
A la base, Tintin est un reporter et cela constitue le sujet de départ des 3 premiers albums puisque, enquêtant en URSS, au Congo et en Amérique, Tintin va se retrouver pris dans différents événements qui le poussent à l'exploration et à affronter, au fur et à mesure de sa progression, diverses bandes de criminels.
Mais c'est à partir du 4ème album que les aventures de Tintin vont véritablement prendre leur ampleur avec des aventures mieux construites : on sent qu'un véritable scénario est mis en oeuvre et qu'il ne s'agit pas simplement de multiplier des péripéties qui se succèdent sans véritable lien logique. Il peut y avoir ainsi des moments plus calmes, avec moins de tensions, l'album le plus représentatif de cet état d'esprit étant Les bijoux de la Castafiore qui se déroule intégralement à Moulinsart.
Les albums de Tintin abordent des sujets variés, souvent en prise avec l'actualité : la crise pétrolière (l'or noir), la conquête spatiale (Objectif Lune et On a marché sur la Lune), les crises politiques et les pronunciamentos permanents en Amérique du Sud... mais sait aussi laisser sa place à l'aventure pure et simple ou à des albums plus poétiques (Tintin au Tibet).
Ce que l'on retient surtout de la BD, hormis sa fameuse ligne claire, ce sont ses personnages : moins Tintin que les personnages secondaires. Les Dupond-Dupont, gaffeurs et incompétents de première catégorie ; Tournesol, l'inventeur génial, sourd et colérique ; Milou, le compagnon de toujours ; l'assourdissante Castafiore ; le peu scrupuleux mais finalement amusant général Alcazar ; Rastapopoulos, normalement enterré dans Le lotus bleu mais qui réapparaît dans les derniers albums comme le méchant récurrent ; et bien sûr, à partir du Crabe aux pinces d'or le plus réussi de tous le capitaine Haddock, son alcoolisme, ses inimitables jurons, son sale caractère mais aussi le fait qu'il a le coeur sur la main (Les bijoux, Coke en stock).
Les relations entre ces personnages apportent beaucoup d'humour à la BD : impossible d'oublier les colères d'Haddock contre Tournesol qui lui fait répéter 100 fois la même chose ou les gaffes des Dupondt. On retiendra aussi les facéties du jeune Abdallah, le sans-gêne de Séraphin Lampion et bien d'autres encore. Tintin ne constitue pas ma BD préférée mais garde encore aujourd'hui un charme et un intérêt évidents qui expliquent son succès et la trilogie que lui consacrent Sielberg et Jackson.

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