Shame - Steve McQueen (2011)
#21
Posté 06 décembre 2011 - 22:54
Mais y'a un petit truc qui me retient de lui mettre plus que 4/6, c'est que j'ai trouvé ça un peu mécanique par moments, surtout lors des scènes où notre gars drague les filles. Y'a un j'ne'sais'quoi qui m'a empêché d'adhérer à 100% à ce qu'on me montrait.
Mais sinon c'est très bien. Fassbender est excellent, même si comme pour ses autres rôles j'ai toujours ce sentiment qu'il ne s'efface pas complètement derrière son personnage. Mais il est bon, et le rôle était tout sauf évident. J'ai eu par contre un vrai coup de coeur pour Mulligan (son alchimie avec Fassbender est naturelle).
Le film est joli, ça développe un certain spleen, un petit blues qui reste jusqu'à la fin.
C'est très bien vu, très bien écrit, très bien joué. Manque juste quelque chose pour en faire un vrai classique, mais en l'état c'est parfaitement recommandable.
#22
Posté 07 décembre 2011 - 00:02
J'espère qu'il est à la hauteur des espoirs qu'il avait placé avec Hunger, un des plus grands films de ces dernières années !
#23
Posté 08 décembre 2011 - 01:11
Confirmation après Hunger d'un réel talent.
D'accord au passage avec Cooper concernant deux scènes en dessous du reste, moins immersives.
Le film reste en tête longtemps après la projection et mûrit bien, très bien même... Je me passe la superbe bande originale en boucle.
Seconde vision prochainement.
#24
Posté 08 décembre 2011 - 20:25
#25
Posté 08 décembre 2011 - 21:35
Puis je l'ai retrouvé dans "X-Men le commencement" où il endossait cette fois le rôle de Magneto dans sa jeunesse, du camp de concentration où un SS voulait utiliser ses capacités de télékinésie à des fins obscures.
Enfin "Shame" (que je n'ai pas encore eu la chance de visionner, mais cela ne saurait tarder...), et dont la bande-annonce donne vraiment très envie, surtout que c'est apparemment une belle facette de son talent qu'il déploie, puisque au-delà de son rôle de zizi ambulant à tête chercheuse, il a dû chercher au fond de son âme la partie la plus noire et perverse pour donner de l'ampleur à son personnage, et pour conclure en ajoutant qu'effectivement la musique est magnifique...
#26
Posté 13 décembre 2011 - 23:47
C'était donc, comme à chaque fois dans ce genre de cas, un gros risque de déception; ou une bombe nucléaire assurée. Sauf que, finalement, le résultat ne penche ni d'un côté ni de l'autre. Entendre que j'ai trouvé ça très bien, mais pas aussi génialo-grandiose qu'annoncé. Si de nombreuses séquences sont absolument sublimes et l'audace du film en effet payante, d'autres passages accusent des coups de mou qui empêchent le film d'atteindre les cimes prévues (j'ai un peu somnolé pendant un passage vers le début, notamment autour de la "fameuse" scène où Mulligan chante "New York New York", que j'ai trouvée plus chiante que belle). De même, il recourt parfois à certaines facilités et surtout à des démonstrations grossières pour bien appuyer son propos. C'est bon, on a bien compris que c'était dark, que l'addiction sexuelle c'est une maladie, que le personnage est inadapté à la société... c'est pas forcément la peine de nous le montrer à genoux sous la pluie pleurant sur un quai désert dans un survet' mité pour appuyer l'effet.
Il n'empêche, si on reprend les éléments avancés, et qu'on met de côté ses menus défauts, le film accumule les gages de qualité.
Le réalisateur, donc, Steeve Mc Queen. Rien à voir avec "l'autre", celui-là est un plasticien anglais qui signe ici son second film, après le très remarqué "Hunger", qui mettait déjà en vedette Fassbender. Pas vu ce premier film, mais beaucoup lu/entendu sur sa réalisation, son visuel, ses murs de cellule maculés de merde... Avec "Shame", le réalisateur livre à nouveau une splendeur visuelle de toutes les instants, un film d'une maîtrise technique effarante, mélangeant froideur des décors et couleurs chaudes des éclairages. D'une beauté incroyable, le film est une suite de tableaux réhaussés par une réalisation nickel.
Les scènes de cul, ensuite. Ce n'est pas peu dire que la représentation du sexe à l'écran est une interrogation constante du cinéma contemporain. Et Shame marque une nouvelle étape dans ce domaine, en parvenant à concilier sans cesse la représentation crue du sexe et leur utilisation comme métaphore de l'état physique et mental du héros. A la fois très chaudes et cliniques, explicites et sombres, les scènes de cul du film ne sont pas un gadget ou de la fausse provocation du réalisateur, mais bien l'alliance parfaite entre le fond et la forme.
