L'Ordre et la Morale - Mathieu Kassovitz (2011) Dommage que Polisse soit la "claque de l'année" !
#31
Posté 18 novembre 2011 - 19:39
No réactions dans la salle, les lumières s'allument je me lève en premier et bloque la sortie et c'est moi qui gueule:" maintenant que la lumière est allumée et que moi je me cache pas dans le noir, l'imbécile qui a dit ça peut le dire face à moi et passer". Résultat silence complet et personne bouge. (Une bonne trantaine de personne dans la salle).
Sinon très bon film pour ma part.
#32
Posté 18 novembre 2011 - 19:53
Vin Boss, le 18 novembre 2011 - 19:39 , dit :
No réactions dans la salle, les lumières s'allument je me lève en premier et bloque la sortie et c'est moi qui gueule:" maintenant que la lumière est allumée et que moi je me cache pas dans le noir, l'imbécile qui a dit ça peut le dire face à moi et passer". Résultat silence complet et personne bouge. (Une bonne trantaine de personne dans la salle).
Sinon très bon film pour ma part.
Et si tu ressemble à ton avatar, je comprends encore mieux
Bravo à toi !
#34
Posté 18 novembre 2011 - 23:45
Mccoy, le 18 novembre 2011 - 11:47 , dit :
C'est surtout chiant d'entendre ce genre de critique alors qu'on est pas d'accord du tout surtout.
Je trouve que la réal de Kassovitz est comme il dit assez en retrait. J'ai pas vu de truc WTF, les seuls scènes qui font appel à des effets de mise en scène "tape à l'oeil" sont amplement justifiées (a savoir le flash back et l'assaut). La miss là elle parle d'effets qui surlignent tout le bouzin
C'est l'école Bégaudeau avec son axiome principal : la mise en scène, c'est fasciste.
Le film est très bon, clair, pas manichéen, et mis en scène ( les deux plans séquences ont un sens, ils ne sont pas là pour faire malin et beau ). En plus, il donne envie d'en savoir plus sur le sujet, histoire de faire son avis.
#36
Posté 19 novembre 2011 - 23:30
Palamède Charlus, le 18 novembre 2011 - 23:45 , dit :
Le film est très bon, clair, pas manichéen, et mis en scène ( les deux plans séquences ont un sens, ils ne sont pas là pour faire malin et beau ). En plus, il donne envie d'en savoir plus sur le sujet, histoire de faire son avis.
Et moi qui croyais que ça datait de Bazin /Rivette, voire même de Auriol et donc du début de la critique cinématographique française.
Heureusement que tu es là pour résumer super bien une réflexion partagée depuis plus de 70 ans par plein de personnes.
Et de le faire partager avec une finesse telle qu'on comprend pourquoi tu n'aimes pas les commentateurs de chez Ruquier.
(quitte à faire du résumé de ce genre de pensée, ce serait plus juste de dire que toute mise en scène est une affaire de morale)
Par ailleurs entre "la mise en scène" en général , et "la mise en scène/reconstitution d'évènements réels", je pense qu'il y a peut être des problématiques légèrement différentes...
#37
Posté 20 novembre 2011 - 20:01
vaughan, le 19 novembre 2011 - 23:30 , dit :
Palamède Charlus, le 18 novembre 2011 - 23:45 , dit :
Et moi qui croyais que ça datait de Bazin /Rivette, voire même de Auriol et donc du début de la critique cinématographique française.
Heureusement que tu es là pour résumer super bien une réflexion partagée depuis plus de 70 ans par plein de personnes.
De Begaudeau :
Jeunet est un cinéaste de la maîtrise, c'est pour ça que moi je ne trouve pas ça du tout sympa. C'est un cadrant.
a propos de Cineman, de son pote Moix : au moins ça c'est un vrai film bordélique, vraiment. Mal foutu, bancal, etc. J'aime bien parce qu'au moins ce ne sont pas des gens qui sont dans la fantaisie nazie quoi.
Ce que j'appelle nazi c'est la maîtrise
ça m'étonnerait que Bazin et Rivette aient sorti de telles conneries. Encore que, le propos de Rivette sur Kapo pourrait à mon avis se rapprocher de cette bêtise.
Je ne faisais que moquer ce mépris, d'une certain critique médiatique française, pour la maîtrise cinématographique et pour la volonté de certains cinéastes de faire une belle image. Qu'une mise en scène soit affaire de morale, certes, mais qu'une mise en scène puisse être qualifiée de nazie, c'est prendre ses auditeurs lecteurs pour des demeurés et n'avoir que deux neurones dans le cerveau.
