une banlieue où règne chômage et abus sexuels. Sa vie change lorsque John Bunting débarque dans leurs vies. Charismatique, passionnant, Jamie l'admire comme le père qu'il n'a pas connu. Il mettra du temps à comprendre que son mentor est un tueur en série, le plus dangereux qu'ait connu l'Australie…



Pédophilie, inceste, ultraviolence,

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Spoiler



Descente aux enfers ultra poisseuse parmi les fucking white trash des antipodes, Les Crimes de Snowtown n'épargne guère son spectateur durant les deux heures piles que s'étale la bobine. Péloche éminemment tendue, qui renvoie aux belles heures d'un certain cinéma nauséeux de tueur en série à la Henry, le film s'ancre dans une description naturaliste d'un milieu en pleine déliquescence, avec pour toile de fond la misère économique et intellectuelle, la débilité congénitale comme atavisme, et l'alcool, la drogue, la bible et la télévision comme seules occupations. John, effrayant prédateur à la mine débonnaire, apparaît au début du film comme une sorte de sauveur, de saint presque, qui extirpera Jamie de son quotidien cloisonné, entre voisin pédophile et grand frère trop violent. Las, le remède s'avèrera infiniment pire que le mal. Le film contient son lot de scène réellement éprouvantes ("stop...again") sans pour autant tomber dans la surenchère graphique putassière. Véritable film de tatoués (littéralement), l'expérience ne laissera pas indifférent le spectateur même endurci. Daniel Henshall compose un pervers absolument glaçant, dont les abîmes de noirceur sont d'autant plus vertigineuses qu'elles se laissent deviner sous un masque de bonhommie et de rondeur pateline. A noter, pour aiguillonner des nerfs déjà bien éprouvés, un remarquable travail sur les sonorités, et une petite ritournelle entêtante et obsédante.

Un film à recommander lors d'un premier rencard, pour une choppe de qualité Image IPB

5/6
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#2 L'utilisateur est hors-ligne   Diane 

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Posté 09 janvier 2012 - 01:51

Spoilers

Film très très dur, j'ai un peu de mal à m'en remettre, tant ça ne nous épargne rien et ce, sans complaisance, ce qui avec un sujet pareil est tout de même remarquable (un meurtre - spécial - seulement est réellement montré, pour qu'on comprenne le stade psychologique dans lequel se trouve le personnage de Jamie à ce moment, c'est-à-dire au bout du rouleau).
Non seulement l'excellent Daniel Henshall révulse autant qu'il fait peur (sa mégalomanie qui cache une grande pauvreté intérieure vire d'abord au meurtre "moral" comme il l'entend, mais il se trouve juste une excuse pour massacrer des gens, ensuite il choisira même des victimes "faciles" juste par goût de tuer sans ses "critères moraux" des premiers meurtres), mais là où le film se révèle très réussi et très intelligent c'est bien dans le rapport d'emprise décrit entre John la figure de beau-père tueur despote et Jamie le pauvre ado sans grand avenir devant lui, sans grande possibilités, dans un milieu social à l'horizon bouché, etc. Si Bunting tue en premier lieu, c'est, dit-il, pour "lui" (en se débarrassant d'un pote junkie de Jamie). Faut croire que la figure paternelle qu'il croyait se donner lui a donné l'excuse de ses délires.

Par la suite John fait tout pour affilier le gamin à ses idées de violence et de meurtre et c'est dans la position très très très très (très très) inconfortable de Jamie que le spectateur regarde le film qui se déroule dans une ambiance glacée effrayante où toutes les atrocités peuvent surgir n'importe quand (mais, comme c'est l'horreur, on regarde fasciné, comme Jamie là encore, qui par terreur, une terreur palpable, suit l'ordure), on s'identifie à lui, tétanisée, incapable de l'aider (ses yeux embués de larmes lorsque John le pousse à tuer le chien gratuitement, un réveil épouvantable plus tard puisqu'il va suivre par le meurtre de son demi-frère qui abusait de lui de temps en temps), avec des lueurs d'espoir très vite éteintes (Jamie qui prend le téléphone, pour appeler les flics on pense mais qui raccroche sous le regard froid de John), surtout quand une porte se referme derrière la dernière proie qu'on a amenée consciemment à son "maître". Vraiment ça fait mal de voir dans quelle merde infâme ce pauvre gamin se trouve (après je ne sais pas si dans la réalité c'était exactement comme cela que ça s'est produit, mais ce n'est pas la question).