Ces scènes, comme tout le film, sont portées par l'interprétation tout bonnement "autre" de Michael Fassbender, exilé très loin sur la planète de l'acting parfait. C'est vraiment son année, après un rôle qu'on pourrait qualifier d'alimentaire dans le dernier X-Men - mais où il était encore une fois excellent - et avant le Cronenberg qui sort mercredi prochain. Rappelons qu'il avait auparavant explosé dans "Hunger", donc, "Inglorious Basterds" de Tarantino, et qu'il était même, il y a longtemps, le seul éléments positif du mauvais "Angel" d'Ozon (bon, d'accord, avec la plastique de Romola Garaï). Là, c'est peu de dire qu'il donne tout à son réalisateur et à l'exigence d'un rôle ultra difficile. Ce qui ressort avec évidence dans les nombreuses scènes de nu (ou de la vie de tous les jours quand il va pisser ou qu'il prend son petit déjeuner) ou les scènes extrêmes (ses branlettes un peu partout, la boîte gay...); mais ne doit pas éclipser la justesse de son jeu dans les scènes plus soft.
Du coup, Fassbender éclipse un peu Carrey Mulligan, qui est elle aussi parfaite dans le rôle de sa soeur à la vie compliquée (étonnant !). Les autres ne sont finalement que des faire-valoir, tous très bons, mais dont l'utilité scénaristique n'est que de graviter autour du couple frère/soeur central.
La musique, donc, déchire. On peut goûter à 12 minutes d'extase musicale tirée du film ici : https://www.youtube....watch?v=RU2isKn ... re=related
Reste la critique. Tout le monde est d'accord pour s'extasier devant la performance de l'acteur principal (et de Mulligan), pour louer les recherches visuelles du réalisateur (même si certains retournent ses qualités contre le film, en parlant de "trop de contrôle et de froideur"... comme si c'était un reproche valable !
Il y a quand même le grand débat autour du film : est-il moralisateur ou non ? Oui, le personnage ressent son addiction au sexe comme une maladie; oui il est malheureux de sa "condition"; oui, le titre du film accrédite cette idée de punition sexuelle... Mais on peut aussi y voir une version cinématographique des romans de Bret Easton Ellis, où le mal-être de l'homme moderne s'incarne dans le sexe (réel ou virtuel, sous toutes ses formes, partout et tout le temps) plutôt que la drogue ou le meurtre comme chez BEE. Surtout, le film se termine sur une sorte de "suspens", et à mon avis, tout le discours par rapport à son éventuelle morale se déroule à ce moment là, suivant la manière dont chaque spectateur va résoudre ce suspens, au moment où l'écran devient noir. Je dirais donc bien que c'est les gens moralisateurs qui y verront un film moralisateur - personnellement je préfère imaginer le personnage se levant et sortant (je n'en dis pas plus) plutôt que restant assis.
Note = "When I'll have fucked you hard in the ass, I will put my balls in your mouth and cum to your face" - 5/6
#27
Posté 14 décembre 2011 - 14:16
Oui moi c'était pareil avec Drive...
#28
Posté 14 décembre 2011 - 17:51
Beaucoup de gens parlent de la beauté esthétique des images, et c'est totalement justifié.
Mais j'ai quand même entendu des trucs du style "Steve McQueen, ce n'est pas un vrai cinéaste, c'est un artiste contemporain".
Et bien je suis désolé, mais je trouve que ce mec arrive à raconter des tas de choses très complexes juste avec des images et des sons, sans avoir forcément besoin de passer par des dialogues.
Tout passe par les regards, les gestes et les silences.
Et moi je trouve que c'est justement ce qui fait de McQueen un (vrai) cinéaste absolument remarquable.
Bizarrement, peut-être, ça m'a fait penser à "Two Lovers" de James Gray (dans la manière d'aborder des sentiments masculins complexes, sans doute).
Bon, et en plus le thème musical principal de Harry Escott est magnifique: direct dans l'iPod.
Bonjour.
#29
Posté 15 décembre 2011 - 00:05
RogerMoore, le 14 décembre 2011 - 17:51 , dit :
Ouais, ça c'est vraiment n'importe quoi. C'est quoi un cinéaste, pour eux ???
(ça doit être les mêmes qui critiquent "trop de maîtrise" dans le film. J't'en foutrais, moi...)
#30
Posté 15 décembre 2011 - 11:10
RogerMoore, le 14 décembre 2011 - 17:51 , dit :
Salut la forme ?
RogerMoore, le 14 décembre 2011 - 17:51 , dit :
Ah ben merci, 9€ d'économisés (en ces temps de rigueur ça fait toujours plaiz').
Charlie Sheen

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