A part ça, il est vrai que j'évite les émissions de Ruquier comme la peste.
#38
Posté 20 novembre 2011 - 23:44
Déjà le film assume totalement sa nature de fiction, de "vérité parmi d'autres", posant sa subjectivité narrative par son recours au hors-champ et à la voix off.
Au milieu, trop de stylos, trop d'écriture "porteuse de sens", de la redite, de la manipulation un peu grossière (sur-humanisation des agresseurs, diabolisation des politicards, façon 2 couches valent mieux qu'une).
Mais le film s'ouvre et se ferme sur des moments de cinéma vivants, intenses, stupéfiants.
J'ai par ailleurs été agréablement surpris par le réalisme de la reconstitution, alors qu'il n'a pas pu tourner sur place.
Le grand art côtoie le tout petit dans ce film.
Forcement, le 1er l'emporte.
4/6
#39
Posté 21 novembre 2011 - 11:51
Palamède Charlus, le 20 novembre 2011 - 20:01 , dit :
A part ça, il est vrai que j'évite les émissions de Ruquier comme la peste.
Mouais, enfin personne avant que tu arrives n'a parlé d'un rapprochement mise en scène/fasciste, encore moins chez Ruquier (par contre, on a entendu dire qu'elle était orientée et par certains malhabile, pas finaude)
Les 3 gars que je citais non plus, d'ailleurs, ils ont parlé à propos de cadres/d'effets de montage, d'un aspect immoral, abject, voire d'un totalitarisme de l'image (pour un terme explicitement politisé), si pour résumer un discours, tu évoques toi même le fascisme pour ensuite me refourguer des extraits pourris de Bégaudeau où il utilise même pas le mot fascisant mais le mot nazi à tort et à travers...
Je rappelle juste que des critiques sur la base de "tel évènement de montage ou cadre est moralement limite, voire peut faire écran", c'est loin d'être quelque chose de nouveau, qu'on peut orienter avec la mise en scène et faire ressortir un aspect puant,même avec les meilleures intentions au travers de ce qu'on a pu qualifier de prise d'otage du spectateur (ou de totalitarisme de l'image donc), ca fait longtemps que c'est une base de la critique. Que c'est pas tant la maitrise (ou efficacité, après faut interroger les liens entre l'un et l'autre individuellement pour chaque "maitrise, ainsi que le discours qui les sous tend) que la maitrise au service de, et là, je rappelle aussi que ce sont de faits réels dont on parle. Et c'est ce qui est évoqué dans l'extrait posté, voilà c'est tout.
Quitte à évoquer un pro des comparaisons pas forcément habiles, citer Daney serait peut être plus pertinent qu'un paumé comme Bégaudeau qui n'est que (mauvais) dépositaire de ce genre de pensée.
Puis citer la pensée plutôt que des slogans, surtout quand on se plaint que justement certains brandissent cette perspective comme tel.
#40
Posté 21 novembre 2011 - 16:08
Citation
Âgé de 26 ans en 1988, Bernard Meunier faisait partie de la quinzaine de membres du GIGN envoyés sur place pour libérer les gendarmes pris en otages par des indépendantistes. Lui-même se retrouve otage avec cinq autres camarades et est retenu dans la grotte d'Ouvéa pendant huit jours. Son récit des événements diffère sensiblement de la version livrée par le film de Mathieu Kassovitz, et de celle du capitaine Legorjus, chargé des négociations.
Le Point.fr : Quand la prise d'otages éclate, vous êtes envoyé à l'autre bout du monde pour une mission inhabituelle. Comment se déroulent vos premiers pas sur l'île d'Ouvéa ?
Bernard Meunier : Nous sommes quinze hommes du GIGN fraîchement débarqués. Premier objectif : rechercher la grotte, via Gossanah. Un certain nombre de ravisseurs sont en effet originaires de ce village. Sur place, on interroge la population, mais les gens refusent de nous donner le moindre renseignement. Le troisième jour pourtant, un des vieux du village vient nous trouver : "On va vous emmener sur place, on fera coutume avec eux, et vous essaierez de leur parler. Il faudra de toute façon aller sur le terrain de la négociation." Eux aussi en avaient marre de cette histoire, des perturbations qu'elle occasionnait dans leur vie.
