dj fest, le 22 mai 2012 - 17:07 , dit :
Tu remarqueras vaughan que je n'ai pas fait de hiérarchisation entre les différents styles (Kasso, Pialat, tout ça). Simplement il me paraît clair que certains metteurs en scènes prennent le soin de transmettre un peu plus que la simple localisation des personnages dans le décor (ce qui n'est pas, me semble-t-il, le cas dans Joséphine Ange Gardien). Ca passe aussi, bien sûr par le montage (ça non plus personne ne l'a nié).
Oui mais au final, comment tu vois qu'un réal prend le soin de transmettre plus que la localisation, l'action, la perception, l'affection d'un perso?
Surtout si ce n'est pas ostensible.
Ou si le plan a besoin d'un autre situé à l'autre bout du film pour être compris...
Et qu'un autre lieu commun, ce serait de dire qu'une mise en scène plus invisible serait moins porteuse de sens. Habituel celui ci. Tu ne le fais pas, mais en placant Kassovitz en outsider en France, tu le fais par défaut. Genre, c'est des champ-contrechamp/tourné façon reportage de france 2/des plans fixes pas cadrés (à compléter) donc c'est paresseux, moins productif. Tu ne pourra pas nier que c'est aussi basé sur des jugements de valeurs, l'appréciation d'une mise en scène, à moins de l'avoir analysée.
Et d'analyser les effets produits. Par exemple, une seule idée, si elle correspond à 50 gestes de mise en scène,aussi différents soient ils, l'effet, c'est aussi que j'ai l'impression qu'on me martèle avec un marteau piqueur le crâne. Surtout si je l'ai compris la première fois. D'autant plus si je le comprends à chaque fois.
Je pourrais te rétorquer qu'un plan qui donne son intention "cachée" au spectateur de façon instantanée, comme Kassovitz en fait plein, surtout quand ça ne produit rien d'autre qu'un commentaire sur l'action (bref que c'est pas si productif), c'est pas franchement ce qui transmet le plus, on peut même trouver ça très béta. Ca vaut pas beaucoup plus qu'un plan de Joséphine Ange Gardien sur la petite fille qui regarde un oiseau tombé du nid pour montrer qu'elle est triste et seule au monde (et il doit bien y en avoir des comme ça).
C'est pas d'une sophistication folle. Que si on a désigné pas mal de cinéastes français ayant émergé des 80's/90's, dont Kassovitz, comme des gens à l'esthétique clip et publicitaire, c'est aussi pour des questions de sens justement, autant que pour des raisons d'esthétique. En gros qu'une image avec une intention ultra lisible, qui se suffit quasiment à elle même, c'est la quintessence de l'image publicitaire.
Jusqu'à présent, là ou j'ai trouvé Kassovitz le plus à l'aise, c'est quand il réduit son sens à bien placer ses personnages, le décor et tout organiser. Sérieusement. Et ce n'est pas un mal. Dans les rivières pourpres, par exemple.
Tout ce qu'il a fait à côté, je trouve ça franchement que c'est complètement neuneu, en plus d'être souvent limite. Tu parlais de contresens, ben justement.