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La Colline aux Coquelicots - Goro Miyazaki (2011) Kokuriko-zaka kara, le nouveau Ghibli
#1
Posté 15 décembre 2010 - 13:58
Le fils d'Hayao Miyazaki signe donc son deuxième film pour le studio avec quand même le maître au scénario. Espérons que ce soit mieux que Terremer...
#2
Posté 20 janvier 2011 - 22:53

na !
Citation
Je ne sais pas où ça en est, mais on en parle ici
SEX SHOP WONDERLAND (BD - sortie 2013) --> http://sexshopwland.canalblog.com/
#3
Posté 21 janvier 2011 - 13:17
roboris45, le 20 janvier 2011 - 22:53 , dit :
Citation
Je ne sais pas où ça en est, mais on en parle ici
Citation
D'après wiki
Je sais pas trop quoi en penser.
#5
Posté 02 juillet 2011 - 16:24
(ça fait quand même 3 si on compte Ponyo)
SEX SHOP WONDERLAND (BD - sortie 2013) --> http://sexshopwland.canalblog.com/
#6
Posté 04 juillet 2011 - 20:46
#8
Posté 05 août 2011 - 06:12
Voici ma petite critique. Si vous etes curieux vous pouvez lire les spoilers, pour les GROS spoilers j'ai mis la mention "Gros spoiler!" avant (logique).
KOKERIKO NO SAKA KARA
Aye, je lai vu le dernier Ghibli! Alors comment dire… Cest fade quand meme. Je reprends ce que me disait ma copine au sortir de la projection : je ne sens rien, et les Japonais sont de plus en plus conservateurs. Ces deux thematiques (absence demotion et louanges dun Age dOr plus juste) sont les lignes de fond de mon analyse.
DES PERSONNAGES ET UN SCENARIO UN PEU FAIBLES

Ce film est avant tout une histoire de famille bien compliquee : on retrouve le theme tres Miyazakien de labsence de la mere (Totoro par exemple), et du pere soldat qui disparait dans la Guerre (Porco Rosso). Mon niveau de japonais etant ce quil est, je dois avouer quune certaine partie de lintrigue ma parue assez nebuleuse, mais ca vient peut-etre de moi (enfin, y a des morceaux qui ressemblent a Desesperate Housewives quand meme). Comme dhabitude chez les Ghibli, lheroine, pre-adolescente (donc a cheval entre deux regnes, et menacee par la perte de linnocence) est assez fade : petite figure parfaite, entierement devouee aux autres, peu marquee par une vie interieure riche, bonne eleve, appliquée. Elle doit avoir dexcellentes notes a lecole. On aimerait des personages un peu plus marques, et cest dans les seconds roles (les garcons lyceens, delicieux et pittoresques, au design sympathiquement caricatural) quon les trouve. La contrepartie masculine, Kasama-san, est egalement assez peu marquee : bon garcon un peu fanfaron, il forme une paire sans asperite avec son vis-à-vis feminin. Notons que la fille sappelle Umi, ce qui en japonais veut dire la mer, mais elle dispose dun surnom, Meru (phonetiquement : Mer!). Ce nom francais propose une symbolique assez lourdingue pour le public francophone, il faut dire (symbolique soulignee par la presence dun dictionnaire franco-japonais bien en evidence sur la table de travail de Kasama!). Quoi quil en soit, Umi entretient un lien particulier avec la mer : elle dresse chaque matin les drapeaux de signalisation marine

Un chitit air de famille...
Au niveau du scenario, la deception vient en partie du fait que la revelation principale ne suscite que peu de reactions chez les interesses. Et lautre revelation finale non plus (la fin est un peu en queue de poisson). Jai ressenti peu de veritables changements dans les personages, alors que la plupart des Ghibli montraient une veritable evolution : cetaient de veritables recits initiatiques (le plus marquant etant Chihiro).
Peu de chair sur les personnages donc. Et des moments emotionnels soulignes a la musique, sentimentale, au piano (donc paradoxalement plats). Dune certaine maniere, jai trouve quil y avait trop de musique dans le film…