Reste un film avec une bonne réalisation, d'excellents acteurs pour la plupart (sérieusement Henshall si je le croisais je lui ferais pas la bise, je m'enfuirais en courant, hurlant à la mort le visage plein de larmes et de bave, les bras en l'air, ce serait super à voir d'ailleurs ^_^ ), avec une seconde partie un poil moins bonne que la montée en puissance (avec des images un peu clichées, comme le serpent faisant d'une souris son repas, comme analogie bon c'était pas très fin mais rien de grave), mais je dis ça aussi parce que le film touche tellement le mal du doigt, et ce mal n'est tellement pas Hannibal Lecter qui est un p'tit joueur à côté, un romantique à froufrous, un épouvantail pour gogos, que forcément, le film de par sa nature froide, est épuisant sur sa longueur.

Lieu commun : attention, film émotionnellement insoutenable.

4/6
People are making apocalypse jokes like there's no tomorrow... Too soon.

#3 L'utilisateur est hors-ligne   Red Death 

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Posté 09 janvier 2012 - 02:04

T'as pas remarqué que tous les topics ciné avaient 4 lettres entre 2 parenthèses à la fin ?
(Tu veux contribuer au lancement des grands travaux dans 5 ans?)
(Tu veux faire pleurer OursonX)
(Pourriture)
( :bluesbro: )
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#4 L'utilisateur est hors-ligne   stivmacouine 

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Posté 09 janvier 2012 - 02:27

Vous avez très bien résumé les enjeux du film les gars :rolleyes:

La grosse claque de ce début d'année.
SNOWTOWN enterre de très loin ANIMAL KINGDOM sur un sujet (presque) similaire.
J'ai rarement ressenti une telle poisseur et un tel désespoir dans un film. C'est frontal, naturaliste et sans concessions.
Dans le genre, un chef d'oeuvre.

6/6

#5 L'utilisateur est en ligne   Paullux 

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Posté 09 janvier 2012 - 12:04

Pareil que tout le monde dans le ressenti.

J'ai vraiment eu mal au ventre à la vision de Snowtown qui en quelques plans plante le décor d'une Australie cauchemardesque, d'une banlieue perdue entre épaisse fumée de cigarette bon marché, misère sentimentale et familiale, inceste et profils néandertaliens (même ce qu'ils bouffent est immonde).

Rien ne sera épargné au spectateur - pas même quelques moments de félicité, de rédemption - pour esquisser le biotope malade dans lequel va évoluer le bon John Bunting, figure glaçante entre modèle rédempteur (ce qui en soi fait déjà peur, mais oui, avec ses curry verts et son paternalisme bonhomme, John est un modèle) et psychopathe sans empathie.

Le jeu des acteurs et la mise en scène totalement naturaliste servent cette chronique terrible des maudits du pays qui reprend tous les codes du récit d'initiation pour nous montrer l'évolution d'un adolescent sans espoir.

C'était supaire \o 5/6
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#6 L'utilisateur est hors-ligne   contagion 

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Posté 09 janvier 2012 - 12:10

Voir le messagePaullux, le 09 janvier 2012 - 12:04 , dit :

d'une banlieue perdue entre épaisse fumée de cigarette bon marché,


Tu m'étonnes que la mère elle succombe d'un cancer :wacko:

Sinon je rejoins complètement Diane (une fois l'an) sur l'idée que la chasse aux déviants prônée par John au sein de la communauté * n'est qu'un prétexte pour satisfaire son goût du sang, les motifs présidant aux exécutions étant de plus en plus vagues et ténus (il suffit du reste d'observer son visage fasciné par l'imminence de la mort lors de l'éprouvante séquence avec le demi-frère sodomite)

* car ce tueur en série n'aura au final sévi que dans son cercle de connaissances.

Il est également intéressant de constater combien la présence policière est totalement absente du récit ; tant que ce sont les pauvres qui disparaissent, les marginaux, pas de souci. En ce sens le métrage revêt une indéniable dimension sociale. Le film refuse en outre toute espèce de résolution légale qui pourrait alléger quelque peu le fardeau du spectateur : nous n'aurons pas l'heur de voir John et ses séides se faire gauler menottes aux poignets.

D'ailleurs il n'y aucune incursion en dehors de la communauté (sinon par l'entremise des hôpitaux, ce qui est symptomatique), ce qui accroît le sentiment de claustration et d'angoisse.


(ah oui et pour les réticents sachez qu'il y a des nude frontal de qualité Image IPB)
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#7 L'utilisateur est hors-ligne   Larry Underwood 

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Posté 09 janvier 2012 - 13:28

ça a l'air euh... super^^. Je le vois dans la semaine.
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#8 L'utilisateur est hors-ligne   contagion 

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Posté 09 janvier 2012 - 13:30

Voir le messageLarry Underwood, le 09 janvier 2012 - 13:28 , dit :

ça a l'air euh... super^^. Je le vois dans la semaine.


Enjoy :mrgreen:
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#9 L'utilisateur est hors-ligne   san 

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Posté 12 mai 2012 - 19:36

Drame social australien...où on découpe du kangourou devant son garage! !! :mellow: Jamie victime d'abus sexuels incessants, de viols, pense avoir trouvé un pére en la personne de John.

