Posté 03 mai 2012 - 11:23
Pure tuerie.
Je passe vite fait sur le seul défaut du film à mes yeux : l'inreprétation inégale. Pour un Kasso excellent on a tout de même droit à un ou deux seconds rôles à côté de la plaque (notamment le général de l'armée qui manque franchement de naturel). Sinon RAS, ça défonce tout.
Il faut déjà saluer l'intelligence de Kassovitz, qui a su ne pas se perdre dans les méandres d'un script qui pouvait facilement l'entraîner dans un débat sur la bien-fondé de la lutte des indépendantistes et sur la légitimité de la présence française en Nouvelle-Calédonie. Ici cette question ne transparaît qu'au travers des motivations des personnages, et donc dans un but strictement narratif. Le film se concentre en fait avant tout sur deux questions intimement liées : la fin justifie-t-elle les moyens ? Jusqu'à quel point un bénéfice à court terme peut-il engendrer un désastre sur le plus ou moins long terme ? Les thèmes de la temporalité (notamment dans le décalage entre temps réel et politique) et des conséquences de chacun de nos actes sont donc véritablement au coeur du dernier Kasso.
Maintenant on va pas se le cacher, ce qui frappe avant tout à la vision du film c'est la claque de mise en scène qu'on se prend dans la gueule. A ce niveau-là, Mathieu Kassovitz remet les pendules à l'heure en signant tout simplement son film à la fois le plus audacieux et le plus maîtrisé. Il faut voir la manière dont il exploite les décors, avec ces scènes de jungle dignes de Predator, comment il permet au spectateur de reconstituer les événements au moyen d'un plan-séquence hallucinant ou comment il le plonge au coeur d'une fusillade de manière totalement immersive... C'est énorme.
Niveau rythme rien à dire, on est tellement collé au personnage principal et aux choix impossibles qu'il doit faire que la tension ne faiblit pour ainsi dire jamais. Les réunions d'état-major et autres négociations politiques sont autant de moments-charnières édifiants, quand les passages plus mouvementés sont tous tendus comme un string de Scarlett Johansson. Quant à la musique de Jean-Pierre Cussion ("Boum !"), elle est un poil limitée sans qu'à aucun moment ça ne soit gènant, le film ne nécessitant pas vraiment plus à ce niveau-là.
Continue à enculer le cinéma français et ses films de merde Mathieu, ça te va bien.
9/10
Mourir, c'est pour les idiots.
Charlie Sheen