Un perso interessant, mais a peine esquisse (et en plus elle est peintre!)
Un autre probleme vient donc de labsence de mechants, ou de sentiments veritablement contradictoires ou marques. Ce qui a ete toujours une force du studio Ghibli (le refus du manicheisme, les personnages forts ont toujours leurs raisons) sur la plupart des films peut tourner a laffadissement : ici, tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil (meme le patron de Tokyo, alors que...), ce qui nuit a linteret dramatique. Lintrigue est assez relachee, et ne se concentre pas assez a mon gout sur le Quartier Latin (lieu completement fascinant, ca aurait ete EXCELLENT de le creuser un peu plus, seule trace de merveilleux dans le film). La prochaine fois, si ca te derange pas trop Miya, jaimerai un point de vue plus masculin (les garcons lyceens sont vraiment la valeur ajoutee du film, retirez-les, et y aura plus grand-chose dedans). Ca manque un peu de fantaisie, peut-etre. Il est loin le temps des univers heroiques et completement barres de Ghibli, qui semble y avoir renonce au profit de la description de la vie quotidienne de personages ordinaires.
UN RYTHME NONCHALANT
Un autre truc un peu enervant, cest la platitude de la vie quotidienne narree. Les dialogues sont vraiment a base de Fais pas trop cuire le riz, ca le gate, Et voici des sushi Ouais!, je peux avoir une truite bien fraiche, msieur le poissonnier?, Pourquoi tu mets autant de sauce soja dans ton plat?, Tu peux maider a couper les poireaux?, et jen passe (un des episodes du film sera : Houlala, est-ce que je vais arriver a temps pour faire la cuisine?). Cette thematique est exemplarifiee par le debut, assez casse-pieds ou on nous presente 7 ou 8 personnages (cest déjà trop) en train de manger, qui ne resteront qua letat desquisses. Les scenes de cuisines se succedent… avec des dialogues pas tres passionnants. Le rythme est tres tranquille, la torpeur de cette ville portuaire gagne le spectateur. Cest pas super palpitant, le film se deroule a un rythme pepere. Cest nonchalant, quoi (certains diront : chiant).
http://t1.gstatic.co...VAs-h52X4Y-VEYB
(Cliquer si vous avez encore faim)
DEUX THEMATIQUES ESCAMOTEES
Film de la vie quotidienne, KOKERIKO NO SAKA KARA est traverse par deux thematiques insuffisamment traitees : le theme de la rencontre entre un univers feminin (la pension Kokeriko) et un univers masculin (le Quartier Latin), et celui, en filigrane, beaucoup beaucoup plus lourd (warning!! Gros gros spoiler!)
Gros spoiler :
On reste un peu trop a la surface (de meme, le theme de labsence du pere et aussi de la mere est pas suffisamment traite, sauf lors de la scene du reve).
UN PATCHWORK DE GHIBLI
Ce film se presente egalement comme un patchwork des themes chers au studio japonais : le petit port dune ville de province (impossible de ne pas penser a Ponyo), la decouverte dun endroit magique et menace dans la vie quotidienne (comme la boutique du vieux dans Mimi wo sumaseba, ou meme si on veut la ) la romance entre deux lyceens avec scenes de velo, fille derriere, garcon devant, sur une pente bien raide (a la Mimi wo sumaseba, mais au moins dans ce dernier film on avait des personages forts qui luttent pour decider de ce quils veulent devenir), des jeunes qui vivent dans un monde riche, loin des adultes, les discussions politiques TRES animees (a la Pompoko, sur un theme similaire), des femmes enceintes qui allaitent leur enfants (ca a lair de le travailler, Miyazaki, depuis Ponyo!), des scenes de cuisson doeufs (sur ce dernier point, qui se retrouve dans quasiment tous les Ghiblis, Miyazaki expliquait que pendant la guerre, ou il ny avait rien a manger, les oeufs etaient une nourriture de luxe, et cest comme un clin doeil a son passé quil faut le comprendre)… Et surtout, la nostalgie dun Age dOr (la periode Showa)…

