
Jamie, 16 ans, vit avec sa mère, dans une banlieue où règne chômage et abus sexuels. Sa vie change lorsque John Bunting débarque dans leurs vies. Charismatique, passionnant, Jamie l'admire comme le père qu'il n'a pas connu. Il mettra du temps à comprendre que son mentor est un tueur en série, le plus dangereux qu'ait connu l'Australie…
Pédophilie, inceste, ultraviolence,

Descente aux enfers ultra poisseuse parmi les fucking white trash des antipodes, Les Crimes de Snowtown n'épargne guère son spectateur durant les deux heures piles que s'étale la bobine. Péloche éminemment tendue, qui renvoie aux belles heures d'un certain cinéma nauséeux de tueur en série à la Henry, le film s'ancre dans une description naturaliste d'un milieu en pleine déliquescence, avec pour toile de fond la misère économique et intellectuelle, la débilité congénitale comme atavisme, et l'alcool, la drogue, la bible et la télévision comme seules occupations. John, effrayant prédateur à la mine débonnaire, apparaît au début du film comme une sorte de sauveur, de saint presque, qui extirpera Jamie de son quotidien cloisonné, entre voisin pédophile et grand frère trop violent. Las, le remède s'avèrera infiniment pire que le mal. Le film contient son lot de scène réellement éprouvantes ("stop...again") sans pour autant tomber dans la surenchère graphique putassière. Véritable film de tatoués (littéralement), l'expérience ne laissera pas indifférent le spectateur même endurci. Daniel Henshall compose un pervers absolument glaçant, dont les abîmes de noirceur sont d'autant plus vertigineuses qu'elles se laissent deviner sous un masque de bonhommie et de rondeur pateline. A noter, pour aiguillonner des nerfs déjà bien éprouvés, un remarquable travail sur les sonorités, et une petite ritournelle entêtante et obsédante.
Un film à recommander lors d'un premier rencard, pour une choppe de qualité

5/6

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