
(NdOZ: Pour consulter le topic en preview, c'est par ici: http://www.mad-movie...showtopic=19953)
Bon, on va pas y passer cent sept ans, Conan 2011 de Nispel, c'est très mauvais et ça ne fait que confirmer le fait qu'il a eu un coup de bol sur Texas Chainsaw et qu'en réalité ce mec est tout simplement un bon à rien.
Parce que ne vous faites pas d'illusions, il n'y a vraiment rien à sauver de son film. Je précise que je n'ai pas vu le film de Milius depuis au moins 5 ans et que même si je l'aime beaucoup, je ne suis en aucun cas un fan intégriste du premier Conan ciné. Je me disais même que faire revivre le personnage n'était pas une mauvaise idée en soi.
Mais au final c'est une bonne idée qui engendre une malformation cinématographique infâme. Un rejeton dont personne ne devrait vouloir endosser la paternité tant il est affligeant de laideur et de manque d'identité. Conan 2011 n'est pas un film, c'est un melting pot avarié, l'improbable rencontre entre Pirates de Caraïbes, Prince of Persia, Asterix et Obélix (version Jean-Marie Poiré) et LOTR (ah et du Choc des Titans de Letterier aussi, j'avais oublié!), le tout saupoudré de deux, trois plans sensiblement gores et de quelques gerbes de sang ça et là histoire de se la jouer badass. Tout cela n'est au final que désodorisant bon marché pour masquer l'odeur de caca.
Après une scène d'intro en voix off à l'imagerie kistch au possible, le ton est donné: rien de ce qu'on voit à l'écran ne semble vivant. Tout sens le numérique de mauvais goût et la direction artistique dont la vacuité semble reliée à l'immensité du cosmos.
On est devant une attraction de parc à thème avec les décors en carton-pâte et les figurants mollassons qui vont avec.
Les premières minutes du film (celles qui suivent l'intro) avec le jeune Conan sont de loin les plus appréciables du film de Nispel. Malgré un village barbare aux airs de village gaulois de pacotille on s'amuse devant les péripéties du jeune Conan, enfant sauvage tête à claque né dans le sang de sa mère et élevé à la rocailleuse par son chef du village de père (Ron Perlman qui fait tièp').
Enfin le village est attaqué, le pater crève, Conan crie vers le ciel, il est pas content, il s'en va devenir un barbadass et là... Enter JASON MOMOA! Et, ô dieu tout puissant les amis, comment vous dire à quel point ce type est une brèle dans le rôle de Conan. Peut-être qu'ailleurs il est bien, j'en sais rien et à la limite je m'en bas les reins contre un lampadaire mais en Conan, non!
Certes il a la carrure (et encore...). L'apparat aussi peut faire illusion si on oublie la tendance fête foraine de l'ensemble, mais voilà, c'est pas Conan. Dès le départ, on se dit qu'il est trop propret, trop lisse. Et assez vite c'est encore pire: il fait des blagues, des sourires en coin et des clins d'oeils de surfeur aux putes mais jamais avec le côté brut et qu'on pourrait attendre du perso. Téstostéronné oui, mais à la créatine.
Même lorsqu'il en vient aux mains, si Momoa fait preuve d'une jolie technique niveaux combats, ses rigolades de pirate et ses punchlines moisies lui ôtent toute capacité à dégager la classe brutale et violente du Cimmérien.
Et cette décontraction fumante du perso se retrouve également dans le scénar, la mise en scène et les personnages secondaires (mention spéciale à Said Tagmaoui. Plus ridicule tu crèves les tripes à l'air).
Le travail de Nispel sur le suspense, la tension et l'épique atteint le niveau zéro. On se fout royalement de savoir si Conan va venger son père ou pas. D'ailleurs le méchant de service (cabotiné à outrance par Stephen Lang) est tellement ridicule avec sa clique de vilains plus inefficaces les uns que les autres qu'on n'a même pas peur une seconde pour son avenir ou celui de son love interest, la craquante mais invisible Rachel Nichols. On avait limite plus peur de ce qui allait arriver à son casting d'ados lamentable dans Friday 13th que dans Conan le Barbare.
Et en parlant de Rachel Nichols, je reviens vite fait sur un point crucial du film: l'histoire entre Conan et Tamara, si mal amenée, si pathétique dans ses dialogues et dans sa mise en place que c'est est désolant. On n'a strictement rien à foutre de leur histoire sachant que dès le départ, de toute façon, on n'y croit pas (En gros, un vieux moine dit: "Tu vas rencontrer un guerrier et tu vas le kiffer, Tamara." Tamara, d'un air de biche étonnée: "Ah? hummm, interessant." Arrive Conan. Ils s'engueulent. Ils s'aiment pas. Puis ils s'aiment bien. Puis ils niquent. Génial!)
Le personnage de Tamara évoque inlassablement ces fausses "femmes fortes" qui ne comprennent pas ce qui leur arrive mais sont en revanche capable d'empaler des guerrier ennemis en armure sans faire exprès et en faisant la moue. Dans Indiana Jones ça fonctionne très bien. Sauf que là ça ressemble plus à Keira Kgightley dans Pirates des Caraïbes qu'à autre chose.
Je ne m'étendrai pas sur la scène de cul dont je n'ai vu que quelques secondes parceque j'étais occupé à:
a) Regarder ma montre.
c) Jeter des coups d'oeils dans la salle pour voir si j'étais le seul à trouver ça à chier.
C'est d'ailleurs après ce court instant que j'ai essayé de me remettre dans le film avant de finalement abandonner tout espoir, me contentant de suivre mollement l'action jusqu'au générique.
J'en ai profité pour me concentrer un peu sur le score qui ferait passer le dernier single de Mika pour du Chopin et me suis aperçu que je n'adhérais finalement à rien du tout dans ce film, même pas à Rose Macgowan que pourtant j'aime bien (mais qui ici est à l'image du reste du casting, à savoir très mauvaise. Au moins ya une constante, là dedans)
Je pourrais continuer d'énumérer toutes les atrocités visuelles auxquelles j'ai dû faire face pour voir le bout de ce navet de championnat mais j'ai la flemme. Comme ce vieux Marcus à visiblement eu la flemme de chercher plus loin que l'idée de faire un film sur un barbare de légende. Il a dû se dire que ça suffirait à faire un truc bien couillu. Et ben c'est raté.
Nispel n'a certainement pas livré un film de Dark Fantasy passable, encore moins un film de Barbare énervé (Pathfinder y ressemblait plus que ce machin) il a juste apporté une contribution honteuse à la légende d'un personnage qui ne méritait pas un tel traitement.
Ne voyant vraiment pas quoi sauver de ce malheureux naufrage, c'est parti pour un vilain 0/6.
Dans ta gueule Nispel. T'es vraiment un sacré tocard. Même Uwe aurait fait mieux!

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