Sur Google, je trouve quasiment pas d'images du film, alors je vous mets la photo de la doubleuse du perso principal
UN FILM QUELQUE PEU PASSEISTE ET TEINTE DE MORALE
La periode Showa (1926-1989, qui correspond donc a la duree du regne de lEmpereur Hirohito) a ete marquee (surtout dans sa deuxieme partie, la premiere partie, cest le massacre et la Guerre!) par lexpansion economique fulgurante du Japon. Cette periode prote en son sein limage du vieux Japon, lorsque la population etait encore constituee en grosse partie de pecheurs, dartisans, ouvriers et agriculteurs… On savait Miyazaki obsede par le gout du vieux (vieux endroits, vieux objets), quil a pu trouve a sa maniere dans la vieille Europe (les decors de Kiki sont ceux dun village croate, et pour le Chateau Ambulant, il sagit de Riquewihr en Alsace quil a exige de visiter avant toute chose lors de sa venue en France pour lexpo Moebius / Miya). Cest donc tout naturellement quil a choisi lannee 1963 comme cadre de son recit. Il multiplie les allusions a la vie de ce temps-la (revision du traite de cooperation nippo-americain (ANPO) visible en une du journal du lycee, posters annoncant les Jeux Olympiques de Tokyo en 1968, promotion immobiliere effrenee…).

Dans ce contexte, les scenes de cuisine decrites plus haut prennent un nouveau sens : ce film est perceptible comme un conservatoire du Japon de Showa : maniere de vivre, de preparer les repas, de faire ses courses, de se deplacer. Cest vraiment un film sur la vie quotidienne (un peu comme le dessin anime coreen OSEAM, au passeisme balourd). La reconstitution maniaque touche les decors, minutieusement (et magnifiquement) restitues (toujours une grande force de Ghibli, ce travail dorfevre invariablement superbe). Le film est traverse par lidee de la conservation du vieux, de lancien, comme respect pour le passé (afin de rendre le futur possible, comme le dit Kasama-san). Ca passerait tres bien si on ne sentait pas la morale poindre derriere. Miyazaki vieillit, et il ne peut sempecher (au contraire de ses premiers films) de faire passer (au moins depuis Ponyo) un message parfois peu subtil (la jeune generation (de lepoque), tres politisee, et plus soucieuse de conservation que son ainee). Le film est donc assez nostalgique, mais il repeint le passé aux couleurs de lideal : pas une seule personne qui sourit, qui est de mauvaise humeur. La cooperation entre jeunes est exaltee a travers l'execution d'une enorme tache commune (je dis pas quoi).
Et par ricochet, il faut le dire, on a vraiment limpression, avec ce KOKERIKO NO SAKA KARA, que Ghibli a vraiment decroche de son époque, se tournant resolument vers le passé. Mais peut-etre cela correspond a un movement general de la societe japonaise vieillissante, qui ne nourrit que pessimisme quant au futur : la rengaine du cetait mieux avant est vraiment sur toutes les bouches ridees.

Et voici une image de la chanteuse des chansons du film...
DE BEAUX RESTES
Alors, a mettre aux orties, ce KOKERIKO NO SAKA KARA? Pas tout a fait. La realisation est somptueuse, mais ca cest pas une surprise connaissant Ghibli. Animation sans defaut, riche, ponctuee de centaines de details attachants, decors beaux, et surtout quelques scenes sublimes (en relation souvent avec les garcons du lycee) :
(Ca reste trop peu).
Mais surtout, le film peut gagner des suffrages par sa nonchalance, son innocence, son cote resolument mignon. Cest sucre et frais, mais ca va pas laisser forcement un souvenir imperissable…
Bilan assez mitige pour moi au final. Cest mignon quoi.