Vous vous mettez alors en marche dans la jungle pour entrer en contact avec les preneurs d'otages. Et au bout de plusieurs heures vous repérez leur planque. Comment êtes-vous accueillis ?
Par des coups de feu. Nous sommes en effet vite repérés par les gardes, qui blessent un des nôtres. Nous nous replions et décidons de revenir le lendemain, mieux équipés. Très vite nous sommes rejoints par Jean Bianconi, le substitut du procureur. Il a pu fixer un rendez-vous un peu plus tôt avec Dianou [le chef des preneurs d'otages, NDLR] par radio. Déterminé, il part à sa rencontre. Spontanément, le capitaine Legorjus court le rejoindre. Pendant deux heures, nous n'avons aucun contact avec eux, quand soudain on entend hurler. Samy, un gendarme mélanésien, nous rejoint et nous explique la situation : "Legorjus a dit qu'il était accompagné de six hommes. Les ravisseurs veulent voir six armes. En cas de refus, le militaire que vous avez entendu crier sera exécuté, suivi d'autres."
Que décidez-vous de faire ?
Nous possédions chacun trois armes : six sont rendues inutilisables et données à Samy, qui fait la navette. Puis les otages volontaires, dont je fais partie, s'avancent un par un à la rencontre des gardes kanaks. Sur place, je découvre un paravent rocheux sous lequel s'abritent une vingtaine de gendarmes mobiles. J'aperçois le magistrat Bianconi, Legorjus. Comme eux, nous sommes rapidement ligotés, pieds et mains liés, après avoir été mis à nu et fouillés.
Pendant ce temps, que font vos collègues restés en arrière ?
Pour éviter que les indépendantistes ne découvrent combien nous sommes réellement, ils décident de reculer. Mais dans le feu de l'action, un sac à dos est laissé sur place, inévitablement retrouvé par les Kanaks. À l'intérieur, ces derniers découvrent des combinaisons d'intervention GIGN, avec l'écusson bien visible. Là-dessus les ravisseurs comprennent à qui ils ont réellement à faire. On nous menotte deux par deux et on nous fait descendre dans le trou. Nous sommes ainsi séparés des autres gendarmes et subissons alors des conditions de vie encore plus difficiles. Dans la nuit, Legorjus parvient à se faire libérer pour initier les pourparlers avec le gouvernement français. À ma connaissance, et contrairement à ce que montre le film de Kassovitz, il n'est jamais revenu à la grotte. En revanche Bianconi, lui aussi libéré, avait imposé de pouvoir nous visiter tous les jours.
Et les jours passent...
Et Bianconi tient promesse. Il apporte quotidiennement à boire, des informations, et prend la "température locale". Il voit notre état de santé se détériorer, faute de nourriture. On perdait un kilo par jour. La détresse morale se faisait sentir aussi : régulièrement Dianou et ses hommes descendaient nous faire des sermons politico-mystiques, exerçant des simulacres d'exécution... On voyait par leurs propos irrationnels qu'ils iraient jusqu'au bout, prêts à mourir les armes à la main si Mitterrand ne venait pas en personne signer leur indépendance ! Une version confirmée par le rapport de la Ligue des droits de l'homme. Informées, les autorités comprennent que seul un assaut permettra de dénouer la situation. Bianconi nous apprend qu'une intervention est programmée pour le lendemain. La veille de l'opération, il réussit à nous faire passer deux pistolets, dissimulés entre ses jambes ! Ces armes permettront de sauver l'ensemble des otages.
Le Jour J arrive, comment se déroule l'attaque ?
Avant l'attaque, on essaye d'avertir les gendarmes de ce qui se prépare. Tâche difficile, car plusieurs sont atteints du syndrome de Stockholm. Prétextant une météo très agitée, nous tentons alors de les convaincre de dormir dans la grotte, afin de les "mettre à l'abri". La majorité nous écoute. Quand finalement l'assaut est lancé, nous ne voyons rien mais entendons tout de l'affrontement, qui durera de 8 heures à 13 heures. À deux reprises, les Kanaks nous canardent au fond de la grotte, nous obligeant à répliquer pour nous défendre. Pendant ce temps, les militaires progressent et finissent par arriver à l'entrée de la cavité. Ne sachant pas exactement qui se trouve à l'intérieur, et ne voulant pas apparaître comme des cibles faciles, le GIGN balance du gaz lacrymogène pour faire sortir tout le monde. Les Kanaks se retirent les armes à la main, puis l'on entend une voix venant du fond de la grotte, qui nous dit de venir. Nous comprenons qu'il y a une autre issue où nous attendent nos collègues. Les GIGN otages organisent l'évacuation des gendarmes. En début d'après-midi, nous sommes évacués sur St-Joseph.