Malheureusement, il est pri dans une série d'expéditions punitives...douteuse, et John dévoile son véritable visage, celui d'une bête, complétement déséquilibré! !!

Film bien glauque en effet (cf la scéne du chien aussi...Kelly), les 2h en laisseront plus d'un sur le carreau. :ninja:

Mention spéciale pour la courte scéne de la stripteaseuse :sweat:
« Obscurité, tu seras dorénavant pour moi la lumière. »

#10 L'utilisateur est hors-ligne   Gutburger 

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Posté 23 août 2012 - 00:41

Mouais bof...

Bon alors le film est surement super, mais c'est moi qui en a un peu marre de ces drames naturalistes indé (ça m'avait fait pareil avec Winter bones aussi, bon film qui m'a quand même saoulé pour les mêmes raisons) dans lesquels tu comprends la scène numéro 3 qu'à partir de la numéro 6. On sait pas trop pourquoi le film s'arrête après cette scène de fin et non pas avant ou après.

Mais bon, les acteurs déboitent, Kurzel fait transpirer les images, on a vraiment pas envie d'être là-bas et on ressent bien la misère à tous les niveaux.

Plein de qualités donc, mais c'est pas mon truc on dirait. 3/6
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#11 L'utilisateur est hors-ligne   Misterpursoup 

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Posté 24 août 2012 - 08:50

Pleins de qualités, sujet supra-intéressant, vraie radicalité, mais en même temps, j'ai trouvé la narration beaucoup trop nébuleuse (d'accord avec Gut là dessus) pour vraiment rentrer dans le truc, et comme toute une vague de ciné' indé' actuelle qui choisit une approche aux frontières du genre et du social, sur des thèmes souvent moralement très puissants (Martha Marcy Machin, Animal Kingdom ou encore Bullhead, j'en passe et des meilleures, oui je mélange tout et je vous emmerde), y'a un manque de rigueur total dans l'écriture (motivations floues, y'a jamais de fin, progression dramatique bancale, mais c'est normal c'est pour capter la complexité du monde) et une complaisance qui m'exaspèrent.

#12 L'utilisateur est hors-ligne   Igor 

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Posté 24 août 2012 - 13:48

Tu trouvait de la complaisance dans l’œuvre générale, ou envers un personnage en particulier ?

#13 L'utilisateur est hors-ligne   Peav' 

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Posté 02 octobre 2012 - 22:21

Voir le messageMisterpursoup, le 24 août 2012 - 08:50 , dit :

Pleins de qualités, sujet supra-intéressant, vraie radicalité, mais en même temps, j'ai trouvé la narration beaucoup trop nébuleuse (d'accord avec Gut là dessus) pour vraiment rentrer dans le truc, et comme toute une vague de ciné' indé' actuelle qui choisit une approche aux frontières du genre et du social, sur des thèmes souvent moralement très puissants (Martha Marcy Machin, Animal Kingdom ou encore Bullhead, j'en passe et des meilleures, oui je mélange tout et je vous emmerde), y'a un manque de rigueur total dans l'écriture (motivations floues, y'a jamais de fin, progression dramatique bancale, mais c'est normal c'est pour capter la complexité du monde) et une complaisance qui m'exaspèrent.


Vu hier, et je rejoins un peu l'avis de Minute Soupe.

J'ai bien aimé l'aspect radical, naturaliste et sans concessions de Snowtown, ainsi que les acteurs crédibles et impeccables, mais bon sang que j'ai galéré à recoller les morceaux au sein des relations familiales/voisinages des personnages du film. Il y a une sorte de volonté de rendre le film planant, mais qui oblige à régulièrement reboucher les trous pour reconstituer le fil de l'histoire. Côté rythme, Snowtown tire un poil en longueur aussi.

Cela dit, l'approche plutôt frontale d'une certaine forme de misère sociale et intellectuelle est glaçante et réussie.

4/6 (:ninja:)
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#14 L'utilisateur est hors-ligne   contagion 

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  Posté 02 octobre 2012 - 22:31

Bah alors ?

(un film l'an, tu optes pour une pelloche rigolarde et primesautière !)
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#15 L'utilisateur est hors-ligne   Evil Seb 

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Posté 03 octobre 2012 - 11:13

Dans le même style mais en encore plus dépouillé, encore plus "autiste" je demande Two Gates Of Sleep sorti tout droit en dvd dans l'indifférence générale en France alors que ça claque sa maman.

Ca rassemble à un mix entre du Dumont, du Weerasethakul, du Tarkovski, une touche de Herzog et de Van Sant période Gerry avec des rednecks.
Andrew Clark : Why do you have to insult everybody?
John Bender: I'm being honest, asshole. I would expect you to know the difference.

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