La Melancolie de Hayao Miyazaki
#9
Posté 09 août 2011 - 14:11
Eh ben putain je pensais pas que Miyazaki pere etait un connard antipathique comme ca quoi. Un genie, mais pas sympa. Faut le voir quitter la salle de projection de Terremer en cours de route en disant qu'il a l'impression d'etre reste 3 heures assis (ca lui arracherait la gueule de rester jusqu'a la fin?), de se taper une grosse gueulante contre tous les employes qui "prennent des vacances en plein boulot" alors que le tremblement de terre du Tohoku vient d'avoir lieu (11 mars) et que les animateurs ont pris quelques jours pour rassurer leurs familles... tout ca pour tenir les delais a tous prix (mais ca pose pas probleme de repousser la sortie d'un ou deux mois non??)... et aussi, Hayao qui confesse face a la camera : "Mon fils, il veut faire, mais il ne peut pas. Alors quand on a pas de talent on arrete. C'est ce qu'il ferait mieux de faire. C'est nul". Sans compter les brouilles (Hayao n'a pas parle a son fils DU TOUT pendant la realisation de Terremer, aucun contact entre les deux, tu te demerdes, je veux rien a voir a faire la-dedans) et lors de la projection (ou il est parti en cours de route donc) il s'est assis une dizaine de rang devant son fils, sans meme le regarder...
Goro apparait comme une personne qui sans cesse essaie de se depasser, mais c'est jamais assez pour ce pere tyrannique. Hayao Miyazaki veut l'excellence tout de suite, mais Goro n'est encore qu'un debutant en animation (ce que Hayao a ete, a un moment donne bien sur). Les relations entre les deux sont d'une complexite effroyable : il y a beaucoup de rivalite (Hayao dira a la fin qu'il s'est senti "menace" par la realisation de Kokeriko no saka kara par son fils), de rancoeur : le fils s'est senti terriblement abandonne lorsque son pere a connu le succes avec Nausicaa : Hayao est devenu pour ainsi dire absent, et en plus on a commence a lui mettre le poids sur les epaules : alors fils de Miyazaki, qu'est-ce que tu as dans le bide? (ca culmine avec la sortie de Terremer, ou toute la presse l'avait surnomme "Miyazaki junior"). Et Goro etait meme tellement degoute qu'il a embrasse, lors de l'entree dans la vie active, une carriere d'ingenieur en batiment, pour se retrouver loin de tout l'univers de son pere que malgre tout il admirait. C'est d'ailleurs lui qui a construit et concu le Musee Ghibli a Mitaka (Tokyo).
Bref, un drole de docu ou les deux se balancent des trucs hallucinants a la gueule, ou Goro (qui est a la fois tres courageux, stresse et pathetique) essaie de faire du mieux qu'il peut sous l'oeil de son pere au niveau d'exigence effarant... et qui donne les ordres, il peut pas s'empecher de regenter le tournage (c'est lui qui a le dernier finalement). Et c'est aussi un reportage sur ce milieu de fourmis ouvrieres frenetiques et stressees qu'est le monde de l'animation. Voir Goro dire a un mec de refaire son dessin (genre il a mis deux heures a le faire) et voir le bonhomme trainer des pieds d'un air tragique a sa table a dessin, voir Miyazaki pere demander a recommencer encore et encore les dessins "parce qu'il n'y a pas d'ame, c'est trop statique"), voir les zozos du departement informatique travailler jour et nuit sans se reposer (avec les coupures d'electricite resultantes du tremblement de terre), voir l'accouchement dans la douleur du film tout entier... C'est assez impressionant et le film Kokeriko no saka kara (qui traite quand meme d'un pere absent, disparu) prend dans sa conception et dans le reportage un air de psychanalyse conflictuelle entre pere et fils (toujours dans l'ombre du pater). Drole de truc, assez douloureux. Miayazaki pere m'a pas paru tres sympathique en tous cas...
EDIT : et aussi, y a un truc hallucinant : Hayao arrete pas de reprocher a Goro la faiblesse de sa realisation, alors que le principal echec du film c'est le scenario (de merde) du pere... Mais bon...
EDIT : Pour ceux qui parlent japonais et qui veulent en savoir +, un lien :
http://cgi2.nhk.or.j...utari/index.cgi
Et un deuxieme :
http://cgi2.nhk.or.j...i?id=4520110809
(avec une petite video presentant le reportage, mais chez moi ca marche pas?)
J'ai recherche sur youtube, mais pas trouve.
Le film s'appelle FUTARI (tout simplement).
Titre complet en japonais : ふたり
宮崎駿X宮崎五郎
#10
Posté 12 août 2011 - 23:31
J'admire Hayao, mais pour rien au monde je voudrais travailler pour lui, ca doit être assez horrible (surtout le coup du tremblement de terre)
#11
Posté 20 septembre 2011 - 14:49
#13
Posté 30 septembre 2011 - 08:50
Bruttenholm, le 20 septembre 2011 - 14:49 , dit :
J'ai lu une news disant que ce n'était pas un si gros carton:
Tout d’abord, le nouveau Ghibli est annoncé dans les salles françaises le 4 Janvier 2012, sous le titre « La Pente des coquelicots ». Pour info, c’est un succès mitigé au Japon, où il a accumulé la moitié des recettes d’un Arrietty (55M$ vs 110M$), histoire de nuancer le « carton » du film, ou sa place de leader d’un box office local mal en point.
http://asiafilm.fr/2...ne-2/#more-7171
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