"L'ordre et la morale" dénonce des exécutions sommaires commises par les militaires ? Qu'en est-il ?
Ce sont des rumeurs qui ont commencé à circuler par la suite, jamais prouvées. Kassovitz prétend avoir enquêté pendant dix ans sur cette affaire afin de tourner un film documentaire, presque historique. Il dit avoir rencontré des militaires, mais selon moi, il n'a parlé qu'à Legorjus. En relisant les procès-verbaux d'époque, on voit bien que le capitaine récuse ces accusations et les qualifie de "pur fantasme". Pourtant, 23 ans après, il change sa version. Peut-être une façon d'apaiser sa conscience ?
D'autres incohérences apparaissent selon vous dans ce long-métrage ?
Il y aurait beaucoup à dire. Par exemple, sur cette thèse qui voudrait que lors de l'occupation de la gendarmerie de Fayaoué, l'intention des indépendantistes était pacifique. Ils sont venus à 35, armés, dans une garnison où la plupart des hommes ne l'étaient pas. Ils ont profité de leurs bonnes relations avec eux pour les tromper, puis les tuer et les finir à l'arme blanche !
Le capitaine Legorjus est au centre de l'intrigue. Comment le perceviez-vous ?
Legorjus est présenté comme une sorte de héros, alors qu'il enchaîne les ratés dans cette histoire. Il a donné aux ravisseurs des otages supplémentaires, et s'est livré lui-même ! On ne peut pas commander, négocier, et être otage en plus ! Legorjus prétend par ailleurs qu'il était sur le point d'aboutir à un compromis en faisant venir une équipe de journalistes pour l'interviewer. Cela aurait juste contribué à grossir les rangs des otages... Jean Bianconi, lui, passe presque pour un idiot. Alors que s'il y a un héros dans cette histoire, c'est bien lui.
http://www.lepoint.f...-sa-version-19…
C'est bien d'avoir le point de vue de ce gendarme, ancien otage qui nous livre la vérité des faits!
#41
Posté 21 novembre 2011 - 18:25
#42
Posté 21 novembre 2011 - 18:50
Donc, le "jamais prouvé", ça me fait doucement sourire.
J'ai l'impression que beaucoup cherche à se dédouaner et à régler des comptes à travers cette affaire. Donc, le film ne serait pas "fidèle aux faits" ? Lesquels ? Ceux vantés par le ministre et les chefs d'armée de l'époque ? Ceux des autochtones ? Ceux de Legorjus ?
On peut pas reprocher à Kasso d'avoir un point de vue sur un fait-divers, surtout quand la majorité des témoignages se contredisent. C'est pas du révisionnisme, dans le sens où personne ne sait exactement ce qu'il s'est passé, et chaque acteurs et témoins de ce drame sont au final très partisans d'une cause (armée, kanak, politique, etc.), donc plus que manipulés dans leur parole.
Je pense que la vérité sur cette affaire, on peut se la foutre au cul.
(et parler de "rumeurs" alors même que l'état accusait, via les médias, les kanaks de décapitation à la machette et de viols lors de la prise de la gendarmerie... sans commentaire)
Et sinon on s'en bat les couilles de ce que le film "raconte", finalement. C'est pas l'évangile mais du cinéma.
Et dans cette optique, c'est plus que réussi.
#43
Posté 21 novembre 2011 - 18:59
Quand j'étais petit on m'avait raconté que les kanaks avait coupé les bites des gendarmes et les leur avait fait bouffer vivants... pour vous dire...
LA vérité, la saura-t-on un jour ?
Peu importe que Legorjus fantasme, le plus important c'est que le film, lui, est honnête puisque qu'il ne se présente justement pas comme "LA" vérité mais comme une version de celle-ci, entièrement assumée via la narration.
#44
Posté 21 novembre 2011 - 19:01
Docteur Fu Manchu, le 21 novembre 2011 - 18:50 , dit :
Voilà (et c'est valable pour plein d'autre faits divers)

"I don't change my style for anybody. Pussies do that. " Michael Fucking Bay
#45
Posté 22 novembre 2011 - 10:46
Citation
Citation
Ouvéa, c'est qd même un peu plus qu'un fait